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Le référendum pour l’indépendance en Nouvelle – Calédonie

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La Nouvelle-Calédonie est appelée à se prononcer sur son indépendance lors d’un référendum organisé le dimanche 4 novembre. Cent soixante-cinq ans après la colonisation de l’archipel par la France, celui-ci est toujours considérée par l’ONU comme l’un des dix-sept territoires non décolonisés que compte la planète aujourd’hui.
En 1988, la métropole avait pourtant choisi d’accompagner le processus de décolonisation de la Nouvelle-Calédonie tout en essayant de réconcilier les Kanak, peuple autochtone de l’archipel, et les Caldoches, descendants des premières générations de colons européens. Cela s’est traduit par un transfert progressif de nombreuses compétences (enseignement secondaire, commerce extérieur, sécurité civile, droit civil…) assorti d’une compensation financière. Aujourd’hui, la Nouvelle-Calédonie est compétente dans tous les domaines, à l’exception du régalien (défense, justice, ordre public, monnaie, affaires extérieures). Le referendum avait même été prévu lors de la signature de l’accord de Nouméa, le 5 mai 1998. Cet accord rendit par contre la partition de l’archipel impossible.
Trente ans plus tard, l’objectif de réconciliation est loin d’être atteint, les divisions restant visibles géographiquement (la province Sud est très « française » et les provinces Nord plus « kanak »), socialement (les kanak sont en moyenne plus pauvres que les caldoches ou les métropolitains) et politiquement.
Mais les Kanak, majoritairement indépendantistes, sont désormais minoritaires sur l’île. La victoire du « oui » lors du référendum d’autodétermination semble donc improbable. Toutefois, en cas de victoire du « non », un autre référendum pourra être organisé dans les deux ans à la demande d’un tiers des membres du Congrès.
Pour en savoir plus, vous pouvez suivre ce lien.

La responsabilité de l’Etat français reconnue dans l’accueil indigne des familles de harkis après l’indépendance de l’Algérie

Ce mercredi 3 octobre, le Conseil d’État a condamné l’Etat à verser 15 000 euros à un fils de harki né et ayant vécu dans des camps de transit, au titre des  préjudices matériels et moraux subis. l’institution estime en effet que la responsabilité pour faute de l’État doit être engagée pour les conditions de vie indignes réservées aux familles de harkis dans les camps où elles ont été accueillies en France après l’indépendance de l’Algérie.
Le plaignant, né en 1963 et ayant grandi jusqu’à l’âge de 12 ans dans deux camps de transit et de reclassement, avait initialement porté plainte au tribunal administratif de Cergy-Pontoise. Sa demande ayant été rejetée en 2014, puis en 2017 en appel, il s’était donc pourvu en cassation devant le Conseil d’État.
Rappelons que la secrétaire d’État auprès de la ministre des Armées avait annoncé à la fin du mois de septembre une série de mesures en faveur des harkis et de leurs familles au nom d’un geste de reconnaissance pour les quelque 150 000 Algériens recrutés comme supplétifs de l’armée française durant le conflit algérien : une enveloppe de 40 millions d’euros, inscrite dans le projet de loi de finances pour 2019, essentiellement destinée à venir en aide aux enfants des combattants harkis de deuxième génération qui vivent en grande précarité.

 

Des combattants harkis promus à l’odre de la Légion d’honneur

Après avoir reconnu la responsabilité de l’armée et du gouvernement dans la mort de Maurice Audin il y a quelques jours, le président de la République a promu par décret d’anciens combattants harkis et des représentants d’associations de harkis dans les ordres de la Légion d’honneur et du Mérite le vendredi 21 septembre. Cette décision est intervenue quelques jours avant la Journée nationale d’hommage à ces anciens supplétifs de l’armée française pendant la guerre d’Algérie, le 25 septembre prochain.
A la fin de la guerre d’Algérie (1954-1962), environ 60 000 des Algériens recrutés comme auxiliaires de l’armée française avaient été admis en France après les accords de paix. Les autres, entre 55 000 et 75 000 selon les historiens, ont été abandonnés à de sanglantes représailles de la part des nationalistes qui les considéraient comme des traîtres.
En juillet dernier, un groupe de travail, lancé à l’initiative du chef de l’État, a préconisé de créer un fonds de réparation et de solidarité de 40 millions d’euros pour les harkis et leurs enfants, un montant toutefois jugé insuffisant par les associations de harkis.
La communauté harkie menace de porter plainte contre la France pour crimes contre l’humanité si le dossier n’est pas réglé de manière juste et digne.

 

L’état français reconnu responsable de la mort de Maurice Audin, assassiné par des militaires français durant la guerre d’Algérie

Le président de la République a annoncé sa décision d’ouvrir toutes les archives nationales pour qu’enfin on sache ce qui est arrivé exactement à Maurice Audin, mathématicien, membre du Parti communiste et militant anticolonialiste, arrêté et torturé par des militaires français à Alger en 1957 et dont le corps n’a jamais été retrouvé. À terme, toutes les archives de l’État concernant les disparus de la guerre d’Algérie devront être librement consultées, et pas seulement celles de la défense.
Selon l’Elysée, Emmanuel Macron a décidé qu’il était temps que la Nation accomplisse un travail de vérité sur la mort de cet homme, rendue possible par un système légalement institué appelé « arrestation-détention » qui autorisait les forces de l’ordre à arrêter, détenir et interroger tout suspect. Le président appelle également toutes les personnes qui ont pu connaître les circonstances de la mort de Maurice Audin à s’exprimer librement au nom du devoir de vérité.

Un film sur la période de la guerre d’Algérie

Caroline Huppert revient dans le film Pour Djamila sur l’arrestation brutale et le calvaire subis par Djamila Boupacha durant la guerre d’Algérie. La cinéaste livre un récit fidèle de ce feuilleton judiciaire, transformé en véritable tribune pour l’indépendance algérienne par l’avocate Gisèle Halimi et Simone de Beauvoir.
Mais si la réalisatrice s’inspire de l’ouvrage écrit en collaboration par les deux femmes pour innocenter Djamila Boupacha, elle évite soigneusement de se prononcer sur la culpabilité de la jeune militante.
Ce film historique, a voir quelques jours encore sur le replay d’Arte, est véritable réquisitoire contre des actes de torture que les autorités françaises n’ont à ce jour toujours pas reconnus.

Le corps d’un soldat français mort en Algérie en 1956 a été rapatrié

Les autorités algériennes ont accepté en juin le rapatriement de la dépouille d’un sergent français, tué en 1956 lors du conflit pour l’indépendance de l’Algérie et inhumé au cimetière national militaire du Petit Lac à Oran . Ce n’était pas arrivé depuis la fin du conflit en 1962 et c’est le résultat d’un combat de plus de 20 ans pour sa famille.
De 1954 à 1962, selon les chiffres officiels de l’armée française, plus de 20 000 soldats sont morts lors des combats ou attentats et environ 400 seraient inhumés en Algérie.

D’après un article du Figaro.fr