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Le ridicule de ce qu’on appelle déjà « l’affaire Mila »

Une lycéenne a tenu, le 18 janvier en live sur Instagram, des propos insultants envers l’islam, ce qui lui a valu de nombreuses insultes ainsi que des menaces de mort et de viol, l’amenant à quitter son établissement scolaire pour sa sécurité. Voici les propos qu’elle a tenus : « Je déteste la religion, (…) le Coran il n’y a que de la haine là-dedans, l’islam c’est de la merde. (…) J’ai dit ce que j’en pensais, vous n’allez pas me le faire regretter. Il y a encore des gens qui vont s’exciter, j’en ai clairement rien à foutre, je dis ce que je veux, ce que je pense. Votre religion, c’est de la merde, votre Dieu, je lui mets un doigt dans le trou du cul, merci, au revoir. » (un style charmant !).  La lycéenne a d’abord été sujette à une enquête pour « provocation à la haine à l’égard d’un groupe de personnes, à raison de leur appartenance à une race ou une religion déterminée », mais celle-ci vient d’être classée sans suite, de façon logique.
Face au torrent de haine qui l’atteint, cette adolescente se justifie ainsi : « Contrairement à eux, je n’ai insulté personne, ni menacé, ni appelé à la violence envers qui que ce soit. Ce que j’ai fait, c’est du blasphème, c’est une critique générale des religions, et rien d’autre. ». Ce qui est vrai.
Cette affaire, qui pourrait s’arrêter là, montre d’abord la nocivité des réseaux sociaux et l’inaptitude de certains (?) jeunes à s’en servir correctement. La déscolarisation de cette jeune me paraît être la conséquence directe d’une prise de parole au mieux irréfléchie.
Mais hélas, les hommes politiques se sont mêlés de cette histoire, et d’une façon parfois calamiteuse. Ainsi, la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, invitée à s’exprimer sur le sujet sur Europe 1 mercredi 29 janvier, a affirmé, au mieux sans réfléchir également, «l’insulte à la religion, c’est évidemment une atteinte à la liberté de conscience, c’est grave». Elle déclare ainsi que les propos de la jeune femme et les caricatures ayant entraîné la mort des journalistes de Charlie Hebdo étaient une infraction à la loi, ce qui est faux ! Elle imagine ici un délit de blasphème qui n’existe heureusement pas dans notre pays laïque. Qu’elle soit ministre de la Justice interroge alors, même si nous savons qu’un ministre n’est pas un spécialiste de l’administration qu’il contrôle.
Reste que la lycéenne est aujourd’hui en danger, des informations sur son lycée ou sa résidence ayant été divulguées sur Internet. Elle s’en plaint ainsi :« Je peux plus mettre un pied dans mon lycée et je ne peux même pas changer de lycée parce que c’est la France entière qui veut ma peau ». Non, mademoiselle, la France entière ne vous en veut pas, vous exagérez. Mais par vos propos, vous montrez que dans cette affaire, vous avez cherché à faire parler de vous, peut-être inconsciemment. Vous auriez sans doute pu réfléchir un peu plus aux conséquences possibles de vos paroles, que vous devez malheureusement assumer maintenant. Une seconde enquête, liée à cette ridicule affaire, a donc été ouverte pour « menace de commettre un crime, harcèlement » à l’encontre des agresseurs agissant sous couvert d’anonymat et même sous faux pseudonymes.