Catégorie : Bibliothèques de personnalités

Alberto Manguel et sa bibliothèque

Après La bibliothèque, la nuit, où il évoquait sa bibliothèque installée dans un ancien presbytère, à Mondion, Alberto Manguel publie Je remballe ma bibliothèque pour évoquer la douloureuse expérience qui fut la sienne lorsqu’il lui fallut remettre définitivement en caisses la bibliothèque constituée des trente-cinq mille volumes qu’il s’était, toute sa vie, employé à amasser patiemment, ardemment et amoureusement pour déménager à New York puis, finalement, à Buenos Aires, la ville de son enfance, où il a dirigé un temps la Bibliothèque nationale d’Argentine, poste jadis occupé par son bien-aimé et prestigieux mentor, Jorge Luis Borges.
Alberto Manguel nous invite à le suivre lors un voyage émotionnel qui parcourt son existence et son histoire, revisite les pays qu’il a connus et évoque ses nombreux déménagements, lesquels furent toujours liés à la recherche d’un endroit où enfin héberger ses livres, sans lesquels il lui est impossible de travailler et sans doute même de vivre.

La bibliothèque d’un prêtre


(la bibliothèque de Léon Morin dans le film de Jean-Pierre Melville datant de 1961)

Et non, il ne s’agit pas de l’abbé Guiot, dont je n’ai pas pu reconstituer, malheureusement, la bibliothèque. Il s’agit de celle de Léon Morin, le personnage du roman de Béatrix Beck qui a obtenu le prix Goncourt en 1952. C’est l’auteur du blog Biblioweb qui a mené l’enquête et qui la restitue dans un article passionnant.

 

Vente de la bibliothèque de François Mitterrand

 

La bibliothèque personnelle de l’ancien président François Mitterrand va être vendue aux enchères, à Paris, les 29 et 30 octobre. Il s’agit d’un millier de livres de littérature moderne en édition originale et reliés soit par les plus grands praticiens du XXe siècle (Hélène Alix, son fils Jean-Bernard ou Henri Duhayon), soit par Danielle Mitterrand elle-même, qui tenait l’art de la reliure de l’atelier d’Henri Mercher. La plupart de ses ouvrages avaient été glanés chez les libraires spécialisés parisiens du Quartier Latin. Car il visitait beaucoup les librairies, comme le 10 mai 1981, lorsqu’après avoir voté à Château-Chinon, il s’en alla discrètement passer un petit moment chez un libraire du Nivernais, stupéfait de cette visite. Chacun des livres achetés faisait l’objet d’une petite fiche annotée par ses soins.

Le président Mitterrand fut ami avec de nombreux romanciers comme Gabriel Garcia Marquez, Michel Tournier, Marguerite Duras ou Françoise Sagan. Il eut aussi pour conseillers plusieurs écrivains (Régis Debray, Erik Orsenna ou Paul Guimard). Et son dernier visiteur, à l’Élysée, en 1995, s’appelait Jean d’Ormesson…
La vente comportera aussi des manuscrits de François Mitterrand, qui s’est toujours défendu d’être un écrivain. « Aviez vous l’intention d’être un grand écrivain?« , lui demanda un jour son ami Elie Wiesel : « Si j’avais eu une ambition, elle aurait été celle-la » répondit-il. Il préférait dire : « Simplement, il m’arrive d’écrire« . Dans l’émission Apostrophes, il déclara également à Bernard Pivot : « Ecrire de façon éloquente ou oratoire a le don de m’exaspérer. Si bien que je m’exaspère moi-même« .
Le fils de François Mitterrand, qui a hérité de cette collection, mais pas de la passion de son père pour les livres, a choisi de la vendre.

D’après un article du Point.

Ci-dessous, le catalogue des ventes :

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Et une émission de La Marche de l’Histoire :

La dispersion prévisible d’un véritable trésor, résultat d’une escroquerie

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Gérard Lhéritier posant dans le musée des Lettres et Manuscrits

Lundi 18 décembre, les deux lots-phares de la vente du fond Aristophil, le rouleau manuscrit des 120 journées de Sodome du marquis de Sade et les premier et deuxième Manifestes du surréalisme d’André Breton ont été classés trésors nationaux et retirés de la vente.

Le lot le plus important après ceux-là, le manuscrit d’Ursule Mirouët d’Honoré de Balzac, a été adjugé 1,17 million d’euros. Une lettre de Napoléon Bonaparte à Joséphine a aussi été vendue pour 320 320 euros. Il y avait aussi des dessins de Saint-Exupéry et un rare manuscrit médiéval du XVe siècle, L’Histoire d’Alexandre le Grand de Quinte Curse, proposés à la vente.
Plusieurs autres centaines de ventes de manuscrits issus du fond sont prévues sur une période de 6 à 7 ans. L’objectif de ces ventes est de restituer aux victimes au moins une partie de ce qu’ils ont investi, entre 6000 euros et 1,7 million, avec une moyenne de 83 000. Certaines d’entre elles avaient investi 100% de leur patrimoine.
Aristophil, société spécialisée dans le commerce de manuscrits et autographes anciens, avait été fondée par Gérard Lhéritier en 1990. L’homme d’affaires avait vendu quelque 130 000 manuscrits à des investisseurs, tout en conservant la garde de leurs biens. Il incitait ses clients à placer leur argent dans des documents du patrimoine en leur promettant un rendement de 8 à 9 % par an.
Via une armée de 800 courtiers qui sillonnaient la France, les investisseurs achetaient en indivision des lots de manuscrits (54 lots ont été identifié). Le ticket d’entrée était fixé à 1500 euros (il existait aussi une formule à 15 000 euros). Au même titre que les oeuvres d’art, cet investissement était défiscalisé et n’entrait pas dans le calcul de l’ISF.
Dans un communiqué du 12 décembre 2012, l’Autorité des marchés financiers appelait pourtant « les épargnants à la plus grande vigilance » à propos de certains « placements atypiques » comme les « lettres et manuscrits » et de leur de suggérer : « Posez-vous la question de savoir comment, et par qui, est réalisée la valorisation (prix d’achat ou de vente) du produit proposé. »
Mis en examen pour « escroquerie en bande organisée » et « pratiques commerciales trompeuses », Gérard Lhéritier est en effet soupçonné d’avoir utilisé l’argent des nouveaux entrants pour rémunérer les anciens et d’avoir ainsi lésé 18 000 personnes après avoir vendu au total pour 850 millions d’euros de parts à ses clients. Mais il a constamment surévalué la valeur des pièces proposées aux investisseurs : ainsi un manuscrit de 40 feuillets d’une rescapée américaine du Titanic, est estimé entre 300 et 400 000 euros. Or, en 2012, il avait été « facturé » 1,1 millions d’euros aux épargnants d’Aristophil. En 2004, Gérard Lhéritier acheta chez Sotheby’s les 69 pages du manuscrit de Cellulairement, de Paul Verlaine pour le prix de 300 000 euros. Six ans plus tard, il le revendit à ses épargnants pour 1,4 million d’euros! Enfin, le lot « Lettres, manuscrits, livres et objets historiques de l’empereur Napoléon Bonaparte », composé de 1500 pages – 9 lettres autographes signées de Napoléon, 424 missives où il a seulement apposé son paraphe – ou encore le télescope du duc de Wellington, était estimé par Aristophil à 13,4 millions d’euros en 2008 et divisé en 3900 parts vendues aux épargnants. L’expertise diligentée par la justice a abouti à un chiffre compris entre 1,189 et 2,365 millions d’euros seulement. A l’origine de ces surestimation vertigineuse, on trouve souvent Jean-Claude Vrain, célèbre libraire ancien installé à Paris, capable d’estimer un manuscrit sans même avoir eu la pièce entre les mains, mais en suivant la recommandation d’Aristophil ! Ou encore, chiffrant à 15,5 millions d’euros un ensemble d’ouvrages du Moyen Age qu’il avait lui-même vendus 5,5 millions à la société de Gérard Lhéritier quelques mois auparavant.
Gérard Lhéritier avait ainsi bâti un empire de papier. Il fut en effet l’un des plus gros acheteurs de manuscrits du monde, Aristophil dépensant plus de 100 millions d’euros par an en manuscrits, avant de les proposer aux épargnants.
Parallèlement, Aristophil avait lancé un musée des Lettres et Manuscrits, boulevard Saint-Germain à Paris et un autre à Bruxelles. On pouvait y admirer les joyaux du fonds ainsi que des expositions temporaires. Ces musées, parrainés par Patrick Poivre d’Arvor, étaient toutefois avant tout des vitrines destinées à attirer des investisseurs et ont fermé depuis.

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Gérard Lhéritier bien entouré à l’époque de la célébrité et du succès…

Grand promoteur d’Aristophil, il semblerait que Patrick Poivre d’Arvor ait bénéficié d’un prêt de 400 000 euros de la part Gérard Lhéritier afin de payer le dédommagement dû à TF1 en 2012, pour non-respect de la clause de confidentialité de son contrat, mais aussi de manuscrits offerts en cadeau, pour environ 200 000 euros…
Autre point gênant, pour l’État cette fois, Aristophil a fait don de 2,5 millions d’euros à la BNF, en 2011, pour permettre l’achat d’un ouvrage du xve siècle, la Vie de Sainte Catherine d’Alexandrie, un don défiscalisé à 90 % toutefois !

Synthèse réalisée à partir de plusieurs articles.

La bibliothèque de Julien Gracq

Dans la bibliothèque de la maison de Gracq se trouvent les livres non précieux qui composaient les bibliothèques de l’écrivain à Saint Florent le Vieil et à Paris. Les éditions rares ou dédicacées ont en effet été vendues aux enchères. C’est émouvant de se promener dans ces rayonnages et d’apercevoir des livres partagés avec lui, comme ceux de Tolkien, Lovecraft ou Borges.

Présidents et littérature

L’émission La fabrique de l’histoire propre quatre émissions sur les lectures des présidents de la République.

La première évoque la formation littéraire des présidents en général :

La seconde offre une ballade dans la bibliothèque de Charles de Gaulle à La Boisserie en compagnie de son petit-fils  :

La troisième évoque la passion pour la poésie de Georges Pompidou :

Enfin la dernière reviendra sur la formation des le parcours littéraire de François Mitterrand :

Celui-ci avait par ailleurs fait visiter sa bibliothèque à Michel Polac en 1970 et a été invité par Bernard Pivot à parler de ses lectures en 1975.

Je remarque qu’il n’y a pas d’émission sur les rapports de Valéry Giscard d’Estaing Nicolas Sarkozy ou François Hollande avec la littérature.