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Une coupe du monde de sang

Selon des informations révélées par le journal anglais Guardian, citant l’agence népalaise responsable du bien-être des travailleurs immigrés, près de 2700 ouvriers ont trouvé la mort, entre 2012 et 2018, sur les chantiers des stades pour la Coupe du monde de football 2022 organisée au Qatar. Les trois quarts seraient décédés d’une « mort naturelle » selon certificats de décès révélés par le Qatar : arrêts ou crises cardiaques, insuffisances respiratoires ou « maladies ». Les survivants travaillent dans des conditions lamentables pour un salaire de misère.
Comme il aurait fallu boycotter les mondiaux d’athlétisme qui se sont déroulés il y a peu, il faudrait boycotter cette coupe du monde ou bien accepter de jouer sur des milliers de cadavres…

Les Dick, Kerr Ladies : une équipe féminine de football anglaise des années 20

Les femmes ont joué au football dès la fin du XIXe siècle en Angleterre et en Écosse. Le 7 mai 1881, par exemple, une rencontre qualifiée d’« internationale » par la presse opposa l’Angleterre à l’Écosse à Édimbourg. Mais les journaux rendaient compte de ces rencontres sur un ton très négatif, en limitant souvent leurs commentaires à l’apparence des footballeuses ou en critiquant leurs techniques de jeu.

Réquisitionnées pour pallier les départs des hommes sur le front, les « Munitionettes » de l’usine de munitions Dick, Kerr & Co, à Preston, ville industrielle du nord de l’Angleterre, jouaient au football à leurs moments perdus. En 1917, la direction de l’usine autorisa la constitution d’une équipe féminine régulière appelée les Dick, Kerr Ladies.
Pour leur première rencontre, le dessinateur industriel Alfred Frankland – reconverti en manager – loua le stade voisin de Deepdale. Sevrées de foot depuis l’arrêt du championnat masculin en 1915 à cause de la guerre, plus de 10 000 personnes se massèrent dans les tribunes le soir de Noël pour assister à l’écrasante victoire 4-0 des « Munitionettes » sur l’équipe féminine d’une usine voisine. Les bénéfices de l’opération furent versés pour les soins des blessés de guerre soignés à l’hôpital voisin : 600 livres de l’époque, plus de 50 000 euros d’aujourd’hui.La même année, le 30 septembre, se tint le premier match de football féminin disputé en France qui entraîna la naissance d’un championnat féminin qui s’arrêta en 1933.
En 1920, l’équipe des Dick, Kerr Ladies disputa d’ailleurs son premier match international face à la France, et l’emporta.
Les Dick, Kerr Ladies affrontèrent toutes les équipes de femmes qu’on mit sur leur route et attiraient des foules de spectateurs. En 1921, les joueuses totalisaient 59 matchs, 58 victoires, un match nul (concédé à Paris), 393 buts marqués, 16 encaissés et 46 000 livres récoltées pour les bonnes œuvres. Mais la fédération anglaise de football décida cette année-là d’interdire le foot féminin au motif que la pratique du football était mauvaise pour la santé des femmes.
Chassées du Royaume- Uni, les filles de Preston partirent disputer une tournée en Amérique du Nord où elles rencontrèrent des équipes masculines en raison de la règle anglaise. Elles jouèrent 9 matchs : 3 victoires, 3 nuls et 3 défaites.
Les Dick, Kerr Ladies poursuivirent leur carrière loin des médias et disparurent dans l’indifférence générale dans les années 1960, après avoir levé l’équivalent de 15 millions d’euros pour des oeuvres diverses.
L’interdiction anglaise fit école en Allemagne, qui interdit le foot féminin entre 1955 et 1970, et au Brésil, qui exclut les femmes des terrains entre 1941 et 1979. En France, il fut interdit par le régime de Vichy en 1941 pour des motifs médicaux.

D’après un article de France Info.

Pour ceux qui voudraient approfondir le sujet, il existe ici une thèse sur le football féminin en Europe de 1916 à 1971.

Cours le matin / sport l’après – midi ?

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La future tenue de sport au collège ?

Le ministre de l’Education nationale vient d’annoncer une nouvelle expérimentation prévue pour la rentrée prochaine : réserver l’après-midi à la pratique sportive à l’école… Cette déclaration a été faite à l’occasion d’un interview croisé avec la ministre des Sports dans les colonnes du journal  20 minutes jeudi dernier.
La forme que prendra le projet n’est pas encore tout à fait définie (étonnant !). «Toutes les formules sont envisageables dès lors que la priorité à l’apprentissage des savoirs fondamentaux à l’école primaire est respectée», a déclaré le ministre de l’Éducation nationale. La pratique sportive devrait occuper plus d’un après-midi par semaine, et peut-être même tous.
L’objectif affirmé du projet baptisé «confiance et sport», est de pousser les élèves au dépassement (?). «Nous voulons un élève épanoui grâce à ses connaissances, mais aussi sa sociabilité et sa santé physique et psychologique» a précisé le ministre. Cette expérimentation s’accompagnera d’une volonté de modifier le regard sur le sport à l’école, et d’ouvrir les élèves aux divers métiers qu’il offre.
Ce n’est pas la première fois que l’exécutif tente de valoriser le sport à l’école : en 2010, Nicolas Sarkozy avait déjà initié la pratique du sport l’après-midi dans une centaine de collèges et lycées.
Cette nouveauté s’adresserait à tous les établissements volontaires. Les deux ministres ont déclaré qu’un appel à candidature serait lancé prochainement.

Le manque de logique et de suivi de mon ministère me laisse perplexe, une fois de plus, tout comme sa communication.

D’après un article du Figaro.fr

C’est donc ça, « être Français  » ?

Comme il fallait s’y attendre, la liesse insupportable a donné lieu à des excès, sans doute liés à une consommation d’alcool et d’autres euphorisants. Hier soir, j’entendais de jeunes gens, peut-être certains de mes élèves, chanter la Marseillaise dans les rues, et je n’en étais pas fier du tout.
Alors, Messieurs et Mesdames les journalistes, vous allez nous parler de quoi maintenant, le tour de France, cela semble patriote ça, le tour de France !

 

Je suis d’accord (pour une fois) avec Philippe Poutou

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Dans deux tweets râleurs, Philippe Poutou, ancien candidat à l’élection présidentielle, a ironisé sur les Français défilant sur les Champs-Elysées, faisant semblant d’y voir une manifestation contre les attaques antisociales du gouvernement, voire un réveil de la population qui se mobilise enfin contre les licenciements ou pour l’accueil des réfugiés.
Cette position lui ayant été reprochée, le candidat – ouvrier l’a justifiée jeudi 12 juillet sur RMC et BFMTV : « Ce n’est pas si spontané. Bien sûr, il y a pas mal de gens qui aiment le sport et qui sont heureux quand leur équipe gagne, mais ça prend une place énorme dans les médias. C’est déconnecté des réalités et ça pose problème. On nous explique que dimanche, il faudra faire la fête. Si on n’est pas content aujourd’hui, on est un mauvais Français. Cette ferveur, ça révèle plutôt un malaise. Mais le bonheur, ça peut être tout à fait autre chose« .

Je trouve en effet absurde et déplacée cette liesse autour d’un événement aussi anecdotique et je suis consterné de cette capacité d’oubli des médias (mais pour eux, il s’agit avant tout de gagner de l’argent) et des Français. Il me semble qu’on est en plein dans l’adage romain « du pain et des jeux ».