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L’acte de naissance de l’abbé Guiot

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J’ai enfin trouvé les informations sur la famille de l’abbé Guiot en retrouvant son acte de naissance dans les archives départementales du Loiret ! Je savais par le panégyrique de l’abbé rédigé par son ami l’abbé Godefroy, curé de Lailly, dans les Annales religieuses et littéraires, qu’il « était originaire de Pithiviers » et que « sa naissance fut des plus obscure » par « l’humble condition de son père« .
Son père, Louis André Guiot (noté Guyot dans l’acte) était un cordonnier résidant rue de la porte de Beauce. Sa mère se nommait Madeleine Françoise, née Richard.
Louis Laurent Guyot est né le 12 décembre 1818 vers onze heures du matin.

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La rue de la Porte de Beauce dans le cadastre napoléonien

Les traces de l’abbé Guiot dans la presse locale

Au XVIIIe siècle, chaque grande ville de province possédait son journal, ou “Affiches”. On y trouvait des renseignements pratiques, légaux ou commerciaux, des articles de science, de médecine, d’économie rurale mais aussi des critiques littéraires et théâtrales.
La Révolution et l’Empire furent des périodes fastes pour la presse régionale. Un décret du 3 août 1810 obligea même chaque département à posséder son journal. Mais s’ils étaient nombreux, le contenu de ces journaux était très convenu, voire formaté.
Sous la monarchie de Juillet, les journaux de province profitèrent de l’avènement de la bourgeoisie et de l’assouplissement de la législation. Les « feuilles » s’intéressèrent alors à la politique nationale, à l’histoire locale, aux questions d’économie pratique, aux problèmes religieux et scolaires, à l’actualité des spectacles et du monde des arts.
Sous la Troisième République, on compta jusqu’à 1222 journaux de province en 1884, contre 562 en 1874 et 304 en 1868.

Journal du Loiret

Le Journal du Loiret est un périodique (quotidien, hebdomadaire ou bihebdomadaire au cours de son histoire) qui a paru entre 1790 et 1940 à Orléans. D’un format de quatre pages au XIXe siècle, il abordait l’actualité nationale et internationale (page 1 & 2), des nouvelles locales (page 3) et de petites annonces et publicités (page 4).

 

L’abbé Guiot eut les honneurs de ce journal à plusieurs reprises, entre 1859 et 1878. Les lecteurs furent ainsi informés de ses nominations aux cures de Baule et Chécy. Je n’ai pas trouvé trace de sa nomination à Triguères, intervenue de façon précipitée il est vrai. Plusieurs cérémonies religieuses auxquelles il participa firent aussi l’objet de brèves relations, notamment la bénédiction de la nouvelle église de Baule. On y relata aussi sa participation à la découverte d’un amphithéâtre romain à Triguères et sa composition en l’honneur de Jeanne d’Arc. Enfin, le journal annonça son décès.

Des compte -rendus de conférences ecclésiastiques du XIXe et début XXe siècle

Je viens d’acquérir ce cahier d’environ 120 pages contenant les procès-verbaux des conférences ecclésiastiques du doyenné de Bligny-sur-0uche entre 1896 et 1921. Il va compléter ma collection de documents sur la vie d’un prêtre au XIXe siècle.

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Le Retour de la conférence, tableau disparu peint par Gustave Courbet vers 1863

Les conférences ecclésiastiques pour la formation des prêtres ont été mises en place dans un souci de réforme après le concile de Trente, à partir de 1590.

Lieux de mémoires

Tourné par Alain Resnais après Nuit et Brouillard, Toute la mémoire du monde est un documentaire de 20 minutes qui présente la Bibliothèque Nationale de France.
Dans son approche méthodique de cette institution, le cinéaste pose la question de la conservation de la mémoire face à l’explosion de la communication. Posée en 1957, cette question est toujours d’actualité au moment où le ministère de la Culture envisage de limiter désormais la collecte aux « archives essentielles pour les générations futures » face aux difficultés du stockage.
J’ai appris récemment que devant la menace de l’effondrement du bâtiment des Archives nationales de Fontainebleau en 2013, certaines archives d’abord bloquées avaient été détruites. Alertée par des archivistes, une historienne s’est  rendu compte qu’une partie du dépôt légal des éditeurs entre 1925 et 1968 avait été passée au pilon. Une partie du dépôt des périodiques de 1939 à 1993 a été également détruite en août 2016.
Un document interne du ministère de la Culture, révélé en novembre dernier, propose dans le domaine des archives, des réformes et des économies, à la demande du Premier ministre. Parmi les constats, il décrit « une politique des archives trop coûteuse car visant à l’exhaustivité« , et propose comme réforme de « recentrer la collecte sur les archives essentielles, mutualiser les services et dématérialiser massivement« .
Il est écrit que : « conserver 100 km d’archives coûte 6 millions d’euros par an, sachant que 100 km entrent chaque année dans les services d’archives. Avec l’objectif CAP 22, réduire en flux de 10 à 20% la collecte annuelle et réévaluer les stocks d’au moins 15 km d’archives permettrait d’économiser en 5 ans 7 millions d’euros« .
Le ministère indique donc qu’il faut « réduire le champ d’archivage aux documents essentiels pour les générations futures« , sans plus de précisions. Ce concept d’archives essentielles vient du Canada et consiste en fait à considérer le contexte pour choisir ce que l’on va garder ou non.
Cette décision me semble très inquiétante pour la recherche et pour la mémoire de notre pays.

D’après un article de France Culture.

La correspondance de Gustave Flaubert en ligne

Depuis novembre 2017, le Centre d’Études et de Recherche Éditer/Interpréter de l’université de Rouen propose en ligne la correspondance de Gustave Flaubert, entre 1829 et 1880, soit 4449 lettres. Ce projet éditorial a été dirigé par Yvan Leclerc, directeur du Centre Flaubert, que j’ai eu comme professeur à l’université de Rouen en 1992 -1993 pour un cours sur Maupassant alors qu’il travaillait à l’édition de la correspondance entre Flaubert et Maupassant. Je suivais son cours en parallèle avec celui de Jean Maurice sur La Chanson de Roland qui m’a aussi laissé de très bons souvenirs.