Catégorie : Cormac McCarthy

Dure est la route…

J’avance doucement, péniblement dans ma lecture de « La route » de McCarthy. C’est un bon livre, magnifiquement écrit, mais le sujet me parle trop.
Déjà peu optimiste de nature, je suis en plus épuisé en ce moment, et les tribulations de ce père et de son fils dans un monde ravagé me pèsent.
Chaque mot de ce livre est pesé, ciselé, efficace. On ne connait pas le repos en le lisant.
je résumerais ce livre ainsi : lequel mourra le premier ? Si le fils meurt, le père n’y survivra pas. Si le père meurt… Il reste une balle dans le chargeur du revolver.

La route

En parallèle avec le « Discours sur l’histoire universelle« , un brin ardu, j’ai commencé la lecture de « La route » de Cormac McCarthy.
Je ne suis pas avancé dans l’histoire pour en parler, mais je trouve que les dialogues sont magnifiques de précision et concision.
Voici un extrait où le fils interroge son père :

« Je peux te demander quelque chose ? Dit-il.
Oui. Evidemment.
Est-ce qu’on va mourir ?
Un jour. Pas maintenant.
Et on va toujours vers le sud.
Oui.
Pour avoir chaud.
Oui.
D’accord.
D’accord pour quoi ?
Pour rien. Juste d’accord.
Dors maintenant
D’accord.
Je vais souffler la lampe. D’accord ?
Oui. D’accord.
Et plus tard dans l’obscurité : je peux te demander quelque chose ?
Oui. Evidemment.
Tu ferais quoi si je mourais ?
Si tu mourais je voudrais mourir aussi.
Pour pouvoir être avec moi ?
Oui. Pour pouvoir être avec toi.
D’accord. »

Comme j’aimerais avoir ce genre de discussion, parfois. Le langage devrait toujours être aussi simple à utiliser, surtout avec ses enfants.