Je me suis lancé !

Cela fait plusieurs jours que je me suis attelé à la rédaction de mon essai sur l’abbé Guiot, un prêtre qui a vécu dans le Loiret, près d’Orléans, au XIXe siècle. Je viens de terminer l’ébauche du chapitre consacré à ses années d’études, le premier de la seconde partie de l’essai. Il fait déjà vingt pages de texte et d’illustrations, alors que je vais être encore amené à l’étoffer.
L’étonnant est que je me suis lancé dans ce travail alors que le XIXe siècle n’est pas une époque qui me passionne et que je suis plutôt réfractaire à l’Église et à la religion.

 

Une découverte scientifique pour les cinquièmes

Découvert en 1903 dans une grotte au Royaume-Uni, le squelette d’un homme arrivé en Grande-Bretagne après l’ultime période glaciaire, il y a dix mille ans, a été analysé récemment par le Natural History Museum de Londres. Grâce au résultat de l’analyse ADN, les chercheurs ont découvert qu’il avait les yeux bleus et la peau noire.
Cette découverte montre que les gènes de la peau claire sont devenus courants chez les populations européennes bien plus tard qu’on ne le pensait à l’origine. Le teint des Européens s’est éclairci notamment parce que la peau claire est plus adaptée à la synthèse de la vitamine D dans les régions peu ensoleillées.
Cet homme avait été inhumé dans une grotte après avoir été tué à cause d’une blessure à la tête.
L’ADN de l’homme de Cheddar (du nom du village situé près de la grotte où il a été découvert) correspond en partie à celui de personnes vivant de nos jours en Espagne, Hongrie et au Luxembourg.
Voilà un exemple que j’utiliserai à partir de maintenant en cinquième lors du thème sur l’égalité en éducation civique pour expliquer l’évolution de l’espèce humaine.

 

Art, géographie et littérature

Le travail de Pauline Delwaulle pose la question de l’écriture de l’espace et de sa représentation. Le paysage et la cartographie servent de support à ses interrogations, que ce soit par le land art, les cartes numériques ou le film. Elle se confronte au lieu, au monde, puis vient le couvrir, le doubler, pour mieux le voir, le présenter.
Un même projet se déploie souvent en plusieurs médiums au gré des découvertes.
J’ai choisi de présenter ici deux de ces oeuvres car elles évoquent deux de mes auteurs favoris.

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De la rigueur de la géographie s’inspire d’un texte de Jorge Luis Borges, intitulé De la rigueur de la science. Il y est question d’une carte à l’échelle 1, une carte si précise qu’elle aurait la taille du monde, et donc le recouvrirait point par point.
L’installation de Pauline Delwaulle se trouvait dans un vallon où coule un ruisseau dans le parc de Kozara, en Bosnie. Les lignes altimétriques ont été dessinées à la poudre de craie, ainsi que les chiffres d’élévation. La représentation topographique de ce vallon recouvrait donc le vallon lui-même. En se déplaçant dans ce «territoire», l’appréhension par la carte se faisait en même temps que celle de l’espace.

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Dans La forme de la ville, rappelant le livre La forme d’une ville de Julien Gracq, elle a voulu dessiner la forme de la ville de Sarajevo en cherchant ce qui la dessine, la contient, la limite.
Elle a donc parcouru les routes extérieures de Sarajevo, le long des crêtes, avec un GPS piéton. Revenue au point de départ, la forme de la ville était dessinée par son déplacement sur le GPS, qu’elle a alors photographié.

Portrait de femme : Margot Duhalde (1921 – 2018)

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Margot Duhalde avait été une pionnière de l’aviation chilienne. Âgée de 16 ans, elle était parvenue à convaincre ses parents de la laisser quitter Rio Bueno, localité du sud du Chili, pour s’installer à Santiago, la capitale, afin d’apprendre à voler.
À 20 ans et avec à peine une cinquantaine d’heures de vol à son actif, elle s’engagea comme sergente-pilote au consulat de la France libre à Santiago et fut la seule femme pilote de la France libre.
En Angleterre, les Forces aériennes françaises libres refusèrent pourtant de l’admettre dans les escadrilles de combat. Elle rejoignit finalement l’Air Transport Auxiliary, organisation au service de la Royal Air Force, pour assurer le transfert des avions entre les usines et les aérodromes. Au total, Margot Duhalde a pris les commandes de plus de 1500 appareils anglais ou américains et de tous types, chasseurs, bombardiers, avions de transport et d’instruction.

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Ayant ainsi accumulé les heures de vol, Margot Duhalde retrouva le Chili après la guerre. Forte de son expérience, elle rejoignit la compagnie aérienne Lipa-Sur, puis la force aérienne chilienne, au sein de laquelle elle obtint le grade de colonel.

Faire classe au Burkina Faso

Maxime Sou, enseignant, gère une classe de CE2 de 132 élèves dans l'école Koua C de Bobo Dioulasso.Maxime Sou, enseignant, gère une classe de CE2 de 132 élèves dans l'école Koua C de Bobo Dioulasso.

À l’école Kua C de Bobo-Dioulasso, seconde ville du Burkina Faso, Maxime Sou tient sa classe au doigt et à la baguette. En vingt ans de carrière, ce Burkinabé de 47 ans qui enseignait surtout en classe de CM2 avant de gérer des CE2 n’est jamais descendu au-dessous des 88 % de taux de réussite à l’examen d’entrée au collège, le certificat d’études primaires (CEP). À quatre reprises, Maxime Sou a même réussi l’impensable dans un pays où les classes sont surpeuplées et sous-équipées : faire passer 100 % de ses élèves en classe de 6e. La dernière fois, en 2014, sur les 120 élèves de sa classe,il y a eu 120 admis. À l’époque, au Burkina Faso, le nombre moyen d’enfants par classe était fixé à 49, selon le ministère de l’Éducation nationale.
Pour capter l’attention de 132 élèves réunis pendant trois heures dans une salle d’à peine 40 m2, son attitude est nécessairement théâtrale, la discipline quasi militaire.
Sa première fierté d’enseignant porte le nom de Sidiki Dao. « Je l’avais en classe de CM1. Son papa était paysan. Je savais qu’il était brillant, mais que, s’il restait à Kouka, il n’aurait pas beaucoup de chances de terminer sa scolarité. » Maxime Sou décida d’emmener Sidiki avec lui lorsqu’il fut muté à Bama, plus au sud. Quelques années plus tard, Sidiki Dao intégra l’école la plus prestigieuse du Burkina Faso, le Prytanée militaire de Kadiogo.
Les journées de Maxime Sou sont chargées. Debout à 5h30, il arrive à l’école une heure plus tard. En théorie, les cours ne commencent qu’à 7h30, mais parfois il dit aux élèves de venir à 7 heures pour faire un devoir de plus. Il se lève donc à l’aube pour corriger chaque jour 132 copies supplémentaires, avec l’aide de son suppléant et de deux stagiaires.
Deux samedis matin par mois, l’enseignant organise, bénévolement, des cours de soutien auxquels participent une trentaine de volontaires. « Il faut porter l’attention sur les élèves les moins bons. C’est parfois difficile pour les parents de comprendre que l’enfant doit ­encore se rendre à l’école. Certains parents disent qu’ils n’ont pas le temps et que le maître est dérangeant. Mais je continue ».
À 18 heures, alors que la nuit est tombée et que les cours sont terminés depuis une heure Maxime Sou retrouve des élèves : ses élèves de CE2 ont laissé la place à des adultes. Après l’école, l’enseignant consacre en effet ses débuts de soirée à l’alphabétisation des recalés du système scolaire.
Ce n’est qu’après 20 heures qu’il rentre chez lui, jusqu’au lendemain matin.

D’après un article du Monde.fr

Cette article fait partie d’une série intitulée « la classe africaine ».