Étiquette : La question des ressources alimentaires

La concurrence entre urbanisation et agriculture

Une récente étude de la revue américaine Proceedings of the National Academy of Sciences montre que la croissance des zones urbaines, en grignotant peu à peu les champs proches des villes, pourrait faire disparaître entre 1,8 et 2,4% des terres cultivées dans le monde. Entre 2000 et 2030, le chiffre de la population urbaine mondiale devrait doubler (de 2,6 milliards à 5 milliards de personnes), et la surface des zones urbaines tripler.
Ce grignotage, s’ajoutant aux effets du changement climatique et de l’augmentation de la population, pourrait donc poser des problèmes pour la sécurité alimentaire.
80% de ces pertes de terres concerneront l’Asie et l’Afrique, en raison de l’urbanisation rapide. Or, sur ces deux continents, une grande partie des terres agricoles périphériques menacées de disparition sont deux fois plus productives que les moyennes nationales. D’après les projections de l’étude, les zones les plus touchées devraient être l’Egypte, le Nigeria, les pays autour du lac Victoria en Afrique et l’Est de la Chine et concerneront des terres produisant du maïs, du riz, du soja et du blé, pierres angulaires de la sécurité alimentaire mondiale. Par exemple,, en raison de l’urbanisation au Nigéria, 17% de la production de riz et 12% de la production de maïs serait mise à mal. L’Egypte perdrait aussi plus de 40% de son riz et plus de 60% de son maïs.

D’après un article de Slate.fr

Le gaspillage alimentaire en France

Alors que nous venons de terminer le chapitre sur la gestion des ressources alimentaires en cinquième, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie publie une étude montrant que dix millions de tonnes de nourriture sont jetées chaque année en France, soit l’équivalent de 16 milliards d’euros et de 15,3 millions de tonnes de CO2.
Les 15,3 millions de tonnes de dioxyde de carbone représentent 3 % de l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre de la France, ou encore cinq fois les émissions du trafic aérien intérieur et un tiers de celles émises par le parc de voitures individuelles.
L’ensemble du gaspillage et des pertes ne sont pas concentrés sur la seule phase de consommation. Producteurs, transformateurs, distributeurs, restaurateurs, ménages, tous les acteurs sont concernés. Sur les 10 millions de tonnes perdues et gaspillées par an, 33 % le sont lors de la consommation, 32 % de la production, 21 % de la transformation et 14 % de la distribution.
Le gaspillage s’explique en grande partie par la prééminence de normes sociales et hygiénistes (ne pas utiliser les restes pour éviter une intoxication, servir à des convives un repas suffisamment généreux, pour le distributeur avoir une offre abondante…).

D’après un article du Monde.fr

Un autre article du Monde propose des solutions pour lutter contre le gaspillage ici.

L’autosuffisance alimentaire des villes, une utopie ?

la ville d’Albi, dans le sud – ouest de la France, a officialisé début 2016 l’objectif de parvenir à l’autosuffisance alimentaire à l’horizon 2020, ce qui serait une première en France pour une ville de 50 000 habitants. Cette idée vise surtout à favoriser les circuits courts pour atténuer le bilan carbone de la ville mais aussi sécuriser les approvisionnements en cas de crise alimentaire.
Pour cela,la production agricole dans un rayon de 60 km devra d’abord être en capacité de répondre aux besoins de la population en associant les grandes surfaces, incitées à se fournir localement.
Une vaste friche verdoyante non constructible de 73 hectares, située à une quinzaine de minutes de vélo du centre-ville est également devenue un laboratoire municipal d’agriculture urbaine. La mairie y est prioritaire pour racheter les terrains qu’elle loue ensuite en petites parcelles d’environ un hectare à des maraîchers volontaires, qui se lancent dans la profession.
Le loyer est raisonnable (70 euros par hectare et par an) mais en échange les exploitant s’engagent à produire bio et les clients doivent être locaux, en circuit court: paniers, vente en ligne, écoles…
En plus ce cette friche, les plantes comestibles partent à la conquête de la ville et réinvestissent l’espace public pour pouvoir être cueillis librement. Des bénévoles sont à l’initiative de plantations aux coins des rues, en accord avec la mairie.
La réhabilitation des jardins ouvriers et des potagers délaissés chez les personnes âgées sera la prochaine étape. Une plate-forme Internet devrait bientôt voir le jour pour mettre en relation des jardiniers volontaires et les propriétaires noyés sous les mauvaises herbes. Une manière de ne laisser aucun carré de terre à l’abandon.

D’après un article du Figaro.fr

Un million d’enfants mal nourris en Afrique

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Le fonds des Nations Unies pour l’enfance a déclaré que près d’un million d’enfants souffrent de grave malnutrition en Afrique de l’est et australe. L’Unicef rappelle de son côté que la malnutrition sévère est responsable de la plupart des décès d’enfants de moins de cinq ans dans le monde.
Cette situation a pour cause principale la sécheresse qui touche actuellement le continent et qui devrait s’aggraver à cause du phénomène climatique baptisé El Niño, qui connaît cette année une forte intensité. Il met en péril les plantations qui ont démarré avec deux mois de retard dans certains pays. Les récoltes de maïs en souffrent, faisant notamment augmenter les prix de 73% au Malawi. Il faudra deux ans aux pays touchés pour se remettre de la sécheresse si les conditions agricoles s’améliorent dans la seconde moitié de l’année. À plus court terme, la saison des pluies s’achève normalement au mois d’avril, laissant ensuite place à cinq mois de saison sèche. Ces prévisions laissent donc entrevoire une aggravation de la situation d’ici à la fin de l’année.
Le Lesotho, le Zimbabwe et plusieurs provinces sud-africaines ont déjà déclaré l’état de catastrophe naturelle. Au Malawi, les cas sévères de malnutrition ont bondi de 100% entre décembre 2015 et janvier 2016. En Éthiopie, le nombre de personnes qui devraient avoir besoin d’aide alimentaire est susceptible d’augmenter de 10 millions à 18 millions d’ici la fin de 2016.
Parmi les 49 millions d’habitants de cette région qui auront besoin d’aide dans les prochaines années, les très nombreux enfants vont être exposés à des risques de famine, de pénurie d’eau et de maladies comme le choléra.

D’après un article du Figaro.fr

« Il y a vingt fois plus d’utilisateurs de smartphones que d’enfants souffrant de la faim »

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C’est ce que rappelle l’application « Share the meal«  sur sa page d’accueil. L’application pour smartphone propose donc d’appliquer à la lutte contre la malnutrition les techniques du micro-financement participatif : une fois téléchargée sur son téléphone, l’application permet de faire un don de 40 centimes, par carte ou par paypal, ce qui se révèle suffisant pour financer le repas d’un enfant. D’autres montants de dons sont également proposées.

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L’application a été testée avec succès en Allemagne, en Autriche et en Suisse depuis le début du mois de juillet : 120 000 personnes ont utilisé le système ce qui a permis de distribuer 1,8 million de repas. Pour l’instant, les fonds récoltés sont versés au Programme alimentaire mondial et ils ont bénéficié aux enfants du Lesotho, un des pays les plus pauvres d’Afrique.
C’est à Berlin que Sebastian Stricker et Bernhard Kowatsch ont développé le projet. Avant de lancer « Share the meal« , Sebastian Stricker avait effectué des missions pour le Programme alimentaire mondial et travaillé pour la Fondation Bill Clinton.

D’après un article du Figaro.fr