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Nulle : d’accord. Une blague ? Pas si sûr…

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Depuis mercredi, un slogan accompagnant un manifeste du Medef a commencé à faire des mécontents : « Si l’école faisait son travail, j’aurais un travail. » Le Medef assume totalement cette prise de position alors que le ministre de l’Education nationale se dit consterné et demande même le retrait du slogan.
Contacté par franceinfo, le service presse de l’organisation patronale explique que les enseignants ne doivent pas le prendre pour eux. Il faudrait, d’après ce responsable de communication, parler des dysfonctionnements de l’Éducation nationale qui doit améliorer sa performance. C’est bien l’école d’aujourd’hui qui débouche sur un chômage de masse des jeunes français, une éducation trop académique et pas assez professionnelle. Le Medef reconnait que cette phrase était délibérément provocatrice, pour attirer l’attention sur cette campagne pour l’éducation élaborée par l’organisation patronale.

Voici quelques illustrations accompagnant les propositions du Medef… Après lecture, le manifeste ne me semble pas bouleversant. Le Medef se contentant de décrire tous les poncifs du genre. Au lieu de cela, il serait préférable que les patrons fassent leur travail, c’est – à – dire donner du travail aux employés !

Il faut réfléchir avant d’annoncer

Dans un entretien à l’Express, le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, assure vouloir mettre en œuvre la promesse de campagne d’Emmanuel Macron d’interdire les téléphones portables au collège pour « protéger nos élèves de la dispersion« . Il cite en exemple le Conseil des ministres, où les téléphones portables sont censés rester à l’entrée ( tout est dans le « censés » à mon avis…). « Il me semble que cela est faisable pour tout groupe humain« , dit-il.

Je suis dubitatif sur cette déclaration. D’abord parce que je doute de la possibilité de son application, ensuite parce que je demande parfois aux élèves d’utiliser leur téléphone en classe, pour certains travaux !

Un documentaire sur l’école

Le documentaire sur l’école Une idée folle est en exclusivité sur le site du Monde jusqu’au dimanche 10 septembre à minuit.
Tourné dans neuf établissements scolaires, publics et privés, de la maternelle au collège, le documentaire réalisé par Judith Grumbach interroge le rôle de l’école à travers le témoignage d’enseignants, d’enfants, de parents ainsi que d’experts de l’éducation.

Que choisir ?

J’hésite actuellement à m’acheter un visualiseur pour l’utiliser en classe. J’en ai repéré deux qui me semblent intéressants, à des prix différents.

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– Le visualiseur USB Ziggi-HD Plus de la marque IPEVO à 120 euros. Il a l’avantage d’avoir un autofocus, indispensable pour montrer ou enregistrer du mouvement (comme la conception d’une carte) et l’inconvénient d’être fragile des articulations (toutes en plastique très cassable apparemment !).

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– La caméra USB HUE HD Pro, recommandée par une collègue professeur des écoles. Avantage : le prix de 75 euros. Inconvénient : pas d’autofocus et un éclairage LED parfois jugé insuffisant.
Si vous avez des avis, je suis preneur.

Quand ça change, ça change…

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Me voilà de nouveau inscrit aux journées de l’APMEP les 21, 22, 23 et 24 octobre prochains. Je vais assister à plusieurs ateliers sur les maths en école primaire, pour préparer ma reconversion et surtout parce que j’y accompagne ma femme, toujours prof de maths.
Le dimanche, dès 8h30 (!!!), je vais participer à un atelier sur les grandeurs : mathématiques à voir et à toucher. Des instruments utilisés dans les métiers anciens (depuis le XVe siècle) et actuels pour mener des expériences en classe aux cycles 3 et 4.
Le lundi :
– jouer et apprendre avec une ludothèque mathématique en cycle 3
– continuité plutôt que rupture dans l’enseignement des maths de l’école au collège
– SurpreNante(s)histoire pour enseigner les mathématiques en cycle 2
Bon, j’espère aussi visiter la ville de Nantes si bien décrite par Julien Gracq et pouvoir passer chez lui, à Saint Florent le Vieil, visiter sa maison devenue une demeure d’écrivain.

C’est la saison

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Dans Changez l’école ! (PlayBac, 464 pages, 22,90 euros), l’universitaire anglais Ken Robinson explique comment les changements qu’il appelle de ses vœux dans l’école pourraient être mis en œuvre.
Ken Robinson est l’auteur d’une conférence en ligne intitulé « L’école tue-t-elle la créativité ? », datant de 2006, mais toujours très regardé onze ans plus tard.
Voici un extrait d’un entretien donné au journal Le Monde.

« L’important est que les enfants soient amenés, dans une atmosphère de confiance et d’empathie, à réfléchir par eux-mêmes.

Comment ?
De nombreux dispositifs pédagogiques les mettent dans cette situation : le jeu, qui est un ressort d’apprentissage majeur ; la réalisation de projets, qui permet aisément de donner du sens aux apprentissages et de motiver les élèves ; tout ce qui relève de la culture « maker » que catalysent les « fab labs », ces espaces coopératifs où l’on fabrique des objets grâce, entre autres, aux imprimantes 3D ; la bonne vieille maïeutique, qui place le questionnement au cœur des cours. Ces approches conduisent à des apprentissages très robustes en langues, en sciences, en mathématiques, etc. Elles induisent en outre beaucoup de discipline et de travail. Ceux qui imaginent que créativité rime avec oisiveté en seront pour leurs frais !

Pourquoi la créativité est-elle aussi importante ?
Parce que c’est ce qui nous fait avancer. Toutes les grandes ruptures ont été accomplies parce que l’être humain sait, parfois, faire preuve de créativité, et non reproduire inlassablement ce qu’il faisait auparavant. L’école doit donner cette compétence aux enfants car ils vont arriver dans un monde où beaucoup sera à réinventer. L’intelligence artificielle va bouleverser le marché de l’emploi. C’est en cours depuis longtemps dans l’industrie ; c’est imminent dans les services. Quel sera l’impact exact de ces changements ? A quelle échéance se produiront-ils massivement ? Franchement, je pense qu’on ne le sait pas plus aujourd’hui qu’on ne pouvait prévoir l’impact de la révolution industrielle au début du XIXe siècle. La seule chose que l’on sache, c’est que cela va arriver, et que la transition peut être brutale. Songez seulement aux bouleversements produits par les smartphones ou les réseaux sociaux, qui n’existaient pas en 2006 lorsque j’ai donné cette conférence.

L’école doit donc changer pour adapter les enfants à l’économie de demain ?
Non. Cela sera un bénéfice collatéral. Elle doit changer d’abord pour s’adapter aux enfants d’aujourd’hui, qui se portent de plus en plus mal, soumis qu’ils sont à l’addiction aux écrans, à la pression scolaire, à la surprotection des parents, au cyber-harcèlement… Partout dans le monde, les taux de dépression et de suicide des jeunes augmentent.

La créativité empêche-t-elle cela ?
Il est délicat, méthodologiquement, de tenter de prouver qu’un dispositif empêche quelque chose d’advenir, surtout pas le suicide, qui procède d’une équation intime et multifactorielle. Nous disposons en revanche d’études nombreuses et convergentes sur les effets que produisent les écoles créatives : moins d’abandons, plus de motivation, plus de réussite aux examens, plus de satisfaction des élèves, des enseignants et des parents… Je donne dans mon dernier livre l’exemple d’écoles, notamment dans des zones très défavorisées, dont les résultats aux tests ont progressé formidablement. A aucun moment, contrairement aux écoles traditionnelles, elles n’ont fixé pour objectif de mieux réussir ces tests. C’est la mise en œuvre d’approches différentes qui le leur a permis. »

Vous pourrez lire une chronique du livre de Ken Robinson ici.