Étiquette : Inégalité devant l’éducation

152 millions d’enfants contraints de travailler en 2017

Dans le cadre des Objectifs de développement durable de l’Agenda 2030, établi en septembre 2015, les États membres des Nations unies, les organisations d’employeurs et de travailleurs, ainsi que les organisations de la société civile ont été encouragés à éliminer le travail des enfants d’ici à 2025 et le travail forcé, l’esclavage moderne et la traite d’êtres humains d’ici à 2030. À ces fins, les dirigeants des pays s’étaient engagés à prendre des mesures immédiates et efficaces pour supprimer le travail forcé, mettre fin à l’esclavage moderne et à la traite d’êtres humains, à interdire et à éliminer les pires formes de travail des enfants, y compris le recrutement et l’utilisation d’enfants soldats et, d’ici à 2025,à mettre fin au travail des enfants sous toutes ses formes.
En 2017, 152 millions d’enfants sont toutefois toujours obligés de travailler (soit près d’un enfant sur dix dans le monde), dont 73 millions d’enfants de 5 à 11 ans. Parmi eux, près de la moitié effectue des travaux jugés dangereux.
Selon les dernières estimations de l’Organisation Internationale du Travail, 40 millions de personnes sont encore prises au piège de l’esclavage moderne, dont 25 millions s’agissant du travail forcé, et 15,4 millions concernant des mariages forcés.

L’école en panne en Egypte

En Égypte, selon le recensement national de 2017, 18,4 millions de personnes sont illettrées, dont 58 % de femmes.
Les causes sont bien sûr la pauvreté et la déscolarisation, mais parfois, ce sont des élèves scolarisés qui quittent leur établissement sans savoir lire.
Classes surpeuplées, manque d’infrastructure, inégalité entre fille et garçon : ces problématiques scolaires sont tristement banales en Égypte. Depuis des années, l’éducation publique ne cesse de se dégrader. Les Égyptiens sont aujourd’hui 95 millions et face à de nombreux jeunes (33% de la population a moins de 15 ans), l’école n’arrive pas à faire face.
Dans l’école publique de Harabchant, petite localité à 200 kilomètres au sud du Caire,on a séparé les classes en deux depuis 2015. Le matin, les filles viennent étudier, l’après-midi ce sont les garçons. Du coup, les élèves ne sont plus que 45 par classe. C’est mieux qu’ailleurs où ils sont 60 ou 70… Mais il faut tout de même que les élèves se partagent un bureau à trois.
Mais cette nouvelle organisation se fait aussi au détriment des enseignants obligés de travailler six jours sur sept, et non plus cinq, sans augmentation de salaire ( 1000 livres par mois pour un professeur débutant, soit l’équivalent de 50 €).
Tout cela démotive les élèves comme les professeurs, d’autant que l’Égypte possède une courbe du chômage singulière : les statistiques montrent que plus le niveau d’étude est élevé, plus le taux de chômage est important. Plus d’un tiers des diplômés de l’université sont chômeurs.

D’après un article du journal  La Croix.

130 millions de filles privées d’école dans le monde

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L’organisation non gouvernementale ONE a publié la liste des dix pays où les jeunes filles ont le moins accès à l’éducation dans le monde, selon l’Unesco.
Cela peut être parce qu’elles doivent effectuer de longs trajets, souvent dangereux, pour pouvoir se rendre en classe. D’autres manquent d’enseignants formés, de manuels ou de matériel scolaires. Certaines enfin, ne sont tout simplement jamais allées à l’école. Au total, c’est plus de 130 millions de filles qui ne vont pas à l’école, selon l’Unesco.
Pour concevoir ce classement, ONE a sélectionné 11 indicateurs, et utilisé principalement des données de l’Institut de statistique de l’Unesco : taux de filles non scolarisées, nombre moyen d’années de scolarisation, taux d’alphabétisation des jeunes femmes, nombre d’élèves par enseignant en primaire, dépenses d’éducation…
Chaque pays s’est vu attribuer un score sur 100, des scores les plus bas indiquant de mauvais résultats. Sans surprise, les dix Etats où les filles rencontrent le plus de difficultés à être scolarisées font partie des plus pauvres au monde. Neuf de ces dix pays, à l’exception de l’Afghanistan, sont situés en Afrique. Il s’agit du Soudan du sud (le pays qui enregistre la moins bonne performance), de la Centrafrique, du Niger, du Tchad, du Mali, de la Guinée, du Burkina Faso, du Liberia et de l’Ethiopie.
Ces pays figurent dans le classement en raison de la faible scolarisation primaire ou secondaire, du manque d’enseignants, des disparités filles/garçons ou encore du faible taux d’alphabétisation des filles.
Le rapport donne les chiffres les plus marquants pour chaque pays. Ainsi, en Guinée, les femmes de 25 ans et plus ont fréquenté l’école en moyenne moins d’un an. En Centrafrique, on ne compte qu’un enseignant pour 80 élèves (contre 1 pour 12 aux Pays-Bas). En Afghanistan, 71 filles étaient scolarisées dans le primaire pour 100 garçons en 2014, la plus forte différence filles-garçons du monde. Au Soudan du sud, le pays où la situation est la plus critique, seulement une fille sur 4 va à l’école primaire et seulement 2,6 % du budget national est alloué à l’éducation.
Le rapport met aussi en évidence de fortes disparités régionales dans certains pays. Ainsi, l’accès à l’éducation est bien plus difficile dans la région du Nord-Est du Nigeria (pays qui figure à la 27e place du classement). Des centaines d’écoles ont été détruites ou fermées sous l’influence du groupe jihadiste Boko Haram, et plus de la moitié des filles de la région n’ont jamais été scolarisées.
Aucun pays africain ne figure parmi les 25 % des pays affichant les meilleurs résultats en matière d’éducation. Et seulement quatre pays d’Afrique font partie des 50% des pays affichant les meilleurs résultats.
Faute de données pour certains pays, le classement a été réalisé sur 122 des 193 Etats membres de l’Onu. La Somalie et la Syrie sont ainsi absents du classement, mais aussi l’Allemagne, le Canada ou la France – probablement car les taux de non-scolarisation sont si faibles dans ces pays développés qu’ils ne sont pas forcément mesurés, présume l’ONG.

L’accès des filles à l’éducation est un levier clé pour lutter contre la pauvreté. Plusieurs études ont en effet montré les répercussions positives de l’alphabétisation féminine sur le taux de pauvreté, la santé, la mortalité infantile ou encore les mariages précoces. Plus le niveau d’instruction d’une jeune femme est élevé, moins elle risque de se marier ou d’avoir des enfants très jeune. Un phénomène qui affecte particulièrement les pays du classement réalisé par ONE : plus de la moitié des filles vivant dans ces 10 pays se marie avant ses 18 ans, selon l’Unicef. En Ethiopie, près d’une sur 5 se marie avant l’âge de 15 ans. Un enseignement primaire et secondaire de qualité pour les filles participe au développement de l’économie locale et mondiale, insiste l’ONG, qui estime qu’à l’échelle mondiale, la réduction des inégalités filles-garçons en matière d’accès à l’éducation pourrait rapporter entre 112 et 152 milliards de dollars (entre 95 et 129 milliards d’euros) chaque année aux pays en développement.

D’après un article de Libération.fr

 

Reconstruction de 31 écoles à Marseille pour un milliard d’euros

Régulièrement critiquée à propos du délabrement de nombreuses écoles publiques, la ville de Marseille a voté, lundi 16 octobre, un plan massif de reconstruction d’un montant d’un milliard d’euros. Le projet repose sur des partenariats public-privé qui permettront à la municipalité de confier la totalité du projet, du financement à la construction, à des entreprises privées. La ville leur versera ensuite des loyers pour un montant d’environ 41 millions d’euros par an pendant vingt-cinq ans, soit un coût total de 1,04 milliard d’euros.
Le plan prévoit la destruction de 31 établissements vétustes, construits dans les années 1960, et leur remplacement par 28 nouvelles écoles. Six établissements supplémentaires seront également construits en six ans.
En 2016, les témoignages de la part de parents d’élèves et enseignants, décrivant des murs moisis, des classes non chauffées, ou encore des locaux infestés par les rats avait poussé l’État à sommer la mairie, qui accueille 77 000 enfants dans plus de 440 écoles, d’entreprendre des travaux en urgence.

D’après un article du Monde.fr

Un documentaire sur l’Ethiopie

Jusqu’à ses 23 ans, Roba était gardien de bétail dans un petit village d’Éthiopie. Mais lorsque sa famille a voulu le contraindre à un mariage arrangé, il a préféré l’exil. Prenant le chemin de la capitale, Addis-Abeba, il est parvenu à y réaliser son rêve : entrer à l’université. Devant la caméra, Roba raconte son quotidien, son parcours, ses espoirs et ses doutes, qu’il lie à l’histoire de son pays.

À voir quelques jours encore sur le replay d’Arte

Les cantines scolaires, marqueurs des inégalités

Le Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco) publie une enquête sur la restauration scolaire, montrant qu’elle est le miroir – sinon l’un des facteurs – d’une école marquée par les inégalités. Plus de neuf établissements sur dix proposent leur propre service de restauration scolaire, mais 30 % des collégiens n’y sont pas inscrits – contre 45% il y a vingt ans. L’enquête a porté sur 3800 collèges et lycées, avec 869 réponses exploitables retenues.
Les élèves issus de familles défavorisées sont environ deux fois plus nombreux (40 %) que ceux issus de familles favorisées (22 %) ou très favorisées (17 %), à ne pas pouvoir  bénéficier des repas de la cantine.
L’inégalité est évidemment encore plus importante dans les réseaux d’éducation prioritaire. Dans les établissements du second degré concernés, les deux tiers des élèves issus de milieux défavorisés ne bénéficient pas de la restauration scolaire. Et en REP +, seul un adolescent sur quatre déjeune à la cantine.
Les raisons de ces inégalités sont évidemment économiques : le prix moyen d’un repas étant de 3,30 euros par enfant (contre 5,40 euros dans le privé). En dépit des efforts consentis par les collectivités, seuls 40 % des chefs d’établissement déclarent qu’une politique tarifaire spécifique est appliquée pour les élèves les plus démunis ; dans la moitié des cas, cela peut aller jusqu’à la gratuité. Un quart des collèges et lycées, seulement, permet une inscription « au ticket » – souplesse pouvant bénéficier aux familles les plus vulnérables.
Si des familles en difficulté peuvent recevoir une aide grâce à des bourses des collectivités territoriales, elles ne font pas toujours valoir leurs droits. Les procédures sont en effet compliquées et n’aboutissent pas toujours selon le Cnesco.

D’après un article du Monde.fr