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La pauvreté en France

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L’Observatoire des inégalités a publié ce jeudi son premier rapport, très documenté, sur la pauvreté en France.
Comme l’explique l’Insee, le taux de pauvreté correspond à la proportion d’individus dont le niveau de vie est inférieur pour une année donnée à un seuil, dénommé seuil de pauvreté (exprimé en euros). Pour rappel, le niveau de vie désigne le revenu disponible, c’est-à-dire les revenus liés à l’activité, au patrimoine, les pensions de retraite et les prestations sociales, desquels sont soustraits les impôts directs (impôt sur le revenu, CSG, taxe d’habitation…). L’Insee calcule ensuite le niveau de vie de chaque personne en prenant en compte la taille du ménage.
L’Insee mesure la pauvreté monétaire de manière relative : cela veut dire qu’une personne est considérée comme pauvre quand elle s’écarte du niveau de vie médian. Le niveau de vie médian sépare la population en deux parts égales : une moitié gagne moins, l’autre moitié gagne davantage. Le taux de pauvreté correspond donc à la proportion d’individus dont le niveau de vie est inférieur pour une année donnée à un seuil, dénommé seuil de pauvreté, exprimé en euros.

 

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En Europe, pour mesurer la pauvreté, le seuil de 60% du niveau de vie médian est privilégié. En d’autres termes, tous les individus qui ont un niveau de vie inférieur à 60% du niveau de vie médian dans leur pays sont considérés comme «pauvres». Le seuil de pauvreté monétaire en France s’élevait donc à 1026 euros par mois en 2016 pour un niveau de vie médian de la population de 1710 euros par mois. Selon ce calcul, la France comptait 8,8 millions de pauvres en 2016 et en 2017, ce nombre serait resté le même. Attention toutefois, pour des raisons de difficulté d’enquête, les personnes vivant dans les maisons de retraite, les foyers jeunes travailleurs, les prisons et les sans domicile fixe ne sont pas pris en compte par cette mesure.

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Depuis dix ans, le nombre de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté en France augmente. Cette aggravation est l’un des phénomènes les plus marquants parmi les évolutions analysées par l’Observatoire des inégalités. En considérant un seuil de pauvreté situé à la moitié du revenu médian (855 euros par mois), le nombre de personnes pauvres a augmenté de 600 000 en dix ans, passant de 4,4 millions à 5 millions. Au cours de la même période, le taux de pauvreté est passé de 7,3 % à 8 % de l’ensemble de la population. Si l’on se réfère au seuil de pauvreté à 60 % du niveau de vie médian (1 026 euros par mois) alors, c’est près de 9 millions de personnes pauvres qu’il faut compter en France. Cette population a augmenté de 820 000 personnes au cours des dix dernières années.La décennie 2000, et plus encore la crise déclenchée en 2008, ont marqué un retournement historique de la tendance : la pauvreté ne diminue plus en France.
Si l’on se réfère au seuil de pauvreté à 60 % du niveau de vie médian (1 026 euros par mois) – seuil le plus souvent utilisé dans le débat public –, alors, c’est avec près de 9 millions de personnes pauvres qu’il faut compter en France (voir encadré). Ce chiffre a augmenté de 820 000 au cours des dix dernières années.

Si notre système de prestations sociales et d’impôts n’existait pas, le taux de pauvreté en France aurait été de 22 % et non de 14,1 % en 2014 selon le seuil de pauvreté fixé à 60 % du niveau de vie médian. Le nombre de pauvres est ainsi réduit de 13,7 à 8,7 millions de personnes. Concrètement, notre modèle social évite la pauvreté à cinq millions de personnes. Une grande partie des personnes concernées préfèreraient évidemment vivre de leurs propres ressources et en particulier avoir un emploi, mais il n’en demeure pas moins que les aides jouent un rôle indispensable, notamment pour les plus éloignés de l’emploi (personnes âgées, handicapées, etc.).

Que signifie être pauvre concrètement :

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Le rapport montre aussi comment la pauvreté est perçue en France :

 

Une plainte pour crime contre l’humanité déposée contre la France

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Entre 1966 et 1996, la France a effectué 193 essais nucléaires (dont douze « essais de sécurité » pendant lesquels on vérifie que les bombes n’explosent pas si elles ne sont pas armées), dans deux atolls de Polynésie française (Mururoa et Fangataufa), dont 46 dans l’atmosphère. Le dernier a eu lieu en 1996.
En 1998, la France a signé et ratifié le traité d’interdiction complète des essais nucléaires et a sollicité l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) pour établir un bilan radiologique et géomécanique des atolls de Mururoa et de Fangataufa. Depuis, les deux atolls sont surveillés par des capteurs.
Oscar Temaru, l’ancien président indépendantiste de l’archipel, a déposé une plainte contre la France pour crime contre l’humanité devant la Cour pénale internationale (CPI). Cette poursuite en justice a pour objectif de demander des comptes à tous les présidents français vivants depuis le début des essais nucléaires, après qu’un dialogue a été recherché en vain depuis 2013, sous la supervision des Nations unies. L’indépendantiste considère ces essais nucléaires comme le résultat direct de la colonisation de son pays par la France.
Longtemps caché, l’impact sanitaire des essais nucléaires sur la population de l’archipel a été officiellement reconnu par la loi Morin, adoptée le 5 janvier 2010. Mais le législateur avait introduit dans cette loi la notion de « risque négligeable » entre l’exposition à la radioactivité et la pathologie de façon à limiter la capacité des plaignants à obtenir gain de cause. Résultat : en sept ans, sur un millier de requêtes, une vingtaine d’indemnisations seulement ont été octroyées. Cette notion injuste a finalement par des amendements en 2017 mais elle montre l’étendue du déni et du mépris de la France envers les malades des essais nucléaires.

Faire payer la prison aux détenus ?

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Plusieurs députés de Debout la France, du Rassemblement national et de l’UDI, ont déposé cette semaine une proposition de loi pour « alléger le coût de fonctionnement des prisons pour le contribuable et, en même temps, responsabiliser et réinsérer les détenus par le travail« .
Sachant qu’un détenu coûterait en moyenne 100 € par jour, ils proposent que ceux-ci participent à hauteur de 20 % du prix de leur incarcération, soit un peu plus de 600 euros par mois.
Conscients qu’une grande partie des détenus n’ont pas d’emploi, ils proposent donc de rétablir l’obligation de travailler en prison, supprimée par la loi de 1987. Et dans l’attente de rétablir ce principe, ils proposent trois solutions provisoires: le prélèvement sur les biens propres du détenu, le recours à sa famille lorsqu’il est mineur ou la possibilité de travailler en prison.

En 2016, près de 30% d’entre eux travaillaient en France, selon un rapport de l’Institut Montaigne de février 2018. Un chiffre qui ne cesse de baisser depuis le début 2000 faute d’emplois suffisants derrière les barreaux. En moyenne, un détenu qui travaille touche environ 350 euros par mois. La loi de 2009 a posé le principe d’un taux horaire, fixé par décret : une personne détenue doit être payée entre 20% et 45% du smic horaire brut, mais ne bénéficie d’aucun contrat. Mais dans les faits, la règle n’est pas respectée et les détenus continuent d’être payés à la pièce, au lieu de l’être à l’heure.
Un tiers des détenus vivent toutefois en dessous du seuil d’indigence, c’est-à-dire avec moins de 50 euros par mois et ne peuvent donc pas s’acquitter des frais inhérents à la détention.

D’après un article du Figaro.fr

Progrès de l’espérance de vie en France

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L’espérance de vie en bonne santé, c’est-à-dire le nombre d’années que peut espérer vivre une personne sans être limitée dans ses activités quotidiennes, a progressé en 2017 à 64,9 ans (+0,8) pour les femmes tandis qu’elle a légèrement reculé à 62,6 ans (-0,1) pour les hommes, en France.
De son côté, l’espérance de vie à la naissance a atteint 79,5 ans pour les hommes, contre 79 ans en 2015, et elle reste stable à 85,3 ans pour les femmes.

D’après une étude de la Direction de la recherche, des études de l’évaluation et des statistiques.

La Sécurité sociale est-elle faite pour gagner de l’argent ?

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Selon les chiffres présentés, 2018 devrait être la dernière année au cours de laquelle la « Sécu » accusera un déficit de 1 milliard d’euros du régime général et du fonds de solidarité vieillesse, qui verse les cotisations retraites des chômeurs et le minimum vieillesse. En 2019, elle devrait avoir un solde positif de 700 millions, pour la première fois depuis 2001.
Toutes les branches seraient excédentaires, à l’exception de l’Assurance-maladie qui continuerait de présenter un déficit, à 900 millions d’euros. En 2017, ce dernier s’élevait toutefois à 4,9 milliards d’euros.
Une bonne part des économies attendues en 2019 sera due au quasi-gel des pensions de retraites et des allocations familiales en 2019 et 2020. Ces prestations ne seront en effet revalorisées que de 0,3 %, soit bien moins que l’inflation (1,6%). C’est ainsi 1,8 milliard d’euros que la « Sécu » n’aura pas à dépenser. Mais les économies ont aussi été réalisées par le régime draconien auquel a été soumis l’hôpital public ces dernières années.
Excédentaire, la « Sécu » devra utiliser ses ressources pour assumer des charges supplémentaires comme certains allégements de cotisations sociales.
Toutefois, cet excédent ne doit pas cacher la dette sociale accumulée. Au 31 décembre 2017, la caisse d’amortissement de la sécurité sociale (CADES) avait remboursé la moitié de la dette sociale accumulée depuis sa création, soit 139,5 milliards d’euros (sur les 260,5 milliards de dette accumulés). Et la CADES prévoit de rembourser 15,2 milliards d’euros supplémentaires en 2018. Reste donc 105 milliards à rembourser.

 

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