Étiquette : La question de l’accès à l’eau

Un rachat inquiétant

Veolia a remis ce week-end à Engie, actionnaire de Suez, une offre de rachat pour 2,9 milliards d’euros. Cette offre concerne une partie des 32% qu’Engie détient dans Suez. Si cette première opération réussit, Veolia déposera ensuite une offre publique d’achat sur le reste des actions Suez détenues par des institutionnels et les salariés pour un total de 10 milliards d’euros. L’offre n’a été sollicitée ni par Suez, ni par Engie, qui en prennent acte et vont étudier la proposition dans les prochaines semaines. Les autorités de la concurrence pourraient (et devraient, à mon avis) toutefois s’y opposer, car le nouveau groupe contrôlerait alors 62% de l’activité de traitement des eaux en France.

Ce n’est pas nouveau, mais c’est utile de le rappeler

Selon un rapport du World Resources Institute, près d’un quart de la population mondiale, vivant dans dix-sept pays, est en situation de stress hydrique très grave.
Le stress hydrique – autrement dit, une ressource insuffisante pour répondre aux différentes activités humaines et aux besoins de l’environnement – commence lorsque la disponibilité en eau est inférieure à 1700 mètres cubes par an et par personne. Les trois quarts des habitants des pays arabes vivent en dessous du seuil de pénurie établi, lui, à 1000 m3 par an, et près de la moitié se trouvent dans une situation extrême avec moins de 500 m3, en Egypte et en Libye notamment.
Dans  ces dix-sept pays – le Qatar, Israël, le Liban, l’Iran, la Jordanie, la Libye, le Koweït, l’Arabie saoudite, l’Erythrée, les Emirats arabes unis, Saint Marin, Bahreïn, le Pakistan, le Turkménistan, Oman, le Botswana et l’Inde – l’agriculture, l’industrie, et les besoins quotidiens absorbent 80 % des eaux de surface disponible et des eaux souterraines lors d’une année moyenne.

L’eau dans le monde

Selon un rapport de l’ONU, chaque année, dans le monde, 780 000 personnes meurent à cause d’une eau impropre à la consommation (dont 340 000 enfants de moins de cinq ans qui meurent de maladies diarrhéiques). La raison principale est que 80% des eaux usées retournent dans l’écosystème sans être traitées ou réutilisées.
En 2015, 2,1 milliards d’êtres humains n’avaient pas accès à une eau potable sûre, principalement en Afrique subsaharienne où seulement 24% de la population a accès à une source sûre d’eau potable. Ce sont principalement les femmes et les filles qui ont en charge la collecte de l’eau dans ces pays et elles consacrent plus de 30 minutes par jour à aller en chercher au détriment de leur éducation notamment.
Dans les pays les moins avancés, 62% des citadins vivent dans des bidonvilles et n’ont très souvent pas accès aux services d’eau ou d’assainissement. Les habitants doivent s’approvisionner en eau auprès de vendeurs ambulants et de camions citernes et peuvent payer leur eau dix fois plus cher que leurs concitoyens plus riches qui ont l’eau du robinet.
L’ONU rappelle également que l’eau a joué un rôle dans plus de 260 conflits ayant éclaté depuis 2010. Conséquence de la croissance démographique, du développement économique et de l’évolution des modes de consommation, la demande mondiale en eau devrait augmenter de 20 à 30% par rapport au niveau actuel d’ici 2050.