C’est quoi, être un prof d’histoire -géo ?

Alain Daziron était professeur d’histoire-géographie en collège jusqu’en 2016 – 2017. Il a publié sur le Café pédagogique un texte où il parle de sa façon de pratiquer le métier d’enseignant et dont je retiendrai ceci :

« Quoiqu’il en soit, il me semble primordial, qu’en toutes circonstances, lorsqu’on doit passer toute sa vie professionnelle au contact des adolescents, d’être d’abord et pleinement soi-même. Si l’on met un masque ou si l’on s’emmure dans une posture artificielle, cela sonne faux et les élèves ne s’y trompent pas.

Si j’avais à situer ma façon d’habiter la classe – au-delà de la difficulté à s’auto-évaluer, à se voir dans un miroir je dirais à peu près ceci.

J’ai enseigné à l’enthousiasme, en empathie avec les élèves, et une vraie passion pour l’histoire ( plus que la géographie). J’ai toujours eu la conviction que le professeur était le moteur de la classe. Avec l’intuition que l’un des ressorts profonds pour stimuler les élèves est qu’ils perçoivent que l’enseignant est lui-même en recherche permanente. Qu’il est porté par une soif de découverte, de curiosité, et d’une grande capacité d’émerveillement comme l’enfant qu’il n’est plus. J’ai toujours veillé à rester moi-même dans une fermeté bienveillante pour ne pas verrouiller la relation vivante et sensible avec la classe.« 

Il a aussi rédigé un texte plus long, intitulé  » le collège n’est pas à refonder, mais à habiter », qu’on lira avec profit également.

C’est donc ça, « être Français  » ?

Comme il fallait s’y attendre, la liesse insupportable a donné lieu à des excès, sans doute liés à une consommation d’alcool et d’autres euphorisants. Hier soir, j’entendais de jeunes gens, peut-être certains de mes élèves, chanter la Marseillaise dans les rues, et je n’en étais pas fier du tout.
Alors, Messieurs et Mesdames les journalistes, vous allez nous parler de quoi maintenant, le tour de France, cela semble patriote ça, le tour de France !

 

Les résultats du brevet

Je voudrai d’abord dire bravo aux 3e5 qui ont obtenu leur brevet en très grande majorité, et avec un grand nombre de mentions.
Le collège Alain a obtenu un score de 90,4% de réussite au brevet dont 72% de mentions. L’an dernier, le résultat était de 90%.

Avec 87% de reçus au niveau national, le taux de réussite est en recul de 2% par rapport à 2017 selon les chiffres donnés par le ministère le 13 juillet. Sur 824 900 inscrits à l’examen 704 200 collégiens ont décroché le brevet. La série générale obtient 88% de lauréats (-1,8%) et la série professionnelle seulement 78% (-1,6%). Les filles réussissent mieux que les garçons avec 91% de réussite contre 84% pour les garçons.
En 2017, le ministre avait voulu revenir sur la situation crée par la réforme précédente avec laquelle la majorité des candidats arrivait aux épreuves finales avec suffisamment de points pour avoir déjà le brevet grâce à la maitrise des compétences du socle commun. C’est qu’avant 2017 le ministère avait privilégié la validation du socle comme marqueur de l’obtention du brevet. En octobre 2017 le nouveau ministre a voulu renforcer l’examen final sans pour autant revenir sur le socle. Il compte maintenant pour 400 points sur 800 au lieu de 300 sur 700. Les élèves, qui auraient pu être tentés de ne même plus venir subir un examen final inutile, doivent s’y présenter même si la plupart ont besoin de peu de points.
Le ministre a également introduit une hiérarchie malheureuse entre les disciplines. Finie l’époque ou maths, sciences, histoire géo et français étaient à égalité. Dorénavant on distinguera les français et les maths, matières nobles et fondamentales (100 points), l’histoire- géographie, matière indispensable (?) (50 points) et deux sciences (25 points chacune). Que faut-il donc penser des autres disciplines, celles qui ne sont pas présentes à l’examen final ?

Et tout ça pour quoi ? Pour une examen qui n’a pas d’utilité par rapport à l’orientation, décidée au seul examen du socle, par ailleurs non pas évalué par compétence (comme cela était prévu initialement) mais en regardant les moyennes des différentes matière !

Quand nous débarrasserons-nous de ce fardeau inutile aux élèves ?