Étiquette : La place de l’Eglise

Utilisation de DocExplore en classe

Pages de double meurtre

Cela fait un moment que je cherche comment utiliser le logiciel DocExplore avec les élèves. Je restais figé dans l’idée de valoriser un manuscrit parmi ceux que j’ai en ma possession (cahier de compte de la Révolution, lettres de poilus…), mais l’ampleur de la tâche en terme horaire m’en dissuadait.
Mes classes de cinquième ayant travaillé sur le Roman Double meurtre à l’abbaye en lettres, j’ai eu l’idée de leur proposer d’enrichir le premier chapitre du livre afin de le rendre explicite aux autres élèves.


Les élèves ont donc relu le premier chapitre en classe, en groupe, en se partageant les pages ensuite pour y souligner les mots « problématiques » en jaune pour les mots en rapport avec la religion, en bleu pour les mots « difficiles »(termes médiévaux, localisations géographiques, mots inconnus des élèves)  et en rouge pour les personnages.
Ils vont ensuite faire des recherches documentaires pour enrichir ces mots à l’aide d’images, de textes, de sons ou encore de vidéos.

Nous passerons enfin à la manipulation du logiciel en salle informatique, si j’arrive à le faire installer sur les ordinateurs. Sinon, cela se fera en groupe avec les cinq ordinateurs disponibles dans la salle.

Des peintures du XIIIe siècle révélées dans la cathédrale de Poitiers

En 2012, des infiltrations d’eau sur une voûte de la cathédrale Saint-Pierre de Poitiers, édifiée à partir de 1160 sous l’impulsion d’Aliénor d’Aquitaine, nécessitèrent la réalisation de travaux de maçonnerie. Des sondages sous l’enduit du XVIIIe siècle, furent alors réalisés qui permirent de redécouvrir l’existence de magnifiques peintures datant du XIII siècle, dans le style gothique dit rayonnant.


Les sources écrites mentionnaient en effet ces décors peints mais les sondages ont révélé que les décors recouvraient les voûtes, les nervures, les élévations et qu’ils étaient dans un état suffisamment satisfaisant pour entreprendre un dégagement.
Selon les équipes de restauration, sur les 900 m2 de murs du transept sud où ont été localisées les peintures, au moins 750 m2 peuvent en effet espérer retrouver leur éclat de l’époque.
Les peintres du XVIIIe siècle ayant « brossé » les peintures originelles afin que leur enduit adhère mieux au support, le dégagement se fait au rythme d’un mètre carré par semaine et par personne !
Le joyau de la découverte concerne les quatre voûtes où apparaissent des thèmes de l’Ancien et du Nouveau testament, une représentation du « Christ aux Juges » côtoyant un « Couronnement de la vierge ». Autour de tous les personnages, une pluie d’étoiles, soulignées à l’époque par de la feuille d’argent.
Les travaux doivent durer jusqu’au printemps 2016, pour une réouverture au public fin mai.
Mais de nouveaux sondages ont révélé l’existence d’autres peintures, cette fois sur les voûtes du transept central.

Des affiches sur la place de l’Eglise au Moyen – Âge

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Elles ont été réalisées en groupe par les élèves de l’une de mes cinquième selon des consignes précises données par l’un des stagiaires M1 qui nous ont rendu visite ces dernières semaines : il s’agissait de raconter la journée d’un moine de l’abbaye de Sénanque, de faire visiter la cathédrale de Rouen ou l’église de Saint Nectaire, de faire une conférence sur le tympan de Conques et de rédiger le rapport en vue de la canonisation de Saint François d’Assise.

Une France à combien de clochers ?

Ni l’Eglise catholique, ni le ministère de l’Intérieur ( avec le bureau des cultes) ne semblent connaitre précisément le nombre d’églises existant en France.
Les chiffres présentés ci-dessous sont dus à l’initiative propre d’associations et de personnes et établissent un état en septembre 2015, sachant que les recensements sont toujours en cours dans certains cas.
L‘Observatoire du patrimoine religieux recense 49 355 édifices catholiques (églises, chapelles,  y compris les ruines et les vestiges)  dont 10 130 connaîtraient encore une activité cultuelle.
L’association Clochers de France recense 54 495 édifices sur 35 724 communes au 11 septembre 2015 tandis que l’association 40 000 clochers en recense 46 552.
La base mérimée, établie par les services de l’Inventaire du ministère de la Culture, propose elle une liste de 26 212 églises d’intérêt patrimonial (basiliques, cathédrales, primatiale, chapelle, collégiales, églises paroissiales, temples protestants…).

D’après un article de Patrimoine en blog.

Devenir mécène pour un manuscrit médiéval

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Le bréviaire de Saint-Louis de Poissy est une commande du roi Philippe le Bel à l’enlumineur royal Richard de Verdun en l’honneur de son grand-père, le roi Louis IX, canonisé en 1297. Réalisé entre 1310 et 1315, Philippe le Bel l’offre à sa cousine, Marie de Clermont-Bourbon, également petite-fille du saint roi et religieuse au Prieuré Saint-Louis de Poissy.
Le bréviaire (17 centimètres de haut sur 11 de large) contient l’ensemble des textes permettant de célébrer chaque jour les Heures ou Offices divins sur 600 feuillets de parchemin très fin, dans une écriture gothique. Il présente des enluminures uniques, dont la plus ancienne représentation des reliques de la Passion abritées dans la Sainte-Chapelle, bâti par saint Louis ainsi que le plus ancien cycle iconographique connu sur saint Louis.
Ce document historique est actuellement conservé par un propriétaire privé, mais la Bibliothèque Nationale de France souhaite en faire l’acquisition et fait pour cela appel aux dons car le manuscrit est estimé à plus d’un million d’euros.

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Deux posters pour décorer la classe

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Je les ai dénichés chez un bouquiniste aujourd’hui. Il s’agit de la reproduction d’un autoportrait d’Albrecht Dürer, alors âgé de 26 ans en 1498, dont l’original est conservé au musée du Prado, à Madrid ; et d’un détail de vitrail montrant Saint François prêchant aux oiseaux, datant du XIVe siècle et ornant l’église du couvent de Königsfelden, en Suisse.

Deux reconstitutions numériques de bâtiments médiévaux

Il s’agit de la reconstitution en 3D de l’abbaye cistercienne de Clairvaux sous la forme d’un film commenté de 8 minutes retraçant son évolution entre 1115 et 1792 ; et de celle d’une commanderie templière, basée sur les découvertes effectuées lors d’un sondage archéologique à Payns, dans l’Aube en 1998.

Les parchemins des maîtres d’oeuvres de la cathédrale de Strasbourg

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(Dessin de la façade de la cathédrale de Strasbourg datant de 1260)
Ce parchemin mesure 86 cm sur 59 et est conservé au Musée de l’Oeuvre Notre-Dame à Strasbourg. Une vingtaine de plans et projets des maîtres d’œuvre de la cathédrale y sont conservés,permettant de suivre la genèse du monument. Ces documents révèlent à quel point ce chantier a permis la rencontre d’idées venues de France, d’Italie ou du sud du Saint Empire.

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Le dessin de la partie centrale de la façade jusqu’au beffroi est par sa dimension (410 cm de haut) et l’utilisation de la couleur, l’un des plus spectaculaires dessins d’architecture du Moyen Age. Il est le premier de ceux réalisés au nord des Alpes à présenter un programme sculpté complet. Plusieurs feuilles de parchemin ont été utilisées pour sa réalisation. Peu maniable, un tel dessin avait certainement avant tout une fonction de représentation à l’intention des commanditaires.

Pour en savoir plus sur la construction de la cathédrale de Strasbourg, vous pouvez regarder le documentaire « Le défi des bâtisseurs, la cathédrale de Strasbourg » et consulter le site dédié ici.

Des traces de l’antisémitisme médiéval à Rouen

C’est en 1290 à Paris que se déroula l’affaire du « miracle des Billettes » lors duquel un juif qui avait prétendument « torturé » une hostie consacrée a été condamné et exécuté.

Une femme désargentée mit, en échange de trente sols, le meilleur de ses habits en gage chez un usurier juif du nom de Jacob. Le jour de Pâques arriva et la femme réalisa qu’elle ne pouvait se rendre à la fête sans son vêtement. Bien qu’étant dans l’impossibilité de restituer les trente sols, elle décida de retourner chez le prêteur sur gage pour tenter de récupérer son bien. Le Juif lui proposa alors un étonnant marché : il lui rendrait son vêtement si elle lui apportait l’hostie consacrée qu’elle recevra lors de la communion pascale. La femme accepta et revint de l’église avec l’hostie demandée. Une fois en possession du Saint-Sacrement et après le départ de la mauvaise femme, l’usurier appella ses enfants et sa femme afin de vérifier l’existence du dieu des chrétiens.  S’ensuivit une scène de profanation calquée sur la Passion du Christ. Le Juif tenta tout d’abord de la dépecer à l’aide d’un couteau mais l’hostie se mit à saigner. Effrayés à la vue d’un tel spectacle, la femme du Juif, sa fille et son fils le supplièrent de renoncer, mais en vain. Le Juif, animé par la haîne, s’acharna sans pouvoir venir à bout de l’hostie qui saignait. A bout, il finit par la jeter au feu au-dessus duquel apparût alors un crucifix. Terrifié, le Juif se réfugia sur son lit et le reste de la famille quitta la maison. Un peu plus tard dans la journée le fils du Juif révèla les faits à une voisine chrétienne qui s’aventura dans la maison en prétendant venir chercher du feu. La femme recueillit l’hostie miraculeuse et la rapporta au prêtre de sa paroisse. Le bruit de l’événement se répandit alors dans Paris. Le Juif fut arrêté, jugé et brûlé tandis que sa femme et ses enfants reçurent de force le baptême. La femme qui avait livré l’hostie au Juif était quant à elle repartie à Senlis où elle travaillait dans une hôtellerie. Elle se retrouva bientôt enceinte d’un valet. Pour cacher sa faute, elle fit périr le nouveau né sous un tas de fumier. Sa maîtresse, découvrant immédiatement l’infanticide, la dénonça aux autorités. Après avoir confessé tous ses crimes au Baillis de Senlis, la femme fut condamnée à mort. Elle mourut sur le bûcher où elle exprima son profond repentir.

Trois vitraux datés de 1540-1550 environ et provenant de l’ancienne église rouennaise Saint-Eloi, devenue temple protestant en 1803, relate cette histoire à leur manière. Ils sont exposés aujourd’hui au Musée des Antiquités.

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 Premier et deuxième panneaux :
Comment la bourgeoise porta Sa robe au Juif pour mettre en gage, Puys croyant au mauvais langage Du Juif, de sens se transporta.
Comment la bourgeoise seduicte Par le Juif a Dieu maledict, Luy accorda sans contredict De livrer l’hostie sans conduicte.

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 Troisième et quatrième panneaux :
Comment la bourgeoise sans crainte La sainte Hostie au Juif livra, Qui puisse après lui délivra L’habit sans argent ni contraincte.
Comment la mist dessus la table Et puis frappa l’Hostie au sang, Et de sa daigue détestable Trois foys en fit sortir du sang.

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Cinquième et sixième panneaux :
Comment la fame en la maison Du Juif pénétra par surprise, Au temps qu’il doit oultre raison Et puis la sainte Hostie a prise.
Comment la femme a droict plaignante Contre le Juif, de sens rassis Porta l’Hostie non plus saignante Au prevost dans sa chaire assis.

On le voit, dans la version de Rouen, il n’y a plus qu’une seule femme. La pécheresse s’est rendu compte de sa faute et la répare. Le seul coupable est le juif, dont la famille repentante n’apparait pas non plus.

La naissance du purgatoire

©Photo. R.M.N. / R.-G. OjŽda
Une représentation du purgatoire dans les Très riches heures du duc de Berry, au verso du folio 113, XVe siècle.

Dans ses entretiens, Jacques Le Goff revient sur le purgatoire, notion religieuse à laquelle il a déjà consacré un livre.

« On mourait beaucoup plus jeune et beaucoup plus vite au Moyen – Age – la mort pouvait être imprévisible, plus massive, plus mystérieuse qu’aujourd’hui. Les hommes et les femmes, en revanche, craignaient moins la mort que leur destin posthume : ils se préoccupaient de leur salut, qui se trouvait en définitive scellé au dernier instant. » (page 158).

 » Le purgatoire est, si l’on peut dire, une salle d’attente destinée aux pécheurs moyens et ordinaires (médiocres, en latin), qui ne peuvent se rendre directement au paradis, mais qui ne méritent pas l’enfer pour autant. Presque tout chrétien pouvait donc penser qu’il passerait par ce purgatoire pour être nettoyé de ses fautes. C’était réconfortant. Chacun supposait qu’il pouvait échapper à l’enfer. » ( page 110 – 111)

L’apparition du purgatoire « accroissait le pouvoir de l’Eglise, dont l’aide était nécessaire pour diminuer la longueur des séjours dans un lieu aussi pénible que l’enfer – à cette nuance près qu’il n’était pas éternel mais à durée variable. Avant la construction du purgatoire, historiquement, l’homme vivant dépendait sur terre du droit de juridiction de l’Eglise, le for ecclésiastique. L’homme mort, pour sa part, relevait uniquement du for divin. Mais avec le purgatoire, les âmes (humaines, dotées d’une espèce de corps) dépendent désormais du for conjoint de Dieu et de l’Eglise. L’Eglise fait déborder son pouvoir, son dominium, au-delà de la mort. » (page 112)

« D’autre part, le purgatoire modifiait profondément le rapport entre les vivants et les morts. Les morts dans le purgatoire ne disposaient plus d’aucun pouvoir sur leur destinée, sur leur salut, même si leur réception en ce lieu laissait entrevoir un accueil final au paradis. La durée de ce séjour et des tourments qu’on y subissait dépendait des vivants, de leurs suffrages. Avant la fin du XIIe siècle, les vivants priaient, faisaient des donations à l’Eglise « pro anima », pour l’âme – pour les âmes de qui leur étaient chères, mais le mécanisme et l’efficacité de ces dévotions demeuraient vague, mystérieux; le purgatoire l’explication. » (page 112)