Étiquette : Inégalité devant l’éducation

Un jeu pour téléphone avec un double intérêt

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Fight Against Opium est un jeu vidéo créé par des codeuses afghanes. Il ressemble à première vue à n’importe quel autre jeu de plateforme, mais son but est original : le personnage du joueur doit remplacer des plants de pavot par des bulbes de safran dans tout le pays.
Le but est de dénoncer la production d’opium en Afghanistan, qui fournit 90 % de la production mondiale et le pays comptant au moins 4,6 millions de toxicomanes. Cette production représente 63 % du PIB de l’Afghanistan,
En plus de Fight Against Opium, les Afghanes ont déjà produit une vingtaine d’autres jeux pour téléphone portable. Elles apprennent à programmer grâce à Code to Inspire, une association œuvrant pour un meilleur accès des Afghanes à l’emploi.

Pour aider les écolier du Tchad

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Après la Tunisie, la Rentrée Solidaire aura lieu au Tchad entre septembre et novembre 2018. Ce pays connaît une forte instabilité politique et de nombreux mouvements de populations. Manque de fournitures, d’infrastructures, de personnel éducatif, classes surchargées, rareté des écoles, les freins dans l’accès à l’éducation sont nombreux : beaucoup d’enfants quittent l’école primaire sans avoir acquis les savoirs fondamentaux.

 

Un témoignage sur la situation à Mayotte et l’égalité des chances en France

Saïd a 17 ans et est en terminale littéraire au lycée de Chirongui. Contrairement à ses milliers de camarades de France métropolitaine, la jeune Mahoraise ignore si elle sera en mesure de passer son bac à la fin de l’année. « Ici à Mayotte, on a déjà l’habitude d’être qualifiés de derniers de la classe quant aux résultats académiques, mais cette année, je crains que ça ne s’empire. Les agressions en milieu scolaire, d’une violence extrême, ont augmenté ; cela fait maintenant quatre mois que le lycée de Kahani, au centre de l’île [théâtre de violents affrontements entre bandes rivales, qui ont provoqué l’application du droit de retrait des enseignants et des chauffeurs de bus scolaires] est fermé, trouvez-vous cela normal ? Une telle situation aurait-elle été tolérée en France métropolitaine ? Se lever le matin pour aller en cours et aller se faire tabasser à coups de machette sans aucune raison spécifique, est-ce cela la France ? ».
La lycéenne ne cache pas son écoeurement : « nos professeurs, malgré toute leur bonne volonté, sont épuisés ; et nous, élèves, démoralisés ». A l’heure où des milliers de futurs bacheliers préparent leurs voeux d’orientation, Saïd pense que son dossier « est juste bon à mettre à la poubelle » : « nos dossiers, qui devaient être expédiés sous huit jours en métropole, sont bloqués à Mayotte à cause de la paralysie de l’île ». « En tant que lycéenne et future bachelière, ce que je demande à l’Etat, c’est juste de nous prendre en considération ! On mérite nous aussi une éducation digne de la République française en toute sûreté ».

D’autres témoignages sont à lire ici.

Faire classe au Burkina Faso

Maxime Sou, enseignant, gère une classe de CE2 de 132 élèves dans l'école Koua C de Bobo Dioulasso.Maxime Sou, enseignant, gère une classe de CE2 de 132 élèves dans l'école Koua C de Bobo Dioulasso.

À l’école Kua C de Bobo-Dioulasso, seconde ville du Burkina Faso, Maxime Sou tient sa classe au doigt et à la baguette. En vingt ans de carrière, ce Burkinabé de 47 ans qui enseignait surtout en classe de CM2 avant de gérer des CE2 n’est jamais descendu au-dessous des 88 % de taux de réussite à l’examen d’entrée au collège, le certificat d’études primaires (CEP). À quatre reprises, Maxime Sou a même réussi l’impensable dans un pays où les classes sont surpeuplées et sous-équipées : faire passer 100 % de ses élèves en classe de 6e. La dernière fois, en 2014, sur les 120 élèves de sa classe,il y a eu 120 admis. À l’époque, au Burkina Faso, le nombre moyen d’enfants par classe était fixé à 49, selon le ministère de l’Éducation nationale.
Pour capter l’attention de 132 élèves réunis pendant trois heures dans une salle d’à peine 40 m2, son attitude est nécessairement théâtrale, la discipline quasi militaire.
Sa première fierté d’enseignant porte le nom de Sidiki Dao. « Je l’avais en classe de CM1. Son papa était paysan. Je savais qu’il était brillant, mais que, s’il restait à Kouka, il n’aurait pas beaucoup de chances de terminer sa scolarité. » Maxime Sou décida d’emmener Sidiki avec lui lorsqu’il fut muté à Bama, plus au sud. Quelques années plus tard, Sidiki Dao intégra l’école la plus prestigieuse du Burkina Faso, le Prytanée militaire de Kadiogo.
Les journées de Maxime Sou sont chargées. Debout à 5h30, il arrive à l’école une heure plus tard. En théorie, les cours ne commencent qu’à 7h30, mais parfois il dit aux élèves de venir à 7 heures pour faire un devoir de plus. Il se lève donc à l’aube pour corriger chaque jour 132 copies supplémentaires, avec l’aide de son suppléant et de deux stagiaires.
Deux samedis matin par mois, l’enseignant organise, bénévolement, des cours de soutien auxquels participent une trentaine de volontaires. « Il faut porter l’attention sur les élèves les moins bons. C’est parfois difficile pour les parents de comprendre que l’enfant doit ­encore se rendre à l’école. Certains parents disent qu’ils n’ont pas le temps et que le maître est dérangeant. Mais je continue ».
À 18 heures, alors que la nuit est tombée et que les cours sont terminés depuis une heure Maxime Sou retrouve des élèves : ses élèves de CE2 ont laissé la place à des adultes. Après l’école, l’enseignant consacre en effet ses débuts de soirée à l’alphabétisation des recalés du système scolaire.
Ce n’est qu’après 20 heures qu’il rentre chez lui, jusqu’au lendemain matin.

D’après un article du Monde.fr

Cette article fait partie d’une série intitulée « la classe africaine ».

152 millions d’enfants contraints de travailler en 2017

Dans le cadre des Objectifs de développement durable de l’Agenda 2030, établi en septembre 2015, les États membres des Nations unies, les organisations d’employeurs et de travailleurs, ainsi que les organisations de la société civile ont été encouragés à éliminer le travail des enfants d’ici à 2025 et le travail forcé, l’esclavage moderne et la traite d’êtres humains d’ici à 2030. À ces fins, les dirigeants des pays s’étaient engagés à prendre des mesures immédiates et efficaces pour supprimer le travail forcé, mettre fin à l’esclavage moderne et à la traite d’êtres humains, à interdire et à éliminer les pires formes de travail des enfants, y compris le recrutement et l’utilisation d’enfants soldats et, d’ici à 2025,à mettre fin au travail des enfants sous toutes ses formes.
En 2017, 152 millions d’enfants sont toutefois toujours obligés de travailler (soit près d’un enfant sur dix dans le monde), dont 73 millions d’enfants de 5 à 11 ans. Parmi eux, près de la moitié effectue des travaux jugés dangereux.
Selon les dernières estimations de l’Organisation Internationale du Travail, 40 millions de personnes sont encore prises au piège de l’esclavage moderne, dont 25 millions s’agissant du travail forcé, et 15,4 millions concernant des mariages forcés.