Étiquette : Pédagogie

Une expérience intéressante

Une collègue suisse de cycle 3 relate ici un travail avec ses élèves sur la construction d’un parcours sportif avec instructions orales podcastées, accessibles grâce à des QRcodes.
« Mon objectif était donc que les élèves découvrent notre village d’accueil et choisisse un parcours et des exercices à réaliser. De plus, comme j’ai une leçon d’éducation physique à l’extérieur chaque semaine, je trouvais que mêler l’oral, les MiTic ((Médias et technologie de l’information et de la communication) et le sport c’était parfait. Le second objectif était que le parcours reste en place dans le village et que tout un chacun puisse aller le faire quand bon lui semble avec son smartphone et une application pour lire les QRcodes.« 

Utilité du cours d’histoire

Voici un extrait d’un appel lancé par les professeurs d’histoire en Belgique, inquiets d’une possible fusion de leur enseignement au sein d’un cours intégratif mêlant, à parts égales, l’histoire, la géographie, la sociologie et l’économie politique.

« Et l’histoire dans tout cela ?
Historiens de formation, nous demeurons convaincus de l’importance cruciale d’un réel et solide cours d’histoire tout au long de l’enseignement secondaire. Sans doute d’ailleurs est-il plus nécessaire que jamais, à l’heure où la société numérique nous conduit à gérer un flux d’informations qu’il convient d’ordonner, de hiérarchiser et dont il faut éprouver la fiabilité, – pensons aux sinistres « fake news ». La critique des sources, quelles qu’elles soient (écrites, iconographiques, audiovisuelles, internet…), la capacité à construire une explication des phénomènes prenant en compte les multiples dimensions de la vie sociale, l’apprentissage de la périodisation historique (notions de chronologie, de durée, de diachronie, de synchronie…) et l’attention au changement sont autant de savoir-faire qui s’acquièrent et s’affinent progressivement.
L’histoire que nous défendons est bien sûr, pour partie, celle qui permet de mieux comprendre les grands enjeux contemporains, d’envisager leurs racines et leurs causes, profondes ou plus immédiates. En ce sens, elle a une dimension citoyenne. Mais elle ne doit pas être confondue avec un cours de citoyenneté. Or, son insertion dans un ensemble vague de « sciences humaines » renforce le risque de ne l’étudier qu’à travers des enjeux mémoriels ou d’actualité. Selon nous, il demeure non seulement légitime mais indispensable d’enseigner aussi l’histoire pour elle-même, pour ce qu’elle peut apprendre de l’évolution des sociétés humaines, en articulant les niveaux local (au plus près de l’élève), régional, national, européen et l’ouverture aux autres civilisations. S’il est légitime de décortiquer, en partant du présent, le concept de démocratie et de s’interroger sur l’éventuel héritage athénien, il l’est tout autant d’étudier l’histoire de l’Antiquité grecque in se, et donc le fonctionnement, les ressorts et les caractéristiques propres de la démocratie athénienne. De surcroît, si on veut éviter l’écueil d’une approche téléologique ou finaliste, considérant que seul ce qui pouvait advenir est advenu, il importe de proposer une explication qui reconstitue un espace des possibles, permettant de comprendre les choix effectivement posés par des acteurs soumis à diverses contraintes. Il est enfin nécessaire d’amener les élèves à une maîtrise synthétique de l’histoire dans son temps long, qui évite tant une approche « à courte vue » du passé que l’usage de quelques grandes clés de lecture utilitaristes. Bien plus qu’une simple grille d’analyse de ce qui est, l’étude de l’histoire dans sa complexité doit préparer les jeunes à débusquer les simplismes, les a priori, les idées toutes faites, ce qui ne se conçoit ni sans connaissances solides, ni sans exercice de compétences : problématiser, critiquer, synthétiser, apprendre et communiquer. La culture historique est, en ce sens, l’une des conditions de plein exercice de la vie démocratique. »

C’est moi qui ait souligné deux passages.

Une classe contre le décrochage scolaire

Pendant un an, les réalisateurs Marie-Violaine Brincard et Olivier Dury ont suivi six élèves de cette classe de lutte contre le décrochage durant leurs cours, mais aussi leurs sessions de slam ou de théâtre. Parvenant à faire oublier la présence de leur caméra dans le huis clos de l’établissement, ils apprivoisent au fil de leur immersion ces ados qui, par bribes et avec pudeur, dévoilent leurs problèmes comme les espoirs qui les animent. Ce documentaire est à voir quelques jours encore sur le replay d’Arte.

Je participe à une mission contre le décrochage scolaire, et même si je ne vis pas vraiment la situation des professeurs montrés dans cet établissement, je me retrouve dans certaines situations ou dialogues.

Quand un bulletin syndical ment

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Dans un supplément à son numéro de mars 2017, l’Université syndicaliste, la revue du SNES, a commis un article au sujet d’un appel à la résistance contre le Livret Scolaire Unique. Outre la futilité de la résistance proposée, que j’ai pu observer d’ailleurs dans mon établissement, cet article est mensonger. En effet, il cite comme logiciel payant et privé Sacoche, une application proposée en licence libre et donc gratuite !

Pourtant la vérification n’aurait pas pris trop de temps à madame Fabienne Sentex, si cette personne avait voulu faire un travail honnête. Ce principe est en effet affirmé sur la page d’accueil de l’application…

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Qu’un syndicat ne soit pas d’accord avec l’évaluation par compétence démontre son immobilisme, coupable à mes yeux. Mais qu’il fasse preuve de malhonnêteté en ces temps de fausse information ou désinformation, je trouve cela écoeurant !

L’histoire en série animée

Dans la série Notre histoire, France TV Education propose de suivre les aventures de Léo, Gladis, Jimmy, Josépha et Moussa qui embarquent à bord du Nautilus, une machine à remonter le temps, pour découvrir l’histoire de France, de la préhistoire à nos jours… L’animation est enfantine et les sujets traités convenablement, à la hauteur d’enfants de cycle 3.

Pour faire mieux comprendre les figures de style aux élèves ?

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Mathilde Levesque est une enseignante qui s’est amusée à passer au crible de la rhétorique le discours de ses élèves. En ressort un petit dictionnaire des figures de style, où cohabitent définitions parfaitement académiques et illustrations souvent peu orthodoxes.
Ainsi le célèbre oxymore (« l’obscure clarté » de Corneille) devient une saillie irrésistible attrapée au vol en plein cours :
– « Non mais c’est pas possible, Kevin, vous êtes vraiment un cancre !
– Peut-être madame, mais un cancre sérieux. »
De même, le paradoxe impose le respect lorsqu’il est servi avec un aplomb imperturbable par Ali :
– « Madame mais faut vraiment qu’on sache la différence entre sonnet français et italien, là ?
– Evidemment ! C’est très utile, vous verrez.
– Ouais ben c’est de l’utile qui sert à rien, quoi.«