Catégorie : Histoire de Maromme

Des élèves sur les traces des résistants dans Maromme

Mardi après-midi et jeudi matin, les élèves de troisième volontaires ont accompagné monsieur Alexandre pour une promenade dans Maromme sur les traces des résistants. La visite de deux heures a permis aux élèves de voir les lieux où vivaient Germaine et André Pican, Julien Villette ou encore William Letourneur. Ils ont pu aussi croiser d’autres noms de résistantes ou résistants comme Thérèse Delbos, René Delisle, Paul Vauquelin, Raymond Duflo ou Robert Desnos sur des panneaux de rues ou des plaques d’écoles. Les photos en tête de l’ article ont été prises par la collègue documentaliste lors de la première visite de mardi tandis que j’accompagnais celle d’aujourd’hui. La liste des noms sur le monument aux morts m’a aussi permis de revenir sur les guerres d’Indochine et d’Algérie que nous étudions en ce moment dans le chapitre sur la décolonisation.

La conférence sur les résistants de Maromme

Monsieur Alexandre ayant gentiment accepté que son intervention auprès des élèves soit diffusée, je la publie ici. Les élèves ayant vu cette vidéo ont bien réagi et ont beaucoup de questions à poser au conférencier, la semaine prochaine. Certains ont même eu l’idée d’un projet mémoriel à proposer à la mairie. J’espère que nous pourrons aller au bout de l’idée. 

A noter que la conférence n’est pas tout à fait terminée. Monsieur Alexandre reprendra son propos une dizaine de minutes devant les élèves, avant leurs questions. 

Une conférence sur les résistant de Maromme

La semaine dernière, monsieur Alain Alexandre, historien et érudit local, ancien professeur d’histoire – géographie, est aimablement venu raconter aux élèves de l’une de mes troisièmes le destin de résistants de notre commune durant la Seconde Guerre mondiale. La conférence a été filmée par madame Perrier, qui travaille à la médiathèque de la ville et grâce à qui la venue de monsieur Alexandre a été possible, ainsi que grâce à madame Pelletier, la professeur – documentaliste du collège. Je vais diffuser cette semaine la vidéo aux autres troisièmes qui vont ensuite préparer des questions à poser à monsieur Alexandre, qui reviendra la semaine suivante pour y répondre et leur montrer des documents de l’époque. 

Si j’obtiens l’accord de monsieur Alexandre et de madame Perrier, je mettrai la vidéo en ligne sur le blog pour ceux que cela intéressent. 

Que va devenir l’ancien hôtel de ville de Maromme ?

Capture d’écran 2019-05-19 à 11.54.59

L’ancienne mairie de Maromme, désaffectée et mise à nue suite à une invasion de mérule, risque de se dégrader rapidement. Aussi la municipalité a -t-elle décidé de lancer une concertation publique pour déterminer son avenir : démolition, maintien en l’état après travaux, vente ou bien réhabilitation (ce qui supposerait de lui trouver une nouvelle fonction).

Capture d’écran 2019-05-19 à 12.02.50

Maromme, une ville sans histoire ?

Capture d’écran 2014-02-26 à 17.43.02

Le village de Marrona ou Matrona appartenait  à l’abbaye de Fécamp depuis 1034 et comptait environ cent feux au XIIIe siècle. La rivière du Cailly formait vraisemblablement autrefois un marécage sur la commune actuelle de Maromme. En 1575 Maromme est constituée en seigneurie et donné en fief à un laïc par les moines de l’abbaye. Les papiers de la seigneurie se trouve aujourd’hui conservé aux archives départementales sous la cote 104 J et regroupent des documents s’échelonnant entre le XVe et le XVIIIe siècle. En 1750, le fief de Maromme appartenait aux moines de l’Hôtel Dieu de la Madeleine de Rouen selon un aveu pour une maison d’un maçon.

01
Aveu pour une maison d’un maçon de Maromme aux gouverneurs et administrateurs de l’Hôtel Dieu de Rouen.

La première église Saint-Martin, édifiée au XIIIè siècle, étant devenue trop exiguë et dangereuse (l’une des cloches tomba en 1836), le conseil de la fabrique décida en 1852 de la rebâtir et le nouvel édifice, bâti dans le style néogothique, fut consacré en 1869. L’ancienne église démolie se trouvait à la place des trois chapelles en abside et du chœur actuel.
Maromme aurait aussi accueilli une léproserie au XIIIe siècle mais il n’en reste aucune trace actuellement. De même, une chapelle dédiée à Saint Sulpice, datant du XIIIe siècle, se trouvait sur la commune et donnait lieu à un pèlerinage. Elle était encore mentionnée au XVIIIe siècle sur les cartes de Cassini.

En 1879, dans  leur ouvrage Géographie de la Seine – Inférieure, les abbés Bunel et Tougard mentionnaient pour Maromme une population de 2 795 habitants. Les activités de la villes étaient des filatures, tissage et retordage de coton, fabrique d’indiennes, blanchisserie, teinturerie, fonderie de fonte, huilerie, tannerie, corderie, scierie de sucre, moulins à blé et à triturer le bois.
Le même ouvrage cite d’anciennes activités comme le moulins à poudre, fermé en 1834, une fonderie de canon active en 1793 et un moulin à papier en 1501, fournissant l’Université de Caen.

Capture d’écran 2014-02-26 à 17.34.21
portrait-carte de Aimable Jean Jacques Pélissier par Disderi, vers 1860.

On trouve plusieurs personnalités venant probablement de Maromme comme « maire » de Rouen au Moyen – Age : un dénommé Gueroult en 1321 et un Alleaume en 1360 et un autre Gueroult en 1479 et 1499.
Mais l’homme célèbre de Maromme est sans doute Aimable Jean Jacques Pélissier, né au Moulin à poudre en 1794 d’un père commissaire des poudres et salpêtres. Militaire de carrière, il fit campagne en Espagne en 1823 puis en Algérie en 1830. C’est là qu’il se rendit tristement célèbre en ordonnant l’enfumage des grottes où s’étaient réfugiés des rebelles et leurs familles, occasionnant la mort de plusieurs centaines de personnes. Malgré un désaveu officiel, ce « fait d’arme » lui valu de devenir gouverneur-général de l’Algérie en 1851. En 1855, il s’illustra en Crimée, lors du siège de Malakoff ce qui lui permis de devenir  maréchal de France, sénateur et duc de Malakoff. Il termina sa carrière en étant à nouveau nommé gouverneur-général de l’Algérie entre 1860 et 1864.