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Le retour de la famine en Corée du Nord ?

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C’est évidemment le lancement réussi d’un missile balistique intercontinental par la Corée du Nord qui fait parler d’elle en ce moment, mais une nouvelle crise alimentaire s’annonce dans ce pays, due à la plus grave sécheresse en seize ans. L’ONU craint le retour de la famine, comme celle du milieu des années 1990, qui fit de 600 000 à un million de morts sur 24 millions d’habitants.
Les rations alimentaires des habitants de Corée du Nord viennent d’être officiellement réduites de 400 grammes de céréales à 300 g par jour, soit la moitié du minimum fixé par le Programme alimentaire mondial.
Selon les estimations de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), les récoltes pourraient chuter de 30 % cette année en raison de précipitations bien inférieures à la moyenne. Les provinces de Pyongan du Nord et du Sud ainsi que celle de Hwanghae, considérées comme le « grenier à riz » du pays, sont durement touchées, estime la FAO dans un rapport, publié le 19 juillet.
Cette chute de la production des denrées de base (riz, maïs, soja), conjuguée à la rareté de l’herbe pour le bétail, entraîne une grave détérioration de la situation alimentaire. Selon la FAO, en 2017, la RPDC devra importer 458 000 tonnes de céréales alors que le volume des importations officielles se situe à 200 000 tonnes. Il reste donc à trouver 258 000 tonnes pour éviter que les couches les plus vulnérables de la population (personnes âgées et enfants) ne soient durement affectées, alors que 2 personnes sur 5 souffrent déjà de malnutrition dans le pays.

Le Tiers – Mondopoly

Voici un « nouveau » jeu (datant en réalité de 1986) pour le club l’an prochain.

Dans cette version altermondialiste du célèbre jeu, vous jouez un paysan du Pérou qui essaye de s’en sortir avec ses cinq petits champs. Le jeu se joue en individuel, mais les joueurs peuvent s’aider et créer des fonds mutuels, se prêter de l’argent à des taux non usuraires, etc.

Chaque joueur devra faire des choix pour son exploitation. Il devra d’abord choisir les cultures qu’il souhaite produire. Il pourra décider, par ailleurs, de faire partie d’une coopérative afin de bénéficier de conseils techniques et d’appuis financiers mais il acceptera alors d’entrer dans le système de solidarité que celle-ci impose. Ensuite, les paysans parcourront l’année en tentant de résister aux divers aléas (climatiques, agressions…) mais profiteront également des aides de la coopérative par exemple, ou des lois éditées en leur faveur.
Ils pourront également, tout au long de l’année choisir de s’impliquer dans la vie de leur village et de leur communauté (défense de leurs droits, construction de diverses infrastructures.) A la fin de l’exploitation (en principe 4 ou 6 années) chacun devra faire ses comptes.

Préserver la forêt en Amazonie

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Trois images, prises par satellite, de la forêt amazonienne acquises respectivement en 1986, 1998 et 2005. Cela montre bien l’importance de la déforestation.

La forêt primaire constitue 30 % du territoire amazonien, contre 60 à 70 % de forêts plus ou moins bien exploitées pour produire du bois d’œuvre (charpente, menuiserie), allant d’une exploitation sélective et durable à une déforestation totale pour y planter des palmiers à huile, du soja ou y élever des zébus à viande.
Des chercheurs ont travaillé sur dix sites expérimentaux répartis dans tout le bassin amazonien et regroupant un total de 79 parcelles sur une surface totale de 380 ha, soit à peu près la surface de 38 terrains de football.
Ils ont cherché à estimer le temps nécessaire après exploitation pour que la forêt reconstitue son stock de carbone initialement contenu dans la biomasse aérienne des arbres (tronc, branches, feuillage) et perdu pendant l’exploitation.
Leur étude révèle d’une part que, avec une intensité d’exploitation raisonnable (5 à 6 arbres sur 500 que contient un hectare), le temps de reconstitution de la biomasse varie entre sept et vingt et un ans. Alors que reconstituer une forêt très exploitée ou totalement rasée nécessite soixante à cent ans.

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Il s’agit donc de trouver un équilibre, à l’échelle de la région, entre la production de bois d’œuvre et le maintien de l’équilibre environnemental. Malheureusement, les pratiques d’exploitation peu soucieuses de l’environnement constituent aujourd’hui l’essentiel de l’activité et les forêts tropicales disparaissent, remplacées par des pâturages ou des plantations industrielles, plus rentables. Il parait donc nécessaire de promouvoir des pratiques de gestion durable des forêts tropicales.

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D’après un article de La Croix.fr

La dernière ferme de Mont Saint Aignan

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Une parcelle agricole de 4 hectares de terres cultivables, située près de la rocade et de la zone d’activités de Mont Saint Aignan, avait été transformée depuis 2012 en un lieu de cultures maraîchères bio et un lieu de vie des militants alternatifs qui refusaient qu’Immochan, la branche immobilière du géant de la distribution Auchan y implante une zone commerciale. On avait entendu parlé de leur combat dans un récent documentaire d’Ariane Doublet passé sur Arte.


Début août 2015, Immochan a effectivement renoncé à ce terrain – devenu en 2014 zone naturelle protégée par la commune à la suite d’un vote du conseil municipal – et a signé un compromis de vente avec des experts paysagistes qui ont formé une SCI familiale et présenté un projet de maraîchage bio et de permaculture.
La Société d’aménagement foncier et d’établissement rural (Safer) de Haute-Normandie a obtenu que dans l’acte de vente définitif soit inséré le principe du maintien d’une activité agricole pendant vingt-cinq ans au moins.
En conséquence, les « agriculteurs – squatteurs » ont été refoulé du site ce mercredi 19 août. La Safer  devrait cependant proposer au maraîcher qui travaille actuellement à la ferme des Bouillons un autre terrain dans la périphérie de Rouen.

Une exposition photo sur le thème « Nourrir les hommes »

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À l’extérieur de son abri, où elle vit avec son mari et leurs trois enfants, une femme cuisine juste à côté de la voie ferrée, dans un bidonville de Dacca, au Bangladesh. Sa famille vivait auparavant à la campagne, où leur maison a été submergée par la crue d’un fleuve. (Alessandro Grassani)

Pour sa douzième édition, le Festival Photo de La Gacilly  (près de Vannes, dans le Morbihan) a choisi l’Italie comme invité d’honneur pour jouer les ambassadeurs de l’exposition universelle de Milan dont le thème est « Nourrir la planète ».

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Une vue des photos de Peter Menzel dont j’ai présenté le livre aux cinquième

D’une ruelle à un parc, on passe d’un regard à un autre à travers quatorze expositions différentes. 600 photos dispersées sur plus de 5 km de balade. Un parcours qui fait voyager à travers les cinq continents que les vingt-cinq photographes représentés ont sillonnés pour photographier nos habitudes alimentaires (comme Peter Menzel dont la photo illustrant le livre de géographie des cinquième est présentée au festival), ou comme George Steinmetz qui nous montre la démesure de l’agriculture intensive.

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L’ usine à œufs de Granja Mantiqueira, au Brésil, où 4 millions de poules produisent chaque jour 2,7 millions d’œufs. (George Steinmetz)

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Vous pourrez voir aussi de magnifiques photos des populations du Kenya, prises par Mirella Ricciardi dans les années 50 / 70 pour un ouvrage intitulé « Vanishing Africa ».

Jusqu’au 30 septembre, à La Gacilly, festival Photo peuples et nature. Gratuit.

Un point sur la faim dans le monde en 2015

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10 % de la population de la planète soit 795 millions de personnes, continuent de souffrir de sous-alimentation selon le rapport 2015 de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
Si le nombre de personnes en situation de sous-alimentation (qui ne mangent pas assez pour mener une vie active et en bonne santé) a diminué de 216 millions depuis les années 1990-1992, 57 pays sur les 129 suivis par la FAO n’ont pas atteint l’Objectif du millénaire pour le développement de réduire de moitié la pauvreté et la proportion de personnes souffrant de la faim.
La situation en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud reste préoccupante. Ces deux régions concentrent en effet le plus grand nombre d’habitants confrontés à la faim. En cause ? L’instabilité du prix des aliments, les guerres, l’instabilité politique, les troubles civils, les catastrophes naturelles ou encore les chocs climatiques et leurs cortèges de populations déplacées.
D’autres raisons poussent à tempérer les bons résultats obtenus en Afrique de l’Ouest (où le nombre de personnes sous-alimentées a diminué de près de 25 %), en Asie centrale, de l’Est et du Sud-Est et en Amérique latine. Le calcul de la sous-alimentation repose sur des moyennes réalisées sur l’année, n’intégrant donc pas la sous-alimentation à court terme dont souffre encore énormément de populations dans ces régions. Il ne prend pas en compte non plus les inégalités dans la répartition de la nourriture au sein des populations et des familles. De plus, les calculs sont basés sur un seuil peu élevé de besoins énergétiques quotidiens qui suppose un mode de vie sédentaire, alors que beaucoup de personnes pauvres ont des activités qui exigent des efforts physiques importants. L’apport alimentaire peut donc être suffisant, en quantité, mais les régimes sont souvent inadaptés, entraînant des carences en micronutriments, par exemple en iode, en fer ou en vitamine A, avec de graves conséquences pour la croissance des enfants.

D’après un article du Monde.fr