Catégorie : Atelier cartographie

De l’usage des cartes

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Ceci est une capture d’écran du site de L’Humanité. Ce journal présente une carte des mobilisations pour « la défense des services publics ». Et celle-ci est un bon exemple de ce qu’il est possible de faire comme manipulation à l’aide de l’outil cartographique.

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A la regarder de loin, la France paraît se soulever massivement, cette impression étant causée par le positionnement des drapeaux rouges indiquant les manifestations prévues, recouvrant la totalité du territoire, moins les territoires ultramarins (ne s’y passe-t-il rien ? Ont-ils été oubliés ?).
A y regarder de plus près, voici ce que représentent certains drapeaux :

On le voit, un drapeau est planté, qu’il représente une manifestation isolée qui réunira quelques dizaines de personnes, un mouvement de plus grande ampleur, mais très localisé ou encore plusieurs petites manifestations disséminées dans un département.
On est donc très loin de la vague rouge qui est sous-entendue par cette carte, éditée il est vrai à la veille d’un mois de mai qui évoque des souvenirs à certains.

Une extraordinaire carte de la fin du XVIe siècle

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Cette carte a été dessinée par Urbano Monte en 1587 – 1590. Elle était composée d’une soixantaine de feuillets réunis dans un énorme atlas, dont il existe aujourd’hui seulement trois versions. Mais des chercheurs de l’Université de Stanford, travaillant au Centre cartographique David Ramsey, l’ont assemblée en une immense carte de près de trois mètres de large.
L’auteur du XVIe siècle, qui a rencontré la première délégation japonaise venue en Europe,  a intégré à sa carte des découvertes récentes faites par les navigateurs tels que l’archipel de la Terre de Feu. Si la carte, à l’image de celles qui la précèdent, comble les vides par des créatures légendaires, elle a la particularité de représenter le monde d’une manière sphérique. Urbano Monte a utilisé une projection azimutale, centrée sur le pôle Nord, qui inspira celle de Johann Heinrich Lambert en 1772. La dernière version de la carte n’est plus ronde, mais quadrilobée, sans doute pour réduire la distorsion des terres au-dessous de l’équateur.

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Autoportrait d’Urbano Monte

Quand les océans sont au centre du monde

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En 1942, l’océanographe et géophysicien Athelstan Frederick Spilhaus réalisa une carte très originale sur laquelle les ensembles océaniques sont représentés au centre du monde. Une immense mer intérieure (un peu plus de 70% de la surface de la Terre) apparaît alors sous nos yeux.
Cette carte est ainsi symbolique de l’importance des mers et océans sur notre globe. Afin de la réaliser, l’auteur a utilisé les principes de deux projections : la projection de Ernst Hammer et celle d’August Heinrich Petermann. Le résultat est une projection interrompue dans laquelle les océans forment une unité, comme une mer fermée.

Espérons que les Américains localisent mieux la Corée du Nord…

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Les supermarchés américains Wholes Foods ont eu l’idée d’illustrer leurs rayons laitiers avec une carte des fromages français, intitulée « Cheeses from France ». Si l’idée est plutôt bonne, c’est le niveau en géographie du créateur qui laisse rêveur ! D’autant qu’en lisant ce blog, il aurait trouvé de l’aide
Selon Wholes Foods, le camembert proviendrait des environs de Montpellier (et non de la commune française de l’Orne qui porte son nom), le comté du département de l’Yonne (et non de Franche-Comté), le P’tit basque des Pays de la Loire (et non du pays Basque), et la fourme d’Ambert de la région Midi-Pyrénées (et non du Puy-de-Dôme).

D’après un article de Francetvinfo.

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Voilà messieurs les Américains ! 

 

La ville qui exista grâce aux cartes

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J’ai trouvé cette extraordinaire information sur le blog Neocarto.
Agloe était une ville factice inventée par la General Drafting Company au début des années 30 et insérée sur leurs cartes topographiques de l’État de New York, à la jonction d’une route sans nom avec la route NY 206, près de Roscoe.
Cette ville était en fait un piège au droit d’auteur pour éviter d’éventuels plagiats. Le principe est simple, si cette ville se retrouvait sur une carte d’une compagnie concurrente, la preuve du plagiat était avérée et un procès pouvait être engagé.
Quelques années plus tard, la ville d’Agloe se retrouva effectivement sur une carte concurrente, celle de Rand McNally. Le plagiat sembla donc évident et un procès eut lieu. Mais, entre temps,  un commerce, le « Agloe General Store », avait ouvert au lieu dit. Pouvant donc prouver l’existence réelle et matérielle de ce lieu, McNally gagna le procès.

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Plus amusant encore, même si le magasin finit par fermer, on retrouva encore la ville d’Agloe sur les cartes Google Maps jusqu’en 2014 ainsi que dans différentes bases de données américaines.Mais après un article sur le sujet du site Strange Maps, la ville a disparu…

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