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Mes référentiels de compétences pour l’an prochain

Ayant expérimenté depuis quatre ans l’évaluation par compétence, je vais poursuivre l’an prochain, même si le nouveau ministre de l’Éducation nationale n’y semble pas favorable. J’ai retravaillé un peu mes référentiels et voilà ceux que je compte utiliser.

Cette année, j’ai systématiquement transformé le bilan de compétence trimestriel en note sur 20 à la demande de mon administration. Le défaut de cette méthode est qu’à chaque évaluation, les élèves avaient un bilan des compétences, mais pas de note. La moyenne trimestrielle leur apparaissait donc parfois comme « tombée du ciel ». Je me demande donc si je ne vais pas transformer le bilan de compétence de chaque évaluation en note, afin d’ajouter celle-ci sur la copie, ce qui devrait sembler moins artificiel aux élèves et, éventuellement, aux parents.

Ils n’apprendront jamais…

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Les hommes politiques sont vraiment de mauvais élèves !

Sur le papier, la promesse était séduisante. Le candidat Emmanuel Macron, s’était engagé à réduire à douze le nombre d’élèves dans les classes de CP et de CE1 en éducation prioritaire, au nom de la lutte contre l’échec scolaire et les inégalités.
Mais, à vouloir le faire dès la rentrée de septembre, la mise en œuvre de ce projet louable va tourner au fiasco…
Deux difficultés se posent : comment trouver des salles disponibles dans les écoles concernées ? Et à quels enseignants faire appel ?
Pour le second point, le ministère de l’Éducation nationale a fait le calcul : dès septembre, ce seront près de 2500 classes de CP qui seront « dédoublées » en REP+, les réseaux d’éducation prioritaire renforcés. Il faut donc trouver maintenant  2500 enseignants en plus. Difficile en un temps aussi court, aussi le ministère envisage-t-il sérieusement de recruter par Pôle Emploi !
Mais le premier point est autrement plus bloquant : il faudrait créer 2500 lieux – classes de plus, dans des écoles qui ne sont pas prévues pour cela et aux frais des municipalités qui ne l’ont pas budgété vue les délais ridicules… Va-t-on, par électoralisme, placer les élèves dans des préfabriqués ou des salles conçues hors des préoccupations pédagogiques ? Est-ce vraiment cela lutter contre les inégalités ?
Pourquoi tout simplement ne pas avoir attendu la rentrée de septembre 2018 afin de tout préparer et de faire de cette mesure une réussite phare du quinquennat ? Au lieu de cela, la grogne se manifeste déjà.

« être autonome n’est pas, ce que croient souvent les élèves, travailler sans rien demander à personne, mais savoir à qui ou à quoi on peut recourir pour apprendre à faire seul. »

Dans les Cahiers pédagogiques, Patrick Rayou, Professeur en sciences de l’éducation et chercheur à l’université Paris VIII, a écrit cette tribune sur le thème des devoirs à la maison, alors que le ministre a déclaré très médiatiquement vouloir, dès la rentrée 2017, que tous les élèves puissent faire leur devoir au collège.

Une bonne idée ?

Le ministre de l’Éducation nationale, en plus de détricoter la réforme décidée l’an dernier, a annoncé vouloir proposer de l’aide au devoir systématiquement au collège. Outre qu’à mon avis, il n’en a pas les moyens, je m’interroge sur le bien-fondé de cette mesure.
En effet, cela fait plusieurs fois que j’accueille des élèves dans ma classe, sur des heures où je n’ai pas cours, afin d’alléger la permanence. Je demande alors aux élèves ce qu’ils ont à faire, ce à quoi beaucoup répondent « rien ». Lorsque je demande l’agenda, soit ils n’en n’ont pas, soit il n’est pas rempli. Les rares fois où ils ont du travail à faire, ils ont du mal à accepter mon aide et préfèrent dire « je ne sais pas » ou « je n’ai pas compris » plutôt que d’essayer de réfléchir. Ils savent aussi très bien rester vingt minutes devant une leçon d’anglais ou d’espagnol « à apprendre » et quand je les interroge, ils n’en savent rien ou bien ils ont appris sans comprendre.
Je suis un grand admirateur de Freinet et je sais qu’il s’est élevé contre l’adage « on ne fait point boire le cheval qui n’a pas soif« , mais parfois je me décourage.

Sans surprise…

La réforme du « collège 2016 » n’aura pas fait long feu. A peine une année scolaire après sa mise en œuvre, voilà un projet d’arrêté qui peut permettre aux établissements de la détricoter. Le texte sera présenté aux organisations syndicales mardi 6 juin, en vue d’une application dès la rentrée prochaine.
Le projet d’arrêté élargit l’éventail des options facultatives que les collèges peuvent proposer aux élèves dans le cadre de leur marge d’autonomie.
Dans le champ des possibles, on retrouve la promesse d’une option latin renforcée : les collèges pourraient l’organiser à raison de trois heures par semaine maximum en 4e et 3e – contre deux heures aujourd’hui.
On retrouve également le rétablissement des classes bilangues : apprendre une deuxième langue étrangère dès la 6e serait possible « dans la limite de deux heures hebdomadaires ». Enfin, si le texte n’évoque par le retour des classes européennes à proprement parler, il autorise l’instauration d’une langue vivante renforcée à partir de la 5e (deux heures en plus).
Les établissements pourront en outre supprimer les enseignements interdisciplinaires (EPI) et ne proposer que de l’accompagnement personnalisé, qui sembler se maintenir pour le moment (il faut dire qu’il se fait sur les heures d’enseignement, le supprimer ne permettrait pas de faire des économies de moyens…).
Les collèges décideront de l’emploi de trois heures par semaine, par niveau, afin de favoriser le travail en groupe à effectifs réduits, les interventions conjointes de plusieurs enseignants ou proposer des enseignements facultatifs. J’imagine que nous allons apprendre rapidement que l’évaluation des compétences du socle commun (des compétences tout court ?) va être abandonnée pour l’obtention du brevet. Il semblerait de toute façon que le ministère ait donné pour consigne de répartir les points en fonction de la moyenne dès cette année… Gigantesque mascarade !

Je ne m’attendais pas à grand chose du nouveau gouvernement dans le domaine de l’éducation et cela se confirme. On revient tout simplement en arrière, avant même d’avoir pu évaluer l’efficacité (ou non) du nouveau dispositif. Une longue habitude dans l’éducation nationale ! Mais il ne faut pas désespérer les enseignants, très rétif aux changement…. Les collègues qui, comme moi, ont participé aux formations des enseignants sur la réforme et qui se sont souvent fait malmener par leurs collègues, vont apprécier de voir que cela aura été en vain !

Cette hypocrisie et ce mépris de l’institution pour les professeurs mais aussi les élèves me conforte  dans mon choix d’avoir refusé de passer le CAFFA (Certificat d’aptitude aux fonctions de formateur académique ) pour devenir formateur.

Pour évaluer le socle en vue du brevet

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C’est l’heure des fascinantes réunions afin de déterminer le niveau de maîtrise des compétences du socle de chaque élève de troisième en vue de l’obtention du brevet. Un exercice difficile, notamment pour les collègues qui n’évaluent toujours pas  à l’aide de compétence. Pour moi qui utilise Sacoche pour évaluer par compétences, rien de plus simple. Ayant rattacher la plupart des compétences créées en début d’année à celles du socle, je peux demander à l’application un bilan de la maîtrise du socle pour chaque élève avec le niveau atteint et une proposition de points pour le brevet. Je compte ainsi éviter les fastidieuses et stériles discussions qui ne vont pas manquer de se produire. Evidemment ce bilan aurait encore plus de sens si nous n’étions pas que deux à utiliser cette méthode d’évaluation… Je sais qu’il existe des établissements où tous les collègues évaluent par compétences en utilisant Sacoche… J’en rêve !