Étiquette : Un monde migrants

Une bande dessinée sur les migrants

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Les scénaristes irlandais et anglais Eoin Colfer et Andrew Donkin ont épluché la presse pendant plusieurs années et recueilli de nombreux témoignages avant d’imaginer le destin d’Ebo, un Nigérien de 12 ans que l’on découvre, aux côtés d’autres candidats au départ, sur une frêle embarcation ballottée au milieu de la Méditerranée. Fiction inspirée d’un ensemble de faits réels, ce récit mis en image par le dessinateur italien Giovanni Rigano, accessible à un jeune public, est disponible en librairie. Le Monde en propose les 44 premières pages à la lecture ici.

Accueillir et rejeter

La France va envoyer des missions au Niger et au Tchad pour identifier des personnes pouvant bénéficier du droit d’asile, sur des listes proposées par le Haut Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR). Ces missions menées par l’Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides) visent aussi à mieux prévenir la situation depuis le Niger et le Tchad pour prévenir un afflux de migrants économiques non éligibles au droit d’asile.
Au total, la France ouvrira sur les deux prochaines années 10 000 places pour ces réfugiés réinstallés depuis le Niger, le Tchad, mais aussi de Turquie, du Liban et de Jordanie. Parmi eux, 3000 seront issus des «missions de protection avancées» de l’Ofpra au Niger et au Tchad qui débuteront dans les prochaines semaines.
Mais dans le même temps, le gouvernement compte aussi réaliser des modifications législatives et réglementaires dans les prochaines semaines pour rapprocher sa politique d’organisation de l’asile avec celle de l’Allemagne, afin notamment d’expulser de manière beaucoup plus rigoureuse les migrants économiques, qui eux n’ont pas droit au statut de l’asile.
Le président Macron a aussi annoncé une augmentation de 10 millions d’euros des concours de la France au HCR et à l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), notamment pour appuyer leurs actions en Libye.

D’après un article du Figaro.fr

Les travailleurs migrants à l’intérieur de la Chine

Ce documentaire de 2009 relate l’éclatement d’une famille de paysans chinois du Sichuan, partagée entre la campagne, où les enfants sont restés à la charge de la grand-mère, et la ville, seule source de travail.

A voir quelques jours encore sur le replay d’Arte

Comment le régime nord -coréen réussit-il à survivre économiquement ?

Malgré les sanctions décidées par l’ONU pour sa politique agressive, la Corée du Nord a connu en 2016 sa croissance la plus forte depuis dix-sept ans, avec une hausse du PIB de 3,9%, selon un rapport de la banque centrale sud-coréenne. C’est que le régime de Kim Jong-un trouve des moyens de plus en plus ingénieux pour contourner ces mesures.
Pour masquer ses activités illicites étrangères, la Corée du Nord a notamment recours à des sociétés-écrans, qui permettent de dissimuler ces activités sous des transactions commerciales qui semblent légitimes comme avec le groupe chinois Dandong Hongxiang Industrial Development, qui a été sanctionné par les États-Unis. Ces sociétés-écrans, situées à l’étranger, semblent contrôlées par l’agence de renseignements nord-coréenne.
Le régime a aussi monté au moins une compagnie offshore qui aurait été utilisée par Pyongyang pour vendre des armes et développer son programme nucléaire.
La Corée du Nord a en effet fourni des missiles, des composants et des technologies au régime syrien et à l’Iran. Cela consiste surtout pour la Corée du Nord à remettre en état du vieux matériel militaire chinois ou soviétique, en échange d’argent ou de nourriture. Elle a par ailleurs procédé à des échanges balistiques avec l’Iran, ce qui lui a permis de faire des essais avec ses propres missiles, mais sur un autre territoire que le sien.
Pour se livrer à ses échanges interdits, la Corée du Nord transporte son matériel dans des conteneurs anonymes, embarqués sur des cargos possédés par des compagnies maritimes importantes, à l’insu de celles-ci.
Tout cela se faisant sous la protection de la Chine, qui n’a montré qu’une bonne volonté de façade en votant les sanctions prises par l’ONU. En coulisses, elle a maintenu un soutien commercial vital au régime de Kim Jong-un, en achetant par exemple deux millions de tonnes de charbon à Pyongyang, deux fois plus que ce que l’ONU l’y autorise, sans en référer au comité des sanctions. D’autre part, ces sanctions n’interdisent pas l’importation de pétrole par la Corée du Nord via la Chine. Or sans essence, l’armée ne pourrait pas fonctionner et le pays serait vraiment asphyxié.
Enfin, de nombreux Nord-Coréens partent travailler à l’étranger, quelquefois pour un salaire de 150 euros mensuel. Ces travailleurs rapporteraient à leur pays, selon l’ONU, environ 1,7 milliard d’euros tous les ans. De nombreuses agences de placement envoient ainsi des ouvriers en Chine, en Russie ou encore en Pologne. Pour contrôler ces travailleurs, le régime menacerait classiquement leurs familles restées au pays.

D’après un article de Francetvinfo.fr

Intégrer les migrants dans les villes

Pour Cyrille Hanappe, maître de conférences à l’École nationale supérieure d’architecture et coordinateur du programme «la Ville accueillante», l’arrivée de migrants dans les villes européennes dans des proportions qui excèdent souvent leurs capacités d’assimilation classiques ne manque pas de poser des questions sur l’urbanisme et l’architecture dans l’avenir.
Il précise que si l’accueil répond à des logiques techniques et foncières différentes des approches constructives classiques, son architecture demande une grande rapidité dans son mode de production, mais ne peut faire l’économie de la réflexion sur le temps long et de son inscription dans des politiques urbaines globales. Ces lieux de vie sont insérés dans les villes et les quartiers qui les entourent et y demeurent souvent bien plus longtemps que les logiques d’urgence donnent à le penser au départ.
Il faudrait donc penser la ville de demain dans une approche qui intègre accompagnement de la mobilité, dignité, respect, émancipation humaine, mais également écologie, rapidité d’installation, transformation et recyclage de l’acte constructif. Le droit à la mobilité est adossé au droit à la ville.
Cyrille Hanappe fait donc quatre propositions d’aménagement.
La première est celle de quartiers d’accueil dépassant la logique de camps puisqu’ils s’inscriraient dans des quartiers sur le long terme. Si leur mode constructif peut recourir à la préfabrication ou à l’utilisation de modules, ils n’en seront pas moins pensés avec autant et même plus d’attention que celle portée à l’architecture du logement classique. Il est également possible de construire des petits bâtiments d’accueil avec des hébergements et des services dédiés, des «Maisons de migrants» intégrées et réparties dans les villes.
La seconde option consiste à investir des logements inoccupés ou voués à la démolition. Il est souvent plus simple d’investir des bureaux abandonnés ou des usines, en centre-ville ou en proche périphérie.
Une troisième approche, plus audacieuse, serait de construire des bâtiments réversibles, servant aujourd’hui à l’accueil, mais demain à des résidences services (étudiants ou personnes âgées), du logement classique, voire des bureaux.
Enfin, il est possible de reconnaître les quartiers précaires comme des établissements humains à long terme et de les sécuriser, puisque 30 % de la population urbaine mondiale habite dans des quartiers informels. Cette approche s’opère déjà avec succès dans de nombreux pays en développement, car elle ne vient pas détruire les solidarités et les économies existantes entre des habitants. Il s’agirait alors de donner à ces bidonvilles un statut de droit, d’y mettre en place des services communs, de faire baisser les risques, de travailler sur les sols, et de favoriser les interactions entre les quartiers.
Cyrille Hanappe précise que ces scénarios ne doivent pas être exclusifs : ils sont appelés à être intégrés dans des démarches globales et peuvent s’additionner et se mélanger les uns aux autres en fonction des politiques et des conditions d’accueil locales, de manière synchrone, ou en se chevauchant au cours du temps.

L’article entier est à lire ici.

Les demandes du pape sur l’immigration

Pour le pape actuel, la question de l’accueil des migrants et des réfugiés est une priorité absolue. Le 8 juillet 2013, il avait dédié son premier voyage papal à cette thématique en se rendant sur l’île de Lampedusa, entre la Sicile et la Tunisie, pour demander aux Européens d’ouvrir leurs portes. Et dans sa réforme du Vatican, il a créé un nouveau ministère,le Dicastère pour le Service du Développement humain intégral, dont la section chargée des migrations et des réfugiés est placée, à titre exceptionnelle et symbolique, sous sa propre responsabilité.
Voici la liste des 21 mesures voulues par le pape François pour réguler l’immigration.
1. Développer les possibilités d’entrées sûres et légales dans les pays de destination : notamment par l’octroi de visas humanitaires délivrés selon un mode étendu et simplifié et favoriser le regroupement familial.
2. Multiplier les corridors humanitaires pour les réfugies les plus vulnérables pour éviter les filières illégales.
3. Créer un système de visas temporaires spéciaux pour ceux qui fuient les conflits dans les pays voisins.
4. Ne pas recourir aux expulsions collectives et arbitraires de réfugiés et de migrant surtout quand elles renvoient des personnes dans des pays qui ne peuvent garantir le respect de la dignité et des droits fondamentaux.
5. Toujours faire passer la sécurité personnelle avant la sécurité nationale : par conséquent former le personnel préposé aux contrôles de frontière pour que le premier accueil des migrants et des réfugiés soit approprié et digne.
6. Trouver des solutions alternatives à la détention pour ceux qui entrent sur le territoire national sans autorisation.
7. Dans le pays de départ, créer un système d’immigration légale pour agir contre les pratiques de recrutement illégal par des filières.
8. Dans le pays d’arrivée, assurer aux migrants une assistance consulaire, le droit de toujours garder sur soi les documents d’identité personnels, un accès à la justice, la possibilité d’ouvrir des comptes bancaires, la garantie d’une subsistance minimum vitale.
9. Que soit accordée dans le pays d’arrivée la liberté de mouvement, la possibilité de travailler et l’accès aux moyens de télécommunications.
10. Pour ceux qui désirent rentrer dans leur pays la mise en place de programmes de réintégration professionnelle et sociale.
11. Protéger les mineurs migrants en évitant toute forme de détention et en assurant l’accès régulier à l’instruction primaire et secondaire.
12. Octroyer une nationalité à tous les enfants à la naissance.
13. Lutter contre « l’apatridie » de migrants et réfugiés en créant une législation sur la citoyenneté.
14. Accès sans limite des migrants et des réfugiés à l’assistance sanitaire nationales et aux systèmes de pension et transfert de leur contribution en cas de rapatriement.
15. Garantir à tous les étrangers présents sur le territoire la liberté de profession et de pratique religieuse.
16. Promouvoir l’insertion socio-professionnelle des migrants et des réfugiés, garantissant à tous – y compris aux demandeurs d’asile – la possibilité de travailler, des formations linguistiques et de citoyenneté active.
17. Prévenir les abus du travail productif de mineurs migrants.
18. Favoriser le regroupement familial – y compris des grands-parents, des frères et sœurs et des petits-enfants – sans jamais le soumettre à des capacités économiques.
19. Renforcer l’attention et le soutient aux migrants, réfugiés, demandeurs d’asile en situation de handicap.
20. Aider davantage les pays en voie de développement qui accueillent des réfugiés
21. Intégrer sans supprimer chez les migrants leur identité culturelle par une offre de citoyenneté qui soit dissociée des capacités économiques et linguistiques et par une offre de parcours de régularisation extraordinaire pour les migrants qui peuvent faire valoir une longue présence dans le pays.

D’après un articleun article du Figaro.fr