Un beau texte sur la géographie au temps du confinement

« Nos espaces de vies se sont réduits au très proche. L’attestation de déplacement dérogatoire dessine notre nouvelle géographie. Pour beaucoup d’entre nous, ceux qui peuvent travailler chez eux ou doivent ne pas travailler du tout, c’est le quartier, « à proximité du domicile » comme il est précisé sur le document. C’est la première boulangerie, le petit supermarché, le vendeur de journaux de la rue voisine, le marché de la place. Il n’y a de toute manière aucune raison d’aller plus loin pour faire ses emplettes. J’ai différents trajets, une poignée de rues en damier. J’adapte mes habitudes. Mais le plus souvent c’est l’appartement et ses quatre fenêtres. Je me poste à chacune d’elles, je compare les points de vue, je ne l’avais jamais fait. J’observe mes congénères, chacun dans sa cage. Depuis hier soir, j’ai l’impression de connaître mes voisins, ceux qui sont de l’autre côté de la rue ; on applaudit ensemble. Ils me regardent aussi. Aujourd’hui la vieille dame qui habite en face m’a fait un signe. La rue est vide, le soir surtout. Au loin, je vois une silhouette et un chien. Il n’y a presque aucune voiture. »

C’est le début d’un article publié sur le blog Géographies buissonnières que je vous invite à aller lire ici.

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