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Cela peut être intéressant pour la classe

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Entrepreneur social et réalisateur, Stéphane de Freitas est à l’initiative des programmes de prise de parole et du concours Eloquentia. Il a réalisé le documentaire À voix haute qui suit les participants au concours à l’université de Saint-Denis.
Dans ce livre, il propose une pédagogie de l’oral, fruit de son histoire personnelle et de son expérience auprès des jeunes. Il y expose des outils pratiques pour développer individuellement et collectivement l’esprit critique et libérer la parole, dès l’école et tout au long de la vie.

 

Un numéro des Cahiers pédagogiques sur l’histoire à l’école

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ENTRER DANS L’HISTOIRE
Traitre ou pas traitre ? Thomas Legrand
L’appétit vient en mangeant. Pierre Cieutat
Matriochkas. Carole Gomez-Gauthié
En banlieue, c’est possible ! Amaury Pierre, Fabien Pontagnier
L’histoire à l’école : oui, mais comment ? Philippe Cherel
Sur la piste du temps. Alexandra Rayzal
Tiens, c’est vrai, pourquoi ? Delphine Guichard
Des enseignants discrets. Guillaume Jacq
HISTOIRE ET IDENTITÉS
Faut-il enseigner l’histoire du temps présent ? Laurence De Cock
Le présent du passé. Sébastien Ledoux
Leur histoire nationale. Églantine Wuillot
Itinéraire d’un enfant sauvé. Loétitia Dupont
Si on venait faire ça chez eux… Amina Selmane
Morts pour la France ? Pascal Landragin
« Ce ne sont que des détails ! » Jean-Sébastien Gauthier
Devoir d’histoire. François Hébert
Israël : quelle histoire enseigner ? Avner Ben-Amos
HISTOIRE ET VÉRITÉ
L’historien : un maitre de vérité ? François Dosse
Des plaines d’Abraham à la pensée critique. Marc-André Éthier, David Lefrançois
Ce document ne sert à rien ! Clotilde Bigot
Geschichte : la formation de l’esprit critique. Rainer Bendick
Empire, vous avez dit Empire ? Stéphane Pihen
Depuis quand Périclès était-il avec Aspasie ? Thierry Bonnafous
Si tu vas à Mycènes. Yannick Mével
Pas d’Histoire sans histoires. Jean-Paul Zampin
Ah ! La belle chose que de savoir quelque chose ! Jean-Michel Zakhartchouk

Pour accompagner ce numéro des Cahiers pédagogiques, on trouve en ligne le compte rendu d’une enquête menée auprès de de 340 élèves de CM1 et CM2 à qui on a posé la question : À ton avis, pourquoi fait-on de l’histoire-géographie à l’école ?
Dans 9,2 % des réponses, c’est soit pour réussir scolairement en ayant de bonnes notes, soit en lien avec l’idée d’un avenir professionnel.
Dans 11,8 % des réponses, il y a une dimension identitaire, le discours des élèves laissant penser qu’ils s’incluent dans un groupe social dont il faut connaitre le passé.
Pour 23 % des réponses, il s’agit avant tout de disposer de connaissances pour la culture générale.
Enfin, on fait de l’histoire – géographie pour « savoir le passé » dans 29 % des réponses.

Un livre à lire ?

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Le neuroscientifique Stanislas Dehaene a accordé un entretien à L’Express à l’occasion de la sortie de son nouveau livre Apprendre ! Les talents du cerveau, le défi des machines. En voici quelques extraits qui m’ont semblé intéressants.

Pourquoi n’abordez-vous pas, dans votre ouvrage, la question des écrans, aujourd’hui fortement pointés du doigt ? Ne sont-ils pas dangereux pour le cerveau des tout-petits ?

« A mon avis, ce sujet ne fait pas partie des fondamentaux que sont la santé, la nutrition et l’enrichissement de son environnement. On ferait mieux de mettre en avant d’autres risques, comme la consommation d’alcool chez la femme enceinte. En France, 1 % des bébés in utero sont concernés, ce qui est à la fois considérable et tout à fait évitable. Même chose pour la nutrition : comment faire pour que les enfants issus de milieux défavorisés aient accès à une alimentation de qualité ?

Dans mon livre, je raconte la dramatique histoire de ces enfants d’Israël qui ont souffert d’une carence en thiamine. Quelques semaines de privation, parce que le lait qu’ils recevaient n’était plus enrichi en vitamine B1, et le cerveau est resté définitivement altéré. Mais combien de situations dramatiques comme celle-ci ne sont pas détectées ? Voilà des variables fortes sur lesquelles on peut intervenir. C’est primordial. »

Bien plus que les écrans, donc…

« Cette obsession est un peu absurde. De quoi parle-t-on exactement ? La télévision, certes, engendre une certaine passivité et ses effets sont loin d’être positifs. En ce qui concerne les logiciels, c’est différent. Il existe d’excellents jeux pédagogiques, y compris pour les petits. A partir du moment où l’enfant interagit, il y a apprentissage. Le « danger » des écrans – si danger il y a – est surtout lié à la gestion du temps. C’est le cas de ces adolescents qui n’arrivent pas à décrocher de leurs jeux vidéo. Aux parents d’exercer leur autorité pour interrompre un éventuel usage frénétique. Tout excès est à surveiller, mais beaucoup d’études démontrent que les jeux vidéo peuvent augmenter la vigilance ou la concentration. »

(…)

Dans votre livre, vous critiquez certaines « erreurs » du système éducatif. Quelles sont-elles ?

« J’observe, par exemple, que l’école peut tuer cette curiosité dévorante, foisonnante, extraordinaire, si propre aux bébés de l’espèce humaine. Leur cerveau explore sans cesse de nouveaux états d’activité : il suffit de les voir changer d’activité ou de mimique toutes les cinq ou dix secondes. Très vite, en grandissant, ils se mettent à pointer du doigt l’objet de leur curiosité. Aucun autre primate ne possède cette faculté d’attirer l’attention de l’autre pour le questionner. Hélas, lorsque les enfants entrent à l’école, cette curiosité se fane souvent. On peut se demander s’il n’y a pas une relation de causalité entre les deux.

Un chapitre de mon livre dissèque les mécanismes cérébraux de la curiosité : elle provient du fait que chaque découverte que nous faisons active le circuit de la récompense, celui de la dopamine. Mais ce même circuit, l’école peut l’éteindre en rabrouant les enfants ou en distribuant de mauvaises notes. L’école ne fournit pas non plus toujours des stimulations adaptées au niveau de chaque écolier. Du coup, certains s’ennuient parce que c’est trop facile pour eux, tandis que d’autres sont découragés parce qu’ils n’arrivent plus à suivre. »

Il faudrait donc avoir un enseignement plus « à la carte » dans les classes ?

« Bien sûr. La méthode Montessori, avec laquelle mes enfants ont débuté lorsque nous habitions aux Etats-Unis, a ceci de formidable qu’ils choisissent, en accord avec l’enseignant, des activités en adéquation avec leur niveau et leur goût. Seule la curiosité les motive, même si l’enseignant oriente en réalité leur choix vers des exercices stimulants.

Des expériences montrent qu’un enseignement trop explicite peut aussi contribuer à tuer la curiosité : l’élève en conclut que le maître sait tout mieux que lui et qu’il n’a qu’à d’attendre qu’on lui mâche la connaissance. Les cours magistraux ne sont donc vraiment pas la meilleure manière de procéder. Il faut, au contraire, solliciter l’attention de l’enfant en lui demandant de participer, d’interrompre le cours pour poser des questions, de faire des exposés… Il y a une ligne étroite à conserver entre tout lui dire, au risque de perdre sa curiosité, et ne rien lui dire, au risque de tomber dans un autre écueil que je dénonce dans le livre : la pédagogie de la découverte. »

Dans ce passage critique sur les pédagogies de la découverte, vous citez d’ailleurs celle de Montessori que vous défendiez à l’instant….

« Je parle de ce courant de pensée qui part de Rousseau et qui passe effectivement par Dewey, Decroly, Freinet, Montessori, ou encore Piaget, et qui voudrait que l’enfant découvre par lui-même ce qu’il va apprendre. Il y a là une confusion de deux idées : certes, l’élève doit être actif, engagé – énormément de recherches l’ont démontré -, mais il lui serait impossible de découvrir, seul, ce que l’humanité a mis des siècles à inventer. Il faut donc que l’école lui fournisse un environnement structuré.

Cela a pu se vérifier notamment dans le domaine de l’informatique. Seymour Papert, le pape de l’informatique éducative, avait prétendu qu’il suffisait de donner un ordinateur aux enfants pour qu’ils apprennent à s’en servir. Cette idée a été prolongée par Nicholas Negroponte, un autre informaticien qui a soutenu qu’on pouvait révolutionner l’éducation en parachutant dans un pays des ordinateurs à 100 dollars. L’Uruguay s’en est emparé, dotant tous les enfants d’un ordinateur personnel. Or les résultats scolaires ont plutôt baissé durant cette période. Pourquoi ? Parce que, sans pédagogie spécifique, l’ordinateur est plus une source de distraction. Cette pédagogie explicite de l’informatique manque cruellement en France. »

Autre écueil français : nous aurions trop tendance, dites-vous, à confondre test et sanction ?

« Beaucoup de recherches en psychologie cognitive ont montré que se tester permettait à l’enfant d’améliorer ses performances. Sur une plage de deux heures de travail, il vaut mieux ne consacrer que la moitié du temps à réviser et passer l’autre moitié à se tester pour obtenir un « retour sur erreur ». Je recommande le système de « flash cards » que l’on trouve aux Etats-Unis, ces cartes sur lesquelles vous avez la question d’un côté et la réponse de l’autre. L’enfant s’interroge sérieusement, puis retourne la carte et voit s’il s’est trompé. Des logiciels font aussi cela très bien. L’important est de recevoir un signal d’erreur rapide, précis, indispensable au cerveau pour se corriger. »

Les notes semblent aller dans ce sens. Pourquoi les jugez-vous souvent inutiles ?

« Un simple 15/20, en l’absence d’autres informations, ne dit pas pourquoi vous vous êtes trompé. Les notes arrivent souvent aussi en différé, quelques semaines après le contrôle, et vous ne vous souvenez plus très bien pourquoi vous avez fait telle erreur. Je ne dis pas que ça ne sert à rien, mais ça n’est pas très efficace. A cela s’ajoute un aspect émotionnel qu’il faudrait éviter à tout prix.

Des recherches chez l’animal ont clairement démontré que le stress et l’anxiété peuvent complètement bloquer le processus d’apprentissage. Le réseau neuronal se fige et n’apprend plus. Un courant de recherche psychologique a par ailleurs prouvé les dangers de la mentalité dite « fixiste », qui consiste à expliquer à un enfant : « Si tu as de mauvaises notes en maths, c’est que tu n’es pas doué pour cette matière. » Un enseignant devrait plutôt adopter la mentalité progressiste, en restaurant à l’erreur son statut utile, qui est celui d’un signal informatif : « Tu as eu une mauvaise note en mathématiques, ça veut dire que tu n’as pas encore bien appris cet aspect-là, mais tu vas l’intégrer progressivement. » « 

Ci-dessous, l’émission La grande table du 5 septembre sur le sujet « apprendre à apprendre » avec comme invité Stanislas Dehaene :

Une bonne surprise

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Ce matin, en ouvrant la porte de ma salle de classe, je découvrais une nouvelle armoire, à rideau, placée exactement où je le souhaitais. Ce fut une surprise, car en juin, on m’avait dit que cette armoire n’était pas envisageable tout de suite.
L’idée est qu’elle accueille toute ma bibliothèque de classe et qu’elle constitue une séparation pour un petit espace lecture qui pourra aussi servir de sas pour un élève incapable de s’intégrer au cours pour X raisons.
Le reste de la salle n’a pas bougé depuis mes essais de juin : la rangée de tables (6 places, extensibles à 9) devant le bureau accueillera les élèves en difficulté et/ou en manque d’autonomie ; les quatre îlots seront pour les élèves pouvant / désirant collaborer et les quatre tables le long des fenêtres seront pour les élèves autonomes ou ne souhaitant pas travailler en groupe. La table à dessin contre le mur pourra servir de table haute pour  un élève ayant la bougeotte et préférant travailler debout ou de table d’exposition.