Catégorie : Lire un peu !

Ursula K. Le Guin a rejoint l’Ultime rivage

920x920

L’écrivaine américaine Ursula K. Le Guin est morte, ce lundi 22 janvier à l’âge de 88 ans.
Elle s’était très tôt intéressée à l’écriture de récit de science-fiction avant de délaisser le genre à l’adolescence, estimant qu’il était trop masculin et stéréotypé.Elle y est revenue dans les années 1960 en publiant La main gauche de la nuit qui la rendra célèbre.
Auteur prolifique, elle a publié de nombreux recueils de nouvelles et de poésie ainsi que plusieurs livres pour enfants. Mais ce sont surtout ses ouvrages de Science fiction et de Fantasy qui lui ont valu la renommée.

earthseamap
Le monde de Terremer

Elle a ainsi écrit le cycle de Terremer, l’une d’une plus belle série de récits de Fantasy qu’il m’a été donné de lire, au moins pour les trois premiers volumes.

Le pouvoir de la lecture selon Paul Auster

« Puis il eut quinze ans et lors du dîner d’anniversaire qui eut lieu en son honneur à la Waverly Inn de Manhattan, dîner auquel participaient ses parents, ses grands-parents, tante Mildred, oncle Don et Noah, Ferguson se vit offrir un cadeau par chaque membre de sa famille, un chèque de cent dollars de la part de sa mère et de son père, un autre chèque de cent dollars de la part de sa grand-mère et de son grand-père et trois paquets différents de la part de la branche Marx, un coffret des derniers quatuors pour cordes de Beethoven de la part de tante Mildred, un livre de la part de Noah, intitulé Les Blagues les plus drôles du monde, et quatre livres de poche d’auteurs russes du XIXe siècle de la part d’oncle Don, des œuvres que Ferguson connaissait de réputation mais qu’il ne s’était pas encore donné la peine de lire : Pères et fils de Tourgueniev, Les Âmes mortes de Gogol, trois nouvelles de Tolstoï (Maître et Serviteur, La Sonate à Kreutzer, La Mort d’Ivan Illitch) et Crime et Châtiment de Dostoïevski. Ce fut ce quatrième titre qui mit un terme aux vagues rêves de Ferguson de devenir le nouveau Clarence Darrow, car la lecture de Crime et Châtiment le transforma.
Crime et Châtiment fut l’éclair tombé du ciel qui le fracassa en mille morceaux et quand il parvint à s’en remettre, il ne subsistait plus chez Ferguson le moindre doute quant à son avenir. Si un livre pouvait être cela, si c’était cela l’effet qu’un roman pouvait provoquer dans le cœur, l’esprit et la vision la plus intime qu’on pouvait avoir du monde, alors écrire des romans était certainement la meilleure chose qu’on puisse faire dans la vie, car Dostoïevski lui avait montré que les histoires imaginaires pouvaient aller bien au-delà du plaisir et du divertissement, qu’elles pouvaient vous retourner complètement, vous arracher le sommet du crâne, vous ébouillanter, vous frigorifier, vous déshabiller et vous jeter dehors nu, en proie aux vents violents de l’univers, et à compter de ce jour, après s’être débattu dans tous les sens pendant son enfance, perdu dans les miasmes toujours plus épais de la perplexité, Ferguson, enfin, savait où il allait ou du moins savait où il voulait aller et pas une seule fois au cours des années suivantes il ne revint sur sa décision, pas même pendant les années les plus dures quand il avait l’impression d’être au bord du précipice. Il n’avait que quinze ans mais il venait déjà d’épouser une idée, pour le meilleur et pour le pire, dans la richesse et la misère, dans la maladie et la bonne santé, et le jeune Ferguson avait bien l’intention de rester fidèle à cet engagement jusqu’à la fin de ses jours. »

Extrait du roman 4321.

Carto n°45

COUV_CARTO45_web

Ce qui peut nous intéresser :

DOSSIER
Péninsule arabique : un espace sous tensions

L’ACTUALITÉ VUE PAR LES CARTES
Catalogne : une indépendance pour rien ?
Italie : une sécession du Nord est-elle possible ?
La pauvreté en France : enracinement et inégalités
Le tourisme : nouveau levier du développement africain ?
Les Rohingyas : géopolitique d’un tabou en Birmanie
Fusillades aux États-Unis : faut-il interdire les armes à feu ?
Palestine : à quoi ressemblera un État viable demain ?

ENJEUX INTERNATIONAUX (carte détachable)
Être femme face à la violence et au défi de l’égalité

ENVIRONNEMENT
Les insectes, à la rescousse de l’humanité ?
La vanille : une malédiction pour Madagascar ?

HISTOIRE
Londres à la Renaissance : sur les pas de Shakespeare
La bataille de Shangai, août-novembre 1937

INSOLITO CARTO
Les vraies cartes du Père Noël

Une bande dessinée sur la France dans la Seconde guerre mondiale

Dans cette série de l’éditeur Soleil, les trois personnages principaux incarnent trois attitudes de la population française face à l‘Occupation nazie : l’exil et la lutte armée suite à l’appel du Général de Gaulle ; la collaboration revendiquée par le maréchal Pétain  ou la Résistance.

(la vision du 6 février 1934 issue des premières pages du premier tome)