Catégorie : Lire un peu !

La Peur, un roman sur la Première guerre mondiale

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 » J’ai eu faim sans avoir à manger, soif sans avoir à boire, sommeil sans pouvoir dormir, froid sans pouvoir me réchauffer, et des poux sans pouvoir toujours me gratter… Voilà ! – C’est tout ? – Oui, c’est tout… ou plutôt, non, ce n’est rien. Je vais vous dire la grande occupation de la guerre, la seule qui compte : j’ai eu peur. »
Dans son roman largement autobiographique, La Peur, publié en 1930, Gabriel Chevallier a voulu raconter le vrai quotidien des poilus. Sous les traits d’un soldat fictif, Jean Dartemont, il décrivit l’angoisse avant l’assaut, la trouille qui prend tout le corps, l’épouvante face à la mort. Une réalité tellement brute et dérangeante que son éditeur décida, avec son accord, en 1939, de suspendre sa vente après la déclaration de guerre contre l’Allemagne nazie. « Quand la guerre est là, ce n’est plus le moment d’avertir les gens qu’il s’agit d’une sinistre aventure aux conséquences imprévisibles. Il fallait le comprendre avant et agir en conséquence« , s’était justifié l’auteur lors de la réédition du roman en 1951.

Un film a donné corps à ce livre très dur, réalisé par Damien Odoul en 2015. Pendant quatre ans, on suit le jeune homme de tranchées en tranchées, d’assaut en assaut, durant cette guerre atroce : « J’ai imaginé le film comme un ventre humain avec tous ses organes. On disait d’ailleurs le terme de boyaux pour décrire les perpendiculaires des tranchées. Je vois cette guerre comme un ventre, mais masculin. À l’opposé du féminin qui protège, il amène la peur. On dit d’ailleurs la peur au ventre« .
Le réalisateur a aussi pris certaines libertés par rapport au roman. Le jeune héros Jean est devenu Gabriel, comme un clin d’œil à l’écrivain. Il est entouré de camarades d’enfance et entretient une relation amoureuse. Des modifications et des ajouts que le cinéaste assume pleinement. « Je fais de la fiction, je peux me permettre de changer les noms et j’ai même écrit des séquences qui ne sont pas dans le livre ».Je ne suis pas historien. Je me fous de l’aspect didactique. Cela ne m’intéresse pas. Sinon autant faire un documentaire, il y a assez d’images d’archives sur la guerre de 14« .

Un livre du maître en géographie de 1914

J’ai reçu de monsieur Arnaud Boucheron un ouvrage édité d’après le manuscrit en possession de son grand-père. Il s’agit d’une Géographie Générale écrit par l’instituteur de son père, Marc Audebert, en 1914. Le manuscrit comporte des leçons illustrées de dessins de l’enseignant. Il n’a pas été achevé, car Marc Audebert, né en 1890 et devenu instituteur en 1910, a été tué sur le front, le 26 octobre 1914, à Ypres.
Le livre contient le fac-similé du manuscrit puis une retranscription, accompagnés d’une courte préface. Je ne l’ai pas encore lu, mais seulement parcouru. Ce qui me frappe déjà, en dehors de la qualité des illustrations, c’est l’approche proposée : le maître propose des expériences à ses élèves puis donne la leçon. Cela me semble très moderne en 1914.
En lisant la préface, je me suis aperçu qu’un autre livre évoquant les leçons de Marc Audebert avait été édité. Intitulé Leçon de choses, il s’agit des dessins réalisés par l’élève Emile Boucheron et annotés par son professeur. Je pense me le procurer pour entrer encore plus dans la pensée de cet instituteur de 1914.
Mais avant cela, je vais lire la Géographie Générale et j’en ferai le compte-rendu sur ce blog.

Une bande dessinée sur les migrants

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Les scénaristes irlandais et anglais Eoin Colfer et Andrew Donkin ont épluché la presse pendant plusieurs années et recueilli de nombreux témoignages avant d’imaginer le destin d’Ebo, un Nigérien de 12 ans que l’on découvre, aux côtés d’autres candidats au départ, sur une frêle embarcation ballottée au milieu de la Méditerranée. Fiction inspirée d’un ensemble de faits réels, ce récit mis en image par le dessinateur italien Giovanni Rigano, accessible à un jeune public, est disponible en librairie. Le Monde en propose les 44 premières pages à la lecture ici.

Des romans sur l’actualité

Né à Dakar en 1990, élevé à Diourbel, Mohamed Mbougar Sarr a collaboré avec le journal de son école tout en écrivant de la poésie. À partir de 2010, arrivé en France pour entrer en hypokhâgne, il commença à écrire son premier roman Terre ceinte, accepté en 2014 par la maison d’édition Présence africaine. L’action se déroule dans une ville imaginaire que Sarr a appelée Kalep, contraction de Kidal et d’Alep. Des jeunes gens y entrent en résistance contre des jihadistes, imposant un ordre terrible et brutal. Le roman, variation autour du conflit malien, est aussi l’éloge d’une subversion où quête du bonheur et pratique politique ne font qu’un.
Dans son second roman, Silence du chœur, il raconte l’arrivée dans un petit village sicilien d’un groupe de migrants venus d’Afrique subsaharienne. « L’idée d’écrire Silence du chœur m’est venue en Sicile. J’y ai rejoint un ami dans une région où beaucoup de migrants débarquent. Je voulais voir cela de mes yeux, sans être certain que cela finirait par donner un livre. J’ai passé une quinzaine de jours là-bas à observer la situation, à rencontrer des gens » raconte-t-il.

D’après un article de Jeune Afrique.

Exiger de la lecture plaisir ?

« L’ensemble de la nation doit s’engager pour développer la lecture chez les jeunes ! » C’est ce qu’a demandé le ministre de l’Éducation nationale ce jeudi après-midi à un parterre de maires, d’écrivains et d’académiciens.
Pour cela, le ministre souhaite mieux articuler le travail des enseignants, des bibliothèques, des collectivités locales et des associations autour de la lecture dans les écoles. Si le ministre a beaucoup parlé de lecture plaisir, il a ajouté :
« À chacune des petites vacances, je souhaite que les enseignants demandent à leurs élèves de lire un à deux livres ».

D’après un article du Figaro.fr