Étiquette : Photographie

« L’histoire n’est pas une science éthérée et aphone : elle est maîtresse de vie et vise à nourrir la réflexion et l’action des contemporains« .

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« Un livre n’est jamais impartial, parce que l’on traite toujours d’un sujet qui nous plaît ou bien qui correspond à un besoin présent. Tout livre d’histoire est marqué par les combats de son temps. L’histoire n’est pas une science éthérée et aphone : elle est maîtresse de vie et vise à nourrir la réflexion et l’action des contemporains. Elle doit leur parler et les aider à avancer. Mais la partialité n’est pas l’idéologie, à partir du moment où elle s’appuie sur les faits et où elle fait appel à la raison et à la réflexion. » Voici ce que déclare Jean-Baptiste Noé, chercheur en histoire économique à la Sorbonne et auteur de l’essai La parenthèse libérale, dix-huit années qui ont changé la France dans lequel il revient sur la Monarchie de Juillet (1830 – 1848) et vante le libéralisme qui était en vigueur à cette époque.
« Louis-Philippe a réussi une prouesse: celle de concilier les déchirures françaises nées des guerres civiles révolutionnaires, d’unir le meilleur de l’Ancien régime et de la Révolution, et de créer un régime politique qui respecte les libertés fondamentales. Par sa personne, il amalgame l’histoire de France: la tradition monarchique d’une part, les idéaux de la Révolution d’autre part, puisqu’il a combattu auprès de Dumouriez et qu’il a soutenu la première révolution, celle de 1789. Sous son règne, la France retrouve sa place d’équilibre dans le concert de l’Europe et l’économie repart. Comment ne pas aimer une période qui condense tant de brillants esprits: Chopin, Balzac, Tocqueville…? « 

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Louis Philippe photographié vers 1850. Photographie conservée au Musée Carnavalet

Louis Philippe, ce héros ? L’entretien accordé au Figaro est à lire ici.

Quand Claude Raimond – Dityvon photographiait Mai 68

Il s’agit de photographies prises par Claude Raimond – Dityvon (1937-2008), un photo- journaliste français qui commença en photographiant le bidonville de La Courneuve en 1967.

Il fut l’un des fondateurs de l’agence Viva qui travailla de 1972 à 1982 à la réalisation de reportage en noir et blanc sur des sujets de société, comme Familles en France : «Familles en France» est le premier projet collectif de Viva. […] Au lieu d’accepter l’image offerte par la publicité de la famille heureuse, consommant heureusement les produits d’une société de consommation, nous voulions aller voir nous-mêmes ce qui se passait dans la vie familiale quotidienne en France. Non pas comme sociologues, non pas avec des idées préconçues de la santé ou de la décadence de la famille, mais comme des photographes honnêtes et intelligents – c’est-à-dire, comme des témoins de la réalité, sensibles et subjectifs. Nous avons choisi deux ou trois familles dans des endroits différents de la France et nous avons passé à peu près dix jours avec chacune, soit d’un seul coup, vivant avec la famille, soit à plusieurs reprises étalées sur plusieurs mois. Nous nous sommes concentrés sur les actes et les gestes quotidiens, évitant sciemment le spectaculaire. Et nous nous sommes limités à la maison et à la vie de famille ensemble. Pour quoi «Familles en France» et non «La famille française»? Parce que cette exposition ne représente que le commencement de notre travail. Pour le rendre complet, nous devrions, et nous espérons, photographier un spectrum géographique et social de la vie française beaucoup plus étendu. Mais nous souhaitons que ce travail servira comme introduction à la famille française en 1974.»
Conférence de Richard Kalvar, le 7 avril 1974.

Depuis octobre 2010, la bibliothèque universitaire du campus Saint Serge à Angers accueille la photothèque de Claude Dityvon dont une partie du fonds a été numérisée et mise en ligne.

 

1839 : premiers portraits photographiques

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C’est le Français Hippolyte Bayard qui semble avoir pris le premier portait photographique au printemps 1839, avec un procédé photographique en positif direct, comme pour le Polaroid, mais avec des temps de pose dépassant l’heure. Il consigna ses essais dans un carnet dont la page est montrée ci-dessus.

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La même année, six mois plus tard, Robert Cornelius, un photographe américain né aux Pays-Bas prit ce portrait de lui même devant la boutique familiale au mois d’octobre, avec un temps de pose de quelques minutes et avec la technologie du daguerréotype. Cette photo est à la fois le premier portrait « réussi » et le premier autoportrait photographique.

D’après un article du site La boîte verte.

Diverses vues en coupe d’un immeuble parisien

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Dessin de Bertall gravé par Lavieille. Gravure publiée dans Le Diable à Paris, Paris et les Parisiens. Mœurs et coutumes, caractères et portraits des habitants de Paris, tableau complet de leur vie privée, publique, politique, artistique, littéraire, industrielle, Jules Hetzel éditeur, 1845. Reprise dans L’lllustration du 11 janvier 1845, page 293, sous le titre : « les cinq étages du monde parisien ».
Légende : “Monsieur baille et madame dort en attendant les visites… Au second la floraison des vertus domestiques : le père, la mère, les enfants et les joujoux… Au troisième le propriétaire qui vient réclamer le terme échu ; sur le même palier un célibataire, vieux rentier retraité… au quatrième l’ouvrier sans argent, sa femme en pleurs et ses enfants sans feu ; l’artiste qui bat la semelle pour réchauffer l’inspiration ; le philosophe qui médite un ouvrage entre ses draps, son parapluie tout grand ouvert

Paris qui travaille, compositions et dessins de Tissandier et Gilbert pour Le Magasin Pittoresque, 1883, pages 384 et 385.

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La maison imaginaire, un photo-montage de Robert Doisneau, daté de 1947.

 

L’exposition Gauguin au Grand Palais

Nous nous sommes rendus hier à Paris pour visiter l’exposition consacrée à Gauguin au Grand Palais. Je n’apprécie pas la peinture de Gauguin, mais j’ai été intéressé par son travail avec le bois, qu’il s’agisse des sculptures ou des gravures et par ses travaux préparatoires pour ses toiles.

Pour ce qui est de la peinture, les oeuvres qui ont attiré mon regard étaient celles de certains de ses élèves de Pont-Aven, mis à part les deux oeuvres ci-dessus.

À la suite de cette exposition, nous avons visité celle consacrée au photographe Irving Penn, dont l’oeuvre est fascinante tant par son éclectisme que par son inventivité.  Il a pu être tour à tour photographe de mode, portraitiste, faire oeuvre d’ethnologue ou photographe de nue. L’exposition montre aussi certains de ses appareils et sa manière de travailler.