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En Turquie, en plus d’enfermer les écrivains, on brûle les livres

Le ministre de l’Éducation turque vient de donner un chiffre impressionnant : en l’espace de trois ans, il a fait retirer des écoles et des bibliothèques 301 878 livres et les a détruits. Il a expliqué cet autodafé par le rejet du prédicateur Fethullah Gülen, ancien allié du président Erdogan, accusé d’avoir fomenté le coup d’État raté il y a trois ans. Le gouvernement, en supprimant ces livres, espère apparement supprimer toute trace de l’homme dans son pays.
Selon le site Internet Turkey Purge, la censure va très loin dans l’absurde : en 2016, un livre de mathématiques aurait été interdit au motif que les initiales de Fethullah Gülen apparaissaient dans un exercice de géométrie qui mentionne une ligne allant «du point F au point G». Le journal BirGün a fait savoir que 1,8 million de manuels scolaires de niveau de la classe de sixième avaient été retirés du circuit car ils faisaient mention de la Pennsylvanie, État américain où est réfugié Fethullah Gülen.
L’association internationale des écrivains, le Pen Club, a de son côté montré qu’en à peine trois ans, l’édition turque a été jugulée. Vingt-neuf maisons d’édition ont dû cesser leur activité à cause de l’état d’urgence et du gouvernement qui les accusent de faire le jeu de la propagande terroriste.

D’après un article du Figaro.fr

Une défaite électorale pour le parti en place en Turquie

Les élections municipales à Istanbul ont vu la victoire d’Ekrem Imamoglu, le candidat du Parti républicain du peuple (CHP, kémaliste) et de l’opposition unie, élu maire avec 54 % des voix, contre 45 % pour le candidat du pouvoir, l’ancien premier ministre Binali Yildirim. Le scrutin se jouait pour la deuxième fois en deux mois après l’annulation du premier vote à la suite de la requête du Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur). La formation avait persuadé la Haute Commission électorale de l’annuler, évoquant des « fraudes ». L’opposition avait dénoncé « un putsch », tout en acceptant de se soumettre une nouvelle fois au verdict des urnes.
Cette fois-ci, la victoire de l’opposant est écrasante. Lors du premier vote, le 31 mars, M. Imamoglu avait seulement 13 000 voix d’avance sur son concurrent, Binali Yildirim. Selon des résultats confirmés lundi matin, il compte 806 000 voix d’avance sur son rival. Les votes lui ont été favorables dans 28 arrondissements d’Istanbul sur 39, contre 15 lors du premier scrutin. A la surprise générale, Ekrem Imamoglu a fait un très bon score dans les arrondissements qui sont des fiefs traditionnels des islamo-conservateurs, notamment à Beyoglu, sur la rive européenne, le quartier où Recep Tayyip Erdogan est né, ainsi qu’à Usküdar, sur la rive asiatique,où le président a sa résidence familiale.
La perte d’Istanbul, la ville la plus riche (un tiers du PIB) et la plus peuplée (16 millions d’habitants) de Turquie, est un sérieux camouflet infligé au président turc et à l’AKP, le parti qu’il dirige, maître absolu de la ville depuis vingt-cinq ans.

D’après un article du journal Le Monde du 25 juin.

Un comportement irresponsable et honteux

Lors d’un meeting de campagne en vue des législatives, le président turc a affirmé lundi que les fusillades de vendredi dans deux mosquées de Nouvelle – Zélande faisaient partie d’une opération plus large menée contre la Turquie et le monde musulman.
Visiblement soumis aux théories complotantes, le chef de l’Etat turc a plusieurs fois fait référence au manifeste posté par l’auteur de l’attaque, dans lequel celui-ci souhaite qu’Istanbul redevienne la Constantinople chrétienne qu’elle était avant sa conquête par les Ottomans en 1453.
« Nous sommes ici depuis mille ans et si Dieu le veut, nous resterons ici jusqu’à l’apocalypse. Vous n’arriverez pas à faire d’Istanbul une Constantinople« , a lancé Recep Tayyip Erdogan. Il a aussi fait référence aux contingents australiens et néo-zélandais qui ont affronté les forces ottomanes pendant la Première Guerre mondiale : « Il y a un siècle, vos aïeux (…) sont repartis à pied ou dans des cercueils. Si votre intention est la même que la leur, nous vous attendons« , a-t-il osé dire.
Cette dernière déclaration a suscité une crise diplomatique avec la Nouvelle – Zélande et l’Australie. Le Premier ministre australien a dénoncé des propos « irréfléchis, ignobles et offensants« . Le vice-Premier ministre néo-zélandais a de son côté protesté contre cette utilisation politique du massacre de Christchurch par le président turc. Il doit se rendre cette semaine en Turquie pour assister à une réunion spéciale de l’Organisation de la coopération islamique et va profiter de ce voyage pour « remettre les pendules à l’heure, en face-à-face » avec le président turc.

D’après un article de France Info.

 

Renaissance de livres

Depuis maintenant huit mois, une librairie bien particulière a ouvert ses portes en Turquie dans une ancienne usine d’Ankara. Tous les livres qui la composent ont en effet été récupérés dans les poubelles du quartier de Çankaya, un quartier d’affaires qui concentre de nombreuses institutions politiques et économiques de la capitale du pays.
Les éboueurs y repéraient régulièrement un nombre incroyable de livres, pour la plupart en très bons états.
Alors, plutôt que de les laisser à l’abandon, les employés de la ville ont décidé de les collecter, pendant des mois, pour leur offrir une seconde vie.
Plus de 6000 livres ont été ainsi collectés, de la littérature à la politique, et parmi eux se trouvent même des livres en français et en anglais.
Le maire de Çankaya résume cela très simplement :  » D’un côté, il y a ces personnes qui jettent les livres et de l’autre, ceux qui sont à la recherche de ces livres » (…) « Nous avons alors commencé à discuter de la possible ouverture d’une librairie et une fois que tout le monde était d’accord, on l’a fait « .

D’après un article de Huffingtonpost.fr