Catégorie : La salle de classe

Du mobilier pour la classe

J’ai demandé deux meubles pour équiper la classe et rendre la bibliothèque vraiment accessible aux élèves. Le premier m’a été livré aujourd’hui :

 

Il s’agit d’un présentoir sur lequel je vais mettre à disposition des élèves les numéros de L’ Actu, d’Histoire Junior et d’Arkéo Junior qui peuvent les intéresser ou avec lesquels nous allons travailler. Ils y trouveront aussi les dictionnaires et les atlas indispensables.
Le second meuble, livré avec des pièces manquantes hélas, est une bibliothèque de type CDI avec des rayonnages des deux côtés. Elle va remplacer avantageusement l’armoire qui est placée le long des fenêtres et contiendra les romans et documentaires. J’espère pouvoir l’installer avant la fin de l’année.

Une bonne surprise

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Ce matin, en ouvrant la porte de ma salle de classe, je découvrais une nouvelle armoire, à rideau, placée exactement où je le souhaitais. Ce fut une surprise, car en juin, on m’avait dit que cette armoire n’était pas envisageable tout de suite.
L’idée est qu’elle accueille toute ma bibliothèque de classe et qu’elle constitue une séparation pour un petit espace lecture qui pourra aussi servir de sas pour un élève incapable de s’intégrer au cours pour X raisons.
Le reste de la salle n’a pas bougé depuis mes essais de juin : la rangée de tables (6 places, extensibles à 9) devant le bureau accueillera les élèves en difficulté et/ou en manque d’autonomie ; les quatre îlots seront pour les élèves pouvant / désirant collaborer et les quatre tables le long des fenêtres seront pour les élèves autonomes ou ne souhaitant pas travailler en groupe. La table à dessin contre le mur pourra servir de table haute pour  un élève ayant la bougeotte et préférant travailler debout ou de table d’exposition.

 

Géographie de la classe

Le collègue du blog Géographies buissonnières a rédigé un article sur l’organisation de la salle dans laquelle il fait cours, à l’université. En voici un large extrait :
« Sauf que l’on est en 2018 et que cette salle vient d’être refaite. Elle l’a été sur un modèle très ancien, celui que l’on trouve encore peut-être à l’état de relique dans d’autres salles du même bâtiment. J’y enseignais parfois, peut-être même y ai-je étudié en d’autres temps. Il y avait déjà ces alignements de tables fixées au sol, ces rangées de bancs qui dataient très probablement de la construction initiale, à la fin du XIXe siècle. Hors les matériaux, dans cette salle qui sentait le neuf, rien n’a changé. Personne n’a songé à changer, à trouver une alternative à cette mise en ordre géométrique, à imaginer d’autres possibles spatiaux. La seule concession à la modernité ce sont les prises pour les ordinateurs sous les tables. Les étudiant(e)s sont rivé(e)s à leurs bancs comme les bancs et les tables sont rivés au sol, indifférents aux corps et aux postures.

J’ai pourtant dû faire cours. Mais j’étais piégé, sans rien pouvoir modifier : difficile de subvertir le dispositif pour favoriser la coopération et les échanges. Faire travailler les étudiant(e)s en groupe, pouvoir atteindre chacun(e) pour un conseil ou un échange particulier était simplement impossible. La seule issue était une forme atténuée de transmission magistrale appuyée sur des documents et en tentant de favoriser les interactions ; pas facile quand même. Le dispositif incite chacun à jouer son rôle : l’enseignant qui transmet, les étudiant(e)s qui écoutent et prennent des notes. Faire bouger les choses, c’est un combat continu. Ils/elles n’ont pas l’habitude de prendre la parole de manière longue et structurée, d’entrer dans la discussion, de contester la parole enseignante. Et le dispositif spatial légitime cette posture de retrait et d’attente.

Je n’ai même pas songé à aller râler. J’aurai dû sans doute, pour engager un débat, pour faire circuler des idées. Mais je voyais cette entreprise comme vaine. « Ce n’est pas bien important » (le savoir, toujours le savoir) ; « Vous comprenez, toutes ces chaises et toutes ces tables qui circulent de salle en salle… », « Ce n’est qu’une salle de cours », « Comme vous y allez avec vos grands mots : formatage, uniformisation, standardisation… », « Et vous pensez aux gens qui nettoient ? » (L’argument ultime, celui qui fait passer le gêneur pour un ennemi du peuple). On a tellement pris l’habitude de ces dispositifs fixes et contraignants que personne sans doute n’a fait de remarques ; on peut trouver « normal » qu’en 2018 on aménage une salle en fixant au sol des sièges et des tables. Personne ou presque n’y verra du politique.« 

J’aime beaucoup son titre :  » Enseigner, c’est dé-ranger ».