Catégorie : Théâtre

On a besoin d’un fantôme

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On a besoin d’un fantôme raconte l’histoire d’un roi, Analphabète Ier, qui veut absolument que tout le monde pense comme lui. Pour épouvanter ses sujets, il décide de créer un fantôme d’État. Les Saucissons Brutaux, qui constituent sa garde rapprochée, arrêtent toutes les personnes de plus de soixante ans afin de récupérer leurs ossements. Les centres de ramassage se remplissent des vieillards du royaume dont les os permettront de fabriquer le fantôme. Honza livre son grand-père famélique pour le bien de la nation, le Juif implore le tyran, et la Mort ne fait plus peur…
Cette pièce de théâtre a été écrite pendant la Seconde Guerre mondiale par un jeune garçon de treize ans, Hanuš Hachenburg. Il était juif et faisait partie des 15 000 enfants internés dans le camps de concentration de Terezín.

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Cette pièce pour marionnettes est parue sous forme manuscrite en 1943 dans le journal Vedem, la revue clandestine tenue par les enfants de la baraque n°1 de Terezín.
La trouvaille historique est le fait d’une une étudiante strasbourgeoise en théâtre, Claire Audhuy,soixante et un ans après la mort Hanuš Hachenburg, lors de ses recherches pour une thèse sur le théâtre dans les camps de concentration nazis . Elle avait envoyé des centaines de lettres aux associations de déportés, amicales d’anciens combattants et de résistants, en russe, polonais, allemand pour demander si quelqu’un avait été témoin d’une pièce de théâtre pendant sa déportation. Une victime de la Shoah résidant à Prague lui répondit, qui se souvenait avoir assisté à une représentation alors qu’elle était au camp de Terezin en Tchéquie en 1943.
L’étudiante, aujourd’hui docteur en études théâtrales à l’Université de Strasbourg, partit à la recherche de ce document et le retrouva dans les archives du mémorial de Terezín, dans les huit cents pages du magazine Vedem.
Conservée grâce à un rescapé de Terezín, Zdeněk Taussig, la pièce dont l’auteur est mort en 1944 à Auschwitz-Birkenau, a été montée pour la première fois en 2001 par un Australien, Garry Friendmann.

En 2014, Claire Audhuy a mis sur pied un projet afin de présenter cette œuvre et son contexte historique aux élèves des écoles de Genève, en Suisse. Divisés en dix groupes, quelque 140 élèves âgés de 13 et 14 ans ont eu la possibilité de monter cette pièce à l’aide de professionnels du théâtre.

En 2017, Elle a a également monté une adaptation de la pièce. Eldorado Terzin raconte la visite du camp de concentration de Terezín, orchestrée et mise en scène par les nazis, pour le Comité International de la Croix-Rouge, en juin 1944.

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Éditée pour la toute première fois, cette œuvre extraordinaire est accompagnée de poèmes du jeune auteur, de dessins du ghetto et du fac-similé tchèque de la pièce. Cette édition augmentée rend compte de la résistance artistique des enfants de Terezín et de l’incroyable talent d’un garçon assassiné en juillet 1944.

D’après un article du Figaro.fr

Une pièce de théâtre à voir

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Le soir du premier jour de notre excursion à Paris, nous sommes allés voir jouer Richard Berry dans la pièce Plaidoiries, au théâtre Antoine. Les textes d’avocat présentés sont divers, mais tous intéressants. La pièce se termine par la plaidoirie de Gisèle Halimi lors du procès de Bobigny en 1972 : Richard Berry y est extraordinaire et ce texte est magnifique.
La pièce connaît un tel succès qu’elle est prolongée du 4 au 31 décembre au Théâtre Libre – Comedia.

 

Plaidoiries

 

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Un acteur, cinq plaidoiries, cinq moments de vérité.
À Bobigny, Gisèle Halimi défendit l’avortement. Elle dénonça une loi obsolète qui empêchait les femmes de disposer librement de leur corps.
En 1976, c’est à la peine de mort que Paul Lombard s’attaqua, en voulant éviter la peine capitale à Christian Ranucci.
A Clichy-sous-Bois, Jean-Pierre Mignard défendit les familles de Zyed Benna et Bouna Traoré, électrocutés dans un poste électrique pour avoir tenté d’échapper à un contrôle de police.
En 2006, l’acte infanticide de Véronique Courjault leva le tabou du déni de grossesse.
À Bordeaux, le procès de Maurice Papon revisita les heures sombres de l’histoire de France.
Les grandes affaires judiciaires ne sont presque jamais enregistrées et les paroles s’oublient ou s’effacent. Mais grâce au travail de reconstitution de Matthieu Aron, les mots sont à nouveau prononcés par un acteur. Incarnant ces grandes figures du barreau, Richard Berry fait revivre dans cette pièce les grands procès qui révèlèrent des faits de société ayant marqué l’histoire judiciaire de ces quarante dernières années.

Mise en scène d’Eric Théobald, d’après Les grandes plaidoiries des tenors du barreau de Matthieu Aron.

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C’est à voir jusqu’au 17/11/2018 au Théâtre Antoine, à Paris.

Mort de l’acteur Jean Piat (1924 – 2018)

Le comédien Jean Piat, homme de théâtre connu pour son rôle extraordinaire du comte Robert d’Artois dans le feuilleton télévisé Les Rois maudits, tourné  en 1972, est mort ce mardi 18 septembre.
Sociétaire de la Comédie-Française, il avait obtenu de nombreux rôles au théâtre dont Figaro dans Le Barbier de Séville de Beaumarchais, Frontin dans L’Epreuve de Marivaux ou Don César de Bazan dans Ruy Blas. Il avait aussi été la voix française de Gandalf dans  la trilogie Le Seigneur des Anneaux.
Jean Piat a également publié des livres. Son dernier, un retour sur sa carrière intitulé Et… vous jouez encore !, est paru en 2015.

Deux pièces de théâtre à voir

Célimène et le Cardinal est une pièce de théâtre de Jacques Rampal créée au théâtre de la Porte-Saint-Martin en 1992. Elle est la suite du Misanthrope de Molière, écrite aussi en alexandrins et se déroulant en un jour, en un lieu, en une intrigue, comme une pièce classique. Les dialogues sont beaux, intelligents et souvent drôles.
Célimène et Alceste se retrouvent après 20 ans. Alceste est devenu cardinal, Célimène a épousé un bourgeois et est mère de quatre enfants. Mais Alceste a vu en rêve que Célimène était en danger et il veut la sauver, même malgré elle.
J’ai vu la version de 1993, avec Ludmila Mikaël et Didier Sandre, dans une mise en scène de Bernard Murat.

L’Atelier est une pièce de théâtre en dix scènes de Jean-Claude Grumberg, créée le 18 avril 1979 au Théâtre de l’Odéon. Dans un atelier de confection, de 1945 à 1952, des employés travaillent et, entre rires et larmes, racontent leur vie pendant l’Occupation et dans l’immédiat après-guerre. Ces destins différents qui se croisent soulèvent pourtant tous la même question : comment vivre après le traumatisme de la guerre et de la Shoah dans un pays en reconstruction ?
J’ai vu la version de 1998, mise en scène par Gildas Bourdet avec l’extraordinaire Wojciech Pszoniak dans le rôle de monsieur Léon. De cette pièce, Gildas Bourdet à déclaré : « L’Atelier est une comédie parce que la tragédie s’est déroulée avant que la pièce ne commence ».