Étiquette : Afrique

Morts à cause de la pauvreté

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Un morceau de la colline de déchets s’est effondré sur le bidonville en contrebas

Au moins 113 personnes sont mortes après qu’un flanc entier de la plus grande décharge d’ordures du pays s’est détaché, samedi, à Addis-Abeba. Les victimes sont pour la plupart des femmes et des enfants qui fouillaient quotidiennement les amoncellements de déchets.
La décharge de Koshe, qui signifie «saleté» en argot amharique, principale langue du pays, est depuis plus de quarante ans le principal lieu d’entreposage des ordures de la capitale Addis-Abeba (soit près de 300 000 tonnes par an).
Selon plusieurs témoins interrogés par l’Agence France-Presse, un flanc de cette montagne de déchets s’est brusquement détaché et a emporté des habitations de fortune construites sur cette décharge. L’effondrement pourrait être dû à des travaux d’aplanissement au sommet de la montagne de déchets, dans le cadre de la construction d’une centrale au biogaz exploitant les ordures. Ces travaux auraient ainsi accentué la pression sur les flancs de la colline, entraînant l’éboulement. En 2016, le gouvernement avait demandé d’évacuer le dépotoir en raison des travaux, mais la plupart des personnes étaient restés malgré les avertissements, n’ayant nul part où aller.
Parmi les victimes, des femmes, des enfants, c’est-à-dire des personnes qui fouillaient quotidiennement les amoncellements de déchets à la recherche d’objets susceptibles d’être revendus.

D’après un article du Figaro.fr

La famine touche le Soudan du Sud

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(je trouve assez atroce et malvenu que lorsqu’on veut visionner cette vidéo sur Dailymotion, on découvre d’abord une publicité pour une huile de cuisine…)

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La situation alimentaire du Soudan du Sud s’est fortement dégradée depuis le début de la guerre civile, en décembre 2013. Aujourd’hui, selon le programme Alimentaire mondial (PAM), le Fonds pour l’enfance (Unicef) et le Fonds pour l’agriculture et l’alimentation (FAO), 100 000 personnes sont frappées par la famine, notamment dans le centre du pays.
Lorsqu’on déclare officiellement l’état de famine, cela veut dire que plus de 20 % de la population d’une région est en catastrophe, que le taux de mortalité est supérieur à deux personnes pour 10 000 par jour et qu’une malnutrition aiguë touche plus de 30 % de la population. Les trois agences de l’ONU estiment qu’elle pourrait toucher un million de personnes ces prochains mois.
La famine est directement liée à la guerre civile qui oppose les partisans du président appartenant à l’ethnie dinka, à ceux du vice-président, de la communauté nuer. Ce conflit pour le pouvoir a déjà entraîné la mort de dizaines de milliers de personnes et trois millions de déplacés. Profitant du chaos engendré par cette guerre, plusieurs groupes armés se sont aussi taillé de vastes territoires dans le pays.
L’État de l’Unité est l’un des théâtres les plus violents de cette guerre car on y trouve d’importants champs pétrolifères. A cause des affrontements, le travail agricole est quasiment impossible pour la population locale, qui commence à mourir de faim. L’accès aux victimes est extrêmement difficile pour les ONG et les camps de déplacés protégés militairement par les Casques bleus sont secourus par pont aérien.
Trois autres pays africains sont directement menacés par la famine : le Yémen, la Somalie et le Nigeria.

D’après un article de La Croix.fr

Ci-dessous, une émission de France Info Junior consacrée à la famine au Soudan :

Une exposition sur les routes africaines

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Du 31/01/17 au 12/11/2017 le musée du quai Branly-Jacques Chirac propose une exposition intitulée « l’Afrique des routes » pour dresser le portrait d’un continent au carrefour des mondes, du 5e millénaire avant notre ère à nos jours. Les Africains n’ont jamais vécu dans l’isolement. Longtemps ignorés, les échanges panafricains et extra-africains ont pourtant débuté voici des millénaires, bien avant l’arrivée des premiers navires portugais à la fin du 15e siècle, la colonisation et les indépendances.
Les routes, qu’elles soient terrestres, fluviales, maritimes, commerciales – dont celles de l’esclavage -, migratoires, coloniales, ou spirituelles, ont contribué à la circulation et aux contacts des hommes, des matériaux, des idées et des œuvres. De l’art rupestre du Sahara aux porcelaines chinoises de Madagascar, des cultes et rituels candomblé d’Amérique du Sud aux œuvres contemporaines métissées du Nigérian Yinka Shonibare, l’exposition dévoile par des œuvres majeures les routes d’un continent au cœur de l’histoire globale.

20 ans d’archéologie au jour le jour !

Entre 1942 et 1962, alors à la tête de la section « archéologie et préhistoire » de l’Institut français d’Afrique Noire (aujourd’hui Institut Fondamental d’Afrique Noire) à Dakar, l’archéologue et historien Raymond Mauny effectua tous les ans de nombreuses missions de 3-4 mois dans les pays du Sahel. Au cours de ces missions il a pris de nombreuses notes comme en témoignent les 24 cahiers de terrain dont a hérité la bibliothèque des recherches africaines  après la mort de Raymond Mauny en 1994. Notes mais aussi photographies, croquis, cartes : ces cahiers fourmillent d’informations écrites au jour le jour qui lui fournissaient de la matière pour ses articles et sa thèse d’Etat.
L’équipe de la Bibliothèque de recherches africaines a décidé de publier virtuellement tout ces documents en ouvrant un carnet de recherche Hypotheses sur lequel les publications arrivent peu à peu. Un billet correspond à une journée d’un cahier.

Nouvel échec de la démocratie en Afrique ?

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Yaya Jammeh, le chef de l’État gambien au pouvoir depuis 22 ans (il en a 51), a d’abord reconnu sa défaite au scrutin présidentiel de jeudi 1er décembre face au candidat d’une coalition d’opposition, Adama Barrow.
Mais ce dictateur fantasque et imprévisible rejette aujourd’hui ce résultat, prétextant des erreurs dans le décompte des voix. les forces de l’ordre ont été déployées dans toute la ville. Des militaires lourdement armés sont disposés dans les lieux stratégiques comme le pont Denton Bridge, le palais présidentiel et le port.
Militaire de carrière, Yaya Jammeh est arrivé au pouvoir par un coup d’État, en 1994,date à laquelle il a renversé Dada Jawara, le premier président de la Gambie indépendante, depuis 1965 !
Depuis qu’il est au pouvoir,, Yayaht Jammet s’attaque à tous ceux qu’il estime menacer son pouvoir : civils, militaires, journalistes. Il écrase toute forme de contestation, n’hésitant pas à emprisonner des opposants gênants et des journalistes un peu trop indépendants. Chef d’État paranoïaque, il se dit habité par des forces mystiques et affirme soigner le sida ou la stérilité par des incantations, dans des cérémonies publiques filmées et largement diffusées à la télévision publique.
Son bilan économique et social est très négatif. La Gambie est un pays pauvre malgré un taux de croissance d’environ 5 %. Une croissance qui bénéficie peu au marché du travail et aux conditions de vie des Gambiens. Si on se penche sur son indice de Développement Humain (IDH), la Gambie occupe le 165e rang sur les 187 pays enregistrés en 2012. Le taux d’alphabétisation des plus de 15 ans est inférieur à 46 % en Gambie. Si l’économie a été affectée par l’épidémie régionale d’Ebola, elle l’est encore plus par la corruption, la désorganisation et une gestion imprévisible des affaires publiques. Parmi ses décisions déroutantes, l’abandon officiel de l’anglais au profit de l’arabe, en mars 2014. Un an plus tard, il proclamait la Gambie république islamique.
Autre échec, l’exode rural non maîtrisé. Dans ce pays au taux de croissance démographique de 2,7 %, près de la moitié de la population réside en zone urbaine. Un phénomène qui favorise une urbanisation incontrôlée confrontant la Gambie à d’importants défis sociaux, économiques et environnementaux.
C’est pourquoi les Gambiens sont nombreux à fuir la pauvreté et la répression et à tenter de migrer vers l’Europe.

La communauté internationale a largement condamné le revirement de Yahya Jammeh. Du Conseil de Sécurité de l’ONU à l’Union africaine (UA), de l’Union européenne (UE) à la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), de très nombreuses voix se sont levées pour dénoncer le geste du président sortant.

D’après deux articles (ici et ) de La Croix.fr

L’électricité solaire, l’avenir en Afrique ?

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L’Afrique dispose de ressources énergétiques colossales, à la fois fossiles et renouvelables. Et pourtant, plus de la moitié de ses habitants n’ont pas accès à l’électricité, soit 621 millions de personnes. Ainsi, un Africain (hors Afrique du Sud) ne consomme en moyenne que 162 kilowattheures (kWh) par an contre 7 000 kWh pour les autres Terriens. De fait, la consommation électrique de toute l’Afrique est inférieure à celle de l’Espagne, avec une population 25 fois supérieure. Ce qui n’empêche pas les Africains de payer un coût délirant pour l’électricité : une habitante du nord du Nigeria doit ainsi débourser, par kWh, 60 à 80 fois plus qu’une Londonienne ou une New-Yorkaise. Les Africains paient le prix de l’électricité le plus élevé au monde.

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L’absence d’une électricité abondante et bon marché pousse de nombreux habitants à conserver des habitudes énergétiques nocives en s’éclairant au kérosène ou en cuisinant au bois. La pollution au monoxyde de carbone ainsi générée serait responsable de la mort de près de 600 000 personnes sur le continent chaque année, soit davantage que le paludisme.

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D. Light, société américaine basée au Kenya, propose un kit solaire domestique avec panneau photovoltaïque, une radio, une lampe torche et trois bulbes, pour illuminer les foyers de ceux qui n’ont pas d’électricité. Malgré la progression rapide du réseau national, le pays n’est électrifié qu’à 40 %, les villes en priorité, les espaces ruraux étant délaissés.
« Nous ne faisons pas de publicité télévisée pour nos produits, cela coûte des milliers de shillings à la seconde et ce n’est pas efficace pour atteindre notre clientèle cible qui n’a pas l’électricité », affirme Jacob Guilo, chargé de la distribution de D. Light à Nairobi. Alors pour diffuser ses produits, D. Light fait appel à des revendeurs locaux, qu’ils nomment les « solar energy promoters », commissionnés 1000 shillings (8,8 euros) à chaque vente de kit solaire, plus un bonus de performance. « C’est bien plus dynamique que la vente en magasin, poursuit Jacob. Car les revendeurs sont mobiles, actifs, ils vont vers la clientèle, agissent dans leur zone d’influence, leur quartier ou leur village d’origine. »
D. Light fonctionne via un système de micro-crédit. L’acheteur dépose une somme de 3500 shillings pour l’obtention du kit solaire, puis effectue des paiements journaliers de 40 shillings à l’aide d’un système de transaction par SMS. Au bout d’une année, le kit est remboursé et l’acheteur peut en disposer librement. Au final, il aura payé un total de 17 100 shillings.
D. Light fait parfois appel à la Croix-Rouge ou à l’Unicef pour atteindre des zones enclavées, voire en conflit. la société leur vend des kits à prix réduit pour qu’ils soient distribués en même temps que la nourriture et les médicaments. L’entreprise est désormais présente dans 62 pays, dont le dernier en date est le Soudan du Sud.
Une autre entreprise américano-kényane, M-Kopa, propose elle aussi un kit comprenant un panneau photovoltaïque, une batterie de 8 W, deux ampoules, une radio, un chargeur de téléphone et une torche. Il est également possible de l’acquérir grâce au micro-crédit.

D’après un article du Monde.fr