Étiquette : Un monde migrants

Une loi inquiétante pour la démocratie et les droits humains votée en Hongrie

Mercredi 20 juin, le Parlement de Hongrie a adopté à une très large majorité (160 pour, 18 contre) une nouvelle loi condamnant à un an de prison les militants apportant une assistance à des migrants. Les responsables d’ONG pourront désormais se voir aussi notifier une interdiction de s’approcher à moins de huit kilomètres de la frontière de l’espace Schengen, dont la Hongrie assume la responsabilité au nom des pays membres. L’imposition de quotas de réfugiés par l’Union européenne a par ailleurs été, au passage, rendue inconstitutionnelle.

Au moins 30 millions de personnes déplacées en 2017

30,6 millions de personnes dans le monde ont été contraintes de fuir leur village ou leur ville tout en restant à l’intérieur des frontières de leur pays en 2017, selon le dernier rapport, publié mercredi 16 mai, de l’Internal Displacement Monitoring Center (IDMC). Cet organisme s’efforce d’effectuer le suivi le plus exhaustif possible de ces mouvements de personnes déplacées, avec des données portant cette année sur 143 pays et territoires. Sont comptabilisés à la fois les déplacements internes liés à des conflits (guerres, violences pour motifs politiques, ethniques ou religieux, criminalité…) et ceux provoqués par des catastrophes naturelles ou climatiques, les deux causes combinant parfois leurs effets. A la différence des réfugiés cherchant asile dans un autre pays, les déplacés ne bénéficient pour l’instant d’aucun statut juridique assurant – au moins en théorie – leur protection.
Le nombre de déplacés en 2017 s’explique ne grande partie par la situation dans trois pays : Syrie, Irak et République démocratique du Congo, qui vivent des crises humanitaires majeures. Le Yémen, n’apparait pas dans le recensement, faute d’informations précises. Ces déracinés s’ajoutent à ceux des années antérieures, même s’il existe aussi des flux de retours, au demeurant souvent précaires et suivis de nouveaux départs. Au total, l’IDMC évalue à au moins 40 millions le nombre actuel de déplacés pour cause de conflits ou de violences.
Dans le même temps, un nombre encore plus important de personnes – 18,8 millions, notamment en Chine et aux Philippines – ont été forcées de quitter leurs terres par des catastrophes de toute nature. Il s’agit, en très grande majorité, d’événements climatiques extrêmes, principalement des inondations et des tempêtes et ouragans.
Pour la première fois, l’IDMC a quantifié les déplacements consécutifs à des sécheresses, soit 1,3 million dans les seuls quatre pays pour lesquels il dispose de données fiables : Ethiopie, Somalie, Burundi et Madagascar. Des chiffres très partiels donc, mais qui montrent que le dérèglement climatique est devenu un facteur de déstabilisation de plus en plus prégnant.

D’après un article du Monde.fr

Confusion des genres

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Lorsque l’artiste chinois Ai Weiwei est venu vivre en Europe, il a eu envie de connaître la situation des réfugiés et s’est ainsi rendu sur l’île grecque de Lesbos pour découvrir la situation des migrants qui y parviennent.
« C’était une expérience très intime que de voir débarquer des bateaux enfants, femmes et personnes âgées. Je voyais dans leur regard un vrai désarroi. Ils étaient terrorisés et ne savaient pas du tout à quoi s’attendre dans ce pays. C’est ce qui, plus encore, m’a poussé à en savoir davantage sur qui sont ces gens et pourquoi ils risquent leur vie en venant dans un pays dont ils ne connaissent pas les codes et où personne ne les comprend. J’avais énormément d’interrogations. C’est cette curiosité qui m’a incité à mettre en place une importante équipe de chercheurs pour étudier l’histoire des réfugiés et leur situation actuelle. En dehors de la guerre en Syrie, l’existence des migrants est née des guerres en Irak et en Afghanistan, du conflit israélo-palestinien, des différents conflits africains, de la persécution des groupes minoritaires au Myanmar et de la violence en Amérique centrale.« 

Ce matin, j’ai pu assister à une projection de ce documentaire beau et long, ce qui m’a parfois dérangé. Beau, car les images d’Ai Weiwei témoignent de sa vision d’artiste. Il parvient à rendre l’horreur photogénique, comme avec le cadavre d’un homme abandonné lors des combats autour de la ville de Mossoul en Irak. Long, car nous suivons les réfugiés dans le monde entier, en Europe, bien sûr, mais aussi au Moyen – Orient, en Afrique, en Asie et en Amérique, et cela durant 2h20.
J’ai eu l’occasion de visionner de nombreux documentaires sur la situation des réfugiés pour préparer les cours de quatrième et je ne vois pas ce que ce film apporte de plus, honnêtement. Dans sa quête poétique, Ai Weiwei abuse pour moi de l’usage des drones : les images sont belles, mais le message perd en force.
Il y a toutefois plusieurs passages qui agissent comme de véritables coups de poing : le cimetière avec les tombes anonymes en Turquie et les sanglots de cet homme qui a perdu en mer cinq membres de sa famille ; le Kurde posant devant sa maison ruinée par une guerre qu’il ne comprend pas, qu’il ne voulait pas. Ou encore la ville de Mossoul libérée de l’État islamique, ce qui entraîne l’exode de 300 000 réfugiés de plus.
C’est bien sûr un film à voir, surtout si l’on ne connaît pas grand-chose aux mouvements migratoires actuels. Mais pour être un documentaire vraiment efficace, il aurait fallu le condenser et oublier plus souvent l’esthétisme. De même, trop de passage montrent l’artiste lui-même, même s’il se mêle aux réfugiés.
En l’état, il ne me semble pas exploitable avec des élèves, de collège du moins, ce qui est dommage. Toutefois, un dossier pédagogique est disponible ici.

Ci-dessous, une émission de France Inter dans laquelle Ai Weiwei parle du film et de l’art :

 

la fin du cauchemar pour les Rohingyas ? Pas si sûr…

Le Bangladesh et la Birmanie se sont mis d’accord, mardi 16 janvier, pour permettre aux 650 000 réfugiés musulmans rohingyas de revenir dans le district de l’Ouest birman où ils vivaient jusqu’à l’automne 2017 d’ici deux ans.
Les opérations de rapatriement pourraient commencer dans les prochains jours et devraient concerner une trentaine de milliers de personnes, qui seront réparties dans 625 résidences en cours de construction dans le district de Maungdaw, dans le nord de l’état birman de l’Arakan, d’où ont été chassés les Rohingya lors d’opérations qualifiées d’« épuration ethnique » par différentes organisations internationales.
Mais on peut toutefois douter que les 650 000 réfugiés puissent tous rentrer chez eux. En effet, cinq camps de transit vont être construits côté birman afin que puissent s’effectuer les vérifications d’identité imposées par la Birmanie. Ce pays, qui ne reconnaît pas les musulmans rohingya comme appartenant aux 135 ethnies nationales, n’acceptera que les réfugiés pouvant prouver qu’ils étaient résidents en Birmanie avant leur départ en masse après août 2017. La Birmanie a peur que des Rohingyas exilés au Bangladesh depuis 25 ans à la suite à de précédents massacres ne tentent de franchir la frontière.
C’est une façon à peine déguisée de refuser le retour de nombreux Rohingyas, qui sont le plus souvent apatrides, n’ont pas de documents ou les ont perdus dans leur fuite désespérée vers le Bangladesh voisin.

D’après un article du Monde.fr