Catégorie : Librairies

Le pouvoir des livres

Dans un entretien accordé au journal Le monde du 17 février, le chanteur Pierre Perret évoque, entre autre,  ce qui a changé sa vie :
« Je ne serais pas arrivé là si…
…Si à 14 ans, alors que j’étais au conservatoire de Toulouse, où je m’étais fourvoyé en classe de saxophone, solfège et comédie, je ne m’étais pas rendu chez un libraire. Je me sentais tellement démuni avec mon certificat d’études, je ressentais un tel vide sidéral, confronté aux textes de Shakespeare, Molière, Racine… Dans cette grande librairie, M. Labadie, le patron, m’a regardé, moi qui n’avais pas un franc dans mon froc, et il a compris. Il m’a dit : « Je vais constituer le début de votre bibliothèque.» Il m’a offert l’Histoire de Gil Blas de Santillane, d’Alain-René Lesage (1668-1747), des poésies de François de Malherbe (1555-1628)…
Au fil de mes visites, il m’enrichissait avec un bouquin. Celui qui a changé toute ma vie, c’est Entretiens avec Robert Mallet, de Paul Léautaud. Grâce à ce livre, j’ai cultivé l’esprit d’indépendance, loin de toute servitude matérielle, sociétale, familiale. La ligne directrice de ma vie, ça a été de ne rendre de comptes à personne, hormis au public, mon juge de paix. »

Harry Potter, le sauveur des librairies ?

Menacée de fermeture, la librairie historique Lello de Porto, qui aurait inspiré J.K Rowling pour écrire Harry Potter, s’est sauvée en faisant payer l’entrée aux touristes.
Cette librairie à la façade blanche néogothique a un fonds de plus de 60 000 livres, rangés parmi ses rayonnages sur plusieurs mètres de haut auquel on accède par un escalier central recouvert de laque rouge, en forme de huit. Une immense verrière colorée au plafond diffuse sa lumière et participe à l’ambiance du lieu.
Des dizaines de personnes font sans cesse la queue pour visiter la librairie située dans le centre historique de Porto, devenue l’une des principales attractions touristiques de la ville du nord du Portugal parce que la romancière britannique J.K. Rowling, qui a vécu à Porto au début des années 1990, y a puisé son inspiration pour décrire l’ambiance et les décors de la saga Harry Potter.
La direction de la librairie a donc eu l’idée de multiplier les événements culturels et de faire payer l’entrée aux visiteurs (5 euros). Le prix du droit d’entrée est un «bon déductible lors de l’achat d’un livre». Ce système a permis de réguler le flux des touristes et de transformer un visiteur en lecteur avec en moyenne 1200 livres vendus par jour.

D’après un article du Figaro.fr

Une librairie solidaire

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Longtemps, les habitants de Lafrançaise, dans le Tarn-et-Garonne, ont pu faire tous leurs achats à pied. Dans le centre de la ville , on a dénombré jusqu’à cinq salons de coiffure, une librairie-presse, une agence immobilière, un bar-tabac, un bar-restaurant, deux pizzerias, deux pharmacies, un fleuriste, un hôtel, un opticien, une épicerie, une droguerie, une boulangerie-pâtisserie.
Il y a quelques années, l’épicerie a fermé, remplacée par une moyenne surface, implantée à un kilomètre du centre commerçant. Résultat : les autres commerces ont décliné. Quand les gens allaient faire leur course dans le supermarché, ils achetaient aussi la presse, des fleurs… Les panneaux «À vendre» se sont donc multipliés. Et la librairie-presse a bien failli fermer définitivement l’année dernière, son propriétaire ne trouvant pas de repreneur.
Un ancien animateur dans le secteur social qui ne pouvait pas, à 60 ans et en invalidité, reprendre le commerce à son compte, a créé une société coopérative d’intérêt collectif pour maintenir la librairie. N’importe qui peut acheter une part à 10 euros pour en être sociétaire sans toutefois tirer de revenu de son investissement. Les bénéfices éventuels servant à rembourser le prêt contracté par la mairie pour l’achat du local ou étant partiellement réinvestis dans d’autres entreprises. Les citoyens comme la mairie sont ainsi devenus partenaires du projet.

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La librairie, rebaptisée le Temps de lire, emploie deux personnes, dont une à temps plein, en contrat aidé : quotidiens, magazines et bouquins côtoient papeterie, confiseries, jeux de société et jeux à gratter. Sur les étagères, des ouvrages de Guillaume Musso ou affichant en bandeau des formules type «Le livre qui a rendu 2 millions de lecteurs HEUREUX» côtoient des volumes édités par des petites maisons, comme Parole, qui propose aussi bien des textes de Nancy Huston que l’Homme semence, un récit du début du XXe siècle de Violette Ailhaud, ou sa version en bande dessinée. «Je me fous de ce que lisent les gens, tant qu’ils lisent. Parfois, on a envie d’un livre pour se relâcher, c’est comme le film du dimanche soir, estime Yvon Lebret. Après, c’est à moi de les orienter vers autre chose.»
Les clients défilent – autour de 120 par jour – pour faire une photocopie, remplir une grille de loto ou acheter un livre ou leur journal.
À l’entrée du Temps de lire, il y a une machine à café et une table de jardin, en métal vert, pour donner envie de se poser et feuilleter quelques pages. Bientôt, la table rejoindra le jardinet attenant à la boutique, aujourd’hui en friche, qui accueillera les habitants autour d’événements littéraires. Et notamment ceux pour qui la librairie est difficile d’accès en raison des marches devant la porte.
Au mois d’octobre, un séminaire autour du thème «Écrire le travail» doit avoir lieu. On y parlera littérature, bien sûr, mais on débordera sur les sujets d’actualité. Car le Temps de lire est surtout un lieu d’échanges et de vie.

D’après un article de Libération

Renaissance de livres

Depuis maintenant huit mois, une librairie bien particulière a ouvert ses portes en Turquie dans une ancienne usine d’Ankara. Tous les livres qui la composent ont en effet été récupérés dans les poubelles du quartier de Çankaya, un quartier d’affaires qui concentre de nombreuses institutions politiques et économiques de la capitale du pays.
Les éboueurs y repéraient régulièrement un nombre incroyable de livres, pour la plupart en très bons états.
Alors, plutôt que de les laisser à l’abandon, les employés de la ville ont décidé de les collecter, pendant des mois, pour leur offrir une seconde vie.
Plus de 6000 livres ont été ainsi collectés, de la littérature à la politique, et parmi eux se trouvent même des livres en français et en anglais.
Le maire de Çankaya résume cela très simplement :  » D’un côté, il y a ces personnes qui jettent les livres et de l’autre, ceux qui sont à la recherche de ces livres » (…) « Nous avons alors commencé à discuter de la possible ouverture d’une librairie et une fois que tout le monde était d’accord, on l’a fait « .

D’après un article de Huffingtonpost.fr

Une librairie flottante

Lors d’une escale aux Seychelles, en novembre 2015

Le Logos-Hope est un ancien ferry construit en 1973, acheté et rénové par GBA Ships grâce à des dons en 2004 puis mis en circulation dès février 2009, qui a été transformé en librairie flottante humanitaire.

GBA Ships est une organisation internationale chrétienne à but non lucratif basée en Allemagne qui propose à son bord plus de 5000 livres dans des domaines variés. Les livres se vendent par unité : 100 unité valant 1 200  francs CFA (environ 2 euros). Un livre peut coûter 1000 unités.
A bord, 400 volontaires de 60 nationalités différentes discutent avec les visiteurs. L’argent récolté servira à des œuvres caritatives.
Le Logos – Hope mouille actuellement au Cameroun.