Catégorie : Pédagogie

Volume horaire et emploi du temps en primaire

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Voici le volume horaire à consacrer aux différentes disciplines en cycle 2 et 3, ainsi que leur répartition hebdomadaire. Et ci-dessous, un exemple d’emploi du temps proposé sur le blog La classe de Mallory.

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J’ai choisi de présenter cet emploi du temps car je compte mettre en place les ateliers Déclic et Ecrit proposés par cette collègue lorsque je serai professeur des écoles. Mais on peut en trouver de nombreux autres exemples sur internet et dans des revues spécialisées comme celle-ci :

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Une revue à lire

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Ce hors – série propose des articles intéressants. On y relate notamment l’expérience Freinet de mon collègue Mathieu Karl Fonvieille ou la classe inversée (avec encore un autre professeur d’histoire…)

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Les initiatives relatées font rêver… J’aimerai beaucoup enseigner dans un microlycée, par exemple ou dans l’un des 15 établissements se réclamant de l’éducation nouvelle et fonctionnant sur le mode dérogatoire de l’expérimentation.

Mensonge ou bêtise

Après l’erreur de cartographie dans son programme, dévoilant l’étendue de son ignorance (ou au moins le fait qu’il n’a pas relu le document), monsieur Fillon nous prouve qu’il ne lit pas non plus les documents qu’il critique.
Je sais que le mensonge en politique est naturel, mais ne pourrait-il s’agir d’un mensonge intelligent, c’est – à – dire difficile à prouver !

Pour être équitable cependant, j’ai déjà critiqué les propositions de monsieur Juppé ici.

L’un et l’autre sont, en matière scolaire, des vestiges de la IIIe République…

C’est affligeant !

Affligeant de voir des collègues, cédant aux sirènes des médias, en arriver à parler pour les autres. Voici ce que déclarent deux professeurs de lycée, Margaux Merand et Hélène Parent, au Figaro :
« Le constat est sans appel: il est actuellement impossible, pour un professeur du secondaire, de faire cours à des classes si hétérogènes, qu’il s’agisse d’un «cours magistral», d’un «cours magistral dialogué» ou encore d’activités visant à la mise en place d’une «pédagogie différenciée». Dans les deux premiers cas, le niveau des élèves est si variable, et leurs situations si diverses, qu’il est illusoire pour l’enseignant de se faire comprendre par l’ensemble de la classe. Dans le cas de la «pédagogie différenciée», les effectifs sont bien trop nombreux pour espérer trouver un dispositif permettant à la fois à chaque élève de faire des exercices adaptés à ses propres difficultés et au professeur de dispenser à chacun les connaissances et les conseils nécessaires. Le mythe pédagogiste, qui voudrait que le savoir émane des élèves et non du professeur, est un leurre: tout professeur un tant soit peu expérimenté remarque bien que les élèves veulent qu’on les aide individuellement, qu’on s’adapte à leurs difficultés, mais ne croient aucunement que leurs propres expériences tiennent lieu de savoir. De ce fait, la recherche d’activités permettant aux élèves de «deviner» (car c’est bien ce dont il s’agit) ce qu’on veut leur inculquer, est vaine en plus d’être chronophage, et participe d’une atteinte à l’autorité de l’enseignant, laquelle lui vient justement en partie de son statut à la fois ferme et rassurant pour l’élève de «celui qui sait».« 

Je comprend, mesdames, vous êtes celles qui savent… Pauvres ignorants que nous sommes, nous autres, professeurs, qui avons une autre expérience, un autre ressenti !

A quoi servent ces propos outranciers et faux ? A fustiger le collège unique, bien sur !
(…) »La seule manière de résoudre ce problème d’hétérogénéité, outre la réduction des effectifs, nous semble effectivement résider dans un travail précoce sur l’orientation des élèves. Le collège unique, créé par la réforme Haby de 1975 , est manifestement un échec sur certains plans, et c’est cet échec qu’il s’agit de prendre réellement en compte.« 

Le reste de l’entretien est à l’avenant, notamment sur la formation des professeurs stagiaires : (…) « Elle est scindée entre formations «disciplinaire» (regroupant les stagiaires et les professeurs formateurs académiques des mêmes disciplines) et «transversale» (mélangeant toutes les disciplines et les professeurs de collège / lycée). La première partie de la formation est tout à fait utile: elle met les stagiaires en contact avec des professeurs d’expérience, qui mettent à disposition leurs connaissances, certains supports de cours, et qui permettent des échanges réellement constructifs. La deuxième partie, quant à elle, est généralement condamnée à une inanité totale.
Les enseignements portent sur des thèmes si larges qu’ils n’ont aucune utilité immédiate pour le stagiaire et lui font perdre son temps.
Les enseignements y sont assurés par des professeurs de mathématiques, d’EPS, d’anglais, etc., et portent sur des thèmes si larges qu’ils n’ont aucune utilité immédiate pour le stagiaire et lui font perdre son temps.« 

Mesdames, par pitié, retournez faire cours et arrêtez de donner des leçons !

Thème 1 de 4e : Bourgeoisies, commerce, traite et esclavage au XVIIIe siècle

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Dans le cadre du cours de 4e intitulé « Bourgeoisies, commerce , traite et esclavage au XVIIIe siècle », les élèves ont étudié les puissances européennes, leurs colonies et le commerce au XVIIIe siècle en complétant un fond de carte à l’aide du livre (évaluation 1 sur les compétences lire une carte, réaliser une carte et respecter des consignes).

europe-xviii-fiche-2-carte (j’ai emprunté cette fiche au site HistoCollège)

Ils vont ensuite travailler sur le commerce triangulaire et la traite négrière pratiquée par les pays européens.

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En France hexagonale, douze ports de la façade Atlantique et de Méditerranée ont une histoire liée à l’esclavage. Points de départ du commerce triangulaire, c’est de là que partaient les expéditions négrières françaises entre le 17e et le 19e siècle.
Pour en savoir plus sur ces ports, vous pouvez parcourir la carte interactive disponible ici.

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Les élèves vont  s’intéresser au port de Bordeaux qui fait l’objet d’un dossier dans le livre.

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A l’issue du travail sur Bordeaux, ils se mettront dans la peau de l’Anglais Arthur Young pour rédiger ses notes de voyage sur le port français en 1787 (évaluation 2 sur la compétence rédiger un texte dans un objectif précis) . Cela fait, nous pourrons lire le texte véritable et comparer celui-ci avec les tableaux de Vernet.

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Vue de Bordeaux depuis les Salinières par Vernet
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Vue de Bordeaux depuis le château Trompette par Vernet
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Vue de Bordeaux depuis les Chartrons en 1807

Ils vont ensuite étudier la vie des esclaves, depuis leur achat en Afrique jusqu’à leur vente aux Antilles et leur travail dans les plantations. Le travail sur les activités s’effectue dans le cahier de brouillon – recherche.

Ils colleront enfin la trace écrite de la leçon dans le cahier de cours (j’ai largement copié celle de monsieur Leroy dans le fond comme dans la forme). L’évaluation finale aura lieu une semaine plus tard.

Pour terminer ce thème, les élèves ayant choisi comme personnage le marchand bordelais, le marin ou l’esclave devront rédiger un morceau de leur journal intime à la maison.

Nous devrions aussi bénéficier d’une animation des archives municipales du Havre sur le thème « Le Havre, un port négrier au XVIIIe siècle », organisée dans le cadre du Contrat de Réussite Éducative Départemental.

 

 

 

Encore un donneur de leçon

Philippe Bihouix, ingénieur de formation, a publié un ouvrage sobrement intitulé le Désastre de l’école numérique. Voilà pourquoi selon lui :
L’école numérique « est née sous une «mauvaise étoile» (de l’italien disastro), celle du besoin compulsif d’innover à tout prix, de la fascination naïve pour la technique et la nouveauté. Elle est une défaite, celle du «combat» pour une école plus juste : la fuite en avant numérique est d’abord le signe de l’échec de décennies de réformes du système scolaire. On n’a plus que ça à proposer, la technologie pour panser toutes les plaies du système scolaire. »
Un peu plus loin dans l’entretien accordé à Libération, il répond ainsi à la question : les élèves apprennent-ils mieux avec le numérique ?
« Aucune étude ne le démontre. Les rapports officiels eux, s’enchaînent, et ne reculent devant aucune simplification outrancière du type : «Le Danemark réussit à l’école, le Danemark intègre le numérique, donc le numérique permet de réussir.» Et tant pis si l’on sait depuis les Grecs anciens que ce genre de syllogisme est une erreur de raisonnement ; et tant pis s’il y a d’autres facteurs explicatifs dans le système éducatif danois, comme la pédagogie active : quand l’élève ne fait pas que recevoir mais produit son propre contenu, réutilise, remâche. Mais ce n’est pas nouveau, cela date de Freinet, des années 20. Même le rapport Pisa 2015, produit par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) qui est très pro-numérique, révèle que plus on est exposé aux écrans et moins on comprend les textes écrits. »
Il égratigne ensuite la classe inversée, de manière assez juste me semble-t-il :
« L’école numérique exige aussi un suivi parental plus appliqué, comme avec la «classe inversée», où il s’agit de visionner une vidéo à la maison, puis de consacrer le cours lui-même à des approfondissements ou des exercices. Tous les élèves ne regarderont pas la vidéo de la même façon : certains seront concentrés, accompagnés par leurs parents ; d’autres la regarderont d’un œil, en surfant en parallèle sur les réseaux sociaux. La pédagogie sur écran ne fera pas reculer le phénomène de reproduction sociale.  »
Je pouvais le suivre et être, au  sujet de la classe inversée, d’accord avec lui, mais la suite de l’entretien gâche tout et montre sa vision conservatrice de l’école :
« L’école numérique, c’est un projet de déconnexion toujours plus grande de l’homme d’avec son milieu naturel. Nous allons élever des enfants «hors-sol», comme nos tomates insipides ! Avec le numérique, on ne promeut plus l’effort : face au découragement, l’école doit devenir ludique, gamifiée, l’enseignement doit être fun, les profs sympas. On ne laisse plus de place au hasard, à l’ennui, à l’apprentissage de la patience, de la lenteur, de la réflexion : tout doit devenir rapide, efficace, on veut tout, et tout de suite. L’école doit se consommer, comme le reste. Et tant pis pour les futurs poètes que l’ennui guidait parfois vers le ballet des feuilles d’automne. L’école moderne doit former des managers ou des chauffeurs «uberisés», pas des poètes. »
Il généralise, il simplifie de façon outrancière à son tour. Utiliser le numérique ne signifie pas aller vite, bien au contraire. Et j’ai posté sur ce blog des animations réalisées par des élèves qui montre que poésie et numérique peuvent faire bon ménage… De même l’école ne « doit » pas devenir ludique, mais elle le « peut » car cela aide certains élèves à certains moments.
C’est toujours la même chose : d’un côté comme de l’autre les donneurs de leçon rejettent tout en bloc, là où les professeurs, confrontés réellement au difficultés des élèves, piochent à droite et à gauche pour élaborer une pédagogie, la plus pertinente possible en fonction du public auquel ils s’adressent.

EDIT : je publie ci-dessous un extrait d’entretien avec Philippe Meirieu, trouvé ici, au sujet du numérique également et paru dans la revue AlterEco :
« Le numérique peut-il contribuer à ces innovations pédagogiques ?
Le recours au numérique, dans toutes ces transformations, peut s’avérer être la meilleur et la pire des solutions. Les élèves savent s’en servir techniquement mais demeurent culturellement démunis face à leur usage. Il faut donc voir cela comme une merveilleuse occasion pour l’Ecole d’apprendre aux jeunes à prendre une distance critique vis-à-vis de l’information. Comment se documenter sérieusement ? Autant de questions désormais incontournables.
Et si internet encourage des pulsions parfois agressives, souvent narcissiques et inutiles, comme la pulsion d’achat, il faut s’appuyer sur l’Ecole pour y résister. Utilisées intelligemment, ces technologies peuvent développer l’esprit critique des élèves, leurs capacités de résistance, y compris au consumérisme. Nous vivons dans une société qui, grâce à ces outils, est dans le culte de l’immédiateté. L’institution scolaire peut devenir le lieu d’une décélération où l’on prend le temps d’apprendre et de réfléchir.«