Étiquette : Citoyenneté et démocratie à Athènes

(Ré)ouverture du premier lycée de l’histoire

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Le lycée d’Aristote en cours de fouille
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Le plan reconstitué par les archéologues

C’est en 1996 que les archéologues ont mis au jour les vestiges du lycée d’Aristote, en plein centre d’Athènes, au cours de travaux de déblaiement d’un terrain destiné à ériger un musée d’art moderne. Outre les restes de deux temples, les vestiges comprennent les ruines d’une palestre.
C’est en effet près du temple consacré à Apollon lycéen (dont vient le terme lycée), qu’Aristote (384-322 av. J.-C.) avait fondé son académie vers 335 av. JC, après son retour de Macédoine suite au départ de son élève Alexandre le Grand pour ses guerres de conquête.
Le philosophe y enseignait la rhétorique, les mathématiques et la philosophie. Il dispensait son enseignement à ses disciples en marchant, ce qui explique que son école est dite péripatétique, ou péripatéticienne, du grec ancien peripatetikós,  « qui aime se promener en discutant ». Au temps d’Aristote, les élèves s’entraînaient aussi à la lutte sur le palestre et étudiaient sur des parchemins dans des pièces situées autour de la cour centrale.
Le lycée constituait l’une des trois grandes écoles philosophiques de l’antiquité grecque avec l’académie de Platon et l’école du Cynosarge, créée par les cyniques après la mort de Socrate.

Le tout premier « lycée » de l’histoire a réouvert le mercredi 5 juin. Ce nouveau parc archéologique s’étend sur environ un hectare de verdure où les visiteurs peuvent à nouveau se promener en discutant. Le site est ouvert au public de 8 heures à 20 heures.

Portrait de femme : Aspasie de Milet (vers 470 – vers 410 avant J.C)

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Buste d’Aspasie, copie romaine d’un original grec daté aux alentours de 460 av. J.C conservé au Musée de Pergame à Berlin.

Née à Milet, en Grèce d’Asie Mineure, Aspasie s’installa à Athènes où elle aurait ouvert une école de rhétorique et de philosophie dans sa maison, en partie pour encourager les femmes à recevoir une éducation participer à la vie publique. Sa maison fut fréquentée par Socrate et elle devint la compagne de Péricles vers 445. Les auteurs de l’époque lui reconnurent une influence sur la politique de celui-ci, qui aurait déclaré la guerre à la cité de Samos pour venir en aide à Milet, la ville natale d’Astasie. Platon affirma même dans son texte Ménéxène qu’Astasie était le véritable auteur du célèbre discours en l’honneur des soldats morts pour Athènes lors de la guerre du Péloponèse.
Milet n’ayant pas reçu d’Athénes le droit d’épigamie, Aspasie ne put épouser Périclés et resta donc sa concubine. Périclés divorça toutefois d’avec sa femme légitime pour vivre avec Aspasie qu’il installa dans sa maison ce que les Athéniens n’approuvèrent pas du tout. En tant qu’étrangère, elle n’était pas soumise aux règles astreignant les femmes athéniennes à leur devoir de gardiennes du foyer familial. Au contraire, elle payait des impôts à la cité, tel un citoyen et pouvait ainsi participer aux débats publics.
Vers 440, Aspasie accoucha d’un enfant, Périclès le Jeune, que son père fit inscrire comme citoyen, au mépris de ses propres lois restreignant l’octroi de la citoyenneté aux enfants de deux citoyens athéniens uniquement.
À la mort de Périclès, en 429, elle prit pour protecteur le marchand de moutons Lysiclès, qui parvint, semble-t-il, à jouer un rôle politique à Athènes grâce à elle. Elle eut encore un  enfant avec lui, vers 428.

Un film sur Athènes

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Dans ma recherche jusqu’ici infructueuse de trouver un documentaire ou un film montrant le fonctionnement de la démocratie athénienne dans l’Antiquité, j’ai découvert le film Socrate de Roberto Rossellini, datant de 1970. Il me parait parfaitement exploitable sous la forme d’extraits pour illustrer la vie politique à Athènes ainsi que la vie quotidienne. Le film n’est malheureusement pas disponible en français, mais il existe en version italienne et on peut trouver des sous-titre français.

Rossellini avait choisi de raconter dans son film les dernières années de la vie de Socrate, depuis la fin de la guerre du Péloponnèse jusqu’à l’exécution de la sentence de mort prononcée contre le philosophe lors de son procès. Il replaça la vie de Socrate au coeur des événements historiques qui ont secoué Athènes : le récit commence alors que les Spartiates détruisent les Longs Murs de la Cité et que sévit la tyrannie des Trente ; il se poursuit après que des Athéniens aient renversé l’oligarchie et restauré la constitution démocratique.
Dans ce contexte de violence et de peur, Socrate fut soumis a une cabale par un grand nombre de ses concitoyens qui voyaient d’un mauvais oeil son action contre l’ignorance et les idées reçues. Il fut  pris à partie sur l’agora et accusé d’être la cause des maux subis par Athènes. Puis il fut finalement assigné en justice sous le motif qu’il ne croyait pas aux dieux d’Athènes, qu’il prêchait de nouvelles croyances et corrompait la jeunesse.

Les femmes à Athènes au Ve siècle

Le blog histgeobox publie une excellente synthèse très complète sur la place et le rôle des femmes dans la civilisation grecque de l’Antiquité, très utile pour des élèves de seconde.

L’article est accompagné d’une chanson de Chico Buarque intitulée « Femmes d’Athènes » composée en 1976 alors que son pays, le Brésil, est sous une terrible dictature.
Sa chanson  distille des critiques contre le régime mais de façon subtile pour éviter arrestation et censure. Pour cela, il a écrit un texte féministe et antimilitariste mais inattaquable puisqu’il se déroule pendant l’antiquité grecque.

Des fictions sur Athènes, écrites par des élèves

Dans le cadre d’un concours intitulé « Défis d’histoire », des lycéens ont créé des oeuvres prenant pour cadre les programmes de seconde ou première. Leurs productions sont passionnantes. Je recommande particulièrement à mes élèves de seconde 9 un dialogue entre Socrate et Aristophane et une fiction sur la citoyenneté féminine à Athènes.