Catégorie : Orientation

Les sénateurs découvrent les problèmes d’orientation !

Après un an de travaux, la mission d’information du Sénat sur l’orientation en vient à cette conclusion, rendue publique mercredi 29 juin : « Fondée sur les résultats scolaires obtenus dans les matières générales, l’orientation s’assimile à une mécanique de tri des élèves dans des filières strictement hiérarchisées et compartimentées. » Aux bons collégiens le lycée général, la série scientifique avec la possibilité de retarder le plus tard possible leur choix de spécialisation au lycée voire au-delà . Aux plus faibles – majoritairement issus de milieu modeste –, les filières les plus déconsidérées du lycée professionnel pour lequel il leur est souvent demandé de choisir un métier dès l’âge de 14 ou 15 ans. Beaucoup, au final, sont orientés, plus qu’ils ne s’orientent..
Au collège et au lycée, le conseiller d’orientation-psychologue est peu présent selon le rapport. Partagé entre le Centre d’orientation et d’information et ses permanences dans plusieurs établissements, il ne passe en moyenne qu’une demi-journée par semaine dans un collège ou un lycée et avec un ratio d’un conseiller pour 1 300 élèves, ceux-ci n’ont guère le temps de les connaître. Quant aux enseignants, le rapport indique qu’ils ne sont ni formés au conseil en orientation, ni initiés à la diversité des métiers, ni même parfois prompts à exercer cette mission, bien qu’ils perçoivent une prime spécifique, l’indemnité de suivi et d’orientation des élèves.
Conséquence : bien des élèves n’ont pas de projet d’orientation le moment venu des conseils de classe du 3e trimestre, au cours desquels les décisions d’orientation sont prises. Les jeunes en difficulté se voient souvent orientés au lycée professionnel, dont l’affectation dans une spécialité dépendra en partie des places disponibles. Si certaines formations exigent de bons résultats (parfois meilleurs que pour accéder à la voie générale), reste qu’une bonne partie des élèves, les plus faibles, sont le plus souvent affectés contre leur gré dans des spécialités qui, outre qu’elles ne les intéressent pas, offrent généralement les débouchés professionnels les plus faibles.
Pour changer cela, le rapport préconise que dans les établissements, l’orientation devienne l’affaire de tous. Les professeurs seraient formés au conseil en orientation et découvriraient le monde professionnel au travers d’un stage d’une durée d’un mois dans les premières années de leur carrière. Les COP, eux, recentreraient leurs missions sur le suivi psychologique des élèves en difficulté.
Si le rapport salue la création, à la rentrée 2015, d’un parcours avenir au collège, instauré dans le cadre de la refonte des programmes, les sénateurs déplorent que ce parcours ne dispose pas d’horaire dédié. Pour le rendre effectif, ils proposent de lui allouer une heure par semaine. Dans ce parcours serait maintenu le fameux stage de 3e, mais dans une forme rénovée : plusieurs mini-stages dans des secteurs d’activité différents (par exemple trois séquences de deux jours) pour donner aux élèves un aperçu plus large des métiers. Au lycée serait instauré un stage plus long.
Autre proposition : en fin de 3e, l’affectation des élèves prendrait en compte non seulement les notes dans les disciplines générales, mais aussi la motivation des élèves, leurs compétences, les qualités requises pour exercer tel métier. Au lycée, un « droit à l’erreur » serait rendu possible par le développement de stages passerelles, de stages de remise à niveau pendant l’été et de « parcours montants » pour passer d’une voie à une autre sans perdre une année.

D’après un article du Monde.fr

Un site pour le stage professionnel de troisième en Seine – Maritime

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Le Conseil Départemental de Seine – Maritime a mis en place une plateforme dématérialisée facilitant la recherche de stages d’observation obligatoires pour les collégiens de 3ème.
Cette plateforme, qui est également un moyen de mettre en lumière les différents métiers de l’artisanat du territoire est accessible à l’adresse suivante :
www.monstagede3e-seinemaritime.fr

Redoubler, un mot qui va disparaître du dictionnaire ?

Si les collégiens et lycéens disent bien percevoir bien les effets négatifs du redoublement, ils restent pourtant très attachés à cette pratique. Près de 70 % sont opposés à sa suppression, selon une étude du Conseil national d’évaluation du système scolaire, publiée ce mardi 27 janvier.
Parmi les 5 600 élèves interrogés, Les trois-quarts des lycéens souhaitent que le redoublement soit conservé, contre les deux-tiers des collégiens.
Si l’attachement au redoublement est encore plus prononcé chez les lycéens, c’est qu’ils y voient une stratégie d’orientation, un moyen de retenter sa chance quand on n’a pas obtenu la filière demandée.
Cependant le redoublement est perçu par les élèves comme une « pratique à risques » sur le plan psychologique : 64 % des collégiens et des lycéens interrogés estiment qu’il démotive et diminue la confiance en soi, 59 % qu’il entraîne un sentiment d’infériorité. 76 % craignent, s’ils devaient redoubler, de ne plus être avec leurs amis, 77 % de décevoir leurs parents.
Du côté des élèves redoublants, seuls 48 % se disent « satisfaits » de cette décision. 57 % auraient préféré des examens de rattrapage et 53 % des cours de soutien. Surtout, beaucoup d’élèves disent l’avoir mal vécu : 59 % ont trouvé l’année du redoublement ennuyeuse ; 62 % étaient tristes de ne plus être avec leurs amis. Un tiers dit avoir eu envie d’arrêter l’école.

Rappelons que selon un décret de novembre 2014, le redoublement doit maintenant être limité à deux situations : soit en cas de « rupture des apprentissages scolaires » (maladie, raisons familiales par exemple), soit en fin de troisième et de seconde, lorsqu’un élève n’a pas obtenu l’orientation qu’il souhaite. Dans tous les autres cas, le passage d’office dans la classe supérieure sera la règle.

D’après un article du Monde.fr

Revoilà l’école…

Comme nombre de ses prédécesseurs, Vincent Peillon a promis de limiter la pratique du redoublement qui toucherait  28 % des moins de 15 ans en France, martelant depuis le début de l’année, vouloir la réduire de moitié sur le quinquennat. Des consignes claires seront données sur le sujet, a-t-il ensuite précisé en janvier dernier. La loi de refondation sur l’école, votée en juillet 2013, a même inscrit désormais le caractère «exceptionnel» de cette pratique. «Il convient de poursuivre la réduction progressive du nombre de redoublements, car il s’agit d’une pratique coûteuse (8000 euros par redoublement au collège, plus de 10.500 euros au lycée), plus développée en France que dans les autres pays et dont l’efficacité pédagogique n’est pas probante», précise le texte.

Il s’agit d’économiser plus de deux milliards par an et de remplacer le redoublement par des solutions alternatives. C’est d’ailleurs ce que souhaitent les parents : selon un sondage de décembre 2012, si le redoublement reste une bonne chose pour 62 % des parents, 77 % d’entre eux pensent qu’il peut être remplacé par d’autres pratiques.

Il s’agit d’organiser les acquisitions sur trois ans, un temps plus continu et plus long que celui de l’année scolaire, afin de permettre à tous les enfants de progresser à leur rythme. Il faut envisager des parcours différenciés, explique l’historien de l’éducation Claude Lelièvre (dont vous pourrez lire ici la réponse à l’article de Mme Polony que j’évoquais ) . Et pour Éric Charbonnier, expert à la direction éducation de l’OCDE, «il faut agir sur la formation des enseignants. Ces derniers doivent être préparés à travailler avec des groupes d’élèves de niveaux différents».

Euh, monsieur Charbonnier, descendez de votre bureau, les enseignants travaillent déjà, et depuis longtemps, avec des groupes d’élèves de niveaux différents !

Je m’interroge : est-ce la proximité des élections municipales qui fait revenir l’école et l’éducation dans l’actualité ?