Catégorie : Lire un peu !

Les Français et la lecture

Selon l’étude Ipsos pour le Centre national du livre (CNL) rendue publique ce mardi 21 mars, 84 % des Français interrogés déclarent lire un peu (24 %), moyennement (37 %) ou beaucoup (24 %). Les femmes sont davantage lectrices (93 %) que les hommes (89 %). Les plus friands de livres sont aussi les plus âgés.
Les romans, livres pratiques et bandes dessinées (dont les mangas et comics) constituent les trois genres les plus lus.
Les 15-24 ans déclarent en grande majorité lire exclusivement des ouvrages liés à leurs études ou à leur travail, mais pour les autres la lecture est avant tout une activité de loisirs pour 96 %.
Près de la moitié des Français (49 %) déclarent lire tous les jours ou presque alors que 9 % s’y adonnent exclusivement pendant les vacances. Au total, 28 % s’affirment grands lecteurs (ils ont dévoré plus de vingt livres au cours des douze derniers mois) et disent lire davantage qu’en 2015, tandis que 41 % se reconnaissent dans la catégorie des moyens lecteurs (entre cinq et dix-neuf livres par an).
Sans surprise, les enfants reproduisent les habitudes de leurs parents : 36 % des Français dont le père et la mère lisaient souvent sont devenus de grands lecteurs. Les 20 % de Français dont les parents n’ouvraient jamais le moindre ouvrage ne connaissent pas aujourd’hui le bonheur de la lecture.
Les modes d’accès au livre évoluent : le recours à l’achat d’occasion s’accentue, tout comme les achats en ligne ou dans les grandes surfaces culturelles, au détriment des librairies en grande partie car les Français considèrent, à tort, que le prix des livres y est plus élevé (ce qui n’est plus le cas depuis… 1981 !).

D’après un article du Monde.fr

Pour faire mieux comprendre les figures de style aux élèves ?

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Mathilde Levesque est une enseignante qui s’est amusée à passer au crible de la rhétorique le discours de ses élèves. En ressort un petit dictionnaire des figures de style, où cohabitent définitions parfaitement académiques et illustrations souvent peu orthodoxes.
Ainsi le célèbre oxymore (« l’obscure clarté » de Corneille) devient une saillie irrésistible attrapée au vol en plein cours :
– « Non mais c’est pas possible, Kevin, vous êtes vraiment un cancre !
– Peut-être madame, mais un cancre sérieux. »
De même, le paradoxe impose le respect lorsqu’il est servi avec un aplomb imperturbable par Ali :
– « Madame mais faut vraiment qu’on sache la différence entre sonnet français et italien, là ?
– Evidemment ! C’est très utile, vous verrez.
– Ouais ben c’est de l’utile qui sert à rien, quoi.« 

Moi président…

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C’est le titre d’une émission de France Info dans laquelle Olivier De Lagarde invite un(e) Français(e), connu(e) ou non, à présenter sa mesure phare en tant que président de la République nouvellement élu. Soixante des propositions pour le moment présentées ont été réunies dans un livre à paraître.
Il y a de nombreuses propositions, dont certaines très intéressantes selon moi :

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L’émission est diffusée du lundi au vendredi à 5h53, 9h53, 14h51, 16h51 et 19h23.

Comprendre la montée du nazisme

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L’édition française de 1967

Dans Une petite ville nazie,un ouvrage de 1965 réédité en français en 2016, l’historien américain William Allen analyse les mécanismes de la victoire du parti nazi à l’échelle d’une petite ville de Basse-Saxe, Northeim (même si elle est étrangement rebaptisée Thalburg dans le livre). L’approche micro-historique illustre la radicalisation d’une cité on ne peut plus ordinaire dans les années 1920, progressivement mise au pas par les nazis, notamment par l’occupation permanente de son espace public.
Pour écrire son livre, l’historien a adopté une démarche inédite à l’époque en s’appuyant, en plus des archives classiques, sur des entretiens oraux qui permettent à l’auteur de décrire la sociologie de la ville mais aussi ces lieux : on peut ainsi en comprendre la topographie symbolique de la cité. Les nazis maîtrisaient parfaitement l’art du symbole : les mots, finalement, importaient moins que les rituels, les dispositifs et les messages visuels. Les groupes nazis maintenaient une pression ininterrompue sur la ville, n’hésitant pas à organiser des réunions jusque dans les dernières heures précédant les scrutins, pour être sûres d’occuper le terrain. Les nazis dominaient ainsi en permanence l’espace public.
Le parti nazi a atteint ainsi 62 % des 6000 votes de en 1932 à Northeim, un niveau qui ne fut jamais approché à l’échelle de la République allemande. Ce score s’explique aussi en raison de l’originalité de la ville choisie : la part des catholiques y était négligeable, alors que l’Allemagne en comptait à l’époque 30 % ; les fonctionnaires y étaient surreprésentés alors que le parti communiste était presque inexistant. Or la petite bourgeoisie protestante et nationaliste constituait le cœur de cible du national-socialisme.

D’après un article du blog Métropolitiques.

Dictionnaire de la France libre

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Cet imposant dictionnaire est très bien chroniqué ici. Je reprends des parties de l’article qui peuvent servir aux élèves de 3e pour comprendre la résistance et ses enjeux pour la refondation de la France à partir de 1944 ainsi que pour la construction européenne.

« Mi-juin 40. Le pire désastre que la France ait connu depuis Azincourt est consommé. Des millions de réfugiés errent sur les routes, un million et demi de soldats prend la route des stalags allemands. Un pays traumatisé se jette aux pieds d’un maréchal octogénaire sans réaliser ce que cela impliquera…
Pendant ce temps, à Londres, quelques milliers de têtes brûlées se rallient à un improbable général qui annonce sa volonté de continuer la lutte, seul ou presque : une pincée de fantassins, des pilotes sans avions, une poignée de navires techniquement incompatibles avec ceux des Britanniques, plus les pêcheurs de l’île de Sein et un mince filet de ralliés qui arrivent d’un peu partout.
C’est le début d’une épopée, dans son sens le plus strict : « Suite d’événements extraordinaires, d’actions éclatantes qui s’apparentent au merveilleux et au sublime ».
Partie de rien, la France Libre rallie en quelques mois de copieux morceaux de l’empire colonial, connaît des échecs sanglants et rentre très modestement dans la guerre sur des théâtres périphériques…
Trois ans plus tard, au moment du débarquement américain en Afrique du Nord, ses effectifs ont été multipliés par dix, elle a rallié la Résistance intérieure, est largement considérée à l’étranger comme la représentante légitime de la France, et achève la mue qui fera bientôt de ses dirigeants le gouvernement provisoire de la République.
(…)
L’accent a beau être mis sur la composante extérieure de la France Combattante, ce dictionnaire apporte aussi d’intéressants éclairages sur la Résistance intérieure. Née spontanément dès juin 40, elle s’organise en 1940 et 41, et devient peu à peu une véritable force – isolément, puis en coordination avec le BCRA gaulliste et le SOE britanniques, qui se tirent confraternellement dans les pattes – avant d’être fédérée par Jean Moulin, puis intégrée aux plans de bataille alliés en 1944, et de contribuer à la Libération. Tout cela avec et contre sa composante communiste, bien sûr, histoire d’ajouter une complication supplémentaire.
Le lecteur découvre aussi des synthèses qui mettent en évidence quelques réalités intéressantes. La France libre est beaucoup plus diverse que l’image du Général ne le laisse penser, elle attire des militaires et des syndicalistes, des apolitiques, des centristes, mais aussi des Croix-de-Feu et des maurrassiens qu’on aurait plutôt attendus à Vichy, le tout sous l’autorité d’un patron qui ressemble à une caricature de culotte de peau… mais qui avant-guerre, était plutôt marqué « catho de gauche ».
Sans surprise, à de rares exceptions près, la France Libre est un mouvement de jeunes… mais de jeunes nettement plus diplômés que la moyenne nationale. De Gaulle n’a pas été suivi par « les élites » qui sont sagement restées en France, mais elles ont contribué par l’intermédiaire de leurs enfants.
(…)
L’énumération des divers Conseils, Comités et Bureaux chargés de réfléchir sur « l’après » est parfois fastidieuse, mais réserve des surprises.
Le vote des femmes ? Personne n’en voulait vraiment, il fut imposé par De Gaulle. La majorité à dix-huit ans ? Tout le monde était d’accord avant de réaliser que tous ces jeunes idéalistes donneraient du poids aux communistes. L’Assemblée consultative d’Alger lui organise un enterrement de première classe.
Moins anecdotique, quid de l’épuration ? Sous quelles formes et dans quel cadre doit-elle être accomplie ? Que faut-il garder de l’œuvre législative de Vichy ? Comment imposer de nouveaux pouvoirs publics et minimiser l’anarchie ? Une fois la guerre finie, que faire de l’Allemagne et comment rééduquer les Allemands ? Toutes ces questions, et beaucoup d’autres, ont fait l’objet de synthèses, de rapports ou de propositions. Au final, elles ont été transmutés en politiques, puis mises en œuvre par des exécutants plus ou moins à l’aise dans le rôle qui venait de leur être confié.
D’autres idées ne sont pas mûres, et attendront leur tour. Un jeune Michel Debré rédige des projets de Constitution qui préfigurent celle de 1958. Des gouvernements en exil réfléchissent aux moyens d’empêcher de nouvelles guerres, et préparent des projets européens qui se mettront en place lors de la décennie suivante, des accords du Benelux dès septembre 1944, puis la CECA, et jusqu’au traité de Rome.« 

Jouer à la politique

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En lisant son Canard PC, Victor m’a signalé un dossier consacré aux jeux vidéos et la politique. Il y a notamment une tentative pour mettre en jeu l’élection présidentielle 2017 à l’aide du jeu Democracy 3.

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Avec Democracy 3, vous pouvez prendre les commandes d’un pays  (la France, l’Allemagne, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, le Canada et l’Australie) dans l’époque contemporaine et vous devez le faire prospérer à travers le contexte économique et politique actuel. A mi chemin entre gestion et simulation, Democracy 3 propose une approche intéressante pour s’initier à la politique. Il existe plusieurs extensions au jeu dont l’une permet de jouer avec des pays africains (Botswana, Egypte, Ghana, Kenya, Mauritanie, Nigéria, Sénégal, Tunisie, Zambie et Afrique du Sud).

Tout Voltaire en 200 volumes…Et 30 000 euros !

Fondée en 1967 par un passionné du siècle des Lumières, la fondation Voltaire s’est fixée pour objectif de recenser et de publier tous les textes connus de Voltaire. Son président actuel, le professeur Nicholas Cronk de l’Université d’Oxford, veut publier l’intégralité des oeuvres de l’écrivain d’ici 2020.
De nombreuses tentatives de rassemblement de ses écrits ont déjà vu le jour. La première débuta même l’année de sa mort, à l’initiative de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais. Les premiers volumes de cette édition qui ne visait alors ni l’exhaustivité, ni la rigueur scientifique, commencèrent à paraître dès 1784.
De 1829 à 1899, ce fut le tour de l’édition Morland, qui servit à l’enseignement du grand homme dans les écoles de la toute jeune IIIe République.
En 1967, un bibliographe britannique passionné par le siècle des Lumières, Theodore Besterman, entreprit la publication des 16000 lettres conservées qui composent la correspondance de Voltaire.Il se lança également dans l’aventure de l’édition intégrale et rigoureuse de ses oeuvres (retour systématique sur les éditions originales et les manuscrits afin de pouvoir, pour chaque texte, remonter à sa version la plus authentique et déjouer les nombreux pseudonymes employés par l’auteur), projet qui devrait donc aboutir en 2020…
La fondation Voltaire regroupe une centaine de chercheurs, majoritairement français, mais également britanniques, américains et australiens, qui espèrent parvenir à publier les 200 ouvrages qui composeront au final l’édition complète des œuvres de Voltaire,au rythme de cinq à six volumes par an. Si le coût moyen d’un volume sera tout de même de 150 à 200 euros,  l’objectif à long terme est de parvenir à démocratiser l’accès au corpus par sa numérisation et son édition en poche.
En 2017 seront notamment publiés Les Questions sur l’Encyclopédie, un dictionnaire de petits articles inédits à ce jour, dans lesquels Voltaire s’amusait, entre autres, à répondre aux auteurs de L’Encyclopédie. Ce document exceptionnel sortira dans une édition de poche prévue aux éditions Robert Laffont, pour l’an prochain.

D’après un article du Figaro.fr