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L’autre professeur Louis Poirier

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Louis Poirier est un jeune professeur d’histoire – géographie d’Aubervilliers qui possède le don de se transporter dans le passé sous le coup de l’émotion.
Lors d’une visite scolaire au Louvre, fasciné par la statue du scribe assis, il se retrouva projeté au XIVe siècle avant Jésus-Christ. Devenu le scribe Hapy, il raconte la vie à la cour de Thèbes et tente de dénouer les complots contre le pharaon Toutankhamon.

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Difficile, à la lecture du prologue de ce roman, de ne pas voir de lien entre le personnage de Louis Poirier inventé par Jean – Claude Laurent, pseudonyme choisi par Jean-Claude Perrier et Laurent Lemire pour écrire ce roman historique (tiens, tiens…), et le professeur Louis Poirier, mieux connu comme l’écrivain Julien Gracq.

J’ai commandé ce livre aussitôt découvert. Il rejoindra la bibliothèque de la classe après lecture. Il semble que ce soit le premier d’une série qui pourrait m’inspirer pour les gardiens de l’histoire.

Une tombe pour un bateau égyptien ?

Pour les égyptologues, Sésostris III est connu comme le premier à avoir opté pour une autre forme de tombeau que les pyramides,qui disparaîtront définitivement environ un siècle plus tard. Situé dans le centre du pays, à Abydos, sa tombe est pour la première fois entièrement souterraine, et semble annoncer celles de la Vallée des Rois, construite sur ce modèle.

C’est à une soixantaine de mètres de l’enceinte de ce tombeau qu’au début du XXe siècle, un archéologue britannique avait découvert un édifice enterré. Mais l’effondrement de la voûte de celui-ci avait stoppé ses recherches, lui laissant tout de même le loisir d’apercevoir quelques graffitis de bateaux sur ses murs. Il ne revint pas sur les lieux, et la découverte disparut pendant plus d’un siècle sous le sable.
Ce n’est qu’en 2014 que les fouilles reprirent. Une équipe d’archéologues menée par Josef Wegner, de l’université de Pennsylvanie, finit par retrouver l’endroit. Ils mirent alors au jour une grande salle souterraine voûtée, large d’environ quatre mètres et longue de vingt. La construction, en briques crues enduites, est très soignée. Les briques ont la même taille et la même composition que celle de l’enceinte du tombeau de Sésostris III. Ses constructeurs l’avaient visiblement conçu pour qu’il soit totalement dissimulé sous le sable.
En mettant au jour la salle, ils constatent qu’elle est littéralement constellée de graffitis de bateaux. Il y en a 120, et encore, de grands pans de l’enduit des murs sur lequel les dessins sont gravés ont disparu. À première vue, il ne semble pas s’agir pas d’une décoration planifiée à l’avance, mais de dessins sans ordre immédiatement apparent. Et sans doute l’œuvre de plusieurs mains. Plusieurs types d’embarcations sont dessinés, qui vont de simples barques à des bateaux plus équipés avec mâts, voiles, gréements, cabines, roufs, gouvernails, ou encore rames et rameurs. Certains dessinateurs ont visiblement le souci du détail, alors que d’autres se bornent à esquisser coque et cabine en quelques traits.
Que contenait cette salle ? Probablement un bateau. Pas seulement à cause des dessins. Mais aussi parce que les Égyptiens en ont creusé le sol, façonnant un réceptacle parfait pour accueillir la coque d’un bateau d’une vingtaine de mètres de long. Devant l’entrée, ils ont aussi aménagé une rampe en pente douce, sans doute pour l’installer plus facilement. Sur cette rampe, les Égyptiens ont déposé et aligné soigneusement des dizaines de jarres, à l’envers. Les archéologues les ont découvertes pratiquement toutes intactes. Ce qui implique probablement que les Égyptiens les ont ensevelies tout de suite après les avoir déposées. En d’autres termes, elles faisaient peut-être partie du rituel d’enfouissement du bateau. La plupart ne semblaient pas fermées, à part quelques-unes qui portent les traces d’un bouchon en terre crue. Elles ne contenaient sans doute que de l’eau.
La tombe à bateau n’est pas seule. À une dizaine de mètres et alignés avec elle, se trouvent quatre autres édifices un peu plus petits. Ils sont également en briques crues recouvertes d’un enduit blanc. Tous ressemblent à des puits rectangulaires de quelques mètres de profondeur, l’un assez long (cinq mètres environ). Quant au quatrième édifice, son puits permet d’accéder à une petite salle voûtée. Il ne s’agit sans doute pas d’une tombe, elle n’en a pas les proportions. Josef Wegner pense que ces cavités contenaient peut-être d’autres objets provenant du bateau : gréement, voiles, rames, etc.

Cet édifice ressemble beaucoup à un autre fouillé par une équipe française à la fin du XIXe siècle : même cavité souterraine, même voûte, même largeur et presque même longueur. Pas de dessins sur les murs, mais cinq barques d’une dizaine de mètres de long, ainsi qu’une sorte de traîneau ayant visiblement servi à les amener jusque-là, à travers le désert. Elles pourraient avoir servi pour des cérémonies funéraires. Elles étaient peintes en blanc et rouge, d’un revêtement qui n’aurait pas persisté longtemps au contact de l’eau. Ce qui implique qu’elles n’ont guère navigué.

Ci-dessous, les pages relatant la découverte en 1895 :

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Article rédigé d’après celui du blog Dans les pas des archéologues.

Un repas hittite

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Alacahöyük est un site archéologique du néolithique et est le premier endroit a être fouillé à l’échelle nationale en Turquie. Les fouilles ont commencé en 1907 et en 1935, Mustafa Kemal Atatürk, le fondateur de la République de Turquie, donne à nouveau des fonds pour les fouilles.

Un membre de l’équipe de fouilles actuelle, de l’université d’Ankara, a préparé un menu spécial hittite d’après les découvertes archéologiques effectuées (plus de 100 noms de pâtisseries ont été trouvés sur les tablettes hittites par exemple). Au cours des fouilles, de l’huile d’olive, du miel, des breuvages et des légumes ont aussi été trouvés.
La nourriture a été cuisinée en imitant les conditions de l’époque : les anciens habitants ont écrit qu’ils mangeaient de la viande froide, des oignons cuits et du pain lors d’un jour de fête. Ils n’utilisaient pas de levure pour faire du pain ou le faisaient cuire dans des fours humides. L’équipe a essayé de le faire avec du blé pilé et non de la farine tamisée.
Les aliments expérimentaux ont été cuits en utilisant les instructions trouvées sur d’anciennes tablettes: le sarrasin a été écrasé avec des pierres et les archéologues n’ont pas utilisé d’ustensiles de cuisine si ce n’est un couteau.

Alacahöyük'te 4 bin y¹ll¹k Hitit yemekleri piºirildi

Voici quelques préparations tirées du menu hittite photographié ci-dessus :

Les pains:
– Ninda.imza (avec assaisonnement)
– Mulati (fait à partir d’orge)
– Ninda.gur.ra (avec fromage et figue)
– Ninda purpura (petit pain)
– Ninda.ku (pain sucré)

Nourriture:
– Beurre d’abricot
– Beruwa au concombre (beruwa est le nom pour la purée. Il en existe toute une variété)
– Beruwa aux pois chiche
– Happena (un ragoût de viande, d’huile d’olive et de miel)
– Kariya (cœur et foie d’agneau grillés)
– Viande froide
– Sandwiches (selon les tablettes hittites, les sandwiches étaient faits avec de la viande cuite et des oignons)

Du nouveau sur Gilgamesh

Epopée de Gilgamesh de nouvelles lignes manquantes découvertes dans un musée irakien-1

Le musée Sulaymaniyaha, en Irak, a acquit une tablette achetée avec d’autres à un contrebandier en 2011. La collection se composait d’environ 90 tablettes de différentes formes, contenus et tailles. Elles étaient toutes, à un certain degré, couvertes de boue et certaines étaient intactes, alors que d’autres n’étaient que des fragments.
La localisation précise de leur provenance est inconnue, mais il y a de fortes chances qu’elles aient été mises au jour illégalement dans ce qui est aujourd’hui la province de Babel en Irak.
Une tablette se composant de trois fragments joints ensemble, rédigée il y a près de 3000 ans sous la période Néo-Babylonienne, contient des vers inédits de l’épopée de Gilgamesh, révèlant de nouveaux détails concernant le cinquième chapitre du poème. Les nouvelles lignes comprennent la description d’un voyage dans la Forêt de Cèdres où Gilgamesh et Enkidu rencontrent des singes, oiseaux et insectes puis tuent un demi-dieu de la forêt nommé Humbaba.
Le texte précédemment disponible disait clairement que Gilgamesh et Enkidu savaient, même avant de tuer Humbaba, que ce qu’ils faisaient allait mettre en colère les forces cosmiques qui gouvernaient le monde, et en particulier le dieu Enlil. Leur réaction après l’évènement apparaît maintenant teintée d’un peu de culpabilité, lorsque Enkidu remarque avec regret que « nous avons réduit la forêt en terres désolées« .
La tablette apporte aussi des nuances sur Humbaba décrit comme un ogre barbare dans d’autres tablettes.

L’épopée de Gilgamesh en Sumérien

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L’une des tablettes relatant l’histoire de Gilgamesh

L’œuvre appelée l’ épopée de Gilgamesh se présente en une série de tablettes d’argile sur lesquelles furent gravées il y a plus de 3000 ans, en cunéiforme, les aventures légendaires d’un roi mésopotamien.
Il s’agit de la première œuvre littéraire connue, transmise par le premier système d’écriture inventé vers le début du IVe millénaire avant Jésus-Christ par les Sumériens, au sud de l’Irak actuel.
La rédaction du texte de l’Épopée s’est étendue sur deux millénaires. La légende s’est d’abord développée oralement à partir des exploits d’un roi d’Uruk divinisé après sa mort, et elle a donné lieu à de brefs récits indépendants, rédigés en sumérien, vers 2300 avant J.-C. Ces épisodes ont ensuite connu bien des variantes et des remaniements : dans le royaume de Babylone, une deuxième version en akkadien, dite « ancienne », est écrite au XVIIIe siècle av. J.-C. à partir de ces récits antérieurs, avant la version unifiée la plus complète que nous connaissions, qui est celle que nous pouvons lire aujourd’hui.
Attribuée à un certain Sînleqe’unnennî, ce récit se compose de onze tablettes rédigées au début du IIe millénaire av. J.-C. et retrouvées dans la bibliothèque du roi assyrien Assurbanipal, à Ninive. Une douzième tablette a été ajouté quelques siècles plus tard,introduisant un épisode supplémentaire. L’ensemble de l’Épopée est un long récit de près de 3000 vers, rédigé en akkadien.
Au début de l’épopée, le poète invite le lecteur à déchiffrer, sur une tablette de lapis-lazuli enfermée dans un coffre, le récit des aventures de Gilgamesh, qui auraient été rédigées par le héros lui-même. Le texte est placé dans le Temple du Ciel d’Uruk dédié à la déesse Ishtar. L’épopée s’ouvre et se clôt sur une invitation à admirer les immenses murailles qui entourent la ville d’Uruk, érigées par Gilgamesh.
Souverain d’Uruk, Gilgamesh est né de parents illustres qui le rendent « aux deux-tiers divin ». Tyrannique avec les hommes et les femmes de son peuple, il abuse de sa force et son pouvoir, ce qui entraîne une réaction divine. Les dieux cherchent une solution aux plaintes des habitants d’Uruk et décident de créer un adversaire à sa taille pour le modérer : Enkidu, la « créature d’Enki ».À l’inverse du roi d’Uruk qui devient de plus en plus en sauvage, Enkidu vit d’abord seul parmi les bêtes avant d’être initié à l’amour et progressivement conduit vers la ville et la civilisation. C’est de son combat contre Gilgamesh, sans vainqueur ni vaincu, que va naître leur alliance.
Devenus inséparables, Gilgamesh et Enkidu décident alors de partir à l’aventure pour montrer à tous leur vaillance en partant vers des territoires interdits pour terrasser des monstres. Lors de leur expédition pour rapporter le bois précieux de la Forêt des Cèdres au Liban, ils affrontent par exemple le géant terrifiant Humbaba, qu’ils parviennent à tuer.
À son retour, Gilgamesh auréolé de gloire est courtisé par la déesse Ishtar qui lui propose de s’unir à elle. Il refuse, se rappelant sa cruauté envers ses amants. Furieuse, la déesse réclame alors au père des dieux, Anu, le Taureau céleste pour vaincre Gilgamesh. Les deux amis, unissant leurs forces, triomphent cependant à nouveau et sauvent même Uruk de la destruction. Mais ils sont allés trop loin. Enkidu en particulier qui, au lieu d’assagir Gilgamesh, a encouragé sa démesure. C’est aussi lui qui a refusé d’épargner Humbaba, le Gardien de la Forêt des Cèdres installé par le dieu Enlil ; c’est encore lui qui jette à la figure d’Ishtar un membre du Taureau céleste qu’elle avait envoyé contre Gilgamesh. Enkidu est donc châtié par les dieux, qui le font mourir.
Après la disparition de son compagnon, Gilgamesh, désespéré et angoissé par la mort, fuit son royaume et la civilisation en parcourant seul le désert et en se revêtant d’une simple peau de bête. Il part à la conquête du secret de la vie éternelle.
Gilgamesh utilise désormais moins la force que la persuasion face aux terrifiants Hommes-Scorpions qui gardent les montagnes ou face à la tavernière Siduri devant la mer, et enfin face à Ur-Sanabi, le passeur. Tous mettent cependant en garde le héros : personne ne s’est jamais aventuré dans le chemin obscur derrière les montagnes, nul n’a jamais traversé la mer terminée par des eaux mortelles.
Le héros, après de nombreuses épreuves, parvient enfin au bout du monde, sur l’île d’Ut-Napishtim l’immortel. C’est de lui, survivant du Déluge, que Gilgamesh apprend le secret des origines de l’humanité, presque entièrement noyée un jour par la décision des dieux. Un bateau contenant la famille d’Ut-Napishtim, des artisans de tous les métiers et des spécimens de tous les animaux a permis à la civilisation humaine de renaître après le désastre. Apaisés après le cataclysme, les dieux ont offert exceptionnellement l’immortalité à Ut-Napishtim et sa femme.
Ut-Napishtim, après lui avoir livré le secret de la plante de jouvence, renvoie alors Gilgamesh, en le débarrassant de sa tenue de vagabond et l’invite à abandonner son errance et à rentrer dans son royaume.
Sur le chemin du retour, Gilgamesh perd tout espoir de prolonger sa vie grâce à la plante merveilleuse car un serpent la lui vole et l’emporte.
Rentrant chez lui, Gilgamesh est enfin devenu un sage, qui a pris conscience de ses limites en s’acceptant mortel.
Ci-dessous, vous pourrez entendre les premiers vers de l’épopée chantés en Sumérien et accompagnés par un luth à manche long.

Une tombe pourrait en cacher une autre ?

La découverte en 1922 du tombeau de Toutânkhamon et de ses formidables richesses par l’expédition menée par l’archéologue britannique Howard Carter a eu un retentissement extraordinaire. Mais de nombreux experts se demandent depuis longtemps pourquoi la tombe du jeune pharaon, mort à l’âge de 18 ans, était de dimensions plus réduites que celles des autres rois d’Égypte et construite suivant un plan ressemblant davantage à ceux réservés aux tombeaux des reines.
Selon certains historiens et archéologues le mystère aurait son origine dans le décès inattendu de l’enfant-roi, après seulement neuf ans de règne. Faute de tombeau disponible pour accueillir le défunt, les prêtres auraient décidé de rouvrir la tombe de Néfertiti, dix ans après sa mort, pour inhumer le pharaon dans l’hypogée qui au départ n’était pas prévu pour lui. Aucun archéologue n’a jusqu’ici pu localiser le lieu où cette reine d’Égypte, qui aurait été la belle-mère du jeune pharaon, a été inhumée.

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Des analyses au radar sont venues conforter la thèse d’une cavité secrète, cachée derrière le mur nord du tombeau de Toutânkhamon . Un passage secret mènerait vers une cavité dans la chambre funéraire du pharaon. Après l’analyse initiale des images obtenues, la probabilité qu’il y ait quelque chose derrière les murs du tombeau est de 90% selon le ministre égyptien des Antiquités. Il y a en effet un espace vide derrière ce mur, si l’on en croit le radar, mais rien ne permet d’avoir une idée de la taille de la cavité qui serait ainsi dissimulée.

D’après un article du Figaro.fr