Catégorie : La dernière séance

Confusion des genres

5013758

Lorsque l’artiste chinois Ai Weiwei est venu vivre en Europe, il a eu envie de connaître la situation des réfugiés et s’est ainsi rendu sur l’île grecque de Lesbos pour découvrir la situation des migrants qui y parviennent.
« C’était une expérience très intime que de voir débarquer des bateaux enfants, femmes et personnes âgées. Je voyais dans leur regard un vrai désarroi. Ils étaient terrorisés et ne savaient pas du tout à quoi s’attendre dans ce pays. C’est ce qui, plus encore, m’a poussé à en savoir davantage sur qui sont ces gens et pourquoi ils risquent leur vie en venant dans un pays dont ils ne connaissent pas les codes et où personne ne les comprend. J’avais énormément d’interrogations. C’est cette curiosité qui m’a incité à mettre en place une importante équipe de chercheurs pour étudier l’histoire des réfugiés et leur situation actuelle. En dehors de la guerre en Syrie, l’existence des migrants est née des guerres en Irak et en Afghanistan, du conflit israélo-palestinien, des différents conflits africains, de la persécution des groupes minoritaires au Myanmar et de la violence en Amérique centrale.« 

Ce matin, j’ai pu assister à une projection de ce documentaire beau et long, ce qui m’a parfois dérangé. Beau, car les images d’Ai Weiwei témoignent de sa vision d’artiste. Il parvient à rendre l’horreur photogénique, comme avec le cadavre d’un homme abandonné lors des combats autour de la ville de Mossoul en Irak. Long, car nous suivons les réfugiés dans le monde entier, en Europe, bien sûr, mais aussi au Moyen – Orient, en Afrique, en Asie et en Amérique, et cela durant 2h20.
J’ai eu l’occasion de visionner de nombreux documentaires sur la situation des réfugiés pour préparer les cours de quatrième et je ne vois pas ce que ce film apporte de plus, honnêtement. Dans sa quête poétique, Ai Weiwei abuse pour moi de l’usage des drones : les images sont belles, mais le message perd en force.
Il y a toutefois plusieurs passages qui agissent comme de véritables coups de poing : le cimetière avec les tombes anonymes en Turquie et les sanglots de cet homme qui a perdu en mer cinq membres de sa famille ; le Kurde posant devant sa maison ruinée par une guerre qu’il ne comprend pas, qu’il ne voulait pas. Ou encore la ville de Mossoul libérée de l’État islamique, ce qui entraîne l’exode de 300 000 réfugiés de plus.
C’est bien sûr un film à voir, surtout si l’on ne connaît pas grand-chose aux mouvements migratoires actuels. Mais pour être un documentaire vraiment efficace, il aurait fallu le condenser et oublier plus souvent l’esthétisme. De même, trop de passage montrent l’artiste lui-même, même s’il se mêle aux réfugiés.
En l’état, il ne me semble pas exploitable avec des élèves, de collège du moins, ce qui est dommage. Toutefois, un dossier pédagogique est disponible ici.

Ci-dessous, une émission de France Inter dans laquelle Ai Weiwei parle du film et de l’art :

 

Au cinéma : Pentagon Papers

Pentagon_Papers

Le film Pentagon Papers de Steven Spielberg s’inspire de l’histoire des documents secrets révélés au début des années 70 grâce à un analyste de l’armée américaine, Daniel Ellsberg, et diffusés par le New York Times, puis après que le président Nixon ait fait bloquer la parution par un juge, par le Washington Post.
Ces révélations, portant sur les mensonges sous les présidences Truman, Eisenhower, Kennedy, Johnson et Nixon, ont rendu encore plus impopulaire la guerre au Viêt Nam, et préparé le terrain à la démission du président des États-Unis après l’affaire du Watergate.
Cependant, le film a été tourné dans l’urgence à la suite de l’élection de Donald Trump et devant sa capacité à mentir et manipuler l’information. Ce n’est donc pas totalement un film historique, mais aussi une réflexion sur les Etats – Unis des années 2010.

La guerre froide était partout

Le Chat qui vient de l’espace (The Cat from Outer Space) est un film américain réalisé par Norman Tokar, sorti le 9 juin 1978 aux États-Unis et produit par Walt Disney.
Contraint de se poser sur la Terre à la suite de problèmes techniques, l’extraterrestre « Zunar J5 slash 9 doric 47 » n’a que 48 heures pour réparer son vaisseau spatial sous peine de rester sur Terre à tout jamais. Cet extraterrestre qui a l’apparence d’un chat est doté d’un collier qui lui confère des pouvoirs télépathiques et télékinésiques, ce qui lui permet de parler aux humains.

Un peu plus tôt, en 1970, l’URSS avait produit un dessin animé de propagande vantant leur volonté de paix et accusant les Etats – Unis, engagés durant de longue années au Vietnam, de vouloir la guerre à tout prix.

La Peur, un roman sur la Première guerre mondiale

LaPeurromancopie

 » J’ai eu faim sans avoir à manger, soif sans avoir à boire, sommeil sans pouvoir dormir, froid sans pouvoir me réchauffer, et des poux sans pouvoir toujours me gratter… Voilà ! – C’est tout ? – Oui, c’est tout… ou plutôt, non, ce n’est rien. Je vais vous dire la grande occupation de la guerre, la seule qui compte : j’ai eu peur. »
Dans son roman largement autobiographique, La Peur, publié en 1930, Gabriel Chevallier a voulu raconter le vrai quotidien des poilus. Sous les traits d’un soldat fictif, Jean Dartemont, il décrivit l’angoisse avant l’assaut, la trouille qui prend tout le corps, l’épouvante face à la mort. Une réalité tellement brute et dérangeante que son éditeur décida, avec son accord, en 1939, de suspendre sa vente après la déclaration de guerre contre l’Allemagne nazie. « Quand la guerre est là, ce n’est plus le moment d’avertir les gens qu’il s’agit d’une sinistre aventure aux conséquences imprévisibles. Il fallait le comprendre avant et agir en conséquence« , s’était justifié l’auteur lors de la réédition du roman en 1951.

Un film a donné corps à ce livre très dur, réalisé par Damien Odoul en 2015. Pendant quatre ans, on suit le jeune homme de tranchées en tranchées, d’assaut en assaut, durant cette guerre atroce : « J’ai imaginé le film comme un ventre humain avec tous ses organes. On disait d’ailleurs le terme de boyaux pour décrire les perpendiculaires des tranchées. Je vois cette guerre comme un ventre, mais masculin. À l’opposé du féminin qui protège, il amène la peur. On dit d’ailleurs la peur au ventre« .
Le réalisateur a aussi pris certaines libertés par rapport au roman. Le jeune héros Jean est devenu Gabriel, comme un clin d’œil à l’écrivain. Il est entouré de camarades d’enfance et entretient une relation amoureuse. Des modifications et des ajouts que le cinéaste assume pleinement. « Je fais de la fiction, je peux me permettre de changer les noms et j’ai même écrit des séquences qui ne sont pas dans le livre ».Je ne suis pas historien. Je me fous de l’aspect didactique. Cela ne m’intéresse pas. Sinon autant faire un documentaire, il y a assez d’images d’archives sur la guerre de 14« .

Pour voir et étudier le film Au revoir là – haut avec des élèves

Novembre 1919. Deux rescapés des tranchées, l’un dessinateur de génie, l’autre modeste comptable, décident de monter une arnaque aux monuments aux morts. Dans la France des années folles, l’entreprise va se révéler aussi dangereuse que spectaculaire…

J’ai été contacté par l’équipe de Parenthèse Cinéma qui distribue le film Au revoir là-haut dont j’ai déjà parlé ici afin de donner quelques précisions supplémentaires sur ce blog.
Pour information, il est possible pour les associations et les enseignants de mettre en place des projections spéciales du film. Pour cela il leur suffit de prendre contact avec la salle de cinéma de leur choix.
Cette projection pourra se faire au tarif scolaire ou de groupe en vigueur dans cette salle. Toutes les salles de cinéma sont susceptibles d’accueillir ce type de séance spéciale.
Sur www.aurevoirlahaut-lefilm.com vous trouverez un dossier pédagogique contenant un grand nombre de ressources en lien avec les programmes du Collège et du Lycée ainsi que des fiches d’activités transversales Français / Histoire / Arts plastiques / Histoire des arts. Ce dossier est directement utilisable pour étudier le film en classe.
Ci-dessous, deux pages d’entretien avec Albert Dupontel extraite du dossier pédagogique.

Triste coïncidence

Je regardais hier soir le film Saint Germain ou la négociation, adapté du roman de Françis Walder, dans lequel Jean Rochefort tenait le rôle de Henri de Malassise, diplomate à l’époque des guerres de religion, qui a permis de conclure paix de Saint Germain en 1570. Et ce matin, nous apprenons la mort de ce formidable comédien de cinéma et de théâtre. Parmi les films marquants pour moi : Que la fête commence, Le Crabe tambour, Je suis le seigneur du château, Le mari de la coiffeuse, Ridicule, Les Grands Ducs, L’homme du train et J’ai toujours rêvé d’être un gangster.

Deux films à voir

Je viens de regarder ce film (et je découvre en passant qu’il est visible en entier sur Youtube alors que cette plate forme rejette mes extraits de documentaires de 5 minutes !) sur Henri IV que j’ai trouvé intéressant même s’il prend quelques libertés avec la chronologie et les personnages.

Dans un autre genre, je n’avais pas compris que le film Au revoir là-haut, qui sort sur les écrans le 25 octobre, évoquait la Première guerre mondiale et ses conséquences. Ma femme et son fils, qui ont vu ce film en avant-première, l’ont adoré.