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Suzanne Citron (1922 – 2018)

Suzanne Citron

Elle était agrégée d’histoire et docteur de 3e cycle en histoire contemporaine. Sa thèse de doctorat, soutenue en 1974 avait pour titre Aux origines de la Société des professeurs d’histoire : la réforme de 1902 et le développement du corporatisme dans l’enseignement secondaire (1902-1914).

Elle a beaucoup écrit sur l’enseignement et la pédagogie, puis a tenté de mettre en pratique ses réflexions dans L’Histoire des hommes. Ce livre a été publié pour la première fois en 1996 et est une mise en perspective globale de l’aventure humaine, à destination des enfants. Le livre n’étant plus édité, Suzanne Citron en avait récupéré les droits et avait décidé de le mettre en ligne à la disposition de tous.

 

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Elle est aussi l’auteur du Mythe national : l’histoire de France revisitée, paru en 1987, où elle revenait sur l’école de la IIIe République qui, estimait-elle, avait inventé le mythe de l’histoire de France notamment grâce au monument qu’était le Petit Lavisse, manuel qui racontait le «roman national» imaginé par les pères de la République.
« Inventée pour et transmise par l’école de la IIIe République, notre histoire multiculturelle et poly-ethnique doit être réécrite dans la France d’aujourd’hui, une France post-vichyste, post-coloniale, amarrée au char de l’Europe, insérée dans la complexité du monde du XXIe siècle. » Écrivit -elle dans Libération, le 30 décembre 2004.
Cette volonté de déconstruire le mythe national lui est venue à la suite des guerres d’Indochine et d’Algérie, menées sous le couvert des idéaux de la République.
En 2003, Suzanne Citron avait publié ses mémoires, intitulées Mes lignes de démarcation – croyances, utopies, engagements. Fille d’une famille juive de Lorraine, elle passa clandestinement la ligne de démarcation durant la guerre et entra dans la Résistance, ce qui lui valut une arrestation et un enfermement au camp de Drancy en 1944. Elle échappa cependant à la déportation et fut libérée à l’arrivée des Alliés.
L’émission La Fabrique de l’Histoire lui a rendu un hommage :

Les expériences pédagogiques en histoire

C’est le sujet d’une émission de La Fabrique de l’Histoire, tournée vers le travail en lycée surtout. Les intervenants montrent qu’en travaillant autrement, par projet, la transmission des savoirs passe mieux et que pour le professeur, une fois la marche franchie, le retour en arrière est impossible. Et ils résument bien l’un de mes objectifs, non atteints pour le moment,  en classe :  » un des enjeux, c’est qu’on arrive à se taire, nous profs ! »
L’ensemble des émissions de La Fabrique de l’Histoire scolaire sont à écouter ici.

 

Un conseil scientifique pour l’éducation nationale

Le Conseil scientifique de l’éducation nationale, présidé par Stanislas Dehaene, responsable de la chaire de psychologie cognitive et expérimentale au collège de France, s’installe ce mercredi. Il compte vingt et un membres, dont un tiers issu des sciences cognitives. On y trouve aussi deux philosophes, deux sociologues, deux chercheurs en sciences de l’éducation, une linguiste, un mathématicien, un statisticien et deux économistes.
Parmi les cogniticiens, Michel Fayol, professeur de Psychologie cognitive et du Développement à l’Université Blaise Pascal de Clermont, est un chercheur que j’ai eu l’occasion d’entendre lors des journées de l’Association des professeurs de mathématiques.
Cette instance consultative devrait tenter de dégager des facteurs qui ont prouvé leur effet bénéfique sur l’apprentissage des enfants.  Pour cela, ses membres vont essayer de répondre à ce type de questions : peut-on apprendre aux enfants à apprendre ? Quelle grille d’évaluation des manuels scolaires proposer ? Quelles seraient les meilleures pédagogies à enseigner aux enseignants ? Comment mieux accueillir à l’école les élèves en situation de handicap ? Et sur quelles ressources de l’intelligence artificielle s’appuyer pour renforcer les apprentissages ? Ensuite, ce sera aux enseignants de s’en emparer pour les transformer en pédagogies effectives.
Du moins est-ce ce qui est défini sur le papier…

Un livre pour faire un sort à l’innovation en pédagogie ?

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Je pense comme monsieur Tricot, que ce que nous appelons souvent pompeusement innovation n’est le plus souvent que de la récupération de méthodes anciennes. Mais ce livre semble le démontrer de manière rigoureuse.

Un exemple de « vieux pot », cette citation d’Yves Chevallard didacticien des mathématiques, datant de 1986 :
« L’enseignant n’a pas pour mission d’obtenir des élèves qu’ils apprennent, mais de faire en sorte qu’ils puissent apprendre. Il a pour tâche, non la prise en charge de l’apprentissage mais la création des conditions de possibilité de l’apprentissage ».

 

Vers une énième réforme ?

Le ministre de l’Éducation nationale a annoncé vouloir faire de la maternelle «l’école de l’épanouissement et du langage». Pour cela, il a confié l’organisation d’assises de la maternelle à Boris Cyrulnik, un neuropsychiatre médiatisé.
Selon le ministre, «L’école maternelle doit donner à l’enfant l’appétit d’apprendre», elle doit être «un bain de langage, le moyen d’acquérir un vocabulaire riche.» Car «le langage est aujourd’hui la première des inégalités qui se traduit par la quantité de vocabulaire maîtrisé». Enfin, «l’école maternelle doit devenir une locomotive pour toute l’école, synonyme de bonheur et non d’angoisse. Une école de la confiance»
Pour arriver à cela, «la formation des professeurs et des intervenants à la maternelle, notamment des Atsem, sera l’un des sujets majeurs des assises. Il s’agira de revoir les formations initiales et continues, peut-être d’aller jusqu’à des formes de certification, mais également de créer de nouveaux outils pédagogiques, dont certains à l’adresse des parents».
Jean-Michel Blanquer a ajouté ensuite qu’il conviendra d’améliorer les relations entre les intervenants et les élèves, mais aussi l’environnement de l’école (salles de classe, cantine, toilettes, etc.).

D’après un article du Figaro.fr

Projet pour les séances avec les jeunes de la mission contre le décrochage scolaire

Je reprends ma collaboration avec la MLDS du lycée professionnel Bartholdi de Barentin et celle du collège Alain de Maromme. Je devrais intervenir deux heures par semaine au lycée devant 6 jeunes (sauf les semaines de stage) et une heure au collège devant dix autres (idem) ; mais les effectifs fluctuent beaucoup ainsi que l’assiduité. J’interviens dans le cadre de l’éducation morale et civique et il va de soi qu’il ne s’agit pas de faire cours « classiquement » à ces jeunes en difficulté avec l’école ni d’espérer un réel suivi d’une semaine sur l’autre.
Au lycée, je vais partir de la devise française pour les faire travailler sur ces notions puis mener des débats sur des sujets d’actualité liés à la liberté l’égalité, la fraternité. Comme je les ai deux heures de suite, j’envisage une heure de recherche d’arguments puis une demi-heure de débat avant une mise en forme des conclusions, peut-être sur le présent blog.
Voici quelques sujets envisageables (liste non exhaustive et qui dépendra de l’intérêt des jeunes) :
– le droit à l’euthanasie
– la légalisation des drogues
– le droit de vote pour les étrangers / le vote obligatoire
– le téléchargement gratuit
– la vaccination obligatoire
– la discrimination positive
– le communautarisme
– la TVA / l’impôt sur la fortune.

Nous pourrons notamment nous servir de ces deux ouvrages de ma bibliothèque de classe.

Au collège, je vais là aussi partir de la devise française pour leur proposer ensuite la rédaction d’un mini journal (type l’Actu) contenant des informations sur les trois notions et exemples d’actions pour améliorer la liberté, l’égalité et la fraternité. Nous pourrions en sortir trois dans l’année (un par notion ?).

À voir demain, pour les premières séances, si ces projets leur conviennent.