Catégorie : Nouvelles

Et si l’Allemagne avait gagné la Première Guerre mondiale ?

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À quoi ressemblerait le monde si l’Allemagne de Guillaume II avait gagné la bataille de la Marne en septembre 1914 ? Si finalement, un an plus tard, elle était sortie victorieuse de la Première Guerre mondiale ? L’étrange ouvrage L’Autre siècle tente de répondre à ces questions.
Pour donner vie à cette uchronie, sept historiens et cinq auteurs de fiction se sont en effet associés, qui rédigeant un essai, qui une nouvelle. On consulte ainsi le journal d’un psychiatre berlinois et les notes d’une mission chinoise sur le Reich asiatique. On analyse le traumatisme des soldats français revenus du front, vivants mais vaincus, ou les espoirs suscités par une Amérique gardienne de la paix.
Tous ces auteurs nous plongent dans un monde à la fois étrange et familier et nous poussent à interroger l’Histoire.

Histoires regrettables


J’ai commencé à lire un recueil de nouvelles de l’auteur Wilkie Collins, ami de Dickens et l’un des créateurs de la fiction moderne selon Borges. Ce sont des nouvelles policières présentant les dessous de la société victorienne. Le style est agréable, sans fioriture contrairement à celui de nombre de ses contemporains. Les personnages sont campés en quelques lignes.

Pourquoi lire Lovecraft ?

Imaginez que toutes les croyances religieuses ou spirituelles ne sont que pures fantaisies. Ni les Dieux, ni le Diable n’existent… Seules de sombres entités extraterrestres nous manipulent en secret… Autrefois elles gouvernaient l’univers tout entier, mais aujourd’hui la magie les empêche de régner… Ces entités ont pour nom Azathoth, Yog-Sothoth, Cthulhu, Nyarlathotep, Shub-Niggurath… Elles sont immortelles et attendent leur heure !

Imaginez que des sociétés secrètes, corrompues, connaissent l’existence de ces entités et les vénèrent aux quatre coins du monde, dans les marais de Louisiane, dans les étendues arctiques, sur les sommets enneigés du Tibet, au coeur de l’Afrique… Elles oeuvrent aux retour de ces Grands Anciens dans notre réalité.

Suite à leurs exactions, ces entités furent exilées aux quatre coins de l’univers ou dans d’autres dimensions. Le sceau magique des Anciens Dieux fut apposé sur la porte de chacune de leurs prisons pour interdire toute fuite aux Grands Anciens…

Certains d’entre eux arrivèrent sur Terre où la vie n’en était qu’à ses balbutiements. Là, ils durent affronter la Grand Race, un peuple venu des confins de l’espace. Ayant repoussé cette menace, les Grands Anciens s’installèrent, bâtirent et érigèrent des cités aussi sombres que leurs âmes, en ruminant leur vengeance. Il asservirent les créatures qui peuplaient la planète et semèrent la peur et le doute dans les esprits de ceux qui refusaient de les honorer…

Il est dit que lorsque les étoiles auront repris la configuration qu’elles avaient au moment de l’emprisonnement des Grands Anciens, ces derniers seront libérés car la protection magique du Signe des Anciens Dieux n’agira plus… Il arrive cependant que certains parviennent à traverser le voile de la réalité et à intervenir dans notre monde, tel le Grand Cthulhu qui insuffle les rêves et les cauchemars.

Il existe également une dimension parallèle à la nôtre et appelée Contrées du Rêve… Ce monde est accessible à certains rêveurs, mais il abrite aussi certains Grands Anciens et leurs adorateurs.

A lire d’urgence :

« La couleur tombée du ciel » [Denoël, Présence du Futur ou Folio SF]. Un recueil de quatre nouvelles :

« La couleur tombée du ciel » [1927]

« L’abomination de Dunwich » [1928]

« Le cauchemar d’Innsmouth » [1932]

« Celui qui chuchotait dans les ténèbres » [1930]

« Dans l’abîme du temps » [Denoël, Présence du Futur ou Folio SF]. Un recueil de quatre nouvelles :

« Dans l’abîme du temps » [1934]

« La maison de la sorcière » [1932]

« L’appel de Cthulhu » [1926]

« Les montagnes hallucinées » [1932]

« Par delà le mur du sommeil » [Denoël, Présence du Futur ou Folio SF]. Un recueil de cinq nouvelles :

« Par-delà le mur du sommeil » [1919]

« Les rats dans les murs » [1929]

« Le monstre sur le seuil » [1936]

« Celui qui hantait les ténèbres » [1936]

« L’affaire Charles Dexter Ward » [1936]

« Démons et merveilles » [Editions 10/18]

Le Cycle des aventures de Randolph Carter dans les Contées du Rêve. Quatre nouvelles qui se suivent et forment le plus long texte de Lovecraft. Attention, il faut les lire dans l’ordre indiqué ci-dessous.

« Le Témoignage de Randolph Carter » [1919]

« La clé d’argent » [1929]

« A travers les portes de la clé d’argent » [1934]

« A la recherche de Kadath » [1934]

Pourquoi lire Borges ?

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Taxés d’érudits et de complexes, les livres de Borges défient le lecteur, qui tourne souvent autour sans oser s’y plonger. On l’a jugé pédant, fermé sur lui-même, on l’a traité de rat de bibliothèque (ce dont il était plutôt fier !) étalant fièrement son érudition dans des nouvelles qui semblent de mini encyclopédies. On a tort !

S’il y a quelque chose de vrai là-dedans, c’est que Borges ne consultait pas les encyclopédies, il les lisait. L’écriture de Borges était tout entière encyclopédique : recouper, copier-coller des histoires et des faits qui jamais n’auraient dû se croiser, comme deux entrées placées côte à côte dans un dictionnaire par le seul miracle de l’ordre alphabétique, et dont le rapprochement constitue l’ouverture secrète sur un monde parallèle. Explorer en fait.

Ce que Borges aurait emporté sur une île déserte ? Une encyclopédie, bien sûr, car ce faisant il aurait emporté avec lui le reste du monde. Ce que produit Borges en utilisant tout ce qu’il absorbe de ses lectures, c’est une  » prodigieuse illusion de savoir  » ; ce qui l’anime, une curiosité jamais rassasiée, la volonté d’embrasser l’intégralité du monde en un seul regard.

Lire Borges c’est comme retrouver un ami fort sage et malicieux qui adore vous raconter des histoires qui vous donnent envie de vous cultiver, de découvrir les livres dont il parle avec passion et intelligence. C’est pour moi le monument littéraire le plus facile d’accès, doté d’une écriture simple et directe, sans fioriture. Borges a la faculté de tailler dans le récit pour n’en laisser que l’essentiel, la structure.

Selon Alan Pauls, auteur d’un essai sur Borges (le Facteur Borges) il faut oser lire le maître comme il doit être lu, en replaçant le rire au coeur de l’écriture,  » un rire qui nous enlève et nous transporte en un lieu hors de la pensée « . On raconte qu’avec son complice Bioy Casares, Borges s’enfermait des journées entières pour écrire, et qu’on entendait fuser les fous rires au travers de la porte…

De Borges, on peut lire :

Fictions, un recueil contenant 16 nouvelles ou contes relevant du fantastique. Je recommande particulièrement « Tlön, Uqbar, Orbis Tertius » qui raconte une conspiration d’intellectuels pour créer un monde imaginaire. Il y a aussi « La bibliothèque de Babel » / imaginez que l’univers soit une immense bibliothèque sur les étagères de laquelle repose un nombre infini de livres.

L’Aleph, un recueil de dix-sept nouvelles où l’on retrouve les thèmes de prédilection de Borges : les nombreuses références littéraires (parfois volontairement fantaisistes), la métaphysique, les labyrinthes, l’infini, la mort et l’immortalité. Je recommande justement la lecture de « L’Immortel » qui relate l’histoire d’un soldat romain qui se met en quête de découvrir le fleuve d’immortalité qui coule au bord du monde.