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Un procès politique en Turquie

La romancière turque Asli Erdogan est jugée à partir de ce jeudi à Istanbul. Elle avait été arrêtée le 16 août pour ses écrits dans un journal d’opposition prokurde Özgür Gündem, comme une vingtaine de journalistes. Le journal avait été fermé quelques heures avant son interpellation pour propagande pro-PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan, classé organisation terroriste par Ankara, Washington et Bruxelles).
Asli Erdogan est accusée de «propagande en faveur d’une organisation terroriste», d’ «appartenance à une organisation terroriste» et d’«incitation au désordre».
L’appartenance à une «organisation terroriste armée» est le chef d’accusation le plus grave, passible d’une peine de prison à vie.
Son dernier roman paru en français chez Actes Sud en 2013, Le Bâtiment de pierre, dénonce la torture et les conditions de détention dans son pays. Le 4 janvier 2017, un recueil de ses articles, Le silence même n’est plus à toi, sortira en France chez Actes Sud, mais pas en Turquie, où certaines de ces chroniques ont été versées au dossier d’accusation.
Le procès a débuté devant la 23e chambre de la cour d’assises du palais de justice de Caglayan. Trop exiguë, la salle d’audience ne pourra accueillir les diplomates européens, les représentants des ONG, les parents et les journalistes désireux de suivre les audiences. Les avocats ont réclamé en vain la mise à disposition d’une salle plus vaste. Le ministère de la justice leur a opposé une fin de non-recevoir.

Mais Istanbul n’entend pas…

La  romancière turque Asli Erdogan dont la libération a été annoncée mercredi 23 novembre, reste finalement incarcérée pour un autre chef d’accusation.
L’ordre de libération conditionnelle annoncé par les médias était lié au chef d’accusation, « atteinte à l’Etat et à l’intégrité de l’Etat » mais elle reste en état d’arrestation pour le chef d’accusation «d’appartenance à une organisation terroriste», a expliqué son avocat.
Le terme « organisation terroriste » désigne en Turquie le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), en guerre contre l’Etat depuis 1984.
L’écrivain est détenue depuis août sous l’accusation de collaboration avec un journal prokurde. Elle avait rédigé dans les colonnes d’Ozgür Gundem des éditoriaux favorables à la cause kurde. Elle y déplorait surtout les vies perdues à l’hiver 2015-2016, quand le PKK avait lancé des soulèvements armés dans les localités kurdes du sud-est du pays (Sur, Cizre, Varto, Nusaybin).
Elle est détenue à la prison pour femmes de Bakirköy. Souffrant de diabète et d’asthme, elle s’était plainte récemment des conditions de détention, déplorant le manque d’accès aux médicaments et l’absence de promenades quotidiennes dans la cour.

Vers une réunification de Chypre ?

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Le président chypriote grec et le dirigeant chypriote turc ont tous deux promis de réunifier l’île coupée en deux depuis 42 ans, et se sont fixés fin 2016 comme date butoir.
Réunis sous l’égide de l’ONU en Suisse, ils ont deux jours, dimanche 20 et lundi 21 novembre, pour arriver à dessiner les contours de la nouvelle Chypre « réunifiée » au sein d’un État fédéral bi-communautaire et bi-zonal.
Depuis l’invasion par l’armée turque du nord de l’île en 1974, en riposte à un coup d’État de nationalistes chypriotes qui voulaient le rattachement de l’île à la Grèce, la République turque de Chypre du Nord, reconnue uniquement par la Turquie, occupe 36 % du territoire de l’île. Depuis 1974, 30 000 soldats turcs sont stationnés sur l’île.
L’accord devant aboutir à une fédération chypriote prévoit une rétrocession de 7 % du territoire « turc » pour aboutir à une entité limitée à 29 % de la superficie de l’île. Cela concernerait la zone tampon sous contrôle de l’ONU, la ville devenue fantôme de Varosha, vidée de ses 40 000 habitants par l’armée turque en 1974, mais aussi des terres habitées depuis plus de 40 ans par des Chypriotes turcs.
La séparation de l’île en 1974 avait entraîné de vastes mouvements forcés de populations, de Chypriotes grecs du Nord vers le sud et inversement pour les Chypriotes turcs (200 000 personnes en tout). Les Chypriotes grecs, les plus nombreux (860 000), sont aussi les plus demandeurs de récupérer les biens qu’ils avaient été contraints d’abandonner au Nord. Mais pour les Chypriotes turcs qui ont fait leur vie au Nord depuis 1974, notamment 118 000 agriculteurs (sur 286 000 habitants) , il est inconcevable qu’un accord de paix se solde par de nouveaux déplacements forcés.
S’il devait voir le jour, l’accord politique resterait toutefois à valider par référendum par les Chypriotes turcs et les Chypriotes grecs. Or les opposants à l’accord sont très nombreux et actifs.

D’après un article de La Croix .fr

Une loi ignoble proposée au vote en Turquie

Jeudi 17 novembre, le gouvernement turc a soumis au Parlement une proposition de loi qui permet, dans certains cas, d’annuler la condamnation d’une personne pour agression sexuelle sur mineur si l’agresseur épouse sa victime. Une loi qui, si elle est votée, pourrait concerner 3000 personnes, et qui scandalise une grande partie des Turcs : une pétition appelant les autorités à bloquer l’adoption du texte a déjà recueilli près de 750 000 signatures. Des célébrités, et même une association dont la vice-présidente est la fille du président Recep Tayyip Erdogan, ont exprimé leur inquiétude à propos de ce texte.
Face à la controverse, le Premier ministre a demandé au Parti de la Justice et du Développement (AKP), au pouvoir en Turquie, qui a soumis le texte, d’avoir des discussions au Parlement avec l’opposition sur le projet de loi.
Pour le Premier ministre, cette mesure vise à lever une injustice : « Il y en a qui se marient avant d’avoir atteint l’âge légal. Ils ne connaissent pas la loi. Ils ont des enfants, le père va en prison et les enfants restent seuls avec leur mère« , a-t-il déclaré.
Soulignant que les mariages précoces sont une réalité, le ministre de la Justice a lui soutenu que la mesure visait, au contraire, à protéger les enfants. Il a même précisé que la mesure ne s’appliquerait que dans les cas où « l’agression sexuelle a été commise sans force, menace ou toute autre forme de contrainte » (!!!). Une précision qui fait bondir Amnesty International en Turquie. « Le ministre de la Justice a utilisé l’expression agression sexuelle sans contrainte. Il n’y a rien d’autre à ajouter, je pense« , a déploré une responsable de l’organisation.

D’après un article de France Info

Une rengaine connue

Olivier Bertrand, journaliste et cofondateur du média en ligne Les Jours, a été arrêté et placé en garde à vue vendredi 11 novembre soir par les autorités turques. Un photographe turc qui l’accompagnait a également été interpellé, puis relâché au bout de cinq heures de garde à vue. Cet ancien journaliste de Libération a été interpellé sans motif alors qu’il effectuait un reportage dans la province de Gaziantep, dans le sud-est de la Turquie a déclaré à l’Agence France-Presse Isabelle Roberts, présidente du média en ligne créé en 2015. Depuis un an, Olivier Bertrand effectuait des reportages en Turquie. Il avait notamment relaté les purges qui ont suivi la tentative de coup d’État de juillet 2016.
L’ambassade de France à Ankara et le ministère des affaires étrangères ont indiqué être à l’œuvre auprès des autorités turques afin d’obtenir la remise en liberté du journaliste.
Les relations entre Ankara et les pays de l’Union Européenne se sont encore tendues ces dernières semaines après l’arrestation de plusieurs journalistes et opposants politiques turcs, notamment le patron du quotidien d’opposition Cumhuriyet.
Les autorités turques nient toute atteinte à la liberté de la presse et affirment que les seuls journalistes arrêtés, comme ceux de Cumhuriyet sont liés à des « organisations terroristes », c’est-à-dire le Parti des travailleurs kurdes (PKK) et le mouvement Gülen des musulmans conservateurs.
Les conditions de travail se sont aussi dégradées au cours des derniers mois pour les journalistes étrangers en Turquie, mais aucun n’avait encore été arrêté.

Selon l’Association des journalistes de Turquie, 170 organes de presse ont été fermés, 105 journalistes placés en détention et 777 cartes de presse annulées depuis la tentative de coup d’État du 15 juillet. La Turquie est 151e au classement mondial de la liberté de la presse, établi par RSF en 2016, derrière le Tadjikistan et juste devant la République démocratique du Congo.

Dans ce reportage d’Arte, on voit bien que la population turque est victime de la propagande du gouvernement, qui accuse l’étranger de fomenter des troubles en Turquie, sans en apporter cependant la preuve. La Turquie s’enfonce sous nos yeux dans la dictature et peut-être le totalitarisme.