Catégorie : La dernière séance

Cessez-le-feu

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J’ai vu ce film cet après-midi. Les personnages sont très intéressants et les acteurs les incarnent magnifiquement. Le film est tout à fait visible par des élèves de troisième ou de lycée.

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Reconstitution d’une tranchée en Anjou, pour le tournage du film

La scène d’ouverture, se situant dans les tranchées durant la Première guerre mondiale, est très réaliste et peut aider à comprendre la dureté et l’horreur des combats.
L’histoire du frère de Georges, revenu sourd et muet de la guerre à cause d’un traumatisme psychologique, illustre magnifiquement le sort des soldats blessés durant le conflit et leur difficulté de réinsertion dans la vie « normale ».
Le périple de Georges en Afrique entre 1919 et 1923 permet d’esquisser la colonisation et le rôle des soldats africains durant la guerre.
On assiste aussi aux opérations de nettoyage des champs de bataille dans les années 20, pour lesquelles fut employée une main d’oeuvre surtout indochinoise.

L’art du discours

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Ma femme nous avait inscrits à l’avant – première du film A voix haute, ce matin. Je dois dire que j’y allais pour l’accompagner, persuadé de voir un n-ième film de prof sur la banlieue. Bien m’en a pris car c’est en fait un excellent film, donnant à voir une galerie de jeunes gens impressionnants.
Le sujet du film est l’inscription de trente étudiants au concours d’éloquence de Seine Saint Denis en 2015. Nous les suivons lors de la formation et du concours, encadrés par des artistes, des avocats et des experts de la prise de parole. La formation comprend un cours d’expression scénique, un autre de méthode du discours classique, un module de gestion de la voix et un atelier de slam.
Ce concours est ouvert chaque année aux étudiants de l’Université ainsi qu’à l’ensemble des habitants de Seine-Saint-Denis ayant entre 18 et 30 ans.
Une première version de  A voix haute a été diffusée le 15 novembre 2016 sur France 2 dans l’émission Infrarouge puis diffusé sur Youtube. En à peine dix jours, le documentaire avait enregistré plusieurs millions de vues et a provoqué un très fort engouement de la part des médias et du public. Emballé par le documentaire,  le président de Mars Films a décidé de sortir le film en salles dans une version inédite plus longue et remontée pour le cinéma.

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Dans le film, l’avocat Bertrand Périer qui est également professeur de rhétorique, explique ainsi les cinq phases d’un discours.

Phase 1 : L’exorde
L’Exorde est le début du discours, elle doit être maîtrisée et mettre l’auditoire dans de bonnes dispositions. Il s’agira avant tout de capter l’attention.
Il existe 3 types d’exorde :
– L’hommage. C’est par exemple « mesdames, messieurs, je suis honoré de prendre la parole devant vous ce soir… ». C’est la forme d’exorde la plus classique.
– La dramatisation de l’enjeu. Commencer par quelque chose de grave, sur un ton grave. « J’ai quelque chose de très grave à vous dire, aujourd’hui : la liberté a trépassé… ». Elle permet de mettre l’accent sur le sujet.
– Parler d’autre chose pour mieux revenir au sujet. Il est possible de commencer son discours par un propos auquel personne ne s’attend. Cela permet de susciter l’interrogation pour capter l’attention. Cette technique est très efficace mais il faut relier le propos initial au sujet traité assez rapidement pour ne pas perdre son auditoire.

Phase 2 : La narration
Cette phase est optionnelle et elle correspond d’avantage à la plaidoirie qu’au discours. Néanmoins, il y a une résurgence de la narration dans les discours politiques. Le Président Obama raconte des histoires dans son discours « Yes we can » ainsi que dans celui de l’Etat de l’Union du 20 janvier 2013 au cours desquels il décrit une catastrophe naturelle au travers d’histoires de personnes l’ayant vécue. La narration est un outil puissant si elle sert le propos du discours.

Phase 3 : L’argumentation
Il faut trouver les arguments en se demandant pourquoi la position que l’on défend, sur le sujet que l’on défend, est la bonne. Il faut au moins deux ou trois arguments filés. Il est possible d’en développer d’avantage mais le discours ne doit pas devenir un catalogue d’arguments. Le texte étant déclamé et non écrit, il faudra expliciter chaque argument et le simplifier au maximum afin de ne pas perdre son auditoire.
Il ne faut pas trop nuancer car la conviction n’autorise pas le doute ! Un scientifique doit faire la part des choses et nuancer les faits. L’avocat, l’homme politique et l’orateur au sens large sont profondément convaincus que ce qu’ils disent est la vérité.

Phase 4 : La réfutation
Cette phase est également optionnelle. Le contradicteur, celui qui défend la position opposée, a toujours tort. Il faut donc imaginer les arguments qu’il utilisera pour les contredire et les vider de leur force.
La réfutation doit être claire. La position que le contradicteur adopte peut être suggérée lors de la phase précédente, celle de l’argumentation, mais jamais dans la réfutation.

Phase 5 : Péroraison
C’est la fin du discours : il s’agit d’enfoncer le clou. Comme l’exorde, elle doit être complètement maîtrisée et laisser l’auditoire sur une très bonne impression.
Selon la personnalité de l’orateur et la nature du message délivré par la péroraison, elle peut se faire de deux manières :
– vers le haut : on accélère le débit et on renforce l’intensité de sa voix.
– vers le bas : on baisse le ton et on ralentit le débit.

Ciceron distingue lui cinq étapes fondamentales par lesquelles doit passer le discours d’un bon orateur. Ce sont les grands principes de l’art oratoire que l’on peut ensuite structurer différemment en fonction de ce qu’on veut défendre :
– Invention : c’est la recherche de tous les moyens de convaincre son interlocuteur, basée à la fois sur les connaissances et la créativité de l’orateur.
– Disposition : c’est l’organisation, la mise en ordre des différents moyens de persuasion qui ont émergé lors de la phase d’invention.
– Élocution : c’est le discours à proprement parlé, le « ton », le « style » que l’orateur veut lui donner en y ajoutant de l’ironie, des figures de style par exemple.
– Action : c’est le langage corporel qui accompagne l’élocution, quand l’orateur devient également acteur.
– Mémoire : c’est le fait d’avoir en tête l’ensemble de son discours, voire de l’avoir appris par coeur.

Il y a de nombreuses passages extraordinaires dans ce film et des formules percutantes. Loubaki Loussalat, le professeur de slam, déclame ainsi à propos de la France :  » France ISF, France SDF « . Mais le passage que j’ai préféré est celui du cours d’expression scénique sur les fruits et légumes.

Voici comment ce dispositif est expliqué dans le dossier pédagogique du film :
Improvisation fruits et légumes !
1- Public : tout public (primaires, collégiens,lycéens, étudiants)
2- Objectif : Prendre conscience de l’importance de l’expression du visage et du corps au-delà du sens des mots
3- Détails : Cet atelier se propose d’aider les élèves à gérer et utiliser les expressions du visage et du corps pour communiquer plus efficacement car l’auditoire se souviendra tout particulièrement des émotions transmises par l’orateur.
Voici l’atelier d’improvisation qui peut être alors mis en place :
• Cet atelier se fait avec deux élèves
• Le formateur choisit le thème de l’improvisation (par ex. des retrouvailles entres amis)
• Les deux élèves doivent ensuite improviser sur ce thème en utilisant uniquement des noms de fruits et de légumes pour construire leur dialogue. Ils doivent en conséquence être particulièrement expressifs pour faire passer leur message et raconter une histoire compréhensible des auditeurs.
• En outre, cet atelier nécessite que les deux élèves soient bien attentifs aux expressions et émotions de l’un et de l’autre pour construire une histoire cohérente ensemble.
4- Critères d’évaluation : On pourra évaluer différents éléments de l’improvisation, notamment :
• Les intentions transmises par les orateurs
• Leurs émotions
• La construction d’une histoire ensemble
• Imagination

Le film est également un moment de découverte de l’autre, avec des jeunes au parcours très différents qui s’entraident alors même qu’ils vont s’opposer durant le concours. Leurs  buts sont différents, mais ils ont tous des fêlures et des causes à défendre.

Vous trouverez ci-dessous le dossier pédagogique du film qui sortira le 12 avril :

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Une idée folle ?

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C’est le titre d’un documentaire de Judith Grumbach , tourné dans neuf établissements scolaires – publics et privés, de la maternelle au collège, aux quatre coins de la France. Une Idée Folle pose la question du rôle de l’école au XXIème siècle, à travers le témoignage d’enseignants, d’enfants, de parents ainsi que d’experts de l’éducation. À quels défis les citoyens de demain vont-ils devoir faire face et comment les y préparer ? En cultivant l’empathie, la créativité, la coopération, la prise d’initiative ou encore la confiance en soi et l’esprit critique chez les élèves, en parallèle des savoirs fondamentaux, les enseignants de ces écoles font un rêve fou : celui de former une future génération de citoyens épanouis et responsables qui auront à cœur de transformer positivement la société qui les entoure.
À partir du 7 mars, Une Idée Folle fera l’objet de projections citoyennes partout en France, dont l’organisation sera accompagnée par l’équipe du film.Il est possible de contacter l’équipe du film pour demander une projection ici.

L’école en film

C’est sous ce titre qu’est placé le Mois du film documentaire 2016, entre le 4 et le 23 novembre 2016, au centre Pompidou à Paris.
En 2002, Nicolas Philibert filmait pendant un an un maître d’école d’une classe unique en campagne. Son film Être et avoir, en compétition à Cannes et ayant obtenu un César, fut un des premiers grands succès public pour un documentaire en salle, et qui plus est sur cette thématique de l’école. Dix ans avant, Claire Simon présentait en compétition au Cinéma du réel son film Récréations, véritable immersion dans une cour de récréation d’école maternelle. Encore avant cela, en 1978, Jean­-Michel Carré concevait une série de films engagés, résultat d’une réflexion collective menée par un réalisateur, un groupe d’enseignants, de chercheurs et de militants.
Ces films pionniers et emblématiques furent le départ d’une longue série de documentaires qui se sont introduits dans l’univers de l’école pour mieux en comprendre les rouages et en dépeindre les différents acteurs. Portraits d’écoliers, récits d’enseignants, nouvelles pédagogies, échec scolaire, mixité et intégration …. les thèmes sont riches et variés et dépassent aussi les frontières de notre territoire.
Une trentaine de films sont présentés, accompagnés de leur réalisateur et de spécialistes, pour tenter de faire un tour d’horizon de cette question universelle de l’école, de ses mutations et de ce qu’elle dit de notre société.
Le programme s’articule autour de trois thématiques :
– Enseignants, héros ordinaires
– Intégration, inclusion, une école de la mixité
– Enseigner autrement, apprendre autrement
En ouverture, le film de Joanna Grudzinska, Révolution école 1918-1939, diffusé il u a peu sur Arte, dresse le portrait des nouveaux pédagogues de l’entre-deux guerres.

Films projetés :
The Bad Kids : Perdue au beau milieu du désert de Mojave, la Black Rock High School accueille des jeunes en difficulté, pour la plupart présentant des risques de décrochage.(Keith Fulton et Lou Pepe, 2016, Etats-Unis)
Tempête sous un crâne : Au collège Joséphine Baker de Saint-Ouen, en Seine-Saint- Denis, Alice et Isabelle enseignent à la même classe tour à tour agitée, timide, joyeuse, turbulente, mélancolique et vivante : la Quatrième C. La première est professeure de lettres, la seconde d’arts plastiques. (Clara Bouffartigue, 2012, France)
Devoirs du soir : Installé dans une salle de classe, assis dans son costume gris, ses lunettes noires sur le nez, Abbas Kiarostami interroge tour à tour les élèves d’une école iranienne. Face à la caméra, les enfants répondent aux questions que le cinéaste leur pose sur leurs devoirs.(Abbas Kiarostami, 1989, Iran)
Blank : Vingt ans plus tard, Amirnaeim Hosseini retourne poser sa caméra dans la même école qu’ Abbas Kiarostami. Qu’est-ce qui distingue les enfants d’hier de ceux d’aujourd’hui ? (Amirnaeim Hosseini, 2009, Iran)
Adieu Barbiana : Dans les années 1960, Don Lorenzo Milani, curé, transforme une paroisse en école pour les jeunes garçons de la région refusés aux examens de l’État. La classe au fur et à mesure de ses agrandissements devient une véritable communauté. 365 jours par an, 7 jours par semaine, 10 heures de classe par jour, les enfants de Barbiana, avec leur professeur, lisent les journaux quotidiens pour comprendre le monde extérieur, apprennent à lire, à parler, à nager. (Bernard Kleindienst, 1994, France)
Makarenko, ou la sanction éducative : En URSS, au cours de la Révolution, un pédagogue va créer des « colonies » de jeunes délinquants sous la forme de lieux de vie autogérés. À travers le cas d’un de ses élèves, Oujikav, le film évoque l’importance pour tout adolescent d’évoluer dans le cadre d’une collectivité.(Bernard Kleindienst, 2001, France)
Les enfants de Summerhill : Bernard Kleindienst retrouve dans les années 1990 une poignée d’enfants ayant vécu à l’école de Summerhill, créée en 1921 par Alexander Sutherland Neill. Ils sont maintenant adultes et racontent leur vie dans cette école pas comme les autres où « tout est permis ». (Bernard Kleindienst, 1997, France)
Le relais : La classe relais du collège Django Reinhardt de Toulon accueille des élèves de la région exclus de leur établissement. Pendant quelques semaines, ils sont pris en charge par une équipe de professeurs avant de réintégrer le système classique. Les réactions des jeunes face à l’enseignent sont variées, entre haine, rejet, incompréhension, résignation, reconnaissance et, parfois, espoir.(Bernard Kleindienst, 2008, France)
Buscando patriots : Mari Alessandrini filme des écoliers dans la steppe patagonienne entre la maison et l’école. (Mari Alessandrini, 2015, Suisse)
Our school : Dans la petite ville de Târgu-Lapus, au nord de la Transylvanie, une école roumaine accueille un petit groupe d’enfants roms dans le cadre d’un projet d’intégration. Pendant quatre ans, l’équipe de tournage suit trois d’entre eux, Alin, Benjamin et Dana, qui malgré leur volonté et leurs efforts pour réussir continuent à subir les préjugés, l’isolement et la discrimination.(Mona Nicoara et Miruna Coca, 2011, Etats-Unis/Suisse/Roumanie)
Kyrkogardso : Kyrkogårdsö est une île minuscule au beau milieu de la mer Baltique, entre la Finlande et la Suède, c’est là qu’habite Ida Nordberg, 5 ans, et sa famille. Tous les matins et tous les soirs, elle parcourt à bord d’un ferry plusieurs kilomètres pour se rendre à l’école à Kökar.(Joakim Chardonnens, 2012, Suisse – Finlande)
Être et devenir : À la naissance de son fils, Clara Bellar se questionne sur les différentes méthodes d’apprentissage qui se présenteront lorsqu’il aura l’âge d’aller à l’école. C’est alors que le choix de la « non scolarisation » se présente à elle, elle va alors partir aux quatre coins du monde à la rencontre de familles qui ont fait le choix de l’apprentissage libre.(Clara Bellar, 2012, France)
Le COD et le coquelicot : Cinq jeunes instituteurs prennent en charge une école primaire « sensible » de la banlieue parisienne. L’animation parfois en « papiers découpsé », parfois dessinée, vient illustrer les voix des instituteurs qui racontent leur aventure dans cette école où tout est à reconstruire.(Jeanne Paturle et Cécile Rousset, 2013, France)
Première classe : Élodie, Laure et Soufiane font leurs premiers pas comme institutrices et instituteur, le temps d’un stage de quatre semaines dans trois écoles de la région parisienne. Étudiants à l’IUFM, ils se retrouvent, pour la première fois, seuls devant des enfants et doivent apprendre à apprendre, une tâche bien plus difficile qu’il n’y paraît.(Françoise Davisse, 1999, France)
L’arbre et le requin blanc : Un an dans la Freie Schule Tempelhof à Berlin, construite sur le terrain d’anciens studios cinématographiques reconvertis dans les années 1970 en village durable. Ici les enfants sont libres de leurs activités, pas de plages horaires aménagées, pas de classes imposées, dès leur plus jeune âge, les enfants de la Freie Schule décident eux-même de ce qu’ils veulent apprendre, quand, et avec qui. Leur apprentissage passe par l’expérience, le partage et l’interaction avec l’autre.(Rafaele Layani, 2014, France)
D’une école à l’autre : La rencontre des classes de CM1 de deux écoles parisiennes, une dans le 20ème, l’autre dans le 5ème arrondissement. Les 45 enfants se rencontrent autour d’un projet au Centre National de la Danse mené par les deux institutrices Cécile Gérard et Karine Durand, le chorégraphe Christophe Cagnolari, et la réalisatrice Pascale Diez.( Pascale Diez, 2012, France)
La loi du collège : En six épisodes, Mariana Otero raconte la vie du collège Garcia-Lorca de Saint-Denis pendant une année scolaire. Sa caméra suit les élèves et les professeurs dans les couloirs, les salles de classe, les bureaux, la salle des professeurs, pendant les cours, les réunions, les conseils de classes et les récréations.( Mariana Otero, 1994, France)
La maison de l’éveil : Suivant la méthode du pédagogue Célestin Freinet, Madeleine Dupouy enseigne dans une petite école du Gers des années 1940 aux années 1970. Fondée sur l’expression libre, cette pédagogie encourage le développement de la personnalité de l’enfant. Lors du tournage en 1995, Henri Colomer retrouve Madeleine et certains de ses élèves maintenant adultes. Tour à tour ils lui racontent leurs souvenirs et comment cette expérience leur a permis de grandir et d’appréhender le monde.(Henri Colomer, 1995, France)
Être et avoir : Dans l’école communale de Saint-Etienne-sur-Usson, petit village auvergnat, il n’y a qu’une seule classe, douze élèves, et un instituteur. Georges Lopez, s’occupe seul de ce petit groupe d’enfants, allant de la maternelle au CM2, aussi unis que différents.(Nicolas Philibert, 2002, France)
Ces enfants sur mon chemin : Erika Haglund a rencontré les enfants de la classe arc-en-ciel de l’école Notre-Dame de Senlis. Camille, MIla, Camille, Astrid, Ulysse, Elana, Mathis, Laura et Emilie ont entre 7 et 12 ans et ont tous des difficultés intellectuelles, des « handicaps » qui rendent leur apprentissage difficile.(Erika Haglund, 2015, France)
Blind : Dans Blind, on découvre l’enseignement et la vie quotidienne des élèves depuis le jardin d’enfants jusqu’au 12ème grade de l’Alabama School for the Deaf and Blind, à Tallageda. L’école a pour objectif de former à l’autonomie les enfants aveugles et déficients visuels à travers l’entraînement à la mobilité, l’enseignement du braille et des matières scolaires.(Fredercik Wiseman, 1986, Etats-Unis)
A class of their own : L’école primaire Tong Yuan à Guangzhou, petite ville chinoise, accueille les enfants des familles migrantes qui se sont vu refuser l’accès au système scolaire public. D’un côté, des élèves qui viennent des quatre coins de la Chine, parlant seulement un dialecte et n’ayant jamais été scolarisés pour la plupart, de l’autre, une équipe enseignante enthousiaste mais insuffisante. À travers le parcours de trois enfants, Haryun Kim montre avec A class of their own comment apprendre, enseigner et trouver sa place dans un système éducatif précaire.(Haryun Kim, 2013, Chine)
A scuola media : Au cœur de la banlieue de Naples, les professeurs et la directrice du collège Nino Cortese essayent tant bien que mal d’enseigner à des élèves turbulents, désintéressés et dont la plupart ne parlent que napolitain. Il faut alors, tout au long de l’année, tenter de contenir le chaos qui règne dans les couloirs, dans les classes, dans les bureaux tout en maintenant un semblant de programme pédagogique.(Leonardo Di Costanzo, 2003, France – Italie)
La mémoire dure : L’école primaire Houdon dans le 18ème arrondissement de Paris, accueille un petit groupe de cinq enfants immigrés tout juste arrivés en france dans une classe d’initiation linguistique. Leur maîtresse Pascale, ainsi que Françoise, la professeure de musique et la conteuse d’histoire, Kateljne Bachrach, leur apprennent la langue ainsi que la culture française.(Rossella Ragazzi, 2000)
L’envers du tableau noir : pile profs, face élèves : Du lycée Jacques Feyder à Epinay-sur-Seine, en Seine-Saint-Denis, au lycée Jean-Baptiste Say dans le XVIeme arrondissement de Paris, en passant par le collège Le Lac à Sedan, dans les Ardennes, l’école ne veut pas dire la même chose et n’est pas vécue de la même manière. Dans une première partie, un professeur de chacun des établissements, puis trois de leurs élèves nous racontent leur expérience.(Stéphanie Molez et Thierry Küber, 2010, France)
High School : La North East High School de Philadelphie en Pennsylvanie est un lycée dit d’excellence. Pendant cinq semaines de l’année 1968, Frederick Wiseman y filme les administrateurs, les professeurs, les élèves et leurs parents.(Frederick Wiseman, 1968, Etats-Unis)
High School II : Vingt-six ans après High School, Frederick Wiseman se replonge au cœur de l’enseignement secondaire, cette fois-ci à New York. La Central Park East Secondary School à Harlem est un lycée alternatif où les élèves, outre les classes de mathématiques, de sciences ou de littérature, sont sensibilisés aux valeurs fondamentales de la société grâce à la mise en place d’assemblées générales, de groupes de discussion ou de rencontres individuelles avec les professeurs. La réussite de l’établissement tient en grande partie à la place accordée à la responsabilité, à l’accomplissement personnel et à l’apprentissage du respect et de la tolérance.(Frederick Wiseman, 1994, France)
Votre enfant m’intéresse analyse les idéologies, les étapes et les choix politiques qui ont abouti à la conception contemporaine et dominante de l’éducation. Des scènes réelles, filmées à l’école Vitruve, mettant en scène des façons d’apprendre différentes autour de projets en contrepoint de scènes de fiction historique illustrant la place de l’enfant depuis l’ancien régime (milieu du 18ème siècle) à nos jours, interrogent les valeurs qu’on nous présente comme intemporelles alors qu’elles ne sont qu’idées reçues.(Jean-Michel Carré, 1981, France)
On n’est pas des minus  apporte un complément d’information à Votre enfant m’intéresse sur ces façons d’apprendre dans une école déscolarisée où l’on pousse les contradictions de la société, du travail manuel et intellectuel, du savoir et de l’action.(Jean-Michel Carré et Danièle Lacoste, 1981, France)
Alertez les bébés ! : Réalisé en collaboration avec l’équipe du Vitruve, Alertez les bébés ! décrypte le mécanisme de l’échec scolaire et expose les interventions conjuguées des parents, des enseignants et des spécialistes en tout genre qui font de l’enfant un enfant cerné et le prive de sa liberté de s’exprimer.(Jean-Michel Carré, 1978)
L’enfant prisonnier analyse sous forme de fiction les contraintes vécues par un enfant de neuf ans dans sa vie quotidienne : famille, média, environnement, école où il apprend à intégrer la norme et le système hiérarchique.(Jean-Michel Carré, 1975, France).

Presque au même moment, entre le 5 octobre et le 18 novembre, le Forum des images propose Cas d’école(s), un cycle de films sur l’école : « Monsieur le professeur, je vous dis merde ! » Ce cri du coeur de l’élève Tabard, point de départ de l’insurrection générale, a valu à Zéro de conduite une interdiction immédiate à la suite de sa première projection en 1933. Depuis, de nombreux films ont pris pour sujet l’école ; ce qui se joue à l’intérieur, entre élèves et professeurs, mais aussi au sein de la société.
Voici les films proposés :

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Les filles au Moyen – Age : fin

Je viens d’aller voir le film Les filles au Moyen – Age et j’en suis ressorti abasourdi ! J’ai eu l’impression d’assister au spectacle de fin d’année d’une institution religieuse, d’une fête de patronage ! Plutôt que les femmes, le sujet du film me semble être la foi du charbonnier…
Ce documentaire n’en n’est pas un. Pour toute caution scientifique, il cite deux ouvrages de Régine Pernoud et un de Jacques Heers… Les personnages féminins évoqués sont toujours les mêmes : Hildegarde de Bingen, Jeanne d’Arc, etc… On est loin du propos annoncé qui était, du moins je le pensais, de montrer que les femmes avaient du pouvoir et de l’importance au Moyen – Age.
Seul les enfants viennent sauver ce spectacle : leur fraîcheur, leurs mots sonnent souvent justes. L’image, en noir et blanc le plus souvent, est assez belle, mais la musique est abominable. Le film traîne en longueur à partir de l’évocation de Jeanne d’Arc et sombre dans le n’importe quoi avec Jacques Coeur.
Il s’agit d’un film qui rate son propos, il me semble. C’est pour cela qu’il ne faut  pas emmener des élèves le voir !