Étiquette : Seconde guerre mondiale

Une bande dessinée sur la France dans la Seconde guerre mondiale

Dans cette série de l’éditeur Soleil, les trois personnages principaux incarnent trois attitudes de la population française face à l‘Occupation nazie : l’exil et la lutte armée suite à l’appel du Général de Gaulle ; la collaboration revendiquée par le maréchal Pétain  ou la Résistance.

(la vision du 6 février 1934 issue des premières pages du premier tome)

De quoi faut-il vraiment se souvenir ?

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La stèle de la honte et du déshonneur avant son démontage

Jeudi 4 janvier 2018, les gendarmes de Sarreguemines ont contrôlé le démontage d’une stèle commémorative en hommage à la 17e SS Panzergrenadier Division, non loin d’Eschviller, sur la commune de Volmunster. Elle se trouvait au bout d’un chemin privé partant de la Départementale 35a. Le champ où elle était installée est la propriété d’une famille  allemande résidant en Allemagne. Le monument venait sans doute d’être installé. Le ciment était encore frais, les fleurs n’étaient pas fanées et les rubans encore bien colorés.
Elle est devenue une pièce à conviction dans l’enquête ouverte par le parquet de Sarreguemines pour « apologie de crimes contre l’Humanité ». L’enquête sera menée par la brigade de recherches de la gendarmerie de Sarreguemines et les gendarmes de l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité, les génocides et crimes de guerre.
Une unité de la 17e SS Panzergrenadier Division, qui a combattu pendant la bataille de Normandie mais également autour de Metz à l’automne 1944, est soupçonnée par les historiens d’être à l’origine du massacre de Maillé, le 25 août 1944, dans lequel 124 civils avaient été tués dans cette commune d’Indre-et-Loire. L’historien Peter Lieb estime qu’il est très probable que les responsables soient des hommes du Feld-Ersatz-Bataillon (bataillon de réserve) de la 17e Panzergrenadier Division SS Götz von Berlichingen 13, cantonnés à Châtellerault. Selon un document découvert après 1995, le sous-lieutenant Gustav Schlüter, appartenant à cette unité, avait été condamné à mort par contumace par le tribunal militaire de Bordeaux en 1952, lors d’un procès sans témoin. Il est mort chez lui en Allemagne en 1965, sans être inquiété.
Si les responsables de cet acte sont retrouvés un jour, il faudrait, en plus du reste, leur faire ériger une stèle en mémoire des 124 victimes de ces monstres en réparation.

D’après un article du Républicain Lorrain.

Mort d’un survivant du dernier convoi de déportés français

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Monsieur Clément Verfaillie témoignant en 2015

Ouest-France a fait paraître l’avis de décès de Clément Verfaillie, l’un des deux derniers survivants du dernier convoi de déportés français, parti le 15 août 1944 pour le camp de Buchenwald. Clément Verfaillie, après s’être longtemps tu, avait beaucoup témoigné auprès des élèves des collèges et lycées.
Voici comment il résumait ce qui lui était arrivé, en 2014, alors qu’il témoignait toujours devant les plus jeunes malgré ses 89 ans.
« Comme tous les étudiants de cette époque, j’aidais aux champs en raison de la mobilisation des paysans. J’ai croisé ainsi le chemin d’un réseau de résistants qui m’a chargé de transporter du matériel radio. Sur dénonciation, j’ai été arrêté par la milice à 19 ans à Condé-sur- Sarthe. S’ensuivirent des interrogatoires musclés. Le 10 août, je suis transféré à la prison de Fresnes avec des compagnons d’infortune. Le 15 août, je suis mis dans le dernier convoi en direction du camp de Buchenwald. Le 8 mai 45, on a été délivrés sur la frontière tcheco-autrichienne par les Russes et amenés dans un hôpital tchécoslovaque. Je pesais 40 kg pour 1,80 m. Pour rentrer à Paris, tout le monde faisait comme il pouvait. Je suis monté dans un train et j’ai pu être embarqué dans un avion allié qui a atterri en cachette à Colmar. De là, j’ai pris un train pour Paris« .
Vous pourrez lire ici le compte rendu de son témoignage auprès d’élèves du collège Saint – Tudy de l’île de Groix, en 2015.

L’histoire en chantant

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(pour lire la suite, c’est ici)

Outre un hommage évident à Johnny Hallyday, ces planches de Fabrice Erre évoquent pour moi, en vrac, la musique de Sabaton, le côté parfois déprimant des programmes d’histoire – géo et l’impression de faire de temps en temps un véritable show pour capter l’attention des élèves…

Jouer (mais sérieusement) à la Résistance

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Voyages en résistance est une application gratuite disponible sur iPhone et Android. Dans cette application, le joueur incarne un agent de liaison qui reçoit une mission à réaliser dans sa ville en 1944. Pour y parvenir, il a plusieurs choix d’actions et doit pour cela aller à différents endroits.
Le jeu s’inscrit dans l’espace quotidien où la réalité virtuelle fait surgir, à la manière de Pokemon, des personnages et des documents.
Le jeu se déroule sur 7 semaines au rythme de la vie réelle. Il faut en effet du temps pour aller chercher une information , pour contacter telle ou telle personne, pour recevoir  une information. Enfin le jeu oblige le joueur à créer un réseau , comme les réseaux de résistance, pour pouvoir réaliser la mission. Il faut donc recruter des camarades pour sa mission. On y gagne en efficacité mais on y perd évidemment en sécurité.
A travers le jeu les élèves peuvent apprendre beaucoup de choses sur le quotidien des résistants. Ils vivent leur vie sur un rythme réel et dans un espace réel.
Ce n’est pas un jeu adapté à la salle de classe. Il ne peut pas se jouer sur le temps scolaire. Mais l’enseignant peut le lancer, le suivre en pénétrant les réseaux et revoir avec les élèves le chemin parcouru.
La première version de Voyages en résistances a vu le jour le 11 novembre 2012 et s’est terminée en septembre 2014. La seconde version sera disponible le 31 décembre normalement.

Wehrmacht et Waffen – Schutzstaffel : ce n’est pas la même chose

Cet épisode de la chaîne Nota Bene approfondit une partie du propos de mon article sur les jouets de la Seconde Guerre mondiale, dont j’ai parlé ici. Mais il permet aussi de revenir sur cette idée que j’essaie de faire passer aux élèves :  pour faire de l’histoire, il faut essayer de comprendre les personnes qui vivaient à chaque époque et s’abstenir de les juger à l’aune de la nôtre. Faire de l’histoire, ce n’est pas apprendre des dates, c’est comprendre les sociétés du passé, les appréhender dans toute leur complexité. Ce qui n’est jamais facile.

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Le livre Comme un Allemand en France, présenté dans la vidéo, m’a été offert par un ami, Pierrick, que je remercie encore au passage. Il m’arrive d’en utiliser des extraits avec les élèves, pour montrer notamment que la Second guerre mondiale a été le moment d’atrocités commises dans les deux camps mais qu’il y avait aussi des victimes dans les deux camps. J’en recommande la lecture.

Quand un site d’information va trop vite

France Info relaie un article de Mashable en affirmant que les internautes allemands peuvent acheter des lego nazis sur Amazon. Mais a y regarder de plus près, il s’agit de lego représentant l’armée allemande, c’est – à dire la Wehrmacht et non des SS. Et c’est d’ailleurs ce que précise le site Mashable.

De plus, en cherchant un peu, je suis aussi tombé sur ces boîtes vendues également sur Amazon. Cobi est une société polonaise de fabrication de jouets. La société est surtout connue pour sa fabrication de briques emboîtables, ressemblant furieusement au concept de Lego. L’entreprise serait même le second fabricant en Europe et le troisième au monde dans cette catégorie.
Dans sa gamme de produits, Cobi (pour CustomBricks) propose le label « Petite Armée » (Mała Armia ou Small Army), pour lequel elle vend des figurines et véhicules de l’armée allemande de la Seconde Guerre mondiale. Pourquoi ne citer alors que les figurines Lego customisées par des particuliers qui les vendent ensuite sur Amazon dans les articles ?

La question même de l’interdiction de ces boîtes est-elle pertinente ? Cela signifie-t-il qu’on ne peut pas jouer à la Seconde Guerre mondiale ? Dans ce cas, il existe de nombreux jeux vidéo qui devraient être interdits aussi de vente. J’ai longtemps joué aux jeux de figurines historiques ou aux wargames, en reconstituant des batailles de la Seconde Guerre mondiale entre autres. Doit-on interdire les règles de ces jeux et les figurines ? Cela me semble absurde.

J’avais évoqué il y a quelque temps la question de jouer à la Shoah. Il me semble que la problématique n’est ici pas la même.

EDIT : l’Union des étudiants juifs de France a demandé ce jeudi à Amazon et Ebay de retirer de leur site les figurines Cobi représentant l’armée allemande de la Seconde Guerre mondiale. Cette même association ne dit par contre rien sur les figurines de l’armée américaine, russe ou japonaise, vendues également par Cobi.

S’il faut interdire le mauvais goût, Cobi propose aussi cela à la vente…

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Et si plutôt que de les boycotter, ces jouets (les références de la Seconde Guerre mondiale) étaient utilisés à des fins pédagogiques. Et pourquoi pas par les parents eux-mêmes ?

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affiche de propagande des années 30