Étiquette : Afrique

L’esclavage en Mauritanie

La Mauritanie est l’un des derniers pays au monde où l’esclavage est encore un phénomène de masse : 1% de la population y serait asservie. Parmi ces quelques 43 000 personnes, on trouve des femmes victimes de mariages précoces ; des domestiques maltraités et non payés ou des ouvriers dans le secteur de la construction ; en zones rurales, des familles entières sont réduites au travail forcé pour cultiver les terres de leurs maîtres.
La société mauritanienne reste divisée en castes. Les Beydanes, ou Maures blancs, d’origine arabo-berbère, constituent la classe dominante, tandis que les castes inférieures, comme les Haratines et les Afro-Mauritaniens n’ont quasiment jamais accès aux postes à responsabilité, ni aux services essentiels de l’Etat tels que l’éducation, la santé ou la justice. Ils sont les premières victimes de l’esclavage, pourtant officiellement aboli en 1980 dans le pays, puis érigé en infraction par le Parlement en 2007, avant d’être reconnu dans la Constitution comme un crime contre l’humanité en 2012.

D’après un article de Libération.

Faire classe au Burkina Faso

Maxime Sou, enseignant, gère une classe de CE2 de 132 élèves dans l'école Koua C de Bobo Dioulasso.Maxime Sou, enseignant, gère une classe de CE2 de 132 élèves dans l'école Koua C de Bobo Dioulasso.

À l’école Kua C de Bobo-Dioulasso, seconde ville du Burkina Faso, Maxime Sou tient sa classe au doigt et à la baguette. En vingt ans de carrière, ce Burkinabé de 47 ans qui enseignait surtout en classe de CM2 avant de gérer des CE2 n’est jamais descendu au-dessous des 88 % de taux de réussite à l’examen d’entrée au collège, le certificat d’études primaires (CEP). À quatre reprises, Maxime Sou a même réussi l’impensable dans un pays où les classes sont surpeuplées et sous-équipées : faire passer 100 % de ses élèves en classe de 6e. La dernière fois, en 2014, sur les 120 élèves de sa classe,il y a eu 120 admis. À l’époque, au Burkina Faso, le nombre moyen d’enfants par classe était fixé à 49, selon le ministère de l’Éducation nationale.
Pour capter l’attention de 132 élèves réunis pendant trois heures dans une salle d’à peine 40 m2, son attitude est nécessairement théâtrale, la discipline quasi militaire.
Sa première fierté d’enseignant porte le nom de Sidiki Dao. « Je l’avais en classe de CM1. Son papa était paysan. Je savais qu’il était brillant, mais que, s’il restait à Kouka, il n’aurait pas beaucoup de chances de terminer sa scolarité. » Maxime Sou décida d’emmener Sidiki avec lui lorsqu’il fut muté à Bama, plus au sud. Quelques années plus tard, Sidiki Dao intégra l’école la plus prestigieuse du Burkina Faso, le Prytanée militaire de Kadiogo.
Les journées de Maxime Sou sont chargées. Debout à 5h30, il arrive à l’école une heure plus tard. En théorie, les cours ne commencent qu’à 7h30, mais parfois il dit aux élèves de venir à 7 heures pour faire un devoir de plus. Il se lève donc à l’aube pour corriger chaque jour 132 copies supplémentaires, avec l’aide de son suppléant et de deux stagiaires.
Deux samedis matin par mois, l’enseignant organise, bénévolement, des cours de soutien auxquels participent une trentaine de volontaires. « Il faut porter l’attention sur les élèves les moins bons. C’est parfois difficile pour les parents de comprendre que l’enfant doit ­encore se rendre à l’école. Certains parents disent qu’ils n’ont pas le temps et que le maître est dérangeant. Mais je continue ».
À 18 heures, alors que la nuit est tombée et que les cours sont terminés depuis une heure Maxime Sou retrouve des élèves : ses élèves de CE2 ont laissé la place à des adultes. Après l’école, l’enseignant consacre en effet ses débuts de soirée à l’alphabétisation des recalés du système scolaire.
Ce n’est qu’après 20 heures qu’il rentre chez lui, jusqu’au lendemain matin.

D’après un article du Monde.fr

Cette article fait partie d’une série intitulée « la classe africaine ».

Une transition démocratique au Libéria

li_large_locator

L’ancienne star du football George Weah a recueilli 61,5 % des voix dans la course à la présidence du Liberia.
Elevé dans les bidonvilles, seul Africain à avoir pour le moment gagné un Ballon d’Or, récompense suprême du football mondial, George Weah avait déjà essayé à deux reprises d’accéder à la présidence en 2005 et à la vice-présidence en 2011. Mais il était devenu sénateur en 2014.
George Weah avait deux atouts majeurs dans cette campagne : il apparaît comme une rupture et son origine modeste a eu un écho favorable auprès de la jeunesse libérienne.
Plusieurs observateurs s’interrogent toutefois sur l’opportunité et le bien – fondé des alliances nouées par le nouveau président du Liberia. La nouvelle vice-présidente du pays sera en effet Jewel Howard Taylor, l’ancienne femme du président Charles Taylor (1997 – 2003), condamné à 50 ans de prison pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Elle était l’influente sénatrice de la province de Bong, un important réservoir de voix. Entre les deux tours, George Weah a également reçu le soutien d’un autre personnage douteux : Prince Johnson, un ancien seigneur de guerre qui était devenu célèbre après avoir été filmé buvant une bière en ordonnant à ses hommes de torturer le dictateur Samuel Doe, qu’ils avaient capturé, en 1990.
La présidente Ellen Johnson-Sirleaf, au pouvoir depuis 2006 et qui ne pouvait plus se représenter, cédera le 22 janvier le pouvoir à son successeur, élu pour six ans. Elle fut la première femme élue au suffrage universel à la tête d’un État africain.

Cela marquera la première transition démocratique au Liberia depuis trois générations. Dictature depuis 1980, le pays a été ravagé ensuite par une guerre civile entre les Américano-Libériens et les autochtones, ayant fait plus de 250 000 morts entre 1989 et 2003. Puis il est entré en crise économique en 2016 sous l’effet de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest et de la chute des cours des matières premières. Le pays compte aujourd’hui parmi les pays les moins développés du monde, avec un indice de développement humain de 0,430 en 2014. Moins de 2 % de la population a accès à l’électricité et 94 % des travailleurs gagnent moins de 2 dollars par jour, la moitié d’entre eux étant employés dans le secteur agricole (huile de palme, bois et caoutchouc destinés à l’exportation).
George Weah tourne une page dans l’histoire nationale, car il n’appartient pas à l’élite « américano-libérienne », issue d’esclaves affranchis, qui a dominé la plus ancienne République d’Afrique depuis sa création, à l’exception de la dictature de Samuel Doe (1980-1990).

D’après un article de Jeune Afrique.

Les enfants victimes des conflits en 2017

Dans une étude parue aujourd’hui, l’Unicef rapporte que des millions d’enfants souffrent directement ou indirectement des conflits existants. Les enfants ont été pris pour cible, utilisés comme boucliers humains, tués, blessés, ou bien recrutés pour se battre. Les survivants souffrent souvent de malnutrition et l’accès aux besoins de base – comme la nourriture, l’eau et les soins sanitaires et de santé – leur est refusé ou est détruit.
Voici le bilan établi pour 2017 :
– En Afghanistan, au moins 700 enfants ont été tués dans les neuf premiers mois de l’année.
– En République centrafricaine, la recrudescence du conflit a tué de nombreux enfants. Beaucoup ont subi des viols ou ont été enlevés et enrôlés de force par les différents groupes armés.
– Dans la région du Kasai en République démocratique du Congo, les violences ont poussé 850 000 enfants à fuir de chez eux. 200 centres de soins et 400 écoles ont été attaqués et détruits. 350 000 enfants sont tombés en situation de malnutrition.
– Au Nigeria et au Cameroun, le groupe terroriste Boko Haram a obligé au moins 135 enfants à commettre des attentats suicides, cinq fois plus qu’en 2016.
– En Irak et en Syrie, des enfants ont servi de boucliers humains, enfermés dans les villes assiégées, pris pour cible par les snipers et soumis à de nombreuses violences. En Syrie, 6 millions d’enfants dépendent de l’aide humanitaire.
– En Birmanie, des enfants Rohingyas ont été victimes de la purification ethnique menée par l’armée birmane.
– Au Soudan du Sud, victime de la famine, plus de 19 000 enfants ont été recrutés dans l’armée et les différentes milices. 2300 ont été tués dans ce conflit depuis 2013.
– En Somalie, au moins 1740 enfants ont été recrutés pour faire la guerre.
– Au Yémen, après environ 1000 jours de conflit, 5000 ont été officiellement tués ou blessés. 1,8 million d’enfants souffrent de sous nutrition et doivent bénéficier d’une aide humanitaire d’urgence tandis que 385 000 souffrent de malnutrition.
– En Ukraine, 220 000 enfants vivent sous la menace des mines et des explosifs le long des 500 kilomètres de la ligne de front.

Un récit de migrant

13966819
Un extrait du récit du jeune homme

Vous pourrez lire et écouter ici le témoignage d’un jeune homme de 17 ans, originaire de Guinée qui a décidé de quitter son pays afin de gagner de l’argent pour aider sa famille. Il a d’abord tenté sa chance au Mali, puis en Algérie et enfin en Libye où il fut emprisonné, maltraité et réduit en esclavage. Étant parvenu à s’échapper, il gagna l’Italie en traversant la Méditerranée puis parvint en France où il trouva une formation pour devenir boulanger.