Catégorie : Lire un peu !

Le succès inattendu des livres dont vous êtes le héros en ULIS

Ce matin, catastrophe ! L’intrépide héro qui s’était infiltré dans La Citadelle du chaos est mort, après avoir chuté du haut de la tour du sorcier Balthus le terrible… Les élèves qui incarnaient collectivement ce personnage n’ont toutefois pas trop mal pris la nouvelle (contrairement à mes craintes), mais ils ont décidé de ne pas recommencer l’aventure pour plutôt se risquer dans Le labyrinthe de la mort jusqu’à la fin de la semaine. A suivre donc…
Cet après-midi, l’un des élèves du dispositif, après avoir travaillé en maths avec moi, a voulu essayer le livre-jeu intitulé Le manoir de l’enfer. Il m’a lu les paragraphes à haute voix, attendant que je valide ses choix. Pour le moment, il s’est retrouvé ficelé quelque part dans le manoir, après avoir essayé de se faire passer pour un membre de ce qu’il pense être une secte. A suivre aussi…

L’expérience me semble enrichissante. Les élèves écoutent attentivement ma lecture des paragraphes, puis discutent avant que nous ne passions au vote pour décider quoi faire. Lors des combats, ils désignent un champion pour affronter les créature et lui donnent des conseils tactiques (sur l’utilisation de la chance ou des formules magiques). Et puis, il y a le calcul mental pour les résultats des jets de dés…Pas si simple ! 

A propos des enfants et de la lecture

Voici un extrait d’un court entretien donné par une psychanalyste à Franceinfo lors du Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis. Elle est l’auteur d’un album intitulé Le pyjama de la Tour Eiffel.

Pourquoi est-il si important que les enfants lisent ? Et comment faire pour les amener à lire ?
Claude Halmos : « La lecture est importante parce qu’elle donne à l’enfant un plaisir très grand et qui, de plus, l’aide à se construire. Elle l’aide à développer son vocabulaire, mais surtout, beaucoup plus profondément, à comprendre l’importance du langage, grâce auquel on peut exprimer ce que l’on ressent, et le partager avec d’autres. Elle lui permet de découvrir des choses qu’il ne connaît pas encore : des pays, des animaux. Et donc de se rendre compte de la richesse du monde. Ce qui non seulement lui donne du bonheur, mais soutient son envie de vivre.
Elle lui fait découvrir, au travers des histoires qu’il lit, des sentiments qu’il n’a pas encore éprouvés ou, au contraire, se rendre compte qu’il n’est pas le seul à éprouver ce qu’il éprouve ; ce qui est rassurant. Il peut prendre conscience de problématiques importantes (la liberté, la solidarité…).
Et puis surtout la lecture est un ailleurs, toujours à portée de main vers lequel il peut partir, quand il en a besoin. »

(…)

Comment peut-on donner à un enfant le goût de la lecture ?
« C’est une question importante mais elle culpabilise trop souvent les parents qui ne lisent pas, ou ceux qui ont le goût de lire mais n’arrivent pas à le transmettre à leurs enfants.
Par rapport à cela, il faut savoir d’abord que l’on ne peut pas tricher avec un enfant : il sent toujours tout. Donc si l’on n’aime pas lire, il faut le lui dire : « on ne m’a pas aidé. Je le regrette, et j’aimerais que ce soit différent pour toi ». Et puis on ne peut transmettre une chose que si l’on a du plaisir à le faire. Donc, si l’on n’en a pas, il vaut mieux passer le relais à quelqu’un d’autre, et ce n’est pas un drame.
Les enfants n’ont pas besoin de parents qui sachent tout faire. Ils ont besoin de parents capables de leur parler vrai. Et enfin, il faut se rappeler qu’il y a mille façons d’arriver à la lecture. Donc si un enfant veut lire un catalogue, on le félicite ! »

Réflexions autour du Feuilleton de Thésée

Chaque semaine, je lis aux élèves du dispositif un ou deux épisodes du Feuilleton de Thésée. L’écoute est bonne, les élèves ayant envie de connaître la suite des aventures du héros grec. Ils semblent apprécier ma lecture expressive. C’est aussi l’occasion de faire de mini atelier philosophie à partir des situations décrites ou de répondre à leur question.
Aujourd’hui, il y a eu plusieurs questions comme qu’est-ce que la Gorgone Méduse ?, qui m’a demandé de raconter l’histoire de Persée. Et puis une question surprenante à l’évocation de la conception d’Héraclès. Zeus, le roi des dieux, trompe en effet la reine Alcmène en prenant l’apparence d’Amphitryon, son mari. Ce dernier l’ayant découvert, décide de la faire brûler vive pour sa faute. Arrivé à ce moment de l’histoire, un élève me demande : « Monsieur, ce que Zeus a fait, c’est bien un viol ? » Comme j’ai répondu par l’affirmative, nous avons discuté de pourquoi continuer à raconter une histoire qui parle d’un crime. Cela m’a amené à parler de l’évolution des mœurs et des lois, de la place des femmes dans l’Antiquité et de la valeur des mythes dans notre société moderne (mais évidemment pas en ces termes).
Une bonne surprise, donc, avec des élèves posés et attentifs, ce qui ne se produit pas tous les jours.

Une encyclopédie des chevaliers et des châteaux forts

Elle m’a été aimablement envoyée par les éditions Larousse. Complète et joliment illustrée, elle montre de nombreux châteaux construits dans plusieurs pays et à différentes époques. Pour certains, ils sont présentés sur une double page puis un évènement s’y rapportant (souvent un siège) fait l’objet d’une seconde double page. A la fin du livre se trouve des cartes qui situent les châteaux dans le monde et un glossaire.