Catégorie : Théâtre

Deux pièces de théâtre à voir

Célimène et le Cardinal est une pièce de théâtre de Jacques Rampal créée au théâtre de la Porte-Saint-Martin en 1992. Elle est la suite du Misanthrope de Molière, écrite aussi en alexandrins et se déroulant en un jour, en un lieu, en une intrigue, comme une pièce classique. Les dialogues sont beaux, intelligents et souvent drôles.
Célimène et Alceste se retrouvent après 20 ans. Alceste est devenu cardinal, Célimène a épousé un bourgeois et est mère de quatre enfants. Mais Alceste a vu en rêve que Célimène était en danger et il veut la sauver, même malgré elle.
J’ai vu la version de 1993, avec Ludmila Mikaël et Didier Sandre, dans une mise en scène de Bernard Murat.

L’Atelier est une pièce de théâtre en dix scènes de Jean-Claude Grumberg, créée le 18 avril 1979 au Théâtre de l’Odéon. Dans un atelier de confection, de 1945 à 1952, des employés travaillent et, entre rires et larmes, racontent leur vie pendant l’Occupation et dans l’immédiat après-guerre. Ces destins différents qui se croisent soulèvent pourtant tous la même question : comment vivre après le traumatisme de la guerre et de la Shoah dans un pays en reconstruction ?
J’ai vu la version de 1998, mise en scène par Gildas Bourdet avec l’extraordinaire Wojciech Pszoniak dans le rôle de monsieur Léon. De cette pièce, Gildas Bourdet à déclaré : « L’Atelier est une comédie parce que la tragédie s’est déroulée avant que la pièce ne commence ».

Un manuscrit d’Eugène Lapeyre

 

 

 

 

J’ai eu l’occasion de récupérer un manuscrit « inédit » (au sens de non publié) de l’écrivain Eugène Lapeyre. Poète chrétien ayant reçu le prix Véga et Lods de Wegmann de l’Académie française en 1975, il tenait en outre une librairie à Nice, A la Sorbonne. Nostalgique de la monarchie, il aimait l’ordre, la grandeur, le classicisme et la rigueur. Esprit religieux, il proclamait sa foi à travers ses oeuvres.
Son oeuvre poétique est abondante et comprend notamment Jardin sur le fleuve, Les Regrets, Les Silences, Le voyage intérieur, Le Palais de sable, Le Chant de l’âme au purgatoire, La Joie, Le jeune homme riche.  Il s’intéressa aussi au théâtre  et sa Jeune Phèdre est même donnée au Casino municipal de Nice en 1946.

Le manuscrit dont il est question ici est celui d’une pièce de théâtre en cinq actes,  intitulée Le roi lépreux. L’action se déroule dans les Etats chrétien d’orient sous le règle de Baudouin IV, au XIIe siècle.
Le premier acte débute à l’annonce du mariage entre la soeur du roi, Sybille, et Guy de Lusignan (en 1180) tandis que le rideau tombe sur la mort de Baudouin, en 1185. Le manuscrit compte 191 pages tapées à la machine et il semble avoir été achevé le lundi de Pâques 1948, à Nice.

Oh les beaux jours

 

De passage à Paris, nous sommes allés voir « Oh les beaux jours« , la pièce de Samuel Beckett, jouée par Catherine Frot au théâtre de l’Atelier.
J’avais vu à la télévision la version avec Madeleine Renaud et j’en avais un très bon souvenir.
La pièce de Beckett est difficile, sans doute plus qu’ « En attendant Godot« , qui est ma préféré.
Catherine Frot ne m’a cependant pas totalement convaincu dans ce rôle. Il manquait à son interprétation quelque chose, sans doute un peu d’âme, pour rendre tout le désespoir de cette vie emprisonnée, tronquée.

L’un de nous deux

Je viens de terminer cette pièce de théâtre. Je ne peux m’empêcher d’être un peu déçu. Le livre est trop court et surtout, il demande une bonne connaissance de la politique française de l’entre – deux guerres pour en profiter pleinement.
J’y ai toutefois trouvé une réflexion sur la politique, la liberté individuelle ou le pouvoir. Et j’ai retenu quelques citations :

Blum : « Il pensait, au fond, comme Valéry, que l’homme seul est en mauvaise compagnie. »
Mandel : « Mais non, mais non, ce n’est qu’un mot. Laissez donc Valéry au fronton du Trocadéro. L’homme seul est le plus libre au contraire, surtout quand il s’agit de dire non, à toutes fin utiles, et en prenant touus les risques. »

(…)
Mandel : sombrement – En vérifiant que le désordre opprime d’abord le faible. Il l’opprime directement et il le trahit aussi en affaiblissant la République, qui ne peut le protéger que si elle est résolue.
(…)
L‘ordre ! – c’est le problème avec lui : il sert à tout. Ce n’est pas une raison pour le haïr, comme vous le faites, vous et les vôtres. »

(…)
Blum : « Mais c’était le système qui était responsable bien plus que ce malheureux…
Mandel : Encore ! Toujours cette abstraction, toujours cette indulgence ! Mais on y revient toujours, il n’y a pas de système sans les hommes. Pas d’effet statistique. Des individus libres et les choix de leur liberté, l’un après l’autre. »

Ce petit livre m’a en tout cas donné envie d’en savoir plus sur la pensée politique de Mandel et Clemenceau.

La preuve par trois


J’ai découvert et je vais bientôt lire « L’un de nous deux », une pièce de théâtre écrite par Jean-Noël Jeanneney , un historien. Ce qui est la première raison de lire la pièce, selon moi. Il y met en scène Léon Blum et Georges Mandel, détenus durant près d’un an en Allemagne, entre 1943 et 1944. Il reconstitue un possible dialogue entre ces deux hommes politiques.
J’ai découvert cette oeuvre grâce à Pierre Assouline, qui formule à cette occasion magnifiquement une réflexion que j’avais ébauché jadis dans mon mémoire d’IUFM consacré à l’utilisation de la fiction en cours d’histoire :
« (…)la fiction est souhaitable aux yeux des historiens dès lors qu’elle permet d’aller là où il ne vont pas, de dire ce qu’ils n’ont pas réussi à dire avec les moyens qui étaient les leurs, d’imaginer ce qu’ils n’avaient pas droit d’imaginer eu égard à leurs contraintes,de prolonger leur réflexion là où ils ont dû l’abandonner faute de munitions et donc d’apporter autre chose que ce que les historiens apportent à l’Histoire. »
Voici donc une seconde raison de lire cette pièce. La troisième m’a été donné à la lecture des dernières lignes de Pierre Assouline :
« En la lisant, on voit et on entend la pièce. Difficile de ne pas superposer des visages et des voix. Pour ma part, j’y ai vu et entendu Claude Rich et Claude Brasseur, Talleyrand et Fouché, dans un autre souper. »
Trois bonnes raisons donc de lire « L’un de nous deux ».