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Qui sont les candidats « en marche » vers les législatives ?

Le mouvement « La République en marche » d’Emmanuel Macron présente en ce moment la liste des 428 candidats députés (sur 577 sièges à pourvoir) qui vont se présenter en juin prochain.
Le mouvement est attendu au tournant depuis ses promesses de parité et d’ouverture vers la société civile (je déteste cette expression qui semble entériner le fait que la politique appartient à une société parallèle…).
Voici ce que l’on sait :
il y a 214 hommes et 214 femmes ;
52 % sont issus de la « société civile » ;
93 % des candidats sont aujourd’hui en activité professionnel, 2% en recherche d’emploi, 4 % retraités et 1% étudiants ;
95% ne sont pas des députés sortants ;
tous les députés sortants investis sont socialistes ;
L’âge moyen est de 46 ans (contre 60 ans pour la moyenne des députés sortants) ;
Le candidat le plus jeune a 24 ans ; le plus âgé, 72 ans.
L’ancien premier ministre Manuel Valls n’est pas investi par « La République en marche  » mais il n’aura pas de candidat du mouvement face à lui.
Cédric Villani, médaille Fields de mathématique, est candidat dans la 5e circonscription de l’Essonne (députée actuelle : Maud Olivier, PS)
Il reste des candidatures à pourvoir, notamment dans les départements ultramarins.

Il semble que le mouvement a tenu ses promesses.

Quelle répartition pour la future Assemblée nationale ?

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Selon un sondage OpinionWay pour Les Echos et Radio Classique, publié le 3 mai et réalisé pour les circonscriptions métropolitaines hors Corse (soit 535 sièges sur 577), le mouvement d’Emmanuel Macron (la République en Marche) parviendrait lors des législatives des 11 et 18 juin prochains à être la première force politique à l’Assemblée nationale, avec entre 249 à 286 sièges ( la majorité en nécessitant 289).
La droite et le centre (LR et UDI) recueilleraient 200 à 210 sièges, échouant donc à imposer une cohabitation (il faudrait pour cela qu’ils soient les partis recueillant le plus de siège). Quant au PS, il recueillerait de 28 à 43 sièges seulement. Le Front national pourrait constituer un groupe, avec de 15 à 25 députés. La France Insoumise obtiendrait enfin 6 à 8 députés.

Cette enquête s’appuie sur des sondages d’intention de vote au premier tour des législatives, par force politique, avec pour hypothèse que chaque grand courant représenté à la présidentielle présenterait des candidats dans toutes les circonscriptions. Ces sondages ont ensuite été rapportés à chaque circonscription, en prenant en compte la structure de l’électorat à partir de résultats des élections de 2012, des régionales de 2015 ainsi que du premier tour de la présidentielle de 2017. Elle prend aussi en compte un « bonus » aux sortants qui se représentent. L’hypothèse de participation est comparable aux législatives de 2012 (soit un peu moins de 60 %).

La composition actuelle de l’Assemblée nationale :

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Toutefois, selon un sondage Ipsos/Sopra Steria publié dimanche soir, 61% des Français indiquent ne pas souhaiter que le nouveau président de la république obtienne une majorité au Parlement, ce qui contredirait le sondage du 3 mai.

La situation la plus mauvaise serait que les élections législatives débouchent sur une Assemblée nationale morcelée, à l’image du résultat du premier tour de la présidentielle. Les forces politiques majeures – En marche !, Les Républicains et l’UDI, le Parti Socialiste, le Front National et la France insoumise – se partageraient les sièges sans qu’aucun n’approche de la majorité absolue ou ne se détache nettement des autres. Il faudrait alors au nouveau président dissoudre rapidement cette assemblée en espérant que les Français changent leur vote ensuite.

L’élection en cartes

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Ces cartes viennent d’ici.

Selon les estimations, Emmanuel Macron a remporté l’élection présidentielle avec 20,7 millions de voix, soit 43,6 % des inscrits sur les listes électorales.
Si l’on additionne les 12 millions d’abstentionnistes et les 4,1 millions de bulletins blancs et nuls, on arrive à un total de 16,1 millions d’électeurs qui n’ont voté pour aucun des deux candidats au second tour. Soit près de 34 % du total des inscrits.
Le Front national n’a jamais réuni autant de bulletins : près de 10,6 millions, selon les résultats quasi-définitifs du ministère de l’intérieur, soit près du double des 5,52 millions de suffrages obtenus par Jean-Marie Le Pen en 2002. Cela représente 22,42 % des inscrits.

Les élections législatives

(cette vidéo concerne les élections de 2012)

Les élections législatives auront lieu les 11 et 18 juin en métropole. Les circonscriptions qui éliront leur député dès le premier tour ne voteront que le 11 juin. Les Français de l’étranger, qui sont représentés par des députés depuis 2012, voteront le 3 juin pour les résidents du continent américain, et le 4 juin pour tous les autres. Certains DOM-COM (Guadeloupe, Guyane, Martinique, Saint-Barthélemy, Saint-Martin et Saint-Pierre-et-Miquelon) voteront, comme pour l’élection présidentielle, la veille de la métropole (le 10 juin).
Les habitants de Polynésie française seront appelés aux urnes le 3 juin pour le premier tour. Le second tour aura lieu, le cas échéant, le 17 juin pour tous ces territoires.

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Les circonscriptions législatives


Le scrutin des élections législatives n’est pas national mais est organisé par circonscriptions. Il en existe 577, dont onze à l’étranger, d’où sont donc issus les 577 députés qui siègent à l’Assemblée nationale (c’est un maximum, inscrit dans la Constitution depuis 2007). Chaque électeur est rattaché à une circonscription (souvent une subdivision d’un département) dans laquelle se présentent des candidats de toutes les formations politiques qui sont parvenues à en présenter un.
Le mode de scrutin est le même que pour toutes les autres élections : uninominal (par opposition aux scrutins de listes) ; majoritaire (non proportionnel) ; à deux tours. Autrement dit, un seul candidat peut remporter la circonscription : celui qui a obtenu la majorité des voix. Il remporte alors un siège au nom de sa formation politique.
Pour être élu au premier tour, un candidat aux législatives doit réunir plus de 50 % des suffrages exprimés et au moins 25 % des électeurs inscrits. Cela veut par exemple dire qu’un candidat arrivé en tête avec 60 % des voix serait élu dès le premier tour si la participation (en suffrages exprimés) est de 60 % (36 % des inscrits), mais qu’un candidat arrivé en tête avec 51 % des voix et une participation de 45 % ne le serait pas (23 % des inscrits).

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Si un candidat n’est pas élu dès le premier tour, les deux candidats qui arrivent en tête sont automatiquement qualifiés pour le second. Mais il est possible qu’un troisième, voire un quatrième candidat le soit également, provoquant ce qu’on appelle des « triangulaires », voire des « quadrangulaires » Il faut pour cela réunir au moins 12,5 % des inscrits, ce qui correspond à une part des voix très variable en fonction de la participation : avec une participation relativement forte (70 % de suffrages exprimés), il faut atteindre un seuil de 17,86 %. Avec une participation faible (50 %),le seuil passe à 25 %.
L’objectif des partis politiques est d’obtenir au moins 289 députés (donc de remporter le scrutin dans 289 circonscriptions) pour avoir la majorité absolue à l’Assemblée nationale et pouvoir ainsi appliquer leur programme sans avoir à négocier avec les autres formations politiques.
Selon la Constitution, c’est en effet le gouvernement qui décide de la politique du pays et c’est l’Assemblée qui vote obligatoirement les lois. Si la majorité des députés est d’une autre famille politique que celle du président, alors le gouvernement sera de la même couleur politique que l’Assemblée. Autrement dit, la politique mise en œuvre sera celle de la majorité parlementaire et non celle du chef de l’Etat. C’est ce qui s’est passé lors des trois cohabitations qu’a connu notre pays jusqu’à maintenant (1986-1988, 1993-1995 et 1997-2002).
C’est justement pour éviter ces cohabitations que Jacques Chirac et Lionel Jospin ont voulu réformer le mandat du président de la République pour l’aligner sur la durée du mandat des députés. Avant 2002 (première mise en application du quinquennat), des élections législatives avaient lieu au cours du septennat et faisaient planer le risque de perdre la majorité parlementaire.
Depuis 2002, l’élection des députés a lieu juste après l’élection présidentielle et a systématiquement donné, jusqu’à maintenant, la majorité absolue au président nouvellement élu — et donc toute la latitude pour appliquer son programme.
Mais cette année, le résultat est incertain : le mouvement d’Emmanuel Macron, En marche !, trop récent, ne compte aucun député et le Front national n’en a que deux.

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Enfin, dernière donnée qui vient tout compliquer, depuis 2002, l’abstention aux législatives ne cesse d’augmenter, témoignant d’un désintérêt croissant des Français pour ces élections, souvent perçues comme la pâle continuité de la présidentielle. En 2012, les abstentionnistes aux législatives étaient plus de deux fois plus nombreux que lors du scrutin présidentiel.

D’après un article du Blog Les Décodeurs.