Étiquette : Expériences totalitaires et réaction des démocraties (1919 – 1939)

Un procès stalinien comme si on y était

A Moscou, en 1930, huit cadres haut placés dans l’administration soviétique furent jugés, accusés d’avoir participé à une « organisation contre-révolutionnaire » appelé le Parti industriel, qui aurait tenté de saboter l’économie en freinant l’essor industriel ou l’approvisionnement dans certaines villes. Le but de ce parti était de démontrer la faillite du pouvoir, et tenter de le renverser, par le soulèvement des masses et avec l’aide de soutiens étrangers, dont Raymond Poincaré. Un à un, les prévenus prirent la parole, reconnaissant leurs responsabilités et demandant la clémence. Mais l’histoire est fausse. Le Parti industriel n’a jamais existé et les accusés n’avaient rien saboté. Ils ont été victimes d’une purge stalinienne, orchestrée par la Guépéou, la police politique soviétique.
Le choix du réalisateur a été de sélectionner et remonter les images d’archives d’un film de propagande, sans commentaire ou intervenant extérieur, afin nous faire revivre ce simulacre de justice au service d’un pouvoir totalitaire.
Ce documentaire, déjà diffusé en 2019, sera visible sur Arte le 17 juillet prochain, très tard.

Plan de travail pour le thème « Expériences totalitaires et démocratie fragilisée dans les années 30 »

Pour ce thème, nous commencerons par l’étude du dessin animé adapté du roman La ferme des animaux, dont des extraits seront étudiés en français. Cela permettra aux élèves de comparer la fiction à la réalité du régime stalinien. Avec ma collègue de français, nous avons l’intention ensuite de faire construire aux élèves un apologue en utilisant notamment les heures d’AP. Nous nous inspirerons pour cela du travail que mon amie Barbara et moi avions mené à Clères il y a quelques années et dont le résultat final est consultable ici.
Les élèves prendront des notes sur le cours du manuel puis réalisent des activités en classe sur le régime nazi et le Front populaire. A la maison, ils feront une étude de documents et une rédaction.
En conclusion, ils complèteront une trace écrite à trous, toujours empruntée à La salle 208b avant de réviser pour l’évaluation à l’aide du cours en audio, en vidéo et d’exercices en ligne.

Une exposition virtuelle (ou non) à voir en troisième

Les élèves du collège René Goscinny de Vaires-sur-Marne ont créé l’exposition « Allons enfants ! Les jeunes de 1914 à nos jours ! », aboutissement d’un projet transdisciplinaire réalisé entre 2019 et 2021 avec les équipes éducatives et en partenariat avec la commune.
La visite regroupe une cinquantaine de panneaux organisés autour d’un parcours chronologique (Section I -« Jeunesses d’hier ! », Section II – « Jeunes d’aujourd’hui », Section III – « Les jeunes, demain ! »). Une application audioguide téléchargeable pour smartphone est proposée pour accéder aux contenus multimédias de la visite.
En suivant ce lien, vous pourrez découvrir la diversité des productions des élèves (documents d’archives et œuvres d’art commentées, exposés thématiques, portraits biographiques, productions plastiques et littéraires engagées, lectures théâtralisées…).

Du 11 juin au 4 septembre 2021. Square du Pavillon Louis XIII, 48 boulevard de Lorraine – 77360 Vaires – Sur – Marne, entrée libre selon les horaires du square.

Une exposition sur les homosexuels et les lesbiennes dans l’Europe nazie

A partir du 17 juin 2021, le Mémorial de la Shoah évoque dans une exposition l’histoire de la persécution des homosexuels et lesbiennes sous le Troisième Reich en s’appuyant sur une riche sélection de documents pour la plupart inédits en France.
Le destin des « triangles roses » est depuis une trentaine d’années l’objet de recherches historiques, mais il reste encore méconnu du grand public : quelle fut la nature des persécutions ? Combien de personnes furent touchées ? Tous les homosexuels furent-ils visés ? Quel fut le sort des lesbiennes ? Quels furent les territoires concernés par la répression, notamment en France ? Comment honorer le souvenir des victimes ? Autant de questions auxquelles l’exposition tente d’apporter des réponses.

Extraits du discours aux officiers SS prononcé par Heinrich Himmler à Bad Tölz, le 18 février 1937 :
« Si j’admets qu’il y a un à deux millions d’homosexuels, cela signifie que 7 à 8% ou 10% des individus de sexe masculin sont homosexuels. Et si la situation ne change pas, cela si-gnifie que notre peuple sera anéanti par cette maladie contagieuse. (…)
L’homosexuel est naturellement un objet idéal de pression, d’abord parce qu’il est lui-même passible de sanctions, deuxièmement parce que c’est un type malléable, et troisièmement parce qu’il est veule et dépourvu de toute volonté. (…)
Aujourd’hui encore, il se présente tous les mois un cas d’homosexualité dans la SS. Nous avons de huit à dix cas par an. J’ai donc décidé la chose suivante : dans tous les cas, ces individus seront officiellement dégradés, exclus de la SS et traduits devant un tribunal. Après avoir purgé la peine infligée par le tribunal, ils seront internés sur mon ordre dans un camp de concentration et abattus pendant une « tentative d’évasion ». (…) J’espère ainsi extirper ces gens de la SS – jusqu’au dernier. Je veux préserver le sang noble que nous recevons dans notre organisation et l’œuvre d’assainissement racial que nous poursuivons pour l’Allemagne. »
Publiés dans Heinrich Himmler, Discours secrets, Paris, Gallimard, 1978.