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Des témoignages sur Auschwitz

Lorsque l’Armée rouge pénétra dans le complexe concentrationnaire d’Auschwitz-Birkenau, le 27 janvier 1945, elle trouva les quatre fours crématoires dynamités par les nazis, qui avaient cherché à effacer leurs crimes. C’étaient les Sonderkommandos, ces équipes spéciales de déportés sélectionnés par les SS, qui étaient contraints de les faire fonctionner. Témoins de l’extermination de leur peuple par la machine de mort des nazis, ils devaient mourir au bout de quatre mois pour être remplacés. Mais quelques-uns parvinrent à survivre aux massacres et quatre d’entre eux – Szlama Dragon, Henryk Tauber, Alter Feinsilber ainsi que le médecin Miklos Nyisli – purent témoigner devant les tribunaux de l’après-guerre.
Dans les semaines, les mois qui suivirent, et même parfois plusieurs décennies après, des manuscrits furent également retrouvés, qui avaient été enfouis sous les cendres autour des crématoires : ceux de Zalmen Gradowski, Leib Langfus et Zalmen Lewental. Le premier, l’un des organisateurs du soulèvement armé des Sonderkommandos du crématoire 3, survenu en octobre 1944, fut tué avec 451 de ses compagnons ; les deux autres furent exécutés deux mois avant la libération du camp. Comme les dépositions des survivants, ces manuscrits, rédigés dans l’urgence et en cachette, révélèrent le mode opératoire de la solution finale, car l’angoisse de voir les nazis parvenir à effacer leur crime s’ajoutait à l’enfer vécu par leurs auxiliaires forcés.
En parcourant de nos jours, avec une caméra, le camp d’Auschwitz-Birkenau, en scrutant les décombres des fours, les baraquements, les arbres qui ont poussé, Emil Weiss fait entendre ces voix défuntes et leur terrible récit.

Ce documentaire est à voir quelques jours encore sur le replay d’Arte