Étiquette : La question des ressources alimentaires

La sous-alimentation en Afrique en 2017

L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a publié jeudi 16 novembre son rapport 2017 sur l’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition en Afrique.

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Selon ce rapport, de 2015 à 2016, la prévalence de la sous-alimentation semble être à la hausse, passant de 20,8 % à 22,7 %. Le nombre de personnes souffrant de la sous-alimentation est passé de 200 millions en 2015 à 224 millions.
25 % des 815 millions de personnes sous-alimentées dans le monde en 2016 vivent en Afrique.


Les mauvaises conditions climatiques et les conflits récents sont des facteurs clés qui expliquent l’augmentation actuelle de l’insécurité alimentaire.

La malnutrition touche tous les pays du monde

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Selon le rapport sur la nutrition mondiale 2017, publié samedi 4 novembre, la totalité des 140 pays étudiés est confrontée à au moins une des principales formes de malnutrition : le retard de croissance chez l’enfant, l’anémie chez la femme en âge de procréer et le surpoids chez l’adulte. Et 88 % sont lourdement touchés par deux ou trois de ces troubles.
Dans le monde, 2 milliards de personnes souffrent de carences en micronutriments essentiels, comme le fer, la vitamine A ou l’iode ; 155 millions d’enfants de moins de 5 ans (23 %) présentent un retard de croissance, essentiellement en Afrique et en Asie, et 52 millions d’entre eux sont atteints de maigreur extrême.
1,9 milliard d’adultes sont en surpoids ou obèses (32 % des hommes, 40 % des femmes), de même que 41 millions d’enfants de moins de 5 ans. Le surpoids et l’obésité sont en hausse quasiment partout, aussi bien dans les pays à fort revenu que dans les autres. Sur le continent nord-américain, un tiers des hommes et des femmes sont obèses, tandis que 10 millions d’enfants africains présentent une surcharge pondérale.
Au total, une personne sur trois souffre de malnutrition, qualifiée de « nouvelle norme » par les auteurs – qui se basent sur les données des agences de l’ONU et des pays.
Les chiffres sur la faim dans le monde évoluent dans la mauvaise direction : aujourd’hui, 815 millions de personnes en souffrent, un chiffre en augmentation par rapport aux 777 millions de personnes recensées en 2015, comme l’a dévoilé l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture dans son rapport de septembre. En outre, 38 millions de ces personnes sont confrontées à une insécurité alimentaire grave au Nigeria, en Somalie, au Soudan du Sud, au Yémen, en Ethiopie et au Kenya.
Le nombre d’enfants de moins de 5 ans souffrant de malnutrition – responsable de près de la moitié des décès dans cette tranche d’âge – a diminué dans de nombreux pays, mais cette baisse n’est pas assez rapide pour atteindre l’objectif d’y mettre fin d’ici à 2030. Le nombre de femmes de 15 à 49 ans souffrant d’anémie a augmenté depuis 2012, pour atteindre 38 %, une pathologie qui entraîne des impacts à long terme sur la santé de la mère et de l’enfant.
Si rien n’est fait pour enrayer la tendance, aucun des dix-sept Objectifs de développement durable, adoptés fin 2015 par les Nations unies afin d’« éradiquer la pauvreté, protéger la planète et garantir la prospérité pour tous », ne sera atteint d’ici à 2030. Or, les bailleurs de fonds ne consacrent que 0,5 % de l’aide publique au développement à la sous-alimentation, et 0,01 % à la lutte contre l’obésité et les maladies liées au régime alimentaire. Au total, 867 millions de dollars (746 millions d’euros) ont été alloués à la nutrition en 2015, huit fois moins que l’enveloppe qui serait nécessaire (70 milliards de dollars sur dix ans).

D’après un article du Monde.fr

Le nombre de personnes souffrant de la faim augmente de nouveau

Le Nigeria, la Somalie, le Soudan du Sud et le Yémen, les quatre pays pour lesquels l’ONU avait tiré la sonnette d’alarme, ont reçu 60 % des 4,9 milliards de dollars jugés nécessaires en 2017 pour couvrir les besoins alimentaires d’urgence.
Pour autant, des millions de personnes sont toujours menacés par la famine. Le nombre de ceux classés en urgence humanitaire a même augmenté, cette catégorie étant la dernière sur l’échelle de la sécurité alimentaire avant la famine.
Après une longue période de recul, la faim dans le monde semble donc gagner de nouveau du terrain. Dans son rapport annuel sur la sécurité alimentaire et la nutrition dans le monde, publié vendredi 15 septembre, la FAO estime que le nombre de personnes sous-alimentées est passé de 777 millions de personnes, en 2015, à 815 millions, en 2016.
Les conflits internes conjugués parfois à des événements climatiques extrêmes expliquent, dans une majorité de cas, la résurgence des crises alimentaires. L’Afrique subsaharienne est toujours la zone la plus exposée avec un tiers de sa population qui souffre aujourd’hui d’insécurité alimentaire sévère.

D’après un article du Monde.fr

Le retour de la famine en Corée du Nord ?

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C’est évidemment le lancement réussi d’un missile balistique intercontinental par la Corée du Nord qui fait parler d’elle en ce moment, mais une nouvelle crise alimentaire s’annonce dans ce pays, due à la plus grave sécheresse en seize ans. L’ONU craint le retour de la famine, comme celle du milieu des années 1990, qui fit de 600 000 à un million de morts sur 24 millions d’habitants.
Les rations alimentaires des habitants de Corée du Nord viennent d’être officiellement réduites de 400 grammes de céréales à 300 g par jour, soit la moitié du minimum fixé par le Programme alimentaire mondial.
Selon les estimations de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), les récoltes pourraient chuter de 30 % cette année en raison de précipitations bien inférieures à la moyenne. Les provinces de Pyongan du Nord et du Sud ainsi que celle de Hwanghae, considérées comme le « grenier à riz » du pays, sont durement touchées, estime la FAO dans un rapport, publié le 19 juillet.
Cette chute de la production des denrées de base (riz, maïs, soja), conjuguée à la rareté de l’herbe pour le bétail, entraîne une grave détérioration de la situation alimentaire. Selon la FAO, en 2017, la RPDC devra importer 458 000 tonnes de céréales alors que le volume des importations officielles se situe à 200 000 tonnes. Il reste donc à trouver 258 000 tonnes pour éviter que les couches les plus vulnérables de la population (personnes âgées et enfants) ne soient durement affectées, alors que 2 personnes sur 5 souffrent déjà de malnutrition dans le pays.

Les famines dans l’histoire du monde

En cinquième, nous avons beaucoup parlé de sous-nutrition durant le chapitre de géographie sur le thème « nourrir l’humanité ». Voici quelques unes des famines avérées qui ont sévi sans le monde. La liste est évidemment plus longue.

441 avant J.C. Famine dans l’Italie antique

875 – 884. Rébellion de paysans en Chine à cause de la famine. La capitale de l’empire est prise d’assaut par les affamés.

800 – 1000. Sécheresses à répétition provoquant la mort de plusieurs millions de personnes dans l’empire Maya.

1031-1033. Une famine liée à de mauvaises récoltes et à de fortes pluies estivales frappe la France et l’Allemagne. Les historiens évoquent des cas d’anthropophagie et la présence de viande humaine sur les étals des marchés.

XIe siècle. Série de grandes famines en Inde.

1229 – 1232. La famine de Kangi, au Japon, est causée par des éruptions volcaniques.

1314-1318. Après les années de disette de la fin du XIIIe siècle qui débouchent sur une flambée du prix du blé, une grande famine dévaste l’Europe du Nord-Ouest.

1347. Une crise alimentaire touche l’ensemble du continent européen et décime les campagnes. Avec l’épidémie de peste noire déclenchée une décennie plus tôt, elle causera la mort de millions de personnes.

1528. Famine en France, dans le Languedoc.

1586. Famine en Angleterre qui a abouti à la création d’une « loi sur les pauvres ».

1618 – 1648. Série de famines causées en Europe par la guerre de Trente Ans.

1619. 21 grandes famines recensées au Japon

Vers 1690. Famine en Écosse qui a tué probablement 15% de la population.

1693-1694. Une pénurie alimentaire tue plus de 1,5 million de personnes en France, sur une population totale d’environ 22 millions d’habitants à l’époque.

1845-1851. La famine provoquée par la « maladie de la pomme de terre » (mildiou), combinée à la politique foncière du gouvernement britannique, entraîne la mort de plus de 1 million d’Irlandais (sur 8 millions d’habitants).

1876-1879. Entre 5 et 10 millions d’Indiens, en particulier dans le sud du sous-continent, meurent de faim des suites de la grande sécheresse et de l’inaction des autorités coloniales anglaises.

1931. Début d’une série de famines meurtrières dans les régions du Kazakhstan, de la Volga, du Kouban, et surtout en Ukraine. La famine ukrainienne fera près de 5 millions de victimes entre 1932 et 1933.

1943 : Une famine de grande ampleur a eu lieu au Bengale, une région de l’Inde.

1958-1961. La famine qui ravage la Chine après le « Grand Bond en avant », qui  a déstabilisé le système agricole, tue entre 15 et 30 millions de personnes.

Des années 1970 à aujourd’hui. Les continents asiatique et africain connaissent des famines et des crises alimentaires à répétition dues aux aléas climatiques, aux conflits armés et à l’inaction des autorités.
– Biafra (1968-1970),
– Ethiopie (1973-1974 ; 1984-1985 ; 1998-2000),
– Somalie (1991 – 1992 ; 2011 – 2012)
– Soudan (1998 ; 2016)
– Corée du Nord (1997),
– Bangladesh (1974).