Étiquette : Les mobilités humaines

Le mythe du grand remplacement

Une étude de l’Institut national d’études démographiques invalide la thèse d’une invasion prévisible de l’Europe par la population d’Afrique subsaharienne en 2050.
François Héran, sociologue, anthropologue et démographe, détenteur de la chaire Migrations et sociétés au Collège de France, a publié un article intitulé « L’Europe et le spectre des migrations subsahariennes » dans le dernier numéro de Population et sociétés (n°558, septembre 2018), la revue de l’Institut national d’études démographiques. Il y réfute le mythe d’une Europe à 25 % afro-européenne d’ici 2050. « Les Subsahariens, qui représentent 1% de la population européenne, représenteront tout au plus 3% ou 4% de la population des pays du nord en 2050 » y déclare-t-il. Il y aura donc un doublement de cette population, ce qui est loin du « grand remplacement » cher à certaines personnalités politiques et intellectuelles. Le chercheur précise encore que « 70 % des migrants subsahariens s’installent dans un autre pays africain, 25 % se répartissent entre le Golfe et l’Amérique du Nord, et 15 % viennent en Europe ». En effet, plus un pays est pauvre, moins ses habitants ont de chance de migrer au loin. S’ils émigrent, c’est d’abord dans les pays limitrophes.
En tenant compte de la croissance démographique projetée par l’ONU, c’est-à-dire le passage de 970 millions d’Africains en zone subsaharienne à 2,2 milliards en 2050, les immigrés subsahariens installés dans les pays de l’OCDE pourraient représenter en 2050 non plus 0,4 % de la population comme actuellement, mais 2,4 %. Ce qui est loin d’une invasion !
Pour arriver à cette conclusion, à ce chiffrage précis, le chercheur a travaillé avec un outil construit par la Banque mondiale, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et le Fonds monétaire international, qui recense depuis quinze ans le nombre de natifs d’un pays résidant dans un autre.

D’après un article du Monde.fr

La grande famine en Irlande

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Une famille victime de la famine dans le comté de Galway en 1846 ou 1847

Il y a plus de 150 ans, en Europe du Nord, la culture de la pomme de terre parut être une bénédiction. Délivrant les paysans irlandais des incertitudes du climat, le tubercule assurait une telle prospérité alimentaire que la population doubla en quarante ans, même si les paysans irlandais catholiques devaient toujours payer un loyer aux propriétaires anglais protestants. La monoculture devint la règle et la catastrophe arriva : le mildiou, un parasite de la pomme de terre, provoqua en 1845 l’effondrement de près de moitié de la production. Et pour aggraver les choses, les exportations vers l’Angleterre furent maintenues, les convois de pommes de terre étant escortés par l’armée jusqu’aux ports, alors que la population mourait de faim. La grande famine de la pomme de terre fit un million de morts en Europe, dont la plus grande partie en Irlande.
Les Britanniques profitèrent alors de la situation, en expulsant les paysans incapables de payer l’impôt sur leurs terres. De nombreuses familles irlandaises furent alors jetées à la rue, et condamnées à mourir de faim.
Face à tant de misère, les Irlandais virent en l’Amérique l’une des meilleurs solutions. Des centaines de milliers d’Irlandais quittèrent leur terre natale, pour naviguer en cargo vers l’Amérique.
Les États-Unis offraient alors un véritable espoir de recommencement, le fameux “American Dream” qui ouvrit des perspectives nouvelles, tant en terme économique, qu’en termes de lutte pour la libération de l’Irlande.

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Le mémorial de la grande famine à Dublin : photographie issue du blog Lemeur vagabonde

 

Des enfants déracinés

Selon un rapport de l’UNICEF, près de 50 millions d’enfants à travers le monde vivent «déracinés», après avoir été obligés de quitter leur foyer ou leur pays en raison des guerres, des violences et des persécutions. Fin 2015, environ 31 millions d’entre eux étaient des réfugiés et 17 millions étaient déplacés à l’intérieur de leur pays. Alors qu’ils constituent environ le tiers de la population mondiale, les enfants représentent à peu près la moitié de tous les réfugiés.
28 millions ont été chassés de chez eux par des conflits, et déplacés à l’intérieur comme à l’extérieur de leurs frontières. Ils ont urgemment besoin d’assistance humanitaire et d’un accès à des services vitaux. Beaucoup risquent d’être maltraités ou détenus, étant donné qu’ils ne possèdent pas de papiers, ne disposent pas d’un statut juridique précis et ne font l’objet d’aucun suivi systématique de santé.
En 2015, environ 45% des enfants réfugiés placés sous la protection de l’ONU étaient originaires de Syrie et d’Afghanistan.

D’après un article du Figaro.fr

MSF donne une leçon d’humanité à l’Union européenne

Le secrétaire général international de Médecins sans frontières (MSF), Jérôme Oberreit a annoncé dans une conférence de presse organisée à Bruxelles que l’organisation ne veut plus recevoir d’argent européen. Par ce geste, l’ONG veut marquer son « opposition à la politique de dissuasion menée par l’Europe. Une politique qui consiste à repousser les gens avec leurs souffrances, loin de côtes européennes ».
L’accord entre l’UE et la Turquie a joué un rôle important dans cette décision. Trois mois après l’accord que les gouvernements européens revendiquent comme un succès, 8000 personnes se retrouvent en effet bloquées sur les îles grecques, y compris des centaines de mineurs non accompagnés qui vivent dans des conditions désastreuses, dans des camps surpeuplés. La majorité de ces familles ont pourtant fui les conflits en Syrie, en Irak et en Afghanistan.
En 2015, MSF a reçu 19 millions d’euros des institutions européennes et 37 millions de quelques Etats européens (Autriche, Belgique, République tchèque, Allemagne, Danemark, Irlande, Luxembourg, Pays-Bas, Espagne, Suède, Royaume-Uni). S’y ajoutent 6,8 millions octroyés par le gouvernement norvégien, dont l’ONG ne veut plus non plus pour son travail avec Frontex.
L’organisation choisit donc de se passer de ces 62,8 millions d’euros, mais qui ne représente que 8 % des fonds de l’ONG puisqu’elle est financée à 92 % par des fonds privés provenant de 5,7 millions de donateurs dans le monde.

D’après un article du Monde.fr

Le plus grand camps de réfugiés du monde va-t-il fermer ?

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Le camps de Dadaab, situé au Kenya, à une centaine de kilomètres de la frontière somalienne, a été construit en 1992, au lendemain de la chute du président somalien Siyad Barré et de la guerre civile qui a suivi. Il était prévu pour 90 000 personnes mais en accueille aujourd’hui 463 000, selon le Haut-Commissariat aux Réfugiés, devenant le plus grand camp de réfugiés du monde.
Le gouvernement kényan invoque des intérêts de sécurité nationale pour motiver aujourd’hui la fermeture du camp. Il assure que c’est à Dadaab qu’ont été planifiées les attaques des islamistes somaliens chebabs contre le centre commercial Westgate à Nairobi, en 2013, et contre l’université de Garissa, en 2015.
Le problème est que la Somalie ne connait toujours pas en paix, notamment parce que des troupes kényanes y combattent les chebabs. Un million de personnes serait déplacé à l’intérieur du pays et vivrait dans des conditions précaires. Faire rentrer les 463 000 réfugiés en Somalie ne semble pas une solution acceptable.
Il est très probable que le gouvernement kenyan menace de fermer le camp également pour des motivations financières. Cette annonce intervient en effet juste après l’accord conclu entre l’Union européenne et la Turquie aux sujets des réfugiés syriens. Il a montré que les Européens étaient prêts à verser quelques milliards d’euros pour qu’un pays tiers retienne des réfugiés chez lui. Le Kenya a peut-être lui aussi décidé aussi de demander de l’aide en faisant pression pour l’obtenir.

D’après un article de La Croix.fr