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Le professeur, un guide pour une partie du chemin ?

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Ces propos du philosophe Jacques Rancière, trouvés dans le numéro 307 de la revue Sciences Humaines,  me semblent sonner assez juste et renvoient dos – à – dos les deux écoles qui s’affrontent actuellement au sujet de l’éducation. Et si être professeur c’était effectivement guider les élèves vers leur propre chemin pour apprendre, seulement ?

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Bilan de la première période

Au moment des vacances de la Toussaint, il est temps de faire un premier bilan du travail en classe.
Le dispositif « routinier » (vidéo d’introduction, prise de notes sur la leçon du livre, études de documents puis séance de bilan et révision) semble bien fonctionner pour toutes les classes, même si le travail en autonomie sur les documents est encore compliqué pour beaucoup d’élèves.
La nouvelle disposition des tables permet un travail correct de chacun et me permet d’isoler les élèves problématiques. La table de travail debout a même été utilisée par un élève.
Les chapitres terminés en quatrième :
– Bourgeoisie, commerce, traite et esclavage au XVIIIe siècle,
– Espaces et paysages de l’urbanisation / Les villes dans la mondialisation : traités ensemble, ces deux chapitres seront terminés la semaine de la rentrée seulement car j’ai passé beaucoup de temps sur Shanghai, en profitant pour revoir la méthode du croquis de paysage et commencer la construction de carte.
Les chapitres terminés en troisième :
– Civils et militaires dans la Première Guerre mondiale,
– Les aires urbaines, géographie d’une France mondialisée,
– République et citoyenneté. Sur ce thème, les élèves ont mené un débat de quarante minutes environ sur la question « qu’est-ce qu’être Français ? »  qui s’est assez bien déroulé dans chacune des classes.
Je pense être en retard par rapport à l’an dernier, mais il n’y a rien de catastrophique encore.
Les élèves posent de nombreuses questions, pas toujours avec le thème du chapitre cependant. Quand ils ont terminé les activités en avance, ils sont plusieurs, en quatrième,à aller chercher des revues ou des bds dans l’armoire.
Lors des réunions avec les parents, ceux-ci m’ont souvent fait part de l’intérêt, parfois nouveau, de leurs enfants pour l’histoire – géo. Cela est bien évidemment plaisant et me montre que mon dispositif fonctionne.

Voici les résultats de mes trois quatrièmes en terme de compétence :

Et des trois classes de troisième :

En troisième, l’identification des documents et l’utilisation du lexique sont ce qui pose le plus de problèmes pour le moment, les élèves ayant souvent de grandes lacunes de vocabulaire.
En quatrième, c’est pour la justification (en utilisant une donnée du document) et la critique des documents que les élèves rencontrent le plus de difficultés.
En 4e segpa, je n’ai mené que deux séances pour le moment, mais les élèves semblent adhérer aux projets.
En « devoirs faits » j’ai des élèves de sixième, de cinquième et de troisième et il me semble que j’arrive à leur apporter de l’aide, même s’ils ne pensent pas toujours à amener leur matériel pour pouvoir s’avancer dans leur travail.

 

Pour travailler la lecture de graphique avec les élèves

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Dans le rapport sur l’éducation prioritaire de la Cour des comptes, ce graphique m’a interpellé par son défaut de construction, que j’ai du mal à concevoir comme involontaire (page 99). À première vue, on ne peut que constater l’effondrement des effectifs dans le premier degré.
Mais en y regardant de plus près, plusieurs choses dérangent :
– on passe en réalité de 6 680 000 élèves à 6 430 000, soit une baisse de 250 000 élèves en 14 ans, ce qui ne correspond pas à une chute vertigineuse, pourtant suggérée par le graphique ;
– une grande partie du graphique évoque l’avenir, autrement dit des projections incertaines. Si on se cantonne à l’évolution avérée, on assiste plutôt à une augmentation des effectifs : on passe de 6 690 000 élèves en 2006 à 6 740 000 en 2018, soit une hausse de 50 000 élèves !
Si de l’avis de tous, le rapport paraît très documenté, je trouve inadmissible la présence d’un tel document, trompeur, dans un rapport officiel.

 

Pour instaurer un climat de classe productif et serein

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Ma femme a déniché un répertoire de pratiques pour prévenir les difficultés de comportement, concocté par le Centre de transfert pour la réussite éducative du Québec, en collaboration avec des chercheurs de l’Université du Québec à Trois-Rivières. Il s’adresse originellement aux enseignants de primaire, mais est une ressource utile pour tous les acteurs de la communauté éducative. Le but du document est de donner des pistes de réflexion et d’action pour parvenir à un climat de classe propice aux apprentissages.

Cela peut être intéressant pour la classe

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Entrepreneur social et réalisateur, Stéphane de Freitas est à l’initiative des programmes de prise de parole et du concours Eloquentia. Il a réalisé le documentaire À voix haute qui suit les participants au concours à l’université de Saint-Denis.
Dans ce livre, il propose une pédagogie de l’oral, fruit de son histoire personnelle et de son expérience auprès des jeunes. Il y expose des outils pratiques pour développer individuellement et collectivement l’esprit critique et libérer la parole, dès l’école et tout au long de la vie.
Ci-dessous une émission de France Info Junior avec Stéphane de Freitas :

Un numéro des Cahiers pédagogiques sur l’histoire à l’école

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ENTRER DANS L’HISTOIRE
Traitre ou pas traitre ? Thomas Legrand
L’appétit vient en mangeant. Pierre Cieutat
Matriochkas. Carole Gomez-Gauthié
En banlieue, c’est possible ! Amaury Pierre, Fabien Pontagnier
L’histoire à l’école : oui, mais comment ? Philippe Cherel
Sur la piste du temps. Alexandra Rayzal
Tiens, c’est vrai, pourquoi ? Delphine Guichard
Des enseignants discrets. Guillaume Jacq
HISTOIRE ET IDENTITÉS
Faut-il enseigner l’histoire du temps présent ? Laurence De Cock
Le présent du passé. Sébastien Ledoux
Leur histoire nationale. Églantine Wuillot
Itinéraire d’un enfant sauvé. Loétitia Dupont
Si on venait faire ça chez eux… Amina Selmane
Morts pour la France ? Pascal Landragin
« Ce ne sont que des détails ! » Jean-Sébastien Gauthier
Devoir d’histoire. François Hébert
Israël : quelle histoire enseigner ? Avner Ben-Amos
HISTOIRE ET VÉRITÉ
L’historien : un maitre de vérité ? François Dosse
Des plaines d’Abraham à la pensée critique. Marc-André Éthier, David Lefrançois
Ce document ne sert à rien ! Clotilde Bigot
Geschichte : la formation de l’esprit critique. Rainer Bendick
Empire, vous avez dit Empire ? Stéphane Pihen
Depuis quand Périclès était-il avec Aspasie ? Thierry Bonnafous
Si tu vas à Mycènes. Yannick Mével
Pas d’Histoire sans histoires. Jean-Paul Zampin
Ah ! La belle chose que de savoir quelque chose ! Jean-Michel Zakhartchouk

Pour accompagner ce numéro des Cahiers pédagogiques, on trouve en ligne le compte rendu d’une enquête menée auprès de de 340 élèves de CM1 et CM2 à qui on a posé la question : À ton avis, pourquoi fait-on de l’histoire-géographie à l’école ?
Dans 9,2 % des réponses, c’est soit pour réussir scolairement en ayant de bonnes notes, soit en lien avec l’idée d’un avenir professionnel.
Dans 11,8 % des réponses, il y a une dimension identitaire, le discours des élèves laissant penser qu’ils s’incluent dans un groupe social dont il faut connaitre le passé.
Pour 23 % des réponses, il s’agit avant tout de disposer de connaissances pour la culture générale.
Enfin, on fait de l’histoire – géographie pour « savoir le passé » dans 29 % des réponses.