Catégorie : Travaux et recherches

Visite familiale aux archives départementales du Loiret

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Hier, nous sommes allés en famille aux archives départementales du Loiret, sises à Orléans, dans l’ancien couvent des Minimes. Ce sont les enfants qui m’ont poussé à m’y rendre et qui semblaient contents à l’idée de voir des archives et de m’aider dans mes recherches… Ils n’ont pas été déçus.

Grâce à eux et à ma femme, j’ai pu dépouiller 21 cotes de la série 50J des archives de l’évêché et la moisson a été bonne : le dossier « professionnel » de l’abbé, les registres paroissiaux de Triguères, des documents sur l’incendie et la construction de l’église de Baule, des comptes rendus de conférence ecclésiastique du doyenné de Chécy, les comptes et le règlement du petit séminaire de La Chapelle Saint Mesmin, le règlement du petit séminaire d’Orléans lorsqu’il y était élève, son dossier de bourse, les comptes de la fabrique de Triguères et bien d’autres choses encore…

Il y avait beaucoup d’archives papier, mais aussi deux microfilms qui m’ont donné du mal, car j’avais perdu l’habitude de les manipuler et surtout de les lire.

 

Deux nouveaux jours sur les traces de l’abbé Guiot

Me voici revenu d’une escapade dans le Loiret à la poursuite de l’abbé Guiot, en compagnie de ma femme.
Le vendredi matin, après trois heures de route, nous nous sommes d’abord arrêtés à la mairie de Tavers, près de Beaugency, afin de consulter le dossier concernant la reconstruction de l’église et du presbytère dans les années 1860. Tavers se situe à quelques kilomètres de Baule, et l’architecte qui y a oeuvré est le même que celui qui a conçu les plans de la nouvelle église de Baule. J’avais eu connaissance de ces plans grâce à la base Mérimée du Ministère de la Culture et j’espérais qu’ils existaient toujours dans les archives de la mairie, ce qui est bien le cas. J’ai donc maintenant les plans et le devis de construction de ce presbytère ainsi que le plan et le devis des réparations de l’église de Tavers.

 

En début d’après-midi, nous prîmes la route pour Baule et le centre interparoissial où nous avions rendez-vous avec madame Bataille pour consulter les registres paroissiaux. Le centre se trouve dans ce que je croyais être à ce moment – là le presbytère où avait vécu l’abbé Guiot, même si la localisation de l’église juste à côté me semblait problématique (ce en quoi j’avais raison, mais je ne m’en suis aperçu que le samedi soir, rentré chez moi !). En fait, il s’agit d’une maison bourgeoise devenue presbytère après la loi de 1905.

 

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J’ai cependant pu y consulter, grâce à la patience et à la gentillesse de madame Bataille, les registres paroissiaux des années 1860 à 1874 et retrouver l’écriture si caractéristique de l’abbé. Celui-ci, en plus des baptêmes, mariages, inhumations, confirmations et communions, avait noté et commenté les grands évènements liés à l’église : incendie de l’ancienne, pose de la première pierre de la nouvelle et bénédiction.
En fin d’après-midi, madame Bataille se proposa de téléphoner à Chécy afin de savoir si le centre interparoissial était ouvert le samedi matin et si les registres paroissiaux du XIXe siècle s’y trouvaient encore. La réponse fut deux fois positive !

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Les bâtiments du petit séminaire à l’abandon

 

Ensuite, nous avons fait un saut jusqu’à La Chapelle Saint – Mesmin pour voir le Petit Séminaire, devenu une maison de retraite tristement désaffectée aujourd’hui.

 

Le soir, nous allâmes manger et dormir à Meung – sur – Loire, dans un hôtel datant du Moyen – Âge. Il s’agissait d’un manoir fortifié gardant la ville et le pont sur la Loire, qui fut le lieu d’un affrontement entre les troupes de Jeanne d’Arc et les Anglais. Louis XI en fit ensuite son écurie royale, avec une dépendance pour y loger le personnel.

 

Le samedi matin, direction Chécy où nous fûmes très gentiment accueillis au presbytère par les Pères François Marie Blain du Poët et Julien Dumont. Là, je pus consulter les registres paroissiaux des années 1874 à 1878 et y retrouver des annotations de l’abbé Guiot sur la bénédiction des nouvelles cloches des églises en 1875.
Nous sommes ensuite passés à la mairie, qui se trouve logée dans le presbytère où a vécu l’abbé Guiot. Une dame charmante nous a accueillis et reçus dans son bureau pour me communiquer de nombreux renseignements et documents sur le village à la fin du XIXe siècle. Elle m’a aussi donné les coordonnées de la responsable des archives municipales et grâce à elle encore, j’ai pu acheter le très intéressant ouvrage d’histoire de Chécy, écrit par monsieur Michel Marinier, que je n’arrivais pas à me procurer.

 

Un dernier passage par l’église où régnait un froid polaire, et nous sommes rentrés sur Rouen. J’ai maintenant de très nombreux nouveaux documents à exploiter pour écrire le livre sur l’abbé Guiot.
Je pense qu’une prochaine fois, je me rendrai à Orléans afin de rechercher les traces de l’abbé dans les archives de l’évêché.

 

Quand la recherche en histoire rejoint l’actualité

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Alors que je travaille à mon essai sur l’abbé Guiot, prêtre à Chécy où était célébré une fête en l’honneur de Jeanne d’Arc et de son passage supposé dans le village, et auteur d’une Complainte de la pucelle d’Orléans (1876), célèbre en son temps, j’apprends que Mathilde Edey Gamassou, une lycéenne de 17 ans qui a été désignée par l’association Orléans-Jeanne-D’Arc pour défiler le 8 mai dans les rues d’Orléans en incarnant la libératrice de la ville en 1429, a été victime de propos racistes proférés sur Internet. Sélectionnée parmi 13 candidates, Mathilde, d’origine béninoise, est la première jeune fille métisse à endosser ce rôle et cela suscite des réactions stupides de la part de certains internautes. Ne leur en déplaise, la jeune femme réunit tous les critères de la sélection : être catholique pratiquante, habiter Orléans depuis au moins 10 ans, être scolarisée dans un lycée orléanais public ou privé (en première littéraire au lycée Sainte-Croix-Saint-Euverte) et donner gratuitement du temps aux autres (elle encadre des jeunes en pastoral).
Je laisse la conclusion à la directrice de l’association Orléans – Jeanne D’Arc : « on ne peut empêcher le vent de souffler et les ânes de braire.« 

D’après un article de France Bleu.

Ralentissement du blog

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Ceux qui fréquentent régulièrement ce blog auront sans doute noté un ralentissement dans le rythme de parution. C’est que je suis occupé à la rédaction d’un essai sur l’abbé Guiot, un prêtre qui a vécu au XIXe siècle, près d’Orléans et dont je parle ici. J’avance bien et j’ai déjà « achevé temporairement trois chapitres ». Mais c’est un travail très chronophage en lecture et écriture et auquel je pense à chaque instant, d’où ma désaffection momentanée de ce blog.

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A ce propos, j’ai reçu aujourd’hui un exemplaire original de la notice rédigée sur la découverte du théâtre romain de Triguères, datant de 1858 et comportant une dédicace de l’auteur, un ami de l’abbé Guiot.

 

Je me suis lancé !

Cela fait plusieurs jours que je me suis attelé à la rédaction de mon essai sur l’abbé Guiot, un prêtre qui a vécu dans le Loiret, près d’Orléans, au XIXe siècle. Je viens de terminer l’ébauche du chapitre consacré à ses années d’études, le premier de la seconde partie de l’essai. Il fait déjà vingt pages de texte et d’illustrations, alors que je vais être encore amené à l’étoffer.
L’étonnant est que je me suis lancé dans ce travail alors que le XIXe siècle n’est pas une époque qui me passionne et que je suis plutôt réfractaire à l’Église et à la religion.

 

L’acte de naissance de l’abbé Guiot

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J’ai enfin trouvé les informations sur la famille de l’abbé Guiot en retrouvant son acte de naissance dans les archives départementales du Loiret ! Je savais par le panégyrique de l’abbé rédigé par son ami l’abbé Godefroy, curé de Lailly, dans les Annales religieuses et littéraires, qu’il « était originaire de Pithiviers » et que « sa naissance fut des plus obscure » par « l’humble condition de son père« .
Son père, Louis André Guiot (noté Guyot dans l’acte) était un cordonnier résidant rue de la porte de Beauce. Sa mère se nommait Madeleine Françoise, née Richard.
Louis Laurent Guyot est né le 12 décembre 1818 vers onze heures du matin.

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La rue de la Porte de Beauce dans le cadastre napoléonien

Les traces de l’abbé Guiot dans la presse locale

Au XVIIIe siècle, chaque grande ville de province possédait son journal, ou “Affiches”. On y trouvait des renseignements pratiques, légaux ou commerciaux, des articles de science, de médecine, d’économie rurale mais aussi des critiques littéraires et théâtrales.
La Révolution et l’Empire furent des périodes fastes pour la presse régionale. Un décret du 3 août 1810 obligea même chaque département à posséder son journal. Mais s’ils étaient nombreux, le contenu de ces journaux était très convenu, voire formaté.
Sous la monarchie de Juillet, les journaux de province profitèrent de l’avènement de la bourgeoisie et de l’assouplissement de la législation. Les « feuilles » s’intéressèrent alors à la politique nationale, à l’histoire locale, aux questions d’économie pratique, aux problèmes religieux et scolaires, à l’actualité des spectacles et du monde des arts.
Sous la Troisième République, on compta jusqu’à 1222 journaux de province en 1884, contre 562 en 1874 et 304 en 1868.

Journal du Loiret

Le Journal du Loiret est un périodique (quotidien, hebdomadaire ou bihebdomadaire au cours de son histoire) qui a paru entre 1790 et 1940 à Orléans. D’un format de quatre pages au XIXe siècle, il abordait l’actualité nationale et internationale (page 1 & 2), des nouvelles locales (page 3) et de petites annonces et publicités (page 4).

 

L’abbé Guiot eut les honneurs de ce journal à plusieurs reprises, entre 1859 et 1878. Les lecteurs furent ainsi informés de ses nominations aux cures de Baule et Chécy. Je n’ai pas trouvé trace de sa nomination à Triguères, intervenue de façon précipitée il est vrai. Plusieurs cérémonies religieuses auxquelles il participa firent aussi l’objet de brèves relations, notamment la bénédiction de la nouvelle église de Baule. On y relata aussi sa participation à la découverte d’un amphithéâtre romain à Triguères et sa composition en l’honneur de Jeanne d’Arc. Enfin, le journal annonça son décès.