Étiquette : Religion

Un nouveau recul de la laïcité en Turquie

Un nouveau projet de loi inquiète les défenseurs de la laïcité en Turquie. Le gouvernement envisage d’autoriser les religieux à célébrer les mariages civils. Le texte, qui devrait être soumis au vote parlementaire à la rentrée, entend accorder aux muftis, employés par le Département des affaires religieuses, le droit de diriger eux aussi les mariages. Les raisons avancées par les autorités sont d’ordre pratique, afin de rendre les mariages officiels plus aisés et les accélérer soi-disant.

Etrange restauration

La chapelle de Bethléem est un monument du XVe siècle situé dans la commune française de Saint-Jean-de-Boiseau en Loire-Atlantique.
Classée au titre des monuments historiques en 1911, elle avait perdu ses pinacles au XIXe siècle et elle a été restaurée de 1993 à 1995 par le sculpteur Jean-Louis Boistel : les pinacles portent des gargouilles nouvellement créées qui sont issues de l’imaginaire cinématographique américain et de l’animation japonaise, mais qui s’inscrive dans la symbolique chrétienne.

Le pinacle sud-ouest, accueille ainsi :
– Goldorak (la droiture, avec un chevalier des temps modernes),
– un Gremlins (le mauvais monstre présent dans chacun),
– Gizmo (le bon monstre dans chacun).

chapelle-de-bethleem-gargoyles-01
Le pinacle nord-est révèle  aux curieux :
– le léviathan (le néant, le mal absolu, celui qu’il ne faut pas réveiller), représenté sous les traits d’un Xénomorphe, issu du film Alien.

Essai de décoration de boîte pour le jeu sur la laïcité

J’ai réfléchi à une décoration pour la boîte du « Jeu de le paix » (c’est le nom choisi par les élèves) que les les élèves de la mission contre le décrochage du collège de Maromme sont en train de fabriquer. Je vais peut-être en commander une autre pour que les élèves puissent laisser libre cours à leur créativité, tout en gardant celle-ci en secours…

Extrait d’un entretien avec Paul Veyne

Paul Veyne est un historien spécialiste de Rome, devenu professeur au Collège de France et auteur d’ouvrages importants comme Comment on écrit l’histoire. Il revient ici sur les origines chrétiennes de la France et de l’Europe.

La question des origines chrétiennes de la France continue d’agiter le débat public. Quelle est votre opinion sur la question
« C’est le type même de la fausse question. Comme je l’ai écrit dans mon ouvrage Quand notre monde est devenu chrétien, « ce n’est pas le christianisme qui est à la racine de l’Europe, c’est l’Europe actuelle qui inspire le christianisme ou certaines de ses versions ». La religion est une des composantes d’une civilisation, et non la matrice – sinon, tous les pays de culture chrétienne se ressembleraient, ce qui est loin d’être le cas ; et ces sociétés resteraient figées dans le temps, ce qui n’est pas plus le cas. Certes, le christianisme a pu contribuer à préparer le terrain à certaines valeurs. Mais, de fait, il n’a cessé, au fil des siècles, de changer et de s’adapter. Voyez par exemple le courant des catholiques sociaux de gauche : ce christianisme charitable qui oeuvre pour le bien-être du prolétariat découle directement du mouvement ouvrier socialiste du XIXe siècle. De même, il existe des courants du christianisme qui se revendiquent féministes et laïques. Mais auraient-ils existé s’il n’y avait eu, auparavant, la révolution féministe ? Et la laïcité, ce ne sont pas les chrétiens qui l’ont inventée : ils s’y sont opposés en 1905 ! En réalité, le christianisme se transforme en fonction de ce que devient la culture française, et s’y adapte.« 

Vous allez jusqu’à contester l’idée même de « racines ».
« Aucune société, aucune culture, n’est fondée sur une doctrine unique. Comme toutes les civilisations, l’Europe s’est faite par étapes, aucune de ses composantes n’étant plus originelle qu’une autre. Tout évolue, tout change, sans arrêt.« 

Vous relayez également l’interrogation du sociologue (pourtant croyant) Gabriel Le Bras, « la France a-t-elle été jamais christianisée ? », tant la pratique religieuse a, de tout temps, été défaillante.
« Absolument. Si, pour certains croyants, qui ne constituent qu’une toute petite élite, le christianisme correspond à une réalité vécue, force est de constater que pour l’immense majorité des autres, la religion n’est qu’un vaste conformisme, auquel ils adhèrent sans réellement s’y astreindre. C’est exactement la même chose que la notion de patrie avant 1914 : l’idée de « patrie française » tenait chaud au coeur.« 

Néanmoins, on ne peut nier l’apport réel du christianisme à notre culture.
« Bien sûr que cet apport est immense. Autour de nous, le christianisme est partout : les cathédrales, les églises jusque dans les plus petits villages, une bonne partie de notre littérature – Blaise Pascal – et de notre musique – Bach. Mais pour la majorité d’entre nous, il s’agit là d’un héritage, d’un patrimoine qui appartient au passé, à l’instar de Versailles ou de la pensée de Descartes. Moi-même, je suis ému quand je rentre dans une église et je fais le signe de croix. Le déclin du christianisme, le fait qu’il soit sorti de notre culture, de nos croyances et de nos pratiques, a réellement commencé à toucher l’ensemble de la population au XIXe siècle.« 

Vous écrivez que notre culture est aux antipodes des valeurs chrétiennes. Pourquoi ?
« L’Europe actuelle est démocrate, laïque, partisane de la liberté religieuse, des droits de l’Homme, de la liberté de pensée, de la liberté sexuelle, du féminisme et du socialisme. Toutes choses qui sont étrangères, voire opposées, au catholicisme d’hier et d’aujourd’hui. La morale chrétienne prêchait l’ascétisme et l’obéissance. L’individualisme de notre époque, par exemple, est aux antipodes de la soumission, de la piété et de l’obéissance chrétiennes.« 

Comment interprétez-vous le fait que le thème de nos racines religieuses revienne si souvent sur le tapis depuis quelques décennies, malgré la sécularisation de la société ?
« Les raisons sont purement politiques. Parler de racines religieuses permet de se montrer vertueux, attaché à certaines valeurs comme la charité. C’est une manière de se faire bien voir. Je ne crois pas du tout au « retour du religieux » dont on parle en ce moment : les chiffres disent le contraire pour toute l’Europe, et plus encore pour la France. La moitié des Français ne sont plus baptisés.« 

Dans votre livre Et dans l’éternité je ne m’ennuierai pas, vous écrivez : « Le Moyen Âge n’a rien de romanesque ; il est chrétien et fait donc partie de notre monde ennuyeux. » Voilà un jugement paradoxal au vu de ce que vous dites être le génie du christianisme !
« Quand j’étais petit, c’était mon sentiment. Je m’ennuyais à la messe ; par conséquent, à mes yeux, le Moyen Âge chrétien n’avait rien d’exaltant. Le paganisme, au contraire, était un monde totalement autre. J’aurais pu tout aussi bien m’intéresser au Japon, qui est également un monde radicalement autre. La société païenne antique est atroce, cruelle, effrayante. Si les supplices et les massacres ne m’attirent nullement, cette civilisation m’a fasciné. Sur le plan religieux, cependant, les sociétés païennes étaient plus pragmatiques, pour la simple raison que tous les dieux étaient considérés comme vrais : lorsqu’un Romain ou un Grec, en voyage à l’étranger, apprenait qu’on y vénérait tel ou tel dieu, il se disait qu’il serait peut-être utile de l’importer, de la même manière qu’on importait des plantes ou des denrées des pays étrangers. Il ne s’agissait pas de tolérance, mais d’une conception différente de la vérité. L’islam, qui a pris la mauvaise habitude d’être aussi intolérant que le christianisme, ferait bien de s’en inspirer. Car ni l’islam, ni le christianisme, ne disent que les dieux des autres peuples sont aussi vrais que le leur. Non, c’est leur Dieu qui est le vrai, et le seul.« 

(…)
Vous qui avez tant étudié l’histoire, comment jugez-vous notre époque ?
« Depuis qu’il n’y a plus de guerres mondiales en Occident, l’évolution est très positive. Certes, il y aura toujours des esprits chagrins pour dire que « c’était mieux avant ». Comme cette rengaine éculée est banale ! Rome a été fondée en 753 avant notre ère, et l’idée de la décadence a commencé dès 552… Cela fait 2 000 ans qu’on nous parle de décadence ! Pour ce qui nous concerne, je ne crois pas du tout à la décadence, au contraire. Il ne se passe pas une journée sans que l’on apprenne une bonne nouvelle. Ces cinquante dernières années, les progrès – en matière sociale ou de moeurs, notamment – ont été immenses. Je ne peux que m’en réjouir.« 

D’après un article du Monde.fr

26 décembre 537 : consécration de la basilique Sainte Sophie de Constantinople

L’église de Constantinople a été dédiée par Justinien le 26 décembre 537 à la Sainte Sagesse (Hagia Sophia, Sainte Sophie) de Dieu incarnée par le Christ. Pour reconstruire un édifice détruit par un incendie en 532, l’empereur Justinien fit appel à Anthémios de Tralles, architecte et mathématicien, et au géomètre Isidore de Milet.
Leur projet était centré sur une vaste coupole (32 mètres de diamètre) reposant sur des arcs et épaulée par des demi-coupoles. Les matériaux étaient des marbres colorés provenant de Grèce, d’Égypte et de diverses carrières d’Asie Mineure.
À la suite de tremblements de terre en 557, la coupole s’effondra et Isidore de Milet fut chargé de sa reconstruction, achevée en 563, à la fin du règne de Justinien.
Le décor de Sainte-Sophie fut constamment enrichi, notamment de peintures et de mosaïques sur les parois et sur les voûtes tout au long de l’Empire byzantin.

Oui, je peux très facilement

campagne-2016-chantiers-cardinal_0_730_547

« Peut-on imaginer la ville sans église ? » cette question posée par l’association patrimoniale des diocèses d’Île-de-France pour sa campagne annuelle de collecte de dons amène des réponses historiques, géographiques et civiques.
Premièrement, la France a connu des villes sans églises entre la conquête romaine et la christianisation du territoire, soit entre le Ier siècle avant J.C et le IIIe ou IVe siècle après.
Géographiquement, il existe de nombreuses localités françaises (650 il semblerait) qui n’ont pas d’église et ne s’en porte pas plus mal tant au niveau des paysages que de l’urbanisme.
Du point de vue de la laïcité enfin : les racines « chrétiennes » de la France sont une idéologie dangereuse qui veut ignorer les migrations de populations issues de la colonisation et des années postérieures ainsi que l’émergence d’une forte communauté athée sur notre territoire.