Étiquette : Inégalité devant l’éducation

Liberté, inégalités, fraternité

C’est le titre d’un site mis en ligne par l’Observatoire des inégalités qui réunit 21 témoignages vidéo de jeunes sur leurs parcours semés d’embûches, accompagnés de chiffres clés, de paroles d’experts, d’analyses et de pistes d’actions. Le site est organisé autour de quatre thématiques : la scolarité, le travail, le logement et les loisirs. Il permet d’aborder avec les élèves la question des inégalités et des discriminations d’autant qu’un dossier d’accompagnement pédagogique est disponible.

Cynisme et opportunisme

Le ministre de l’Éducation nationale veut organiser à la rentrée « des états généraux du numérique éducatif », afin de tirer des leçons de ce qui a fonctionné pendant le confinement.Sur France Inter, il a même assuré que la France était, avec le Japon, « les pays qui ont le mieux réussi l’enseignement à distance ». J’aurais préféré, Monsieur le ministre, que l’on fasse le bilan de ce qui n’a pas marché (il y a de quoi faire…) et que, par exemple, on envisage de fournir une connexion internet et du matériel informatique gratuitement aux élèves dont les familles ne peuvent s’équiper. Mais je subodore que cela ne sera as le cas et que l’on préférera s’extasier sur la qualité des émissions télévisées Lumni…
Je crains que dans le système éducatif, ces états généraux du numérique soient les changements annoncés par le président de la République pour « l’après »…

Le terme « continuité pédagogique » m’agaçait, je sais pourquoi maintenant

Voici deux extraits d’un entretien accordé par le sociologue Bernard Lahire au magazine L’Obs et dont je vous recommande la lecture :

Q: En quoi le confinement pénalise-t-il plus certains enfants ?

R: « C’est quasi mathématique: vous avez des inégalités de départ entre les familles, plus ou moins diplômées, plus ou moins dotées de +capitaux culturels+ ; si vous retirez l’école, qu’est-ce qui reste ? La réalité brute de ces inégalités. L’école joue déjà, la plupart du temps, un rôle de reproduction. Mais elle tente néanmoins de réduire les différences et parvient, malgré tout, à transmettre des savoirs à ceux qui sont en difficulté. Si l’on retire son intervention de façon durable – il est question, selon les scénarios, que les enfants ne reprennent qu’en septembre – l’impact sera très lourd. »

(…)

Q: Peut-on assurer une « continuité pédagogique » ?

R: « Le terme n’est pas bon car il y a une discontinuité pédagogique au contraire, nette. L’école signale encore sa présence, elle envoie des signaux, des devoirs, mais elle ne peut pas faire le travail qu’elle fait ordinairement. Et c’est bien là le problème. Transmettre des savoirs, ce n’est pas qu’une question d’émetteur et de récepteur, c’est une construction, des interactions, un encadrement, des encouragements… S’il suffisait de transmettre des textes ou des informations, on pourrait généraliser le dispositif après le confinement, tout dématérialiser et se passer d’une bonne partie des enseignants, car cela coûterait beaucoup moins cher ! Mais cela n’a évidemment aucun sens. »

Près de la moitié des élèves du monde sont sans école en ce moment

Selon l’Unesco, plus de 850 millions de jeunes dans le monde doivent rester chez eux, sans accéder à leur établissements d’enseignements, en raison de l’épidémie de COVID-19. Je rappelle toutefois que si pour eux ce manque est temporaire, 258 millions d’enfants et de jeunes n’étaient pas scolarisés dans le monde en 2018. Ce total comprenait 59 millions d’enfants en âge de fréquenter le primaire, 62 millions d’enfants en âge de fréquenter le premier cycle du secondaire et 138 millions en âge de fréquenter le deuxième cycle du secondaire.

Changer l’école en Afrique

C’est le sujet de cette enquête approfondie proposée par le journal Le Monde : Une meilleure école pour moins de pauvreté en Afrique.

Au Kenya, une pilule « miracle » contre l’absentéisme à l’école

Au Sénégal, quand faire venir l’eau au village ramène les fillettes à l’école

En Côte d’Ivoire, enseigner à hauteur d’élève dans les communautés du cacao

Le dernier volet concernera le Burkina Faso.

Pour s’y retrouver dans les différents dispositifs d’aide aux élèves à l’école

Le département de la Seine-Maritime a élaboré un document synthétique qui présente les différents projets personnalisés existants à l’école pour es élèves en difficulté (PPRE, PAI, PPS, PAP, PAOA, …).
Ce document explique:
Qui décide de la mise en place?
A qui s’adresse le projet?
Qui l’élabore?
Quel est l’objectif?
Qui le met en oeuvre?
Sur quels temps?
et donne un lien vers le texte légal.

Le document est disponible ici.

Voilà qui ne va pas dans le bon sens !

Le budget des fonds sociaux des établissements, porté à 59 millions d’euros par le précédent gouvernement et maintenu à ce niveau en 2018 et 2019, sera seulement de 30,6 millions d’euros en 2020. Le motif de cette baisse ? « Associée à la mobilisation de reliquats de subventions versées par le MENJ au titre des années antérieures et apparaissant non consommées dans la trésorerie des EPLE, la dotation de 30 670 976 € permettra de maintenir les aides sociales à hauteur de l’exécution 2018.» (Extrait du bleu budgétaire, budget éducation nationale et de la jeunesse). Autrement dit : pourquoi donner autant alors que les établissements n’utilisent pas le fond prévu ? Une logique purement comptable, donc…
Anticipant des baisses éventuelles de crédits, les chefs de nombreux établissements ont fait des réserves de fonds sociaux, alors même que les difficultés des familles les plus pauvres n’ont pas diminuées, au contraire ! Il faut donc veiller à ce que ces crédits soient épuisés, ou quasiment, d’une année sur l’autre dans chaque établissement, ce qui doit être le rôle des conseils d’administration, je pense. Ou alors, il faut reprendre le reliquat des établissements excédentaires pour le distribuer aux établissements ayant tout utilisé justement.

D’après une tribune de Jean-Paul Delahaye, auteur du rapport « Grande pauvreté et réussite scolaire, le choix de la solidarité pour la réussite de tous » publiée sur Mediapart.

Le coût de l’éducation en France et en Union européenne

En 2017, la France a consacré 124,1 milliards d’euros à l’éducation, d’après les derniers chiffres disponibles sur Eurostat. Mais si l’on divise cette impressionnante enveloppe budgétaire par le nombre d’élèves et d’étudiants, la France apparaît nettement moins bien classée que bon nombre de ses voisins européens, avec 7 897,5 euros par élève en 2016. De même, si l’on rapporte ce budget de l’éducation à la richesse nationale (le produit intérieur brut), la France (5,4%) est certes bien au-dessus de la moyenne de l’Union européenne (4,6%), mais loin derrière le premier de la classe : l’Islande (7,5%)

Selon des informations de France Info.