Catégorie : Lire un peu !

Lire

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« Les gens qui lisent sont moins cons que les autres, c’est une affaire entendue. Cela ne signifie pas que les lecteurs de littérature ne comptent pas d’imbéciles et qu’il n’y a pas de brillantes personnalités chez les non-lecteurs. Mais, en gros, ça s’entend, ça se voit, ça se renifle, les personnes qui lisent sont plus ouvertes, plus captivantes, mieux armées dans la vie que les personnes qui dédaignent les livres.
(…)
Lire des romans, c’est prendre des nouvelles des autres.
Barack Obama : « Grâce à la littérature, j’ai pu imaginer ce qui ce passait dans la vie des gens. »
Milan Kundera : « La bêtise des hommes vient de ce qu’ils ont réponse à tout. La sagesse du roman, c’est d’avoir des questions à tout. »
Lire de la poésie, c’est soulever des chapeaux, des couvercles, des tapis, le ciel.
Lire, ce n’est pas se retirer du monde, c’est entrer dans le monde par d’autres portes.
Lire, c’est prendre Voltaire comme professeur, Proust comme oncle de la ville et VIalatte comme tonton des champs, Duras comme cousine, Stendhal, Dumas, Camus et Semprun comme amis, La Fontaine et Vincenot comme garde-chasse, Louise Labbé comme amante, Colette comme cuisinière, Montaigne Jean Giono et Julien Gracq comme voisins ».

Lire !, Cécile et Bernad Pivot, Flammarion, 2018, page 13 – 16.

De la lecture pour cet été

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Le Blog Histoire – géo a reçu cela en cadeau. Voilà un sujet et un personnage sur lesquels je ne connais pas grand-chose. Cette lecture accompagnera la poursuite de mon travail sur l’abbé Guiot. Cet essai a été écrit par Gilles Candar, un historien spécialiste de l’histoire de la gauche française, déjà auteur d’un ouvrage sur Édouard Vaillant en 2015.

La fin des enquêtes de Nicolas Le Floch

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Parot

L’auteur de romans policiers historiques Jean-François Parot est mort ce mercredi 23 mai. Il avait créé le personnage de Nicolas Le Floch, commissaire de police au Châtelet sous les règnes de Louis XV et Louis XVI. Les quatorze romans de cette série mêlent habilement et agréablement intrigues policières et reconstitutions historiques, notamment du Paris de l’époque. Ils comportent aussi des digressions culinaires à propos de recettes d’époque. Cette série d’enquêtes a été adaptée à la télévision de manière convaincante en douze épisodes, dont quatre ne s’appuient toutefois pas sur les romans.
« L’époque est riche de destins comme celui de Nicolas. J’ai beaucoup consulté les archives du Quai d’Orsay. J’y ai trouvé des histoires que je n’oserai jamais écrire : elles sont beaucoup trop invraisemblables », expliquait l’écrivain au journal Le Monde en 2009.
Né en 1946 à Paris, Jean-François Parot avait commencé sa carrière comme diplomate en 1974, à Kinshasa d’abord puis à Djibouti, Ho Chi Minh-Ville, Ouagadougou, Athènes, Tunis et la Guinée-Bissau, où il a été ambassadeur de 2006 jusqu’à sa retraite, en 2010.

« L’histoire n’est pas une science éthérée et aphone : elle est maîtresse de vie et vise à nourrir la réflexion et l’action des contemporains« .

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« Un livre n’est jamais impartial, parce que l’on traite toujours d’un sujet qui nous plaît ou bien qui correspond à un besoin présent. Tout livre d’histoire est marqué par les combats de son temps. L’histoire n’est pas une science éthérée et aphone : elle est maîtresse de vie et vise à nourrir la réflexion et l’action des contemporains. Elle doit leur parler et les aider à avancer. Mais la partialité n’est pas l’idéologie, à partir du moment où elle s’appuie sur les faits et où elle fait appel à la raison et à la réflexion. » Voici ce que déclare Jean-Baptiste Noé, chercheur en histoire économique à la Sorbonne et auteur de l’essai La parenthèse libérale, dix-huit années qui ont changé la France dans lequel il revient sur la Monarchie de Juillet (1830 – 1848) et vante le libéralisme qui était en vigueur à cette époque.
« Louis-Philippe a réussi une prouesse: celle de concilier les déchirures françaises nées des guerres civiles révolutionnaires, d’unir le meilleur de l’Ancien régime et de la Révolution, et de créer un régime politique qui respecte les libertés fondamentales. Par sa personne, il amalgame l’histoire de France: la tradition monarchique d’une part, les idéaux de la Révolution d’autre part, puisqu’il a combattu auprès de Dumouriez et qu’il a soutenu la première révolution, celle de 1789. Sous son règne, la France retrouve sa place d’équilibre dans le concert de l’Europe et l’économie repart. Comment ne pas aimer une période qui condense tant de brillants esprits: Chopin, Balzac, Tocqueville…? « 

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Louis Philippe photographié vers 1850. Photographie conservée au Musée Carnavalet

Louis Philippe, ce héros ? L’entretien accordé au Figaro est à lire ici.

Ce que la France savait de la puissance allemande entre 1933 et 1939

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La France et la menace nazie est une analyse de l’activité des différents services de renseignements français en Allemagne, depuis l’arrivée au pouvoir des nazis en 1933 jusqu’au déclenchement du second conflit mondial en 1939.
Peter Jackson, professeur à l’Université de Glasgow et chercheur associé au centre d’histoire de Sciences Po Paris, y expose ce que savaient réellement les Français sur l’Allemagne d’Hitler, dans les années d’avant-guerre.
Le livre étudie les services de renseignements français durant l’entre-deux-guerres. L’auteur présente les différents services qui constituent la nébuleuse de l’espionnage et du contre-espionnage français: chaque armée – Terre, Air et Marine – possède les siens et espionne prioritairement ce qui l’intéresse chez l’ennemi. Il explique aussi les moyens variés auxquels les services français ont eu recours pour récupérer des informations: analyse de la presse, recueil d’informations par les attachés militaires dans les ambassades et surtout recrutement d’Allemands pour leur servir d’informateurs.
Ce sont ces sources de renseignement humain que cherchaient avant tout les services français : disposer de personnes à l’intérieur des administrations nazies, si possible bien placées, était un atout majeur pour obtenir des informations clefs.  Les services français possédaient ainsi plusieurs sources bien placées à Berlin, en mesure de les renseigner sur le réarmement de l’Allemagne. Les Français bénéficiaient par conséquent d’informations supérieures à celles dont pouvaient avoir connaissance les autorités britanniques ou soviétiques.
L’un des intérêts majeurs de l’ouvrage est également de montrer la fausseté du discours affirmant que l’armée française avait été surprise par la machine de guerre allemande en 1940. L’armée française, tout au long des années 1930, a suivi précisément le réarmement lancé par Hitler et grâce à l’action efficace des services de renseignements, connaissait bien les forces en présence chez les nazis.
Mais l’état-major a exagéré la puissance de l’Allemagne pour obtenir des pouvoirs politiques des moyens supplémentaires au moment où, en pleine crise économique des années 1930, les gouvernements qui se succédaient limitaient les dépenses militaires pour préserver les finances publiques. L’état-major ne commit qu’une erreur d’appréciation, très gênante cependant : celle de surestimer la formation des officiers allemands et surtout les capacités de mobilisation en hommes du pays en cas de conflit.
Cette surestimation a eu pour conséquence de paralyser l’exécutif français, apeuré par ce voisin jugé, à tort, trop puissant. C’est l’une des raisons, avec le fort sentiment pacifiste de la population dans les années 1930, pour lesquelles la France n’intervint pas contre l’Allemagne nazie entre 1935 et 1939. A chaque fois que Hitler a outrepassé les droits définis par le traité de Versailles, la France a reculé et n’a pas montré la fermeté dont elle aurait raisonnablement pu faire preuve, essentiellement poussée en cela par la crainte d’une armée allemande restructurée, dont la puissance avait été exagérée par les militaires.
Avant 1939, l’armée allemande n’était pourtant pas prête à faire face à une éventuelle invasion française, principalement en raison du manque de formation de ses hommes et surtout de ses officiers, trop peu nombreux.

D’après un article de Slate.fr

Un entretien intéressant

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Martine Gozlan est la rédactrice en chef du magazine Marianne. Elle est aussi l’auteur  d’ouvrages sur le Maghreb et le Moyen-Orient. Son dernier livre, Israël 70 ans, 7 clés pour comprendre, vient de paraître aux éditions de l’Archipel. Pour l’occasion, elle s’est entretenue au sujet d’Israël avec un journaliste du Figaro. Je ne suis bien sûr pas d’accord avec tout ce qu’elle dit, mais ses propos son intéressant.