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Pour travailler sur Berlin dans la guerre froide

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Un dossier pédagogique proposé par le Centre des Archives diplomatiques de Nantes, et mis en forme par des collègues, permet de travailler à partir de documents originaux sur les trois moments clés de l’histoire de Berlin au cœur de la Guerre froide, en lettres, langues et histoire-géographie. Même si le dossier est plutôt destiné aux lycéens, il y a des choses à y prendre concernant le blocus de 1948, la construction du mur et sa chute.

La société anonyme du Djebel Chiker

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Voici les informations que j’a trouvé sur la société anonyme marocaine du Djebel Chiker dans L’Écho des mines et de la métallurgie daté du 10 mars 1937.
« L’activité minière au Maroc
Avec la hausse des métaux et la rareté des matières premières, l’activité a repris dans les travaux de recherches et d’exploitation minière au Maroc. Certaines entreprises n’avaient, du reste, jamais cessé d’extraire et de vendre leurs produits.
A l’heure actuelle, on travaille activement dans les entreprises suivantes :
Office chérifien des phosphates, à Kourigba et Louis-Gentil ;
Sté chérifienne des charbonnages de Djerada*, anthracite ;
Sté des mines de Bou-Arfa*, minerai de manganèse, très recherché, même dans les
basses teneurs ;
Sté Le Molybdène*, la molybdénite est toujours rare et recherchée ;
Sté minière du Haut-Guir*, minerai de plomb et zinc ;
Sté des mines d’Aouli*, marche à plein de la laverie pour minerai de plomb ;
Sté marocaine du Djebel-Chicker*, minerai de plomb ;
Sté minière du Bou-Azzer et du Graara*, regagne rapidement le tonnage de minerai
de cobalt expédié en 1935, l’Association du cobalt a relevé à près de 2.000 t. de métal le quantum total à fournir par les adhérents.« 

Un tableau statistique indique que cette société exploitait 598 tonnes de de plomb à sa mise en exploitation en juin 1936 (sur une production totale de 7565 tonnes pour les mines marocaines) . La société avait été fondé en 1927 comme en témoigne les actions en ma possession. l’année 1927 avait été marqué par un regain d’intérêt pour l’exploitation minière au Maroc, évoqué en août dans l’Echo des mines et de la métallurgie. La raison semblait être la mise en chantier de voies de chemin de fer vers l’intérieur du pays, rendant possible l’acheminement du minerai vers la côte en vue de son exportation.  mais en 1930, la Revue de géographie alpine (tome 18, n°2, 1930). signalait qu’on en était encore à la recherche de gisement de galène dans le djebel Chiker.

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Ce délai dans l’exploitation ne semble pas extraordinaire et investir dans une société minière supposait pouvoir attendre un long moment avant de toucher d’éventuels dividendes si on en croit cet article de L’écho des mines et de la métallurgie du premier janvier 1927.

« L’histoire, il ne faut pas l’apprendre. Il faut la comprendre« 

« L’histoire, il ne faut pas l’apprendre. Il faut la comprendre » : Ces paroles sortent de la bouche  de la professeur documentaliste du lycée dans le film Les héritiers.

Ce film, sorti sur les écrans en 2014, n’évitent pas un certains nombre de poncifs sur le milieu scolaire, les établissement de banlieue et les classes difficiles, même s’il est issu d’une expérience vécue au lycée Léon Blum de Créteil en 2009 .
Toutefois, il a le mérite de montrer une pédagogie différente, autour d’un projet de classe sur le thème de la politique d’extermination menée par les nazis. Ce projet amène les élèves à visiter un musée, écouter le témoignage d’un ancien déporté et construire une réalisation originale et personnelle sur le sujet des enfants et des adolescents dans les camps nazis.

Dans ce film, Léon Zyguel, ancien déporté d’Auschwitz et de Buchenwald, a accepté de jouer son propre rôle, en témoignant devant les acteurs comme il le faisait devant des élèves. Né à Paris, de parents juifs polonais, Léon Zyguel a été arrêté en juillet 1942, à l’âge de 15 ans, avec sa mère et ses frères et sœur à Mont-de-Marsan en tentant de rejoindre la zone non-occupée. Il fut enfermé au camp Mérignac, puis transféré en août à Drancy où il retrouva son père, arrêté en août 1941, qui fut tué dans les camps.
Déporté au camp dʼAuschwitz, il a vécu l’enfer des camps, puis les « marches de la mort » lors de l’évacuation du camp en janvier 1945 qui le mena au camp de Buchenwald.
Il participa à l’insurrection armée et à la libération du camp le 11 avril 1945 et prononça le serment de Buchenwald, le 19 avril.
« Nous, les détenus de Buchenwald, nous sommes venus aujourdʼhui pour honorer les 51 000 prisonniers assassinés à Buchenwald et dans les Kommandos extérieurs par les brutes nazies et leurs complices. 51 000 des nôtres ont été fusillés, pendus, écrasés, frappés à mort, étouffés, noyés, empoisonnés et tués par piqûres. 51 000 pères, frères, fils sont morts dʼune mort pleine de souffrances, parce quʼils ont lutté contre le régime des assassins fascistes. 51 000 mères, épouses et des centaines de milliers dʼenfants accusent. Nous, qui sommes restés en vie et qui sommes des témoins de la brutalité nazie, avons regardé avec une rage impuissante la mort de nos camarades. Si quelque chose nous a aidés à survivre, cʼétait lʼidée que le jour de la justice arriverait.
AUJOURDʼHUI NOUS SOMMES LIBRES
Nous remercions les armées alliées, les Américains, les Anglais, les Soviétiques, et toutes les armées de libération qui luttent pour la paix et la vie du monde entier. Nous rendons hommage au grand ami des antifascistes de tous les pays, à lʼorganisateur et initiateur de la lutte pour un monde nouveau, que F.D. Roosevelt. Honneur à son souvenir. Nous, ceux de Buchenwald, Russes, Français, Polonais, Tchécoslovaques et Allemands, Espagnols, Italiens et Autrichiens, Belges et Hollandais, Luxembourgeois, Roumains, Yougoslaves et Hongrois, nous avons lutté en commun contre les SS, contre les criminels nazis, pour notre libération.
Une pensée nous anime
NOTRE CAUSE EST JUSTE, LA VICTOIRE SERA NOTRE.
Nous avons mené en beaucoup de langues la même lutte dure et impitoyable. Cette lutte exigeait beaucoup de victimes et elle nʼest pas encore terminée. Les drapeaux flottent encore et les assassins de nos camarades sont encore en vie. Nos tortionnaires sadiques sont encore en liberté. Cʼest pour ça que nous jurons, sur ces lieux de crimes fascistes, devant le monde entier, que nous abandonnerons seulement la lutte quand le dernier des responsables sera condamné devant le tribunal de toutes les nations : Lʼécrasement définitif du nazisme est notre tâche.
NOTRE IDEAL EST LA CONSTRUCTION DʼUN MONDE NOUVEAU DANS LA PAIX ET LA LIBERTE.
Nous le devons à nos camarades tués et à leurs familles. Levez vos mains et jurez pour démontrer que vous êtes prêts à la lutte. »

Toute sa vie, Léon Zyguel a été fidèle à ce serment, notamment en témoignant lors du procès de Maurice Papon en 1998. Il  a également inlassablement transmis la mémoire de la déportation aux élèves. Il est mort en janvier 2015.