Catégorie : Histoire / Géographie et jeu vidéo

Un jeu pour téléphone avec un double intérêt

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Fight Against Opium est un jeu vidéo créé par des codeuses afghanes. Il ressemble à première vue à n’importe quel autre jeu de plateforme, mais son but est original : le personnage du joueur doit remplacer des plants de pavot par des bulbes de safran dans tout le pays.
Le but est de dénoncer la production d’opium en Afghanistan, qui fournit 90 % de la production mondiale et le pays comptant au moins 4,6 millions de toxicomanes. Cette production représente 63 % du PIB de l’Afghanistan,
En plus de Fight Against Opium, les Afghanes ont déjà produit une vingtaine d’autres jeux pour téléphone portable. Elles apprennent à programmer grâce à Code to Inspire, une association œuvrant pour un meilleur accès des Afghanes à l’emploi.

Faire (vraiment) de l’histoire avec un jeu vidéo ?

Le « Discovery Tour », un mode éducatif pour le jeu Assassin’s Creed Origins, est sorti mardi 20 février, quatre mois après le jeu. C’est la première franchise d’Ubisoft à être déclinée en version pédagogique. Elle propose 75 promenades thématiques, qui durent de deux à vingt minutes, référencées dans un grand menu. Elles sont gratuites pour les possesseurs du jeu, mais le « Discovery Tour » peut aussi être acquis séparément, uniquement sur PC toutefois, moyennant 20 euros. Je précise donc que je n’ai pu le tester moi-même.
Les thématiques explorées sont la géographie (découverte du Nil en bateau),l’histoire, la vie quotidienne, la religion, la construction (les pyramides évidemment), l’urbanisme, dans l’Égypte antique. Si certains passages sont ennuyeux, notamment dans l’introduction (ce qui est dommage, car cela risque de rebuter certains) la plupart des promenades pédagogiques proposées sont intéressantes.
Chaque leçon prend la forme d’une déambulation étroitement balisée. Au sol, un chemin très précis est tracé en jaune, marqué de points symbolisés par un halo lumineux. À chaque point, une petite minute d’explications attend le joueur, enrichie par un complément visuel : photographies de statuettes, bas-reliefs, cartes, documents historiques.
Le niveau requis pour comprendre les leçons varie beaucoup. Le module sur Champollion, par exemple, est uniquement accessible aux personnes avec des connaissances en linguistique. Les leçons les plus simples, en revanche, sont accessibles aux adolescents.
Le « Discovery Tour » néglige aussi les possibilités pédagogiques offertes par l’interactivité. La déambulation donne accès à une compréhension inédite : le plan d’une pyramide, par exemple, est beaucoup plus clair lorsqu’on a l’occasion de l’arpenter soi-même, de s’y accroupir, et de l’escalader, que lorsqu’on est assis devant une télévision. Mais malheureusement, le joueur ne doit jamais répondre à une question. À aucun moment une activité ne lui est proposée. Pédagogiquement parlant, le « Discovery Tour » est plus proche d’un documentaire que d’un jeu vidéo.
Le canevas un peu répétitif du parcours est égayé par quelques tranches de vie, reconstituées en trois dimensions : récolte du vin, procession religieuse, levage de pierre. S’il le souhaite, le visiteur peut toutefois sortir du cycle des leçons pour explorer l’immense univers 3D du jeu, mais seul et sans explications.
Autre point gênant, certains bâtiments ne devraient pas figurer dans certaines villes même si Ubisoft l’explique dans plusieurs leçons. Dans un autre genre, les parties intimes des statues ont été recouvertes de pudiques coquillages !
En conclusion, ce logiciel n’est pas sans défaut, mais il a le mérite d’exister et si les jeux Assassin’s Creed ne permettent pas aux adolescents d’apprendre en histoire, ce module pédagogique le permet, un peu. L’attention est donc louable et à reproduire, par exemple pour les anciens épisodes, en tenant compte des critiques.

D’après un article du Monde.fr

Utiliser Assassin’s Creed Unity en classe de quatrième

« Mais comme pour les livres et les films, les fictions historiques doivent être corrigées par des professeurs. C’est notre travail d’historien. Un tel jeu vidéo pourrait servir de support pédagogique pour des cours au collège et au lycée. Il permettrait de faire comprendre aux élèves le Paris d’époque. Il faut prendre les jeux vidéo au sérieux. Ils font partie de la culture partagée. Même si c’est une fiction, ça participe à forger un univers autant que les manuels scolaires. C’est un nouveau moyen de faire vivre le passé. »
Guillaume Mazeau, historien, dans un entretien pour l‘Obs au moment de la sortie du jeu Assassin’s Creed Unity.

Un rappel de la polémique soulevée par l’extrême gauche au moment de la sortie du jeu :

Un collègue canadien a fait réfléchir ses élèves sur cette polémique en proposant une activité consultable ici .

Les principaux lieux parisiens dans le jeu :

Une chronologie commentée avec le jeu :

Les cinématiques des missions dans l’ordre chronologique :

Un travail sur la prise de la Bastille dans le jeu à partir du trailer :

Les erreurs du jeu en vidéo :

On pourra y ajouter des costumes parfois inspirés du XIXe siècle, les enseignes rouges des bureaux de tabac, la guillotine de la place de Grève un an trop tôt.

Une réflexion sur l’utilisation de la série Assassin’s Creed en classe :

Les cinquièmes dans le château fort

Cette semaine, mes deux classes de cinquièmes ont passé deux heures à visiter virtuellement le château des ducs de Normandie à Caen grâce à l’application « Vivre au temps des châteaux forts ».
Il reste encore deux séances de jeu, mais certains ont déjà terminé. Ils reprennent donc l’application en mode visite pour compléter les fiches de cours. J’ai décidé que le nombre de deniers gagné en répondant correctement aux questions sur les différentes vidéos seront convertis en points d’expériences, ce qui les a encore motivés davantage.
Sur les PC de la salle, l’application n’est pas très stable et plante régulièrement, notamment lors des passages de « niveau » (entre la campagne et le château, la basse-cour et l’église, l’église et le donjon). Il y a aussi parfois des pannes de son, mais rien d’impossible à gérer.

 

Une belle salle informatique

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Le collège Alain est équipé de trois salles informatiques et l’une d’elles se trouve à mon étage. À l’intérieur, 28 postes élèves en état de marche ! Et des casques audio pour tous !

Cet après – midi, j’ai donc passé deux heures dans cette salle à installer l’application « Vivre dans un château au Moyen – Âge », afin de programmer un travail en cinquième à la rentrée. Chaque élève va pouvoir explorer le jeu et répondre à un questionnaire que je vais bâtir pendant les vacances afin de traiter le chapitre « L’ordre seigneurial et la domination des campagnes ».

 

Pokémon Go et géographie

Toutes les communes françaises ne sont pas égales devant Pokémon Go, le jeu en réalité augmentée qui permet de chasser les petits monstres  grâce à son téléphone.
Pour jouer, l’utilisateur de Pokémon Go doit en effet régulièrement s’arrêter à des pokéstops, des emplacements qui distribuent les pokéballs nécessaires pour attraper les Pokémons. Mais ces pokéstops ne sont pas distribués de manière égalitaire sur le territoire. Il y en a beaucoup plus en ville qu’à la campagne (mais cela peut sembler logique avec une population française à près de 80% urbaine), et certaines communes en sont donc largement dépourvues. Plus gênant, les communes et quartiers pauvres en disposent souvent moins que les plus riches, au moins aux Etats – Unis.
Ces inégalités territoriales sont d’abord d’origine techniques. Elles proviennent d’un autre jeu développé par la société Niantic, Ingress. C’est est le prédécesseur de Pokémon Go : les joueurs y cherchaient des portails, le plus souvent situés à un endroit « intéressant » (statue, fresque urbaine, bâtiment historique…). Le but étant de prendre le contrôle de ces portails, pour soutenir son équipe. Mais les portails n’étaient pas choisis par Niantic : ce sont les joueurs qui, au fil des ans, ont proposé des endroits qui leur semblaient intéressants, les ont pris en photo, et ont créé la carte des portails situés partout dans le monde. Or, les localisations des pokéstops et les arènes, où l’on peut affronter d’autres joueurs,sont basées sur les portails d’Ingress, un jeu qui a attiré une population plutôt plus aisée que la moyenne, qui a donc placé les points remarquables dans son environnement.
A l’échelle de la France, il est ainsi visible que plus une zone est urbanisée et riche, plus elle est dotée en pokéstops. Que le nombre d’habitants influent sur la présence des points névralgiques du jeu, cela se comprend. Mais que Niantic n’est pas corrigé l’effet social des portiques d’Ingress est plus gênant.
Toutefois, il faut être juste : la localisation de ces portails n’était pas forcément liée à la proximité géographique des joueurs, et donc leur richesse,la notoriété du site influait aussi. Ce qui explique que les quartiers touristique des villes et les points remarquables  sont plus riches en pokéstops.

D’après un article du Monde.fr

Mais Pokémon Go a aussi un autre lien avec la géographie, résumé ci-dessous :
« Vous les avez peut-être remarqués, déambulant maladroitement dans la rue, un œil sur le téléphone, l’autre sur la route. Ils s’arrêtent parfois à un carrefour ou près d’un lieu important, reviennent sur leur pas, esquivent maladroitement. Certains les moquent, d’autres les observent, amusés. Mais dans une société où nos journées sont définies par des trajets précis et balisés (du domicile au métro, du métro au boulot et inversement le soir), les dresseurs brisent les lignes et relancent la mode de la flânerie telle que la décrivait Baudelaire il y a plus de 150 ans(…).
Pokémon Go nous fait oublier les pancartes de directions habituelles au profit d’une chasse imaginaire : les trajets deviennent moins utilitaires. Le dresseur n’optimise pas sa trajectoire comme le piéton qui suit Google Maps (avec une ligne bleue qui minimise le temps de trajet): il va en diagonales, à reculons, traverse la route et se retrouve parfois dans des quartiers qu’il ne connaît pas.
(…)
Pour attraper tous les Pokémons, il faut sortir de son environnement et en explorer de nouveaux : pour les Pokémons poissons comme Magicarpe, il faut se rapprocher des points d’eaux, pour trouver des Pokémons de type roche, la montagne est le lieu idéal… Le petit monde urbanisé, imaginé et compartimenté pour être suffisant ne suffit plus aux yeux du joueur. Il faut sortir de sa ville pour explorer les bois, traverser des ponts pour s’emparer d’arènes fictives, prendre son vélo pour couvrir plus de distances.« 

D’après un article de Slate.fr