Catégorie : Cela se passe au collège Alain

A propos des test nationaux de fluence en sixième

Cette semaine, j’ai organisé et participé à la passation des tests de fluence à l’entrée de sixième dans mon établissement. L’an dernier, sur 147 élèves testés dans le cadre de l’atelier lecture, nous avions prévu d’en aider 41 , dont le score était bas (moins de 100 mots lus correctement en une minute). Cette année, le test est devenu obligatoire et la barre est fixée à 120 mots lus correctement en une minute par le ministère. Dans notre établissement, cela concerne 76 élèves identifiés en difficulté sur 148 soit près de 52% de l’effectif (hors classe de  Segpa). 35 de ces élèves ont un score inférieur à 100 et 4 inférieur à 50. De manière inattendue, le confinement et la fin d’année perturbée ne semblent finalement pas avoir entraîné de difficultés plus grandes dans la maîtrise de la lecture fluide pour les élèves. Mais il n’en reste pas moins que le nombre d’élèves. à aider est important et dépasse, je le crains, la bonne volonté des collègues qui vont s’engager dans la mise en oeuvre des ateliers cette année.
Détecter les difficultés des élèves est une bonne chose, mais ne pas mettre en place une organisation pérenne pour les aider me semble indiquer encore une fois un simple effet d’annonce de la part de notre ministère.

L’année prochaine

Nous avons fait le conseil d’enseignement en histoire -géographie au collège et je devrais avoir le même service que cette année : 4 classes de troisième et 2 classes de quatrième soit 20 heures de cours, à quoi s’ajoureront une heure d’accompagnement personnalisé pour chacune des troisièmes. Je vais également organiser et participer à l’atelier « remédiation en lecture » à destination des sixièmes. Enfin, je devrais aussi, si besoin, assurer une ou deux heures de « devoirs faits » dans la semaine.
Au niveau des troisièmes, je vais travailler en collaboration avec deux collègues de français afin de proposer aux élèves des travaux interdisciplinaires. Pour l’une des classes, nous allons nous inspirer du travail que mon amie Barbara et moi avions proposé au collège de Clères, il y a quelles années (l’exposition finale de cet EPI était montrée ici).

De bonnes surprises !

Beaucoup d’élèves sont de retour au collège : dans les trois classes vues aujourd’hui, j’avais en effet entre 50 et 75 % des effectifs. Et ils sont revenus pour travailler, même en troisième ! Nous avons donc commencé à étudier la vie politique et la société en France entre 1958 et 1990 en troisième, et la IIIe République en quatrième. Et l’une de mes élèves m’a gentiment offert un masque noir, pour enfin compléter ma tenue. Un grand merci à elle pour ce cadeau !

Nouvel emploi du temps


À partir de la semaine prochaine, mon collège rouvre ses portes, pour des élèves de sixième et cinquième, au nombre de 86. Avec vingt collègues, nous allons les encadrer tous les matins, sauf le mercredi, pour trois heures de cours ou d’aide aux devoirs. Il faut donc que je réorganise le planning des cours à la maison que j’assure avec mes six classes de quatrième et troisième depuis le 17 mars. Du 17 mars au 10 avril, j’ai d’abord suivi l’emploi du temps initial des élèves et à la rentrée des vacances, j’ai proposé un réaménagement des horaires. Comme je n’ai plus que trois ou quatre élèves qui se connectent aux cours dans deux troisièmes, j’ai décidé de les regrouper. Pour les autres classes, ils sont encore au moins une dizaine à venir travailler avec moi en direct.
J’ai jusqu’ici assuré 85 heures de cours à la maison avec l’application du CNED, toutes classes confondues. J’espère pouvoir encore en assurer 15 heures par semaine avec la reprise des cours au collège, et ce jusqu’à la date (très) théorique du 4 juillet.

Une journée au collège

Aujourd’hui, j’ai été présent dans mon établissement de 9h30 à 17h, avec trente minutes pour manger de 12h30 à 13h, et j’ai eu l’occasion de faire des choses avariées et d’aborder de nombreux sujets : de la remédiation à la lecture avec deux groupes d’élèves de sixième, de la préparation à l’oral du brevet en devoirs faits avec quatre troisièmes, de l’étude dirigée avec des cinquièmes, quatrièmes et troisièmes pour soulager la vie scolaire et, tout de même, cours en quatrième et troisième.
Pour les sujets abordés, cela allait de comment prononcer les lettres g et c avec le o ou le e, à l’avortement sous le régime de Vichy en passant par le tourisme au Maroc, la géographie de la ville d’Oran, le flocage des maillots chez Décathlon, la dangerosité des drogues, le principe de la combustion, la symétrie axiale ou les propriétés du cercle… Ah et j’oubliais les fakes news et les théories du complot. Une bonne journée donc !

Bilan à la veille des vacances d’hiver

1) LES COURS
Les chapitres achevés en troisième :

Thème 1 d’histoire : l’Europe, un théâtre majeur des guerres totales
– Civils et militaires dans la Première Guerre mondiale
– Expériences totalitaires et réaction des démocraties dans les années 30
– La Seconde guerre mondiale, une guerre d’anéantissement
En cours : Résistance et collaboration en France

Thème 1 de géographie : Dynamiques territoriales de la France
– Les aires urbaines, géographie d’une France mondialisée
– Les espaces de faible densité et leurs atouts

EMC :
– La citoyenneté française et européenne
– Les caractéristiques d’un état démocratique : l’exemple de la Ve République
– L’engagement des citoyens

Les chapitre achevés en quatrième:

Thème 1 d’histoire : L’Europe et le monde au XVIIIe siècle
– Bourgeoisie marchande, négoce international et traite négrière
– L’Europe des Lumières
En cours : La Révolution française et l’Empire

Thème 1 de géographie : l’urbanisation du monde
– Espaces et paysages de l’urbanisation : centre et périphérie
– Des villes inégalement connectées aux réseaux de la mondialisation

Thème 2 de géographie : Les mobilités humaines transnationales
– Un monde de migrants
– Le tourisme et ses espaces

EMC :
– les libertés et les droits en France

Je suis globalement satisfait du travail effectué en troisième, même si beaucoup d’élèves ont encore des progrès importants à faire en réaction, qu’il s’agisse de la maîtrise du français ou de la structuration des idées. Les études de documents ne posent plus vraiment de problème, mais l’apprentissage des leçons laisses encore à désirer pour beaucoup. Les « quoi de neuf ? » ont bel pris dans deux classes sur quatre. En quatrième, les résultats sont bons, voir très bons. Mais la classe dont je suis prof principal se comporte mal, étant composée d’individus centrés sur leur petite personne, incapable (pour le moment du moins) de penser aux autres.

2) L’ATELIER LECTURE

Nous avons entamé un travail de remédiation en lecture auprès des élèves de sixième à la rentrée de janvier. La première session, se déroulant pour quatre classes, s’achève à la fin de la semaine. Le résultat est très positif : non seulement les élèves ont progressé en lecture dans de belles proportions, mais ils ont en plus pris confiance en eux et en nous, ce qui nous a permis de développer un rapport assez privilégié avec la trentaine d’élèves concernés. Nous démarrons une nouvelle session avec les trois autres classes à la rentrée des vacances et je crois intéressant de pérenniser ce dispositif au moins à destination des sixièmes l’an prochain.

3) LES SEANCES DE DEVOIRS FAITS

J’en anime 4 par semaine cette années, avec des élèves de tous les niveaux. Là aussi, le bilan est pour le moment plutôt positif. Certains élèves sont contents et fiers de me montrer leurs évaluations réussies suite à nos révisions et à mes explications dans différentes matières. De moins en moins d’élèves y viennent en me disant « je n’ai rien à faire ».

Monsieur, il y aura bien un 2 ?

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Ce matin, les troisièmes sont allées voir Siddarth dans le cadre de collège au cinéma. La fin abrupte les a déstabilisés, habitués qu’ils sont au happy end américain…
Le dossier d’exploitation du film est disponible ici.
Fin 2013, alors qu’il devait retourner aux États-Unis pour travailler sur un film de science-fiction, le réalisateur Richie Mehta fut bloqué à Delhi pour cinq semaines à cause de l’éruption d’un volcan islandais qui empêchait le trafic aérien. C’est là qu’un conducteur de pousse-pousse musulman lui raconta cette histoire :
« Le chauffeur m’a demandé si j’étais originaire du Pendjab. Je lui ai répondu que mon père y était né. Alors il m’a demandé si je savais où se trouvait Dongri. Non, ai-je répondu. Qu’est-ce que c’est? C’est un quartier? Alors il m’a rétorqué qu’il ne savait pas exactement, mais que c’était là-bas qu’il avait probablement perdu son fils. Il ne savait pas épeler le nom de son fils, il n’avait pas non plus de photos de lui. Il ne savait même pas comment s’y prendre pour déposer une main courante au commissariat. Cela faisait un an que son fils avait disparu et qu’il demandait de l’aide aux passagers de son pousse-pousse, ne pouvant pas se permettre de prendre un seul jour de congé pour partir à sa recherche. Il avait une femme et un autre enfant. Je lui ai demandé son numéro de téléphone mais il n’en avait pas. Il m’a donné le numéro d’un voisin. Quand j’ai raconté l’histoire à Rajesh [Tailang, l’acteur principal et coauteur du scénario], il s’est souvenu d’une chose qui lui était arrivée au Pakistan. À l’hôtel où il était descendu pour la tournée d’une pièce de théâtre dans laquelle il jouait, au lieu d’une bible posée sur la table de nuit, il y avait un album de photos de gens qu’on pouvait commander, des hommes, des femmes, des enfants. Il était abasourdi qu’on puisse faire ça. Cette nuit-là je suis rentré chez moi et j’ai cherché “Dongri” sur Google, que j’ai trouvé en cinq secondes. J’ai voulu appeler le numéro que le chauffeur m’avait laissé mais il n’était même pas attribué, il avait dû se tromper. C’est ainsi que je n’ai plus jamais eu de nouvelles de cet homme qui avait perdu son fils. »