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Je me demande ce qu’en dirait l’abbé Guiot ?

L’abbé Laurent Guiot était un prêtre qui vivait dans l’Orléanais au XIXe siècle et sur la biographie duquel j’ai beaucoup travaillé. J’aime beaucoup l’idée des prêtres d’origine africaine « devenus missionnaire en terre européenne » au XXIe siècle. Cela ne doit pourtant pas plaire à tous les catholiques, mais c’est un joli pied-de-nez à l’histoire !

Pour mieux comprendre l’émergence de l’islam

J’ai lu la première partie du Coran des historiens, consacré au contexte historique et géographique de l’émergence de l’islam. J’en recommande la lecture pour préparer le cours de cinquième sur la civilisation musulmane. Je vais poursuivre ma lecture avec la deuxième partie, sur les traditions religieuses qui ont influencé le Coran. Je vais par contre laisser de côté la dernière partie, trop spécialisée et érudite pour moi.

Une série documentaire sur l’antisémitisme

Cette série, diffusée sur Arte a partir du 5 avril 2022, retrace en quatre parties l’histoire de l’hostilité envers les Juifs, depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours, à travers le monde. Grâce aux traces laissées à travers le monde, aux reconstitutions historiques, aux expertises d’une trentaine d’historiens, sociologues et théologiens, la série explore les multiples facettes et les évolutions de cette « haine des Juifs ».
Episode 1 : Aux origines 38 – 1144. Où est né l’antisémitisme ? Comment s’est-il développé ? De la première vague de violence antijuive à Alexandrie jusqu’au temps des Croisades, en passant par l’âge d’or d’Al-Andalus et le massacre de Grenade, nous remontons aux origines antiques du phénomène.
Episode 2 : Le temps du rejet 1144 – 1791. De l’apparition du premier « nez juif » dans la peinture chrétienne à leur expulsion des grands royaumes européens. De la construction du stéréotype juif-argent au développement d’un « antijudaïsme sans juifs ». Pendant cinq siècles, sur trois continents, la lente déshumanisation des juifs entre dans une nouvelle dimension.
Épisode 3 : Quand la haine devient raciale 1791-1945. La Révolution a apporté l’espoir. A travers l’Europe, les juifs se mettent à rêver d’égalité et d’une fin des discriminations. Mais rapidement, des mouvements politiques et des courants pseudo-scientifiques alimentent de nouvelles formes d’hostilité à leur égard. Ils donnent naissance à un nouveau terme pour se définir, revendiqué et assumé : l’antisémitisme.
Episode 4 : Les nouveaux visages de l’antisémitisme de 1945 à nos jours. Comment après Auschwitz un antisémitisme est-il encore possible ? Après la Shoah, l’horreur nazie est progressivement mise en lumière dans toutes ses dimensions. Entre prise de conscience et bouleversements géopolitiques arrive le temps de grands espoirs et de nouvelles inquiétudes.

Je suis un illuminé !

Enfin, selon l’historien Simon-Claude Mimouni, directeur d’études à l’Ecole pratique des hautes études et spécialiste du judaïsme et du christianisme antiques…
Voici ce qu’il déclarait à propos de l’existence, selon lui indéniable, de Jésus, dans Le Monde des religions de novembre-décembre 2016. L’article vient d’être republié sur le site du Monde, Noël oblige.

« Rien, d’un point de vue historique, ne me permet de la remettre en question. La thèse mythiste est indéfendable historiquement : elle ne s’appuie sur aucune preuve et ne date que du XVIIIe siècle. Dans l’Antiquité, personne n’a mis en doute l’historicité de Jésus – ni ses disciples, ni ses ennemis, ni même les juifs qui lui étaient opposés.
Les partisans de la thèse mythiste estiment que les sources sont pratiquement toutes chrétiennes. Mais les sources sur Jules César et Néron, par exemple, sont essentiellement romaines ; ce n’est pas pour autant qu’il faut les discréditer d’emblée. Et le fait que les auteurs païens contemporains de Jésus ne parlent pas de lui n’a rien d’étonnant : au Ier siècle, le « fait » Jésus est mineur. Il n’y avait aucune raison de le mentionner.
S’il est nécessaire d’être critique envers les Evangiles, dire que Jésus n’a jamais existé, qu’il est une figure inventée par des disciples, ne tient pas. Aujourd’hui, ceux qui adhèrent à la thèse mythiste sont des gens un peu illuminés, non de vrais universitaires. Ce n’était pas le cas au XIXe ou au XXe siècle : ainsi, Prosper Alfaric (1876-1955), qui a défendu cette thèse, était un très grand savant, professeur en histoire des religions, candidat au Collège de France. »

J’adore le « rien ne me permet de la remettre en question » comme argument scientifique. Moi qui croyais qu’en science, et même dans les sciences humaines, il fallait apporter des preuves de ses affirmations ! De même, qualifier ses éventuels contradicteurs « d’illuminés » est très professionnel.

L’horreur et la honte dévoilées

Une étude, menée auprès de 28 000 personnes d’un échantillon représentatif, est à la base des conclusions du rapport publié ce mardi. Elle a permis d’estimer l’ampleur des violences sexuelles sur mineurs dans la société française (plus de 5 millions de victimes) et dans l’institution catholique. Au total, 216 000 personnes majeures (et toujours vivantes) ont été victimes d’un membre du clergé en France, depuis 1950 (prêtre, religieux ou religieuse), soit 4% des victimes d’abus sexuels  sur cette période. Le rapport précise qu’il s’agit d’une évaluation statistique avec « un intervalle de confiance » de plus ou moins 50 000 victimes.
La Commission s’est aussi appuyé sur l’École pratique des hautes études pour évaluer le nombre de prêtres « abuseurs » et leur proportion dans l’Église catholique. A partir de recherches dans les archives des diocèses, de la justice et de la presse, elle estime qu’entre 2900 et 3200 prêtres français hommes ont été agresseurs depuis 1950. Le rapport précise toutefois que cette fourchette pourrait être sous-estimée, dans la mesure où toutes les agressions n’ont pas été connues de l’Église. Cela conduit à un ratio de 2,5 à 2,8% prêtres abuseurs, sur l’effectif total d’environ 115 000 clercs et religieux.
56% des violences sexuelles commises au sein de l’Église française ont eu lieu entre 1940 et 1969, selon le rapport. Ensuite, le nombre d’agressions et de viols a baissé, en valeur absolue et relative, jusqu’en 1990. Toutefois, elles ont depuis cessé de décroitre.Toutes ces révélations ne vont pas atténuer mon anticléricalisme.
D’après un article de France Inter.

Des sculptures très expressives

(les photos sont de Guillaume Métayer)

Dans l’église Santa Maria della Vita de Bologne, on peut voir ce groupe mortuaire original, réalisé en terre cuite, entre 1460 et 1490, par l’artiste Niccolo dell’Arca (qui a signé son oeuvre sur le coussin portant la tête du Christ). L’emplacement originel des personnages entourant le Christ est inconnue et certaines statues présentent des traces de polychromie.
Les différents personnages présents sont :
– Nicodème, agenouillé en habits Renaissance, qui a en main les instruments de la déposition ;
– Salomé, en pleurs, les mains crispées sur les cuisses ;
– Marie de Nazareth pleurant, repliée sur elle-même, les mains jointes ;
– saint Jean, une main soutenant son menton ;
– Marie de Magdala et Marie, mère de Jacques, se précipitant sur la scène avec des gestes très expressif qui font voler leurs vêtements.

Toujours à Bologne, on peut voir un autre groupe sur le même thème (mais plus classique) dans la cathédrale Saint Pierre, créé par Alfonso Lombardi entre 1522 et 1526.
Merci à Guillaume Métayer pour cette découverte.

Un outil pour mes recherches sur l’abbé Guiot

Ce dictionnaire rassemble les notices des 524 évêques concordataires nommés entre 1802 et 1905 et des 23 évêques in partibus ayant exercé en France. Il décrit leur parcours avant l’épiscopat, leur action au sein des diocèses, mais aussi leurs rapports aux différents régimes politiques comme à l’égard de Rome.