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Un vendredi bruyant et peuplé !

Ce vendredi 7 février, j’ai passé la matinée au salon de l’orientation et des métiers organisé au Parc des expositions de Rouen pour accompagner deux classes de troisième. L’idée de cette première édition, organisée par la Région Normandie, est de faire découvrir les métiers aux élèves, par le biais de mises en situation de travail et d’animations immersives au sein de 12 pôles regroupant près de 150 métiers. Il y a fait là des centaines de jeunes collégiens et lycées, accompagnés par de nombreux professeurs. J’ai pu d’ailleurs y croiser plusieurs collègues des différents établissements que j’ai fréquenté.


Le soir, direction le Zénith à Paris pour assister au concert du groupe de power metal Sabaton, avec en première partie Amaranthe et Apocalyptica. Beaucoup de monde, beaucoup de bruit aussi, dans un autre genre !

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Un chanson qui parle

Je me suis chopé cinq cent lignes:
« Je ne dois pas parler en classe »
Ras le bol de la discipline!
Y en a marre c’est digoulasse!
C’est même pas moi qui parlais
Moi je répondais à Arthur
Qui me demandait, en anglais
Comment s’écrit No Future
Si on est punis pour ça
Alors je dis: « Halte à tout! »
Explique-moi, Papa
C’est quand qu’on va où?
C’est quand même un peu galère
D’aller chaque jour au chagrin
Quand t’as tellement de gens sur Terre
Qui vont pointer chez « fous-rien »
Avec les devoirs à la maison
Je fais ma semaine de soixante heures
Non seulement pour pas un rond
Mais en plus pour finir chômeur!
Veulent me gaver comme une oie
Avec des matières indigestes
J’aurais oublié tout ça
Quand j’aurai appris tout le reste
Soulève un peu mon cartable
L’est lourd comme un cheval mort
Dix kilos d’indispensable
Théorèmes de Pythagore!
Si je dois avaler tout ça
Alors je dis: « Halte à tout! »
Explique-moi, Papa
C’est quand qu’on va où?
L’essentiel à nous apprendre
C’est l’amour des livres qui fait
Que tu peux voyager de ta chambre
Autour de l’humanité
C’est l’amour de ton prochain
Même si c’est un beau salaud
La haine ça n’apporte rien
Pis elle viendra bien assez tôt
Si on nous apprend pas ça
Alors je dis: « Halte à tout! »
Explique-moi, Papa
C’est quand qu’on va où?
Quand je serais grande je veux être heureuse
Savoir dessiner un peu
Savoir me servir d’une perceuse
Savoir allumer un feu
Jouer peut-être du violoncelle
Avoir une belle écriture
Pour écrire des mots rebelles
A faire tomber tous les murs!
Si l’école permet pas ça
Alors je dis: « Halte à tout! »
Explique-moi, Papa,
C’est quand qu’on va où?
Tu dis que si les élections
Ça changeait vraiment la vie
Y a un bout de temps, mon colon
Que voter ça serait interdit!
Ben si l’école ça rendait
Les hommes libres et égaux
Le gouvernement déciderait
Que c’est pas bon pour les marmots!
Si tu penses un peu comme moi
Alors dit: « Halte à tout »
Et maintenant, Papa
C’est quand qu’on va où?
Si tu penses un peu comme moi
Alors dit: « Halte à tout »
Et maintenant, Papa
C’est quand qu’on va où?

C’est une chanson de Renaud qui date de 1994.

Jacques Chirac n’a pas eu que des bons mots

Le 19 juin 1991, au cours d’un dîner-débat du RPR à Orléans, Jacques Chirac prononça un discours caricatural emprunt d’un racisme et populisme odieux qui n’avait rien à envier au Front National sur les terres électorales duquel il chassait d’ailleurs sans vergogne :
« Notre problème, ce n’est pas les étrangers, c’est qu’il y a overdose. C’est peut-être vrai qu’il n’y a pas plus d’étrangers qu’avant la guerre, mais ce n’est pas les mêmes et ça fait une différence. Il est certain que d’avoir des Espagnols, des Polonais et des Portugais travaillant chez nous, ça pose moins de problèmes que d’avoir des musulmans et des Noirs […] Comment voulez-vous que le travailleur français qui habite à la Goutte-d’or où je me promenais avec Alain Juppé il y a trois ou quatre jours, qui travaille avec sa femme et qui, ensemble, gagnent environ 15 000 francs, et qui voit sur le palier à côté de son HLM, entassée, une famille avec un père de famille, trois ou quatre épouses, et une vingtaine de gosses, et qui gagne 50 000 francs de prestations sociales, sans naturellement travailler ! [applaudissements nourris] Si vous ajoutez à cela le bruit et l’odeur [rires nourris], eh bien le travailleur français sur le palier, il devient fou. Il devient fou. C’est comme ça. Et il faut le comprendre, si vous y étiez, vous auriez la même réaction. Et ce n’est pas être raciste que de dire cela. Nous n’avons plus les moyens d’honorer le regroupement familial, et il faut enfin ouvrir le grand débat qui s’impose dans notre pays, qui est un vrai débat moral, pour savoir s’il est naturel que les étrangers puissent bénéficier, au même titre que les Français, d’une solidarité nationale à laquelle ils ne participent pas puisqu’ils ne paient pas d’impôt ! […] Il faut que ceux qui nous gouvernent prennent conscience qu’il y a un problème de l’immigration, et que si l’on ne le traite pas et, les socialistes étant ce qu’ils sont, ils ne le traiteront que sous la pression de l’opinion publique, les choses empireront au profit de ceux qui sont les plus extrémistes […] La plupart de ces gens-là sont des gens qui travaillent, des braves gens ; on est bien content de les avoir. Si on n’avait pas l’épicier kabyle au coin de la rue, ouvert de 7 heures du matin à minuit, combien de fois on n’aurait rien à bouffer le soir ? »

Ces propos ravirent la droite décomplexée qui émergeait alors et le Front National qui appela les Français à préférer l’original à la copie. Le groupe Zebda reprit « le bruit et l’odeur » dans une chanson qui est exploitable en éducation civique avec les troisièmes.