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Sur un air de 1789…

Cahier des doléances, demandes et représentations de l’ordre

L’Association des maires ruraux et l’Association des petites villes de France ont fait un communiqué commun pour annoncer que les maires veulent « permettre à chacun de nos concitoyens d’exprimer verbalement leur colère« . Une synthèse départementale des « doléances et propositions » devrait, selon elles, être ensuite diffusée au gouvernement, au Parlement et aux médias.
Quand on sait ce qu’il est advenu des cahiers de doléances de 1788 – 89, on peut s’interroger sur l’utilité d’une telle proposition…

 

Espaces de faibles densité et désert médicaux en France

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Isra est le premier bébé né au Blanc, dans l’Indre, depuis la fermeture définitive de la maternité de l’hôpital, le 19 octobre dernier. Isra a vu le jour au sein du service des urgences, dans la nuit de vendredi à samedi. Prise de contractions, sa mère n’a pas pu rejoindre les maternités les plus proches de Poitiers ou Châteauroux, situées à une heure de route chacune.
Les autorités sanitaires avaient demandé la fermeture de la maternité car elle était en dessous du seuil des 300 accouchements par an ( en 1998, un décret fixa ainsi à 300 le nombre minimum d’accouchements sauf dérogation) et connaissait des problèmes de personnels selon la direction.
Un centre de périnatalité, pour suivre les femmes avant et après l’accouchement, doit remplacer la maternité à l’hôpital du Blanc.

Est-ce cela le peuple français ? Je ne veux pas en faire pas partie dans ce cas.

 

« Nous formons un groupe de citoyens engagés qui constitue une représentation honnête de la France qui souffre et se sent délaissée. Nous voulons être les porte-parole d’une colère constructive», écrivent dans le Journal du dimanchedix  « gilets jaunes » qui se sont donnés pour nom les « gilets jaunes libres »….
Colère constructive des véhicules, des restaurants et des bâtiments publics incendiés, des magasins saccagés et pillés, l’Arc de Triomphe tagué et dégradé ? Les « gilets jaunes » sont au minimum complice de ces actes délictueux et non donc plus rien (l’ont-ils seulement été à un moment ?) d’une représentation honnête.
Le résultat de tout cela est que l’instauration de l’état d’urgence a été demandée samedi soir par trois syndicats de police. Le ministre de l’intérieur, interrogé sur BFM-TV sur l’opportunité d’instaurer cette mesure, ne l’a pas écartée.

 

27 novembre 2018 : ouverture de la 34eme campagne des Restos

Pour la 34e année d’affilée, Les Restos du cœur ont ouvert, mardi 27 novembre et jusqu’à fin mars, leurs 2027 centres de distribution alimentaire dans toute la France. Les 72 000 bénévoles s’apprêtent à accueillir au moins 860 000 bénéficiaires.
Entre novembre dernier et aujourd’hui, la plus grande partie (44%) des bénéficiaires recensés ont entre 25 et 60 ans, sont pour la plupart en recherche d’emplois (41%) et vivent seuls (41%). Les départements les plus concernés se situent plutôt dans le nord de la France (Nord, Pas-de-Calais et Seine-Maritime) ou le sud-est (Rhône, Hérault et Bouches-du-Rhône). La part des familles monoparentales reste très élevée, puisqu’elles représentent 25% de l’ensemble des bénéficiaires (90% de ces familles monoparentales sont des mères élevant seules leurs enfants).
Toutefois 12% des bénéficiaires des repas distribués par le réseau associatif sont des jeunes âgés de 18 à 25 ans, contre 9% un an plus tôt et 7% il y a deux ans. Et de l’autre côté de la pyramide des âges, le nombre de retraités est passé de 7% à près de 10% en un an.
L’an dernier, l’organisation avait pu compter sur la générosité des Français : 90 millions d’euros de dons ont été collectés lors de la précédente campagne, un chiffre record. Mais cette année, les « Restos » du cœur sont inquiets : avec la récente suppression de l’ISF (et donc des déductions d’impôt liés au don), la structure fait face à une chute de 70% des « donations de grande taille ».
Selon l’Insee, 4,8 millions de Français ont recours aux aides alimentaires, qu’elles soient distribuées par Les Restos du cœur, la Croix-Rouge ou l’une des 5 400 autres associations qui s’approvisionnent auprès des banques alimentaires. Les 130 000 bénévoles de ces organismes enfileront, du 30 novembre au 2 décembre, leurs traditionnels gilets orange pour collecter des denrées directement auprès des consommateurs se rendant dans les grandes surfaces.
Les banques alimentaires constatent une précarisation croissante de leur public dont, selon ses chiffres de 2016, 84 % disposaient de moins de 799 euros par mois, soit 15 euros de moins qu’en 2014 et 69 euros de moins qu’en 2012. Le recours à leur aide est, en outre, de plus en plus fréquent, au moins une fois par semaine, et sur une période plus longue, puisque 41 % d’entre eux y viennent depuis plus d’un an, alors qu’ils n’étaient que 27 % en 2014.

Analyse géographique du mouvement des « gilets jaunes »

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Un article du site La vie des idées revient sur le mouvement des « gilets jaunes »  dans une analyse géographique intéressante. J’en donne un extrait ci-dessous, mais l’ensemble est à lire ici.

« (…)Comme l’indique une note des services de renseignement éventée dans la presse, les initiateurs du mouvement des gilets jaunes sont, pour la plupart, originaires d’Île-de-France, plus précisément de l’agglomération parisienne, soit la partie la plus urbanisée de la région-capitale. Et pour cause : les Franciliens sont au moins autant concernés que le reste des Français par la hausse des dépenses liées à l’automobile. S’ils utilisent un peu moins leur voiture et réalisent des trajets un peu plus courts, ils passent en moyenne 75 minutes par jour dans leur véhicule, contre 45 minutes pour les habitants de l’espace rural [2] ! En somme, le budget-temps compense largement les moindres coûts liés aux déplacements, ce qui permet d’expliquer la genèse et l’enracinement de la contestation dans la région parisienne.

Plus largement, la plupart des chercheurs considèrent que l’urbanisation du territoire français est désormais achevée : 61,5 millions de personnes, soit 92 % de la population, vivent aujourd’hui sous l’influence de la ville, selon des modes et des styles de vie urbains. Si la ruralité en tant que support paysager, aspiration sociale et système de valeurs n’a jamais disparu — et fait même l’objet de revalorisations récentes —, les grandes fractures sociales et spatiales s’enracinent désormais au sein du monde urbain. En effet, les grandes villes sont à la fois les lieux privilégiés de concentration des richesses et les points de fixation de la pauvreté : en France, 2/3 des ménages vivant sous le seuil de pauvreté habitent dans les zones denses des espaces urbanisés [3].

Il serait donc erroné d’analyser le mouvement des gilets jaunes comme une jacquerie des populations rurales défavorisées contre des citadins fortunés. Il traduit, au contraire, la multiplicité des interdépendances territoriales et fonctionnelles au sein de vastes aires métropolitaines, où se juxtaposent fragments de ville dense, nappes pavillonnaires, bourgs revitalisés ou en difficulté, zones d’activités, espaces naturels et agricoles, centres commerciaux, pôles tertiaires et logistiques, etc. L’automobile est bien souvent la condition nécessaire de l’accessibilité à ces différents espaces et à la diversité des ressources qu’ils offrent. C’est précisément parce qu’elle permet de maximiser les programmes d’activités au sein de ces « métapoles » (Ascher, 1997) qu’elle a constitué le déclencheur des revendications des gilets jaunes.(…) »

La France devrait compter 29% de personnes de plus de 65 ans dans sa population en 2070.

L’Institut national de la statistique et des études économiques a publié, mardi 20 novembre, son dernier Portrait sociale de la France. Selon ces prévisions, si les tendances démographiques se poursuivent, la France comptera 21,9 millions de de personnes de plus de 65 ans dans sa population en 2070, soit 8,8 millions de plus qu’en 2018. Cette catégorie d’âge représenterait alors 29% de la population contre 20% actuellement.
Au 1er janvier 2018, on comptait 13,1 millions de personnes de 65 ans ou plus, appelées seniors, en France. L’Insee estime que la proportion de seniors devrait continuer à augmenter rapidement jusqu’en 2040, année à partir de laquelle toutes les générations du baby-boom auront dépassé l’âge de 65 ans. Après 2040, l’augmentation du nombre de seniors devrait être plus modérée.
Selon l’Insee, la part des seniors âgés de 75 ans ou plus dans la population devrait s’accroître à partir de 2021 pour les 75-84 ans, et à partir de 2031 pour les 85 ans ou plus. Ce sont eux qui devraient contribuer au vieillissement à venir de la population.