Catégorie : Polars

Fins de roman policier

De-soie-et-de-sang

de-soie-et-de-sang

Travaux 4e4 réduit

travaux 4e5 réduit

travaux 4e3 réduit

Voici les travaux de mes élèves de quatrième. Il s’agissait d’imaginer et d’écrire la fin du roman policier De soie et de sang dont ils avaient lu le début. L’histoire se déroule à Shanghai que nous avons étudié dans le cadre du chapitre « Espaces et paysages de l’urbanisation ». J’avais donné plusieurs consignes :
– il fallait connaître l’identité de l’assassin à la fin du texte ;
– l’un des « enquêteurs » devait être le vieil ouvrier du début ;
– le dénouement devait se dérouler dans un lieu réel et identifié de la ville.
Les travaux sont bien sûr de qualité variable, mais la plus grande partie des élèves ont joué le jeu. Et ce qui m’a fait très plaisir, c’est qu’un élève en très grande difficulté de compréhension et de rédaction a tout de même imaginé une histoire sur plus de quarante lignes, même si elles sont difficiles à lire. De leur côté, les élèves de mon amie Barbara ont rédigé la suite directe des premières pages du roman. Nous allons échanger les textes et proposer à nos élèves de choisir « les meilleurs » textes de chaque classe, dans une sortie de prix littéraire. À suivre donc.

 

80 millions de voyeurs

Alors que j’étais épuisée et préoccupée, il y a quelque temps, j’ai demandé à mon bibliothécaire personnel de me trouver dans nos étagères un livre « plutôt facile, distrayant, style policier, prenant« .
J’adore demander à mon bibliothécaire de me choisir un livre: il y a toujours une part délicieuse de surprise et je lis ainsi des romans que sinon je n’aurais jamais ouverts. Mais c’était une mission délicate: je voulais du polar sans terreur. Cette fois donc, son choix s’est porté sur 80 millions de voyeurs, de MacBain.
Premier MacBain me concernant, bilan globalement positif. L’histoire m’a attrapée, comme je le souhaitais, la lecture était effectivement facile mais avec des lourdeurs qui m’ont gênée, dans le fond et la forme. Le décalage temporel énorme m’a amusée: on a presque l’impression d’être dans un autre univers.
Je crois que je vais en lire un autre.

Manchette ou Rio ?

En lisant « La position du tireur couchée » de Jean – patrick Manchette, j’ai un moment eu un sentiment de déjà vu… L’histoire de ce tueur à gage voulant décrocher et dont l’amour pour une femme va entrainer sa perte m’a rappelé « Faux pas » de Michel Rio.
Dans les deux cas, l’intrigue est simplicime et le propos assez sombre. Mais Rio a écrit un roman intemporel dont l’objet est de rendre compte des état d’âme d’un monstre social tandis que Manchette place son action dans les années 70, en pleine guerre froide.Je n’ai pas adhéré au soubassement géopolitique de l’intrigue de Manchette et je trouve qu’elle nuit au roman.
Christian, le héros de Manchette, subit les évènements tandis que « l’inconnu » de Rio mène le jeu. C’est que Manchette a signé un roman qui réfléchit sur la société tandis que Rio analyse l’individu.
Et puis la fin… la fin du livre de Manchette m’a paru ridicule, avec cette répétition générationnelle tandis que la fin du livre de Rio est simple et semble s’imposer de soi.

Pourquoi faut-il lire Connelly ?

Michael Connelly est un auteur de roman policier à succès, inspirant le cinéma. Parmi ses livres, ceux mettant en scène l’inspecteur Harry Bosch ont ma préférence.
Je crois que ce que j’aime chez Connelly, c’est l’approche réaliste de ses romans qui vient de son passé journalistique. Il a travaillé pour divers journaux (dont le Los Angeles Times)pour lesquels il a produit des chroniques judiciaires. Certaiens ont été regroupées dans le recueuil « Les chroniques du crime » paru au Seuil.
Les enquêtes de Bosch se déroulent à Los Angeles, une ville que Connelly connait bien. Il a d’ailleurs fait paraitre un DVD dans lequelle il fait visiter les lieux sensibles de ses romans (« Blue neon night »).
La carrière romanesque de Bosch se déroule pour le moment de 1992 à 2009 au sein de 14 romans (dont 13 ont été traduits) mais son auteur l’a fait intégrer le LAPD en 1972.
J’aime le regard pessimiste et désabusé que porte Bosch sur la ville et la société et je trouve le style de Connelly précis, fluide et sans fioriture.

Histoires regrettables


J’ai commencé à lire un recueil de nouvelles de l’auteur Wilkie Collins, ami de Dickens et l’un des créateurs de la fiction moderne selon Borges. Ce sont des nouvelles policières présentant les dessous de la société victorienne. Le style est agréable, sans fioriture contrairement à celui de nombre de ses contemporains. Les personnages sont campés en quelques lignes.

Du dépaysement



J’ai commencé la lecture de Fantômes et kimonos, offert par des amis lors du réveillon du jour de l’an. Il s’agit de courtes nouvelles se déroulant au Japon, au XIXe siècle, qui racontent les enquêtes d’un « détective » au service des autorités.

J’aime la civilisation japonaise dans sa complexité et sa pureté et le dépaysement que procure cette lecture. Le style est simple et concis. Il s’agit là d’une lecture distrayante et assez reposante.

Attention, livre maudit

Je viens de terminer Versus, avalé en deux jours. Ce roman rejoint le rayonnage assez réduit des livres qui ont compté pour moi. Sa lecture ne peut pas laisser indifférent.

Le personnage principal, Paul Nazutti est un concentré de haine qui porte sur le monde un regard ambigu : il le déteste, mais il continue d’y participer.

Le plus effrayant pour moi (et probablement pour les quelques proches qui parcourent ce blog) est que je me suis reconnu dans ce personnage de fiction. Pire encore, j’ai le sentiment que si j’étais entré dans la police comme j’avais initialement voulu le faire, je serais devenu comme lui. Aujourd’hui je ne lui ressemble qu’un peu !

Je suis persuadé que la société décrite par Antoine Chainas à travers le regard du major Nazutti est la vraie, et cela ne me rend pas optimiste…

Pour en revenir au roman, si j’excepte une fin prévisible et à mon avis inutilement dans la surenchère, il est bon de la première à la dernière page. Sans temps mort, il ne vous laisse pas respirer et vous plonge dans les tréfonds d’une (puis deux) âmes torturées. Là où le Dantec des Racines du Mal vous décrivait un univers glauque, Chainas vous y fait participer… C’est déstabilisant et je ne peux que recommander cette lecture à un public averti.