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La fouille d’une villa gallo-romaine à Vire

Depuis février 2018, l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) conduit une fouille d’envergure à Vire, dans le Calvados, dans la région Normandie. Prescrite par l’État, cette opération s’inscrit dans le cadre de l’extension du Parc d’activités La Papillonnière, menée par le syndicat intercommunal de la Vire au Noireau, qui en supportera le coût de près de 1000 000€.

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De février à juin 2018, les recherches de l’équipe d’archéologues ont permis de mettre au jour les vestiges d’une villa gallo-romaine occupée du Ier au IIIe siècle de notre ère près de Vire, dans le Calvados. À l’ouest de la villa, le site a également livré des vestiges d’une occupation plus tardive, entre les VIIe et Xe siècles.

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Témoins privilégiés de l’adoption du mode de vie à la romaine par les élites gauloises après la conquête, les villae sont de vastes domaines ruraux dédiés aux activités agricoles. Elles se composent d’un espace à vocation résidentiel, lieu de villégiature du maître appelé pars urbana et d’un espace à vocation agricole et artisanale (pars rustica) environné des champs et forêts exploités. À Vire, trois espaces sont distincts : on accédait au domaine par la pars rustica, sur une surface de près de 300 mètres de long, puis se trouvait la partie résidentielle précédant une vaste arrière-cour. La villa se déployait ainsi sur une superficie de 500 mètres de long pour 180 mètres de large.
Les archéologues ont surtout étudié la partie agricole du domaine. Ils ont révélé les fondations maçonnées de plusieurs bâtiments alignés, très probablement des granges, des espaces de stockage pour les récoltes ou des lieux d’habitation du personnel de la villa. Ils présentent un plan stéréotypé : une pièce centrale bordée au nord et au sud d’une petite galerie. Bordant une large cour, ces bâtiments en étaient toutefois séparés par une palissade dont les archéologues ont repéré l’empreinte laissée dans le sol par des trous de poteau sur plusieurs centaines de mètres de long.

Des fosses dépotoirs ont permis de découvrir divers témoignages de la vie quotidienne, notamment de nombreux tessons de céramiques d’usage courant mais aussi des fragments d’amphores d’importation venues d’Espagne du sud. La vaisselle de table était une céramique fine au vernis rouge brillant, dite sigillée provenant des ateliers de Graufesenque dans l’Aveyron et de Lezoux dans le Puy-de Dôme, qui en exportait dans tout le nord de l’Empire des millions d’exemplaires. D’autres objets plus luxueux ont également été mis au jour : une bouteille en verre de teinte naturelle, et un fragment de coupe en pâte de verre dit « millefori » un verre mosaïqué d’origine italienne.

Le maître des lieux résidait dans un bâtiment de 37 mètres de long, probablement doté d’un étage et d’une galerie en façade (ou à l’arrière ?). En arrière de la galerie, les archéologues ont étudié une dizaine de pièces d’habitation, de réception et de services. Ils ont également mis au jour un petit temple ou fanum à proximité. En juillet, les recherches ont révélé les vestiges inattendus de l’ensemble thermal de la villa dans un bon état de conservation, situé à 65 mètres de la résidence. Utilisé entre le Ier et le IIIème siècle, il devait s’agir d’un complexe architectural soigné. La richesse des lieux transparaît notamment avec l’existence d’une piscine chauffée circulaire de plus de 30 mètres de diamètre. Les vestiges de neuf pièces réparties sur 160 m2 permettent pour chacune d’en retrouver la fonction. Au sud et à l’ouest se trouvaient les pièces chaudes dotées d’un système de chauffage par le sol : la piscine de plan circulaire chauffée et une vaste pièce avec un système dit hypocauste avec des dalles suspendues reposant sur des pilettes. À proximité les vestiges d’un four pour alimenter la pièce la plus chaude, le caldarium, ont été découverts. À l’est la partie froide était constituée d’un vestiaire et du frigidarium, à partir duquel se faisait l’accès aux différentes pièces. En bordure se trouvaient les espaces de service, dont les fours, activés par les esclaves du domaine, ainsi qu’une probable citerne et des latrines.

À l’ouest de la villa, les archéologues ont repéré une densité de vestiges témoignant d’une occupation ultérieure, entre les VIIe et Xe siècles. Les trous autrefois destinés à recevoir les poteaux de bois utilisés pour la construction dessinent au sol les plans de plusieurs maisons, annexes et greniers. Ceux-ci se situent dans de petits enclos individualisés par des fossés et reliés par des chemins. Fours et foyers témoignent d’activités domestiques. C’est sur ce qui est a priori un hameau médiéval que les archéologues poursuivront leurs recherches avant que l’ensemble du site ne soit recouvert par la nouvelle zone d’activités.

 

Le plus vieux livre connu sur les hiéroglyphes

 

Le Thesaurus Hyeroglyphicorum, livre rarissime de 1610 (on en connaissait que 7 exemplaires dispersés dans le monde jusque là), a été découvert fortuitement en 2016, dans la bibliothèque patrimoniale d’Ajaccio par Vannina Schirinski-Schikhmatoff, chargée de mission restauration et conservation.
Ce livre, commandé par le chancelier du Duc de Bavière (1553-1622), a fait partie de la prestigieuse collection de Jean-Baptiste Colbert, ministre de Louis XIV. Ce document serait  le point de départ de l’étude scientifique de l’Égypte ancienne (il a été réalisé 200 ans avant le décryptage des hiéroglyphes par Jean-François Champollion).
Ce livre exceptionnel fera l’objet d’une exposition prévue en 2020 à Ajaccio.

D’après un article France Info.

Réfractaires les Gaulois ?

En déplacement au Danemark Emmanuel Macron s’est essayé à l’humour en évoquant devant la communauté française au Danemark son admiration pour le modèle danois de « flexisécurité », il a expliqué que les différences culturelles entre Français et Danois ne permettaient cependant pas de le répliquer à l’identique : « Il ne s’agit pas d’être naïf, ce qui est possible est lié à une culture, un peuple marqué par son histoire. Ce peuple luthérien, qui a vécu les transformations de ces dernières années, n’est pas exactement le Gaulois réfractaire au changement ! Encore que ! Mais nous avons en commun cette part d’Européen qui nous unit ».
Comparer, même avec humour, les Français à des « Gaulois réfractaires » est une vision erronée du point de vue historique, à moins de faire de la bande dessinée Astérix et Obélix un ouvrage de référence scientifique.
On connaît bien sûr les Celtes qui peuplaient le territoire de l’actuelle France (ce terme un peu long est préférable au vocable « Gaulois » qui ne signifie historiquement rien) par les textes des Grecs ou des Romains, mais de plus en plus aussi par les résultats de l’archéologie. Les chercheurs ont ainsi pu se rendre compte que les Celtes copiaient énormément les autres cultures, notamment dans le domaine de la technologie, mais en adaptant à leur pratique, leur coutume et que cela rendait souvent les objets confectionnés plus performants. Les Celtes furent à l’origine de beaucoup d’outils qui ont révolutionné l’agriculture, l’armement ou la mode en les faisant évoluer en permanence.
La rapide romanisation de la Gaule, commencée bien avant la conquête de Jules César est une autre preuve de l’adaptabilité des Celtes.
Si monsieur Macron n’a pas forcément fait preuve de mépris envers les Français par ses propos, il montre, comme bien d’autres hommes politiques avant lui, que la recherche historique n’est pas son fort et que son imaginaire historique est encore très enfantin.

D’après un article de L’Express.fr

 

Faire (vraiment) de l’histoire avec un jeu vidéo ?

Le « Discovery Tour », un mode éducatif pour le jeu Assassin’s Creed Origins, est sorti mardi 20 février, quatre mois après le jeu. C’est la première franchise d’Ubisoft à être déclinée en version pédagogique. Elle propose 75 promenades thématiques, qui durent de deux à vingt minutes, référencées dans un grand menu. Elles sont gratuites pour les possesseurs du jeu, mais le « Discovery Tour » peut aussi être acquis séparément, uniquement sur PC toutefois, moyennant 20 euros. Je précise donc que je n’ai pu le tester moi-même.
Les thématiques explorées sont la géographie (découverte du Nil en bateau),l’histoire, la vie quotidienne, la religion, la construction (les pyramides évidemment), l’urbanisme, dans l’Égypte antique. Si certains passages sont ennuyeux, notamment dans l’introduction (ce qui est dommage, car cela risque de rebuter certains) la plupart des promenades pédagogiques proposées sont intéressantes.
Chaque leçon prend la forme d’une déambulation étroitement balisée. Au sol, un chemin très précis est tracé en jaune, marqué de points symbolisés par un halo lumineux. À chaque point, une petite minute d’explications attend le joueur, enrichie par un complément visuel : photographies de statuettes, bas-reliefs, cartes, documents historiques.
Le niveau requis pour comprendre les leçons varie beaucoup. Le module sur Champollion, par exemple, est uniquement accessible aux personnes avec des connaissances en linguistique. Les leçons les plus simples, en revanche, sont accessibles aux adolescents.
Le « Discovery Tour » néglige aussi les possibilités pédagogiques offertes par l’interactivité. La déambulation donne accès à une compréhension inédite : le plan d’une pyramide, par exemple, est beaucoup plus clair lorsqu’on a l’occasion de l’arpenter soi-même, de s’y accroupir, et de l’escalader, que lorsqu’on est assis devant une télévision. Mais malheureusement, le joueur ne doit jamais répondre à une question. À aucun moment une activité ne lui est proposée. Pédagogiquement parlant, le « Discovery Tour » est plus proche d’un documentaire que d’un jeu vidéo.
Le canevas un peu répétitif du parcours est égayé par quelques tranches de vie, reconstituées en trois dimensions : récolte du vin, procession religieuse, levage de pierre. S’il le souhaite, le visiteur peut toutefois sortir du cycle des leçons pour explorer l’immense univers 3D du jeu, mais seul et sans explications.
Autre point gênant, certains bâtiments ne devraient pas figurer dans certaines villes même si Ubisoft l’explique dans plusieurs leçons. Dans un autre genre, les parties intimes des statues ont été recouvertes de pudiques coquillages !
En conclusion, ce logiciel n’est pas sans défaut, mais il a le mérite d’exister et si les jeux Assassin’s Creed ne permettent pas aux adolescents d’apprendre en histoire, ce module pédagogique le permet, un peu. L’attention est donc louable et à reproduire, par exemple pour les anciens épisodes, en tenant compte des critiques.

D’après un article du Monde.fr

Bientôt un musée de la civilisation gallo-romaine à Nîmes

La ville de Nîmes a réussi à conserver pendant plus de 2000 ans un ensemble monumental antique important. Avec Rome, elle représente l’un des témoignages urbains les plus complets de la civilisation romaine en Occident. Ces monuments extrêmement bien conservés et leur place dans la cité ont eu une influence considérable sur l’architecture des siècles suivants, avec notamment l’utilisation d’éléments stylistiques et ornementaux empruntés à l’Antiquité, mais aussi par l’organisation de l’espace urbain moderne.

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 la Maison Carrée

Sept de ces monuments sont protégés au titre des Monuments Historiques : la Maison Carrée, l’Amphithéâtre, le Sanctuaire de la Fontaine, le Bassin de la source, le Temple de Diane, le Castellum Aquae et le rempart romain.

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 une vue d’artiste du musée en situation

Le 2 juin 2018, la ville de Nîmes ouvrira les portes du Musée de la Romanité. Situé face aux célèbres Arènes, ce musée présentera les collections archéologiques de la Ville (environ 5000 artefacts) en soulignant l’influence qu’ont eue les constructions de l’époque sur le développement de Nîmes. Les visiteurs feront un saut dans l’époque gallo-romaine et découvriront des pièces exceptionnelles dans une scénographie innovante : réalité augmentée, technologies audiovisuelles, projections immersives, cartographies interactives…

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Le bâtiment, imaginé par l’architecte Elizabeth de Portzamparc, fera écho à l’histoire de la ville avec sa façade drapée telle une toge romaine, aux milliers de carreaux de verre qui forment une mosaïque moderne. Habitants et touristes pourront le traverser le long d’une rue intérieure, suivant le tracé de l’ancien rempart augustéen. Le musée sera également l’écrin d’un jardin archéologique et méditerranéen de 3500 m2.