Étiquette : La question des ressources alimentaires

La faim et l’insécurité alimentaire en 2018

La part de la population souffrant de la faim dans le monde progresse alors que nous produisons en théorie de la nourriture en quantité suffisante pour les 7,7 milliards d’habitants de notre planète. Selon le rapport annuel sur «L’état de la sécurité alimentaire dans le monde », publié lundi 15 juillet par plusieurs agences des Nations unies (FAO, OMS, PAM, Unicef), plus de 820 millions de personnes, soit 10,8 % de la population, étaient sous-alimentées en 2018. Un chiffre qui augmente de façon continue depuis 2015, compromettant un peu plus l’objectif «faim zéro» fixé d’ici à 2030.
Le nombre de personnes sous-alimentées dans le monde a au contraire presque retrouvé son niveau d’il y a dix ans.
Dans son dernier rapport, la FAO a mis au point un nouvel indicateur, appelé de très longue date par la société civile, qui mesure «l’insécurité alimentaire». Alors que la sous-alimentation est calculée selon un rapport calories/ dépenses énergétiques, l’insécurité alimentaire est une notion plus vaste qui fait référence à l’accès régulier à une nourriture saine, équilibrée et nutritive. Lorsque la sécurité alimentaire fait défaut, les personnes concernées font des compromis sur la qualité de leur alimentation, avec des conséquences en termes de carences nutritives, ou de surpoids et d’obésité.
Selon cette méthodologie et ces définitions, la FAO distingue deux niveaux d’insécurité alimentaire : l’insécurité alimentaire sévère, qui recoupe en grande partie la notion de faim, concerne 9,2 % de la population (un peu plus de 700 millions de personnes) ; l’insécurité alimentaire modérée, qui implique de faire des compromis sur la qualité de l’alimentation, affecte quant à elle 17,2 % des habitants, soit 1,3 milliard de personnes. En additionnant ces deux degrés, l’insécurité alimentaire touche 26,4 %, soit 2 milliards de personnes, qui n’ont pas accès à une alimentation saine et équilibrée.
Paradoxalement, les principales victimes de la faim sont les populations paysannes, agriculteurs et travailleurs journaliers. Les trois quarts des personnes souffrant de la faim dans le monde vivent dans les zones rurales. C’est en Afrique que la situation est la plus alarmante, avec une hausse de la sous-alimentation dans presque toutes les sous-régions continentales. En Amérique latine et dans les Caraïbes, les taux augmentent également, avec une explosion au Venezuela due à l’instabilité économique et politique du pays. L’insécurité alimentaire touche par ailleurs tous les continents, y compris les pays les plus riches : 9 % des Européens et Nord-Américains étaient concernés en 2018.
Les pays où la faim augmente le plus ne sont pas les plus pauvres, mais des pays à revenus moyens, très fortement dépendants des im- portations et exportations. Le rapport montre notamment que 54 % des pays où la sous-alimentation a augmenté ces dernières années sont des pays dépendants des marchés internationaux de matières premières, principalement alimentaires. C’est directement la conséquence des politiques menées depuis les années 1990 sur la spécialisation de certains pays sur des monocultures agricoles, comme le cacao en Côte d’Ivoire, le coton au Burkina Faso, l’huile de palme en Indonésie et en Malaisie, ou le soja et le maïs en Amérique latine. En se spécialisant de la sorte, ces pays ont fragilisé leur structure économique et se trouvent beaucoup plus exposés à l’évolution des prix.

D’après un article du journal Le Monde du 17 juillet.

Le retour de la famine en Corée du Nord ?

Peuplée de 25 millions d’habitants, la Corée du Nord est menacée par la famine alors que 43 % de la population souffre déjà de malnutrition. Selon un récent rapport conjoint du Programme alimentaire mondial et de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, le pays a en effet enregistré l’an passé une récolte en baisse de 12 %, la pire depuis 2008.
Cette situation inquiétante pourrait s’aggraver dans les prochains mois à cause de la sécheresse, jugée la plus sévère depuis 37 ans, selon les autorités nord-coréennes.
Depuis janvier, le régime a réduit les rations de nourriture distribuées à sa population à 300 grammes par jour, contre 380 l’an passé, laissant craindre une prochaine crise humanitaire et ravivant le souvenir de la grande famine des années 1990 qui a fait jusqu’à un million de morts, au lendemain de la chute de l’URSS.
Il est très possible toutefois que le dictateur nord-coréen accentue l’ampleur réelle des difficultés actuelles dans le cadre de sa campagne diplomatique en faveur de la levée des sanctions internationales.

D’après un article du journal Le Figaro du 29 mai.

Ceux qui nous nourrissent

A l’heure où il est de bon ton de critiquer notre modèle agroalimentaire et de défendre les droits des animaux, il ne faudrait pas oublier non plus que des humains travaillent à nous nourrir et qu’ils ne maitrisent pas toutes les données du problème, loin de là.
Les deux extraits vidéos ci-dessus sont issus du documentaire « Nourrir les hommes » de la série Infrarouge.

La révolte du pain au Soudan

Carte-Soudan

A cause de l’inflation (70%), de la chute de la livre soudanaise face au dollar et de la fin des subventions sur la farine, le prix du pain a été triplé au Soudan depuis janvier 2018, passant de 1 à 3 livres soudanaises (2 à 6 centimes d’euros). Des manifestations ont éclaté sur l’ensemble du territoire et se sont multipliées cette dernière semaine, réprimées par la police qui a tiré sur la foule, faisant au moins 37 morts.
Dirigé par un dictateur depuis 1989, le pays disposait d’importantes réserves de pétrole jusqu’à l’indépendance du Soudan du Sud, en 2011. Mais avec la séparation, le Soudan s’est retrouvé amputé des trois quarts de ses ressources. Autrefois gros exportateur agricole, le pays importe désormais des millions de tonnes de blé et d’autres céréales. Peuplé de 41 millions d’habitants, le Soudan est l’un des pays les plus pauvre du monde avec un IDH de 0,502, le plaçant au 180e rang mondial.

De terribles images pour une vraie information

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En publiant ces images atroces d’enfants mourant de faim au Yémen, le New York Times rompt avec la retenue habituelle à ce sujet dans de nombreux médias. Mais le quotidien veut susciter une prise de conscience en profitant de l’écho donné aux bombardements saoudiens au Yémen (pour mieux comprendre ce qui se passe , vous pouvez lire cet article datant de janvier 2018 ou regarder la vidé ci-dessous) par le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi, le 2 octobre, au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul.
Dans une tribune jointe à l’article, le journal a justifié ainsi sa démarche. « L’assassinat d’un seul homme a davantage attiré l’attention de la planète que la catastrophe en cours au Yémen », ont déploré le journaliste Eric Nagourney et le rédacteur en chef des pages internationales du New York Times, Michael Slackman. « Ces images révèlent l’horreur qu’est le Yémen aujourd’hui. Vous pouvez choisir de détourner le regard. Mais nous avons estimé que cette décision vous appartenait » ajoutent-ils.

D’après un article du Monde.fr

Carto n°47

 

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DOSSIER ALIMENTATION : Un commerce mondialisé sous tensions

L’ACTUALITÉ VUE PAR LES CARTES
• Démographie française : vers la fin d’une exception en Europe ?
• Mémoire en Pologne : que reste-t-il du nazisme ?
• Pakistan : entre défis internes et pression internationale
• La Libye post-Kadhafi : terre de tous les trafics
• La Guinée équatoriale : entre tyrannie et pauvreté
• La Ghouta : l’ancien « poumon vert » de Damas dans l’enfer
• Golfe Persique : bataille navale entre l’Arabie saoudite et l’Iran
• Alerte planétaire sur le niveau des eaux océaniques

Enjeux internationaux : Carte détachable
• L’accès (compliqué) aux études supérieures

HISTOIRE
• Retour sur… La guerre froide : un conflit global et multiforme
• Les grandes batailles : La guerre du Rif, de 1911 à 1926