Catégorie : Travaux et recherches

Un livre pour faire un sort à l’innovation en pédagogie ?

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Je pense comme monsieur Tricot, que ce que nous appelons souvent pompeusement innovation n’est le plus souvent que de la récupération de méthodes anciennes. Mais ce livre semble le démontrer de manière rigoureuse.

Un exemple de « vieux pot », cette citation d’Yves Chevallard didacticien des mathématiques, datant de 1986 :
« L’enseignant n’a pas pour mission d’obtenir des élèves qu’ils apprennent, mais de faire en sorte qu’ils puissent apprendre. Il a pour tâche, non la prise en charge de l’apprentissage mais la création des conditions de possibilité de l’apprentissage ».

 

Les actes des congrès de la société des historiens médiévistes sont en ligne

Les Actes des congrès de la Société des historiens médiévistes de l’enseignement supérieur, entre 1970 et 2007, sont disponibles en téléchargement ici.
Le 38ᵉ congrès, en 2007, s’intitulait « Être historien du Moyen Âge au XXIe siècle ».
J’avais utilisé plusieurs de ces actes pour mes études et notamment les numéros 7, 19, 24 et 26 pour mon mémoire de maîtrise puis de DEA, toujours en chantier…

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A cette occasion, j’ai découvert les actes du 40e congrès, consacré aux migrations et mobilités au Moyen Âge, que je vais me procurer.

 

Vers une nouvelles lecture des quipus ?

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En comparant les quipus – des chapelets de cordelettes tressées par les Incas pour recenser leur population – avec des textes de colons espagnols, un étudiant d’Harvard de 21 ans a réussi à découvrir de nouvelles informations sur ce peuple.

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Pendant longtemps, les scientifiques avaient estimé que ces symboles contenaient seulement des informations chiffrées de recensement.
Grâce à son analyse de six quipus d’une même vallée, Manny Medrano a pu se rendre compte que le peuple Recuay, qui vivait dans la zone en question, était divisé en six clans, non pas seulement géographiquement en fonction de l’emplacement dans la vallée, mais aussi en fonction des rangs sociaux, ce qui n’avait encore jamais été prouvé.
Cet étudiant s’est focalisé sur les couleurs et la construction en « recto-verso » des quipus pour en tirer ces conclusions.
Durant sa première année d’université, l’étudiant avait fait preuve de prédispositions au décryptage des symboles anciens et il avait suivis une série de cours avec Gary Urton, un chercheur. Quand l’étudiant avait expliqué à son professeur qu’il n’avait rien à faire pour ses vacances de Pâques et qu’il souhaitait l’aider à déchiffrer ces messages, celui-ci n’a pas hésité longtemps. Les résultats de cette transcription sortiront en intégralité, courant janvier, dans le journal de recherche spécialisé en ethnographie et en histoire des cultures indigènes.

D’après un article du Figaro.fr

Les historiens et l’informatique : une vieille histoire…

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Emmanuel Le Roy Ladurie inaugurant les premiers ordinateurs dans l’ancienne salle des catalogues de la Bibliothèque nationale, rue de Richelieu, en février 1988. La photo provient de l’article de Stefan Lemny

Stefan Lemny m’a signalé cet article sur le blog L’Histoire à la BnF, résumant sa conférence sur Emmanuel Le Roy Ladurie et son approche scientifique et informatique de la recherche en histoire. C’est par exemple à son action en tant qu’administrateur général que l’on doit l’informatisation du catalogue de la Bibliothèque nationale qui existait sous forme de fiches et de volumes imprimés jusqu’en 1988, même si l’opération avait été par son prédécesseur.
À la fin de l’article on peut trouver le lien vers un documentaire très intéressant se proposant de suivre la démarche intellectuelle d’Emmanuel Le Roy Ladurie à propos de sa thèse  sur les paysans du Languedoc. Le film suit l’historien dans son défrichage des sources et dans les méthodes de l’histoire quantitative chère à école des Annales.
A propos de l’utilisation de l’informatique dans la recherche historique, on pourra aussi lire ici les actes d’un colloque de 1975, intitulé « Informatique et histoire médiévale ». Puis là un article de Lucie Fossier sur le même sujet en 1989.
Enfin, la revue Le médiéviste et l’ordinateur, créée en 1979 par l’IRHT, a publié deux numéros par an, au printemps et à l’automne, jusqu’en 2006. Les premiers numéros disponibles uniquement en papier ont été réédités en deux volumes (n° 1-10, 1979-1983, et n° 11-20, 1984-1988). Tous les numéros depuis 1989 (n° 20) sont archivés sur le site web de l’IRHT. En 2004, à partir du numéro 43, la revue devint uniquement électronique. La revue réunissait des médiévistes intéressés par l’informatique et les nouvelles techniques et rendait compte de leur réflexion sur leur application à l’histoire médiévale.

 

D’autres Haïkus sur Dakar

Le bruit des taxis
le bruit de milliers de gens
ça me réveille

Dakar ensoleillée
Dakar beaucoup de commerces
vivante la nuit

Dakar une grande ville
deux millions cinq cent mille
habitants très pauvres

Esclavage en balle
la fierté du Sénégal
honte européenne

Ville vivante la nuit
Soleil chaud de minuit
jusqu’au matin

Y a plein de poiscailles
surtout sur les très belles plages
ça pue le poisson

Tous ces pauvres gens
ces gens qui fuient la famine
dans ces bidonvilles

Dakar est vivante
la chaleur de la ville
me donne le sourire

Dakar populaire
marchés, chansons rythment les rues
envie de danser

Dakar une grande ville
un côté riche un côté pauvre
mais un monde heureux

Dans les quartiers
populaires, les cris de joie
résonnent dans les rues

Dakar somptueuse
beaucoup de grands immeubles
le soleil brûlant

Pauvreté à Dakar
des bidonvilles partout
mais sur la plage : danse

Dakar est une ville
très pauvre. Des immeubles cassés
mais ils sont heureux

Le rythme dans la peau
munis de leurs instruments
ils apportent la joie

Le soleil se lève
la musique se fait entendre
dans les rues : Dakar !

Son de la musique
résonnant dans notre tête
belle fin de journée

A Dakar, en classe
l’élève parle de Kirikou
à ses camarades

Cette ville chantante
ce soleil qui règne
bonne ambiance

Au petit matin
la chaleur déjà présente
tout le monde en sueur

Musique dans les rues
le quartier pauvre s’éveille
les taxis arrivent

 

Une rencontre sur Vidal de la Blache

(mon exemplaire date de 1908)

La BNF François Mitterrand organise une rencontre sur l’héritage du géographe Paul Vidal de la Blache (1845-1918), le mardi 14 novembre 2018 de 14h30 à 17h15.
Paul Vidal de la Blache est l’auteur du Tableau de la géographie de la France, publié en 1903 comme premier tome de la série Histoire de France d’Ernest Lavisse. Considéré comme l’un des inventeurs de la géographie à la française, son oeuvre s’est diffusée largement via l’école du début du XXe siècle avant d’être peu à peu remplacée par d’autres visions de la géographie.

Les interventions prévues :
– La collection de cartes murales Vidal-Lablache par Olivier Loiseaux, Chef du service des acquisitions et des collections géographiques au département des cartes et plans de la BnF.
– Comment parler d’un territoire perdu ? par Bertrand Tassou, Chargé de collections en géographie au département Philosophie, histoire, sciences de l’homme de la BnF
– Vidal de la Blache : quelles ouvertures contemporaines ? Table ronde animée par Sylvain Allemand, journaliste, essayiste, avec Marie-Vic Ozouf-Marignier, Directrice d’études à l’EHESS, Directrice du Groupe de géographie et d’histoire des territoires, de l’environnement, des ressources et des sociétés (GGH-TERRES), Marie-Claire Robic, Directeur de recherche émérite au CNRS, laboratoire épistémologie et histoire de la géographie (EHGO) et Jean-Louis Tissier, UMR Géographie-Cités, professeur émérite de géographie à l’Université Panthéon-Sorbonne.
Débat suivi d’échanges avec la salle jusqu’à 17 h
– Clôture par Thierry Grillet, directeur de la Diffusion culturelle à la BnF

Entrée libre dans la limite des places disponibles.

Comprendre le travail de l’historien

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Ce livre, qui m’avait échappé jusqu’ici, dresse le portrait d’un historien en ses archives, celles qu’il a consultées, mais celles aussi qu’il a constituées en explorant le «fonds Duby» déposé pour l’essentiel à l’ Institut Mémoires de l’édition contemporaine.
Cette enquête collective, en réalité les actes d’un colloque organisé par la Fondation des Treilles, entreprend de saisir Georges Duby à travers les visages de papier que constituent ses archives de travail, qu’il conservait avec soin. Ce faisant, ils invitent le lecteur à entrer dans la fabrique de l’œuvre historique.
L’étude se compose de quatre parties, avec une introduction assez longue sur le fonds déposé par la femme de Duby. La première partie concerne les documents liés à la thèse de Duby sur le Mâconnais. La seconde partie aborde les liens de Duby avec les autres sciences sociales. La troisième partie étudie l’élaboration du livre Les Trois Ordres ou l’imaginaire du féodalisme. La dernière partie s’intéresse aux travaux de Duby sur les arts ou ses liens avec le cinéma et la télévision entre autres choses.