Étiquette : La question de l’accès à l’eau

Un documentaire sur le problème de l’eau au Niger

Au nord du Niger, le village de Tatiste, victime du réchauffement climatique, se bat pour avoir accès à l’eau. Chaque jour, Houlaye quatorze ans, comme d’autres jeunes, marche des kilomètres pour aller puiser l’eau, essentielle à la vie du village. Cette tâche quotidienne les empêche, entre autres, d’être assidus à l’école. L’absence d’eau pousse également les adultes à quitter leur famille chaque année pour aller chercher au-delà des frontières les ressources nécessaires à leur survie. Pourtant, cette région recouvre dans son sous-sol un lac aquifère de plusieurs milliers de kilomètres carrés. Il suffirait d’un forage pour apporter l’eau tant convoitée au centre du village et offrir à tous une vie meilleure.
On peut trouver ici un dossier pédagogique pour exploiter ce film documentaire qui sort le 10 novembre au cinéma.

216 millions de réfugiés climatiques d’ici 2050

216 millions de personnes pourraient migrer d’ici 2050 dans le monde pour fuir les effets néfastes du changement climatique tels que la baisse de la production agricole, la pénurie d’eau et la hausse du niveau de la mer, selon la Banque mondiale. Les projections pour les différentes régions s’établissent ainsi : l’Afrique subsaharienne pourrait connaître jusqu’à 86 millions de migrants climatiques internes ; ils seraient 49 millions en Asie de l’Est et Pacifique ; 40 millions en Asie du Sud ; 19 millions en Afrique du Nord ; 17 millions en Amérique latine ; 5 millions en Europe de l’Est et en Asie centrale.
En Afrique du Nord, les perturbations de la disponibilité de l’eau seront probablement le principal moteur des migrations climatiques internes. Elles chasseront les populations des régions côtières et intérieures où les pénuries d’eau s’aggravent, ralentissant la croissance démographique dans les foyers d’émigration le long de la côte nord-est de la Tunisie, de la côte nord-ouest de l’Algérie, dans l’ouest et le sud du Maroc ainsi que sur les contreforts de l’Atlas central qui subissent déjà le stress hydrique. En Égypte, les parties est et ouest du Delta du Nil, Alexandrie comprise, pourraient aussi devenir des foyers d’émigration climatique en raison à la fois de l’indisponibilité croissante de l’eau et de l’élévation du niveau de la mer. Parallèlement, plusieurs autres lieux où l’eau est plus abondante devraient devenir des foyers d’immigration climatique, notamment des centres urbains importants comme Le Caire, Alger, Tunis, Tripoli, le corridor Casablanca-Rabat et Tanger.
Dans la sous-région du bas Mékong, en Asie, l’élévation du niveau de la mer et les ondes de tempête risquent de créer des foyers d’émigration climatique dans certaines plaines côtières densément peuplées, comme le delta du Mékong au Viet Nam. En effet, ces phénomènes mettent en péril les principaux moyens de subsistance locaux, notamment la production de riz, l’aquaculture et la pêche. Des foyers d’immigration climatique devraient apparaître dans des lieux où la population augmente déjà, comme le delta du fleuve Rouge et la région côtière centrale du Viet Nam, où la disponibilité de l’eau et la productivité agricole sont meilleures. Toutefois, il est probable que la région soit de plus en plus exposée à des tempêtes tropicales plus fréquentes et aussi plus violentes.
En Asie centrale, la disponibilité de l’eau et la productivité agricole feront apparaître des foyers d’immigration climatique dans des zones déjà densément peuplées et économiquement productives telles que la vallée de Ferghana. Elles devraient aussi pousser les migrants vers des zones nouvelles pouvant leur procurer des moyens de subsistance, comme le nord du Kazakhstan. Cependant, l’exode rural s’intensifiera probablement dans de vastes régions montagneuses agricoles et pastorales de la République kirghize susceptibles de connaître des pénuries d’eau plus sévères.

D’après un article du site de La Banque Mondiale qui repose sur un rapport (en anglais) dont on peut lire un résumé en français ici.

L’Egypte menace l’Ethiopie au sujet du barrage de la Grande renaissance

Alors que pour la deuxième année, l’Ethiopie s’apprête remplir son barrage de la Grande renaissance éthiopienne à la faveur de la prochaine saison des pluies, entre juillet et septembre, le président égyptien l’a menacé de représailles en cas de vol de la part des eaux du Nil revenant à l’Egypte. Il a fait pour cela une allusion aux avions Rafale, achetés en 2015 à la France, qui pourraient servir à bombarder l’ouvrage.
L’Egypte, qui dépend du Nil pour environ 97% de son irrigation et de son eau potable, considère le barrage de la Grande renaissance éthiopienne comme une menace pour son approvisionnement en eau. De son coté, l’Ethiopie affirme que l’énergie hydroélectrique produite par le barrage est vitale pour répondre aux besoins énergétiques de ses 110 millions d’habitants.
L’Ethiopie est favorable à des négociations tripartites (avec l’Egypte et le Soudan, concerné lui aussi) en collaboration avec l’Union africaine. Mais cela fait près d’une décennie que les trois pays négocient sans qu’aucun accord ne soit trouvé. L’Egypte et le Soudan ont donc appelé à la signature d’un accord contraignant dans les prochaine semaine, avant le début du remplissage.