Catégorie : Toi, la télé et moi…

Des documentaires utiles pour les troisièmes

Sur Arte ce soir, ils pourront regarder le documentaire « Des filles au service du Reich », qui explique quels rôles ont joué les femmes dans l’Allemagne nazie malgré les lois misogynes et l’assignation nataliste et maternelle dont elles font l’objet.
Arte va également proposer, les 28 février et premier mars prochain, une série documentaire en six épisodes chronologiques sur l’année 1942, tournant de la Seconde Guerre mondiale. Loin des récits héroïques de la chronique militaire, cette série fait entendre, à partir de récits intimes, lettres, autobiographie ou paroles rapportées, les voix de des hommes, des femmes et des enfants qui ont enduré la guerre.

Le goût de l’enfance

France 3 propose un reportage sur la pisciculture de la Fontenelle à Saint-Wandrille-Rançon, suivie de la réalisation de la recette de la truite aux amandes. Cela m’a rappelé mon enfance, lorsque j’allais pêcher des truites (mais pas albinos) avec mon grand-père à la pisciculture d’Héricourt – en – Caux (fermée depuis 1996), que ma grand-mère nous préparait ensuite avec sa recette aux amandes.

Une très belle série japonaise

Ces derniers temps, la profession de geisha et son apprentissage ont curieusement connu un regain de popularité auprès de la jeunesse japonaise, au point d’inspirer un manga, décliné ensuite en anime et tout récemment, en série, dont les neuf épisodes sont visible sur Netflix.
On y suit les premiers pas de deux jeunes filles comme maiko (les futures geiko) qui, dans les établissements traditionnels de Kyoto, apprennent la danse, l’art dramatique, la musique, la conversation, selon des règles et des rituels bien établis. Mais si Sumire, gracieuse et volontaire, apprend très vite, Kiyo est rapidement confrontée à sa gaucherie et, pour ne pas quitter son amie, accepte de jouer le rôle de makanai, c’est-à-dire de cuisinière pour ses condisciples et ses aînées.

Encore une série japonaise que je recommande, et qui parle de cuisine

Les Trois mousquetaires en série

France TV propose une adaptation des Trois mousquetaires en une série théâtrale de dix épisodes (d’une vingtaine de minutes chacun). Elle est l’oeuvre du Collectif 49701. Dans cette transposition de l’intrigue à notre époque, les mousquetaires n’ont ni cape ni épée, les gardes du cardinal y sont incarnés par la police nationale et les acteurs jouent tous plusieurs rôles. Mais le texte du roman est préservé et le résultat est intéressant. Je vais essayer de montrer cette série aux élèves du dispositif après les vacances de février.

Un documentaire sur Charlotte Perriand

« L’important ce n’est pas l’objet mais l’homme » 

Il est diffusé sur Arte en janvier. Cette designer, architecte et urbaniste associée à Le Corbusier et Pierre Jeanneret, a travaillé de 1926 à 1993, en concevant des meubles et des unités d’habitation épurés, fonctionnels et accessibles, dont beaucoup s’inspirent du Japon à partir des années 40.

Parcours filmé de l’exposition organisée en 2021 par la fondation Louis Vuitton.

Une maison d’Andrée Putman

« Cette maison, elle sera studieuse quoiqu’elle affiche une tête de vacances. Je tenterai de résister, avant même de le concevoir, à tout ce qui pourrait lui donner le risque de la carte postale. Il faut que ce lieu-là soit inclassable. Le luxe, c’est ce que les amis puiseront, de joie, dans leurs lectures, leurs écrits, leurs chants. Ça sera donc simple, un peu sous-meublé. On ne va pas se mettre à décorer un tel endroit. Qu’adopterait-on pour un tel lieu, sinon la réserve médusée qui s’impose pour mener cette tâche qui évoque, aussi, que la maison a toujours été là un peu ratée, pas fignolée, peut-être mal aimée. On ne sait pas grand-chose : une dame anglaise l’aurait fait construire dans les années20. Je suis fière d’avoir cette mission étrange de dégager, d’apaiser ce plan original qui faisait désordre.
Comme dans toutes recherches, d’abord il y a les lettres mais pas encore les mots. Un alphabet va les former, puis en sortira un vocabulaire. Nous abordons cet espace, sa lumière, ses matériaux et ses couleurs comme une écriture. Confronter l’usé et le neuf, le doux et le rugueux, le pauvre et le riche, ces contrastes sont vivants. Adolphe Loos, l’architecte viennois a dit magnifiquement que pour Dieu et pour les artistes les matériaux sont égaux et portent la même valeur. Cette maquette évoque d’abord les jeux de la géométrie et de la luminosité. Ce plafond en pavés de verre laisse passer massivement la clarté du jour dans la salle de bains. Ces changements ont créé de nombreuses interventions qui sont parfois presque invisibles, presque en apesanteur. Le travail doit-être omniprésent mais frôler la disparition. Mes lieux sont simples, sereins mais pas froids, raffinés mais pas opulents, doux mais pas nostalgiques, épurés mais non restrictifs. Au fond, j’ai toujours cherché à réconcilier les matériaux pauvres et riches. C’est une idée anti-ghetto et anticonformiste sur l’aménagement de l’espace, sur la lumière et sur l’élégance dans le détail; parfois l’humour s’y glisse. Quelles couleurs? Mais aucune, justement, qui porte un nom de couleur. Chacune d’elle est singulière et comporte des tons contradictoires. Difficile à nommer, ou alors par un nom d’épice ou de fruit, poivre blanc ou encore ardoise et pierre, laque de Chine. Le plaisir fou consiste à rechercher des structures calmes et fortes comme pour l’escalier. On ne voit que lui dès l’entrée. Cette dégringolade démesurée descend vers la mer. On a eu du mal à le redessiner. Je suis obsédée, imprégnée par l’architecture hautement spiritualiste. J’ai toujours recueilli, consciemment, la moisson d’émotions, d’obsessions, nées des formes géométriques. J’en ai décelé le plaisir à voir le soleil jouer avec les ombres qui adoucissaient toutes les lignes droites. Chaque changement logique de cette «maison d’avant», celle que nous avons modifiée, assainie, rendue à cet état de grâce, préparait le terrain en donnant des solutions techniques. L’escalier, entre autres, comme une bande plissée, ouvre une circulation verticale, une épine dorsale qui commence tôt, comme une passerelle oblique pour vous aider à descendre vers la mer. Mais si elle naît dans la maison, elle continue dehors.
La pente vers la mer est très forte. Aucune trace dans ce coin de maison luxueuse et sophistiquée. On ne peut y accéder en voiture. C’est le bout du monde. L’Afrique regarde l’Europe, changement profond, nouvelle lumière, première loge pour la méditerranée. Les couleurs ont glissé. Elles sont perçues différemment. Les goûts aussi. Les odeurs et les saveurs «s’apprécient» autrement. C’est dans ce cadre qu’un beau jour a surgi comme dans un rêve l’idée d’une chambre sténopé. Les deux fenêtres de cette chambre, perpendiculaires l’une à l’autre, permettent une double projection. Par celle qui donne sur le vide du hall, c’est le lit à baldaquin qui devient l’écran de ce double jeu de lumière. C’est là que l’on aura la vue renversée des images observées : le spectacle opère avec toute sa poésie.
Par la deuxième fenêtre et de jour, on préférera la vue sur la mer qui se propage au plafond puisque c’est le voilage du lit qui joue les écrans de projection. Les vagues déferlent au plafond et les nuages défilent à la surface du lit. Le soir c’est le feu de la cheminée du salon à son extrémité qui sera visible. Ici c’est la perception architecturale que l’on observe. Jour et nuit, les deux vues peuvent êtres regardées simultanément ou séparément. On aura le choix d’ouvrir ou de fermer tel pan de voilage selon les différentes vues de la chambre. Si le pan est ouvert, on verra la projection sur le mur à l’Est mais on peut aussi l’obtenir sur l’écran de télévision qui sera recouvert d’un tissu blanc.
Ce qui est magnifique, c’est d’être accompagné par des visions qui mettent en doute notre certitude d’observer le réel. Et dire que cette mise en scène repose sur un fait dérisoire, qui consiste à abaisser un rideau. Un «écran d’étoffe» devient alors miraculeux dans ses effets grâce à un petit trou dans le tissu. Lorsque l’on provoque l’obscurité, on ne voit rien jusqu’à ce que l’acclimatation s’opère. On est préparé à aborder le réel autrement. Les images apparaissent. D’abord, les plus lumineuses, puis enfin, les plus ténues. Ce qui semblait être une série de tâches de lumière devient une image du réel subrepticement manipulé.
Quand on a prévu des chambres, des salles de bain, des galeries de déambulation qui offrent de vastes espaces ou encore la descente vers la mer, on aborde l’une des facettes de notre travail, parfois négligée : choisir les matériaux.
C’est un moment gastronomique. On a faim de lin. On savoure le piqué de coton. On est fou d’ardoise pour le parquet de la chambre. On médite sur l’opportunité qui se présente d’utiliser massivement le teck pour le caillebotis. On va puiser dans le raphia, la rabane.
Des accents délicats pour les coussins. Des stores élaborés, qui dans des effets un peu calculés, il faut le dire, sont en fait modestes, justes, très paisibles. C’est cet engouement, cette ferveur de la curiosité qui me porte, une quête d’extase ou plus simplement de bonheur que l’on trouve dans les livres. La pensée ou la parole des autres. C’est une capacité de jubilation que j’ai connue très tôt, d’abord par la musique. J’ai toujours établi un rapport intense entre celle-ci et le monde visible. N’est-il pas question surtout d’harmonie?
Parfois, un matériau se rencontre dans son usage habituel ou alors on va l’inviter à jouer un rôle qu’il a ignoré jusqu’alors. Tel petit carreau de mosaïque va constituer la bordure du dessin d’un tapis en carrelage. La moustiquaire va doubler la soie qui, presque transparente, va laisser passer la lueur qu’apporte la troisième couche du tulle de cuivre. Les trois matériaux constituent le panneau d’une cloison coulissante.
Ou encore le verre armé, verre industriel méprisé, sous employé, que l’on fait cohabiter avec de petites poignées (une larme en argent du rayon quincaillerie), et qui n’a jamais côtoyé le verre bon marché.
Voici de bons mariages. Les matériaux aussi ont leurs combinaisons, ils créent un vocabulaire spécifique qui nous place d’emblée dans un univers. Certains apportent la sécurité, le bon sens, d’autres représentent l’esprit, le risque, le coup de folie que l’on dénomme aussi liberté. C’est la réconciliation généralisée entre les matériaux : un symbole valable pour les humains. »

Arte va proposer en janvier un intéressant documentaire sur l’architecte d’intérieur Andrée Putman, à qui on doit, entre autres créations, l’aménagement du musée d’Art contemporain de Bordeaux, dans lequel on retrouve son style croisant formes géométriques, jeux de lumière et élégante sobriété qui rappellent l’abbaye de Fontenay, qui appartient à sa famille, et où elle passait tous ses étés enfant. A la fin du documentaire, on découvre l’un de ses derniers chantiers, une villa entièrement rénovée à Tanger, au profit de Bernard – Henry Lévy. La maison créée par André Putman pour ce ridicule personnage médiatique est magnifique ! Le travail de l’architecte a fait l’objet d’un livre que je vais me procurer sans doute.

Un documentaire sur une fouille archéologique dans les années trente en Bretagne

Sépulture de Théviec (moulage)

C’est ce soir à 23h sur France 3, mais visible en replay ici. Le documentaire retrace la fouille d’une nécropole mésolithique sur l’île de Téviec, au large de Quiberon, par la famille Péquart dont les membres ont procédé minutieusement et scientifiquement à la fouille, en la documentant avec des dessins, des croquis, des photographies et même des films. Parmi les squelettes exhumés, celui que Marthe et Saint-Just Péquart désignèrent comme  » K6  » comportait deux pointes de flèches fichées dans la colonne vertébrale, devenant sans doute le plus ancien cas d’homicide de l’histoire de « France ».

Une conférence des mardi de l’espace des sciences de 2014 consacrée à la découverte.

Un épisode de l’émission Le salon noir consacré à cette famille d’archéologues :

Et un webdocumnetaire sur la poursuite des travaux des Péquart sur le site de Beg – Er – vil à consulter là.

Pour visiter des maisons extraordinaires

Je m’intéresse à l’architecture « moderne » en ce qui concernent les maisons, adorant les réalisations de Frank Lloyd Wright dont j’ai parlé ici ou encore la villa Cavrois, que j’ai pu visiter. Les quatre documentaires proposés par Arte m’ont fait découvrir d’autres architectes modernistes comme Albert Frey, John Lautner ou Richard Neutra. Pour prolonger ces visites, je compte acquérir cet ouvrage :