Étiquette : Civils et militaires durant la Première guerre mondiale

Séquence de 3e : Civils et militaires dans la Première Guerre mondiale

L’activité de découverte va consister à déchiffrer et transcrire une lettre de soldat puis d’évoquer grâce à elle le travail de l’historien comme indiqué ici. Ensuite, les élèves travailleront en autonomie (ou presque !) sur les activités ci-dessous :

Génocide arménien

Les civils dans la guerre totale

Les phases de la guerre

Les révolutions russes

Une paix durable

J’ai trouvé ces activités sur internet (je ne me souviens plus où pour le moment) et je les ai parfois modifiées légèrement. En raison de la situation sanitaire, nous avons préféré, mes coll!ègues et moi, annuler le voyage prévu au Mémorial de Péronne. a la place, je vais organiser au collège  une exposition d’objets de la Première Guerre mondiale issus de ma collection. En travail à la maison, je demanderai aux élèves de choisir un objet et de faire des recherches dessus pour le présenter oralement ensuite à leurs camarades. Comme nous travaillons  en français et en histoire conjointement sur le thème des lettres de soldats dans une classe de troisième, l’évaluation de fin de chapitre comportera du français et de l’histoire et sera évaluée à quatre mains.

 

 

Mise en contexte du film 1917

En cette fin d’année, je passe aux derniers élèves de troisièmes présents le film 1917, de Sam Mendès, en leur demandant de noter ce qui leur semble peu historique ou réaliste. Ils ont facilement vu le côté artificiel, irréaliste et esthétique de la scène de nuit dans le village d’Ecoust (qui se prononce Ecout et non Ecouste comme entendu dans le film). De même, la chute de l’avion allemand dans la ferme les a laissé sceptique. J’en ai profité pour situer l’action du film dans la chronologie et dans le théâtre des opérations.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

L’action du film se déroule durant l’Opération Alberich, le repli stratégique des Allemands vers la ligne Hindenburg construitehors de la vue des Alliés d’octobre 1916 à mars 1917. Les deux localités évoquées dans le film sont Ecoust-Saint-Mein, occupée par les Allemands, et Croisilles où se trouve le bataillon britannique prêt à attaquer lors de ce qui fut appelé la bataille de Bullecourt.

Parallèlement aux préparatifs de la grande attaque des 1re et 3e armées britanniques devant Arras, prévue début avril 1917 en prélude à l’offensive française sur le Chemin des Dames, le général Gough, chef de la 5e armée britannique à laquelle appartenaient quatre divisions australiennes, proposa un assaut complémentaire sur un secteur étroit du front, entre deux points forts de la « ligne Hindenburg », établis dans les villages de Bullecourt et Quéant. Une préparation d’artillerie, destinée à tracer un chemin à travers les lignes de barbelés ennemies, avait été initialement prévue. Mais informé des succès initiaux de l’assaut britannique devant Arras, le 9 avril, le général Gough décida de modifier ses plans et d’avancer son attaque ; il comptait sur les chars pour franchir les barbelés.

Après un premier report le 10 avril, en raison du retard des chars, l’attaque fut déclenchée à l’aube du 11, à 4h45. Les Australiens quittèrent l’abri d’un remblai de chemin de fer et se dirigèrent, à découverts, vers les lignes allemandes. Seuls onze chars les accompagnaient et ils ne jouèrent aucun rôle significatif dans le combat. Les assaillants furent soumis au feu des mitrailleuses et de l’artillerie allemande et les pertes furent immédiatement élevées : les plus avancés éprouvèrent de grandes difficultés à franchir les ceintures de barbelés, beaucoup s’y empêtrèrent et se firent tuer. Seule une faible partie des unités parvint à s’emparer de portions de la première ligne allemande après des combats à la grenade. Le nombre insuffisant d’hommes et de munitions interdisait cependant toute poursuite vers la seconde ligne et les Australiens furent alors soumis à un tir d’artillerie intense et exposés à une contre-attaque allemande des soldats de la 27e division wurtembergeoise, qui sortirent, indemnes, des abris profonds de la seconde ligne. Le repli des troupes alliées fut inévitable et seule une minorité des Australiens parvint à regagner sa position de départ, après un combat qui avait duré 8 heures. La 4e brigade australienne avait perdu 2229 hommes sur 3000.


Une seconde bataille de Bullecourt se déroula quelques semaines plus tard, le 3 mai 1917. Les Britanniques reprirent alors le village de Bullecourt, mais mais sans aller au-delà, au prix de 7000 morts de plus. Le village fut repris ensuite par les Allemands en mars 1918.

Le véritable cours d’eau passant à Ecoust…

Le film n’a pas été tourné sur place pour des raisons pratiques, les terres autour des villages français étant encore parsemées de munitions et des dépouilles de soldats non retrouvés. Mais en recréant cette partie de l’Arrageois au Royaume-Uni, le réalisateur a pris des libertés avec la géographie : le héros de 1917 se jette à Ecoust dans des rapides qui débouchent sur une vertigineuse cascade ! Or, ce type de cours d’eau n’existe pas dans le village : le « Fossé aux Eaux Sauvages » des cartes n’est qu’un petit ruisseau. De même, le héros franchit un pont détruit au-dessus d’un canal pour rejoindre Ecoust-Saint-Mein. Or le canal du Nord passe à quelques kilomètres du village et n’a été mis en service que dans les années 1960.

 

Albert Londres raconte la Première Guerre mondiale

Pendant les premiers mois de la Grande Guerre, Albert Londres fut correspondant militaire sur le front français pour Le Petit Journal, l’occasion pour lui, selon une de ses formules, de  » porter la plume dans la plaie « . Il écrivit sur les soldats et les combats dans un style lyrique, où souffle un patriotisme cependant lucide. Les éditions  Autrement Dit propose une quinzaine de ses chroniques dans un CD dont certaines sont directement utilisables en troisième ou en première.

Pour visiter virtuellement le mémorial de Verdun

Le mémorial de Verdun propose un parcours virtuel de ses collections, via une succession de panoramas à 360°, pour se mettre dans les pas des combattants de la célèbre bataille qui fit 700 000 victimes. Riche d’une vingtaine de séquences, ce parcours  interactif mène le visiteur dans les tranchées des deux camps. Ponctuée d’animations sonores et de nombreuses explications historiques, l’exposition évoque les conditions extrêmes des soldats confrontés en permanence aux sifflements des balles et aux explosions des obus, à l’omniprésence de la mort, à la promiscuité avec les cadavres, sans oublier les morsures du froid et de la faim.
Cette visite virtuelle propose deux formules. Une première, gratuite, présente cinq séquences et une seconde payante donnant accès à l’intégralité des panoramas. Contre trois euros, le visiteur bénéficie alors d’un accès illimité pendant une semaine pour effectuer la visite à son rythme. La visite est accessible depuis ce lien.

Vivre à Fontenay durant la Première guerre mondiale

Capture d’écran 2020-04-24 à 09.39.18

La ville de Fontenay a publié un numéro spécial du bulletin municipal  à partir des archives collectées auprès des habitants. Cette publication offre une photographie de ce qu’était Fontenay durant la Première Guerre mondiale et un aperçu de la vie de ses habitants, qu’il s’agisse des soldats au front (3500 hommes de la commune aont été mobilisés dont 621 ne sont pas revenus) ou des civils.

Une introduction au chapitre sur la Première Guerre mondiale pour l’an prochain

« La guerre. Depuis son enfance, Jerphanion vit sous la malédiction de la guerre. Quand il avait six ans, de quoi lui parlait-on à l’école du village ? du système métrique ; mais aussi de l’Alsace-Lorraine et de Reischoffen. Peu de temps après avoir compris ce que c’était que le diable, il a connu le nom de Bismarck. Entre camarades, Prusco était encore une terrible injure. Les couvertures de ses cahiers d’écolier lui montraient Mac-Mahon, Chanzy, Faidherbe. Dès qu’il y pense, il sent monter du souvenir de ces pages coloriées, avec l’odeur du papier, une odeur d’amertume, de défaite. Sous une effigie de cavalier à bicorne, une notice vantait une pauvre victoire locale : Coulmiers, Bapaume. Même un enfant de six ans percevrait ce qu’il y avait d’aigre et de lamentable dans ces consolations. Quand on levait le nez de son pupitre, c’était pour contempler la carte de France, dont le jaune ou le vert auraient été si gais, sans cette épaisse tache gris-violâtre collée contre le renflement des Vosges. On croyait voir voleter dans la classe, comme une paire de chauves-souris, la double coiffe noire des provinces perdues. L’enfant du Velay n’osait pas se réjouir de l’air de ses montagnes. Le livre de lectures lui contait des histoires de Francs-tireurs, de siège de Paris, de charges à la baïonnette. La leçon de récitation lui faisait apprendre le Clairon de Déroulède, des pages de l’Année terrible. Jerphanion revoit encore tous ces képis coniques, toutes ces longues barbes, toute cette cohue à la fois militaire et faubourienne, tout ce Second Empire finissant dans la crasse et le désordre, que les vignettes de ses livres l’aidaient a évoquer, et qu’il retrouvait jusque dans les assiettes à dessert des fêtes de famille. Car au moment où l’on remplissait les verres de vin de liqueur, où les grandes personnes se mettaient à parler toutes ensemble et très haut, l’enfant, en déplaçant un petit four, découvrait la bataille de Champigny, un bivouac de l’armée de l’Est, Gambetta dans la nacelle de son ballon. Et quand c’était l’heure de jouer, il y avait toujours un vieux radoteur à barbiche impériale, pour vous dire, en vous tapotant la joue : « Toi, mon petit, tu seras de la génération de la revanche. » »

J’ai trouvé cette citation de Jules Romain, tirée du roman Le 6 octobre, premier volume de la série Les Hommes de bonne volonté, sur le blog (e)space & fiction. Elle est utilisable en troisième, en ouverture de chapitre sur la Première Guerre mondiale pour faire le lien avec le programme de quatrième.