Des armes françaises tuent au Yémen

(ce ne sont que des armes défensives, voyons ! )

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Madame la ministre des armées a eu beau déclarer « Je n’ai pas connaissance du fait que des armes [françaises] soient utilisées directement au Yémen » le 20 janvier 2019, sur France Inter, celles-ci tuent bien sur terre, sur mer et dans les airs, si l’on en croit un rapport de 15 pages classé « confidentiel Défense » de la Direction du renseignement militaire, daté du 25 septembre 2018.
Ce document précise que des armes françaises vendues à l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis, sont bien utilisées dans la guerre que mènent les deux pays au Yémen, contre les rebelles houthis, une minorité chiite soutenue par l’Iran.
Il s’agit notamment, excusez du peu, de chars Leclerc, d’obus flèche, de Mirage 2000-9, de blindés Aravis, d’hélicoptères Cougar et Dauphin, de frégates de classe Makkah, de corvette lance-missiles de classe Baynunah ou de canons Caesar.
La Direction du renseignement militaire a même établit une carte des zones à risques dans lesquels les civils yéménites sont susceptibles d’être touchés par les canons français.
Depuis le début du conflit, plus de 8300 civils ont été tués (dont 1283 enfants), selon les chiffres publiés en mars 2019 par Yemen Data Project, une ONG qui collecte et recoupe les informations sur les frappes de la coalition.
Le document confidentiel intitulé « Yémen – Situation sécuritaire » a été transmis au chef de l’État, au Premier ministre mais aussi à la ministre des Armées et au ministre de l’Europe et des Affaires étrangères lors du conseil de défense restreint consacré à la guerre au Yémen, qui s’est tenu le 3 octobre 2018, à l’Élysée.
Bien qu’étant informé, l’État français a choisi de poursuivre ses livraisons. Ainsi, 147 canons devraient être expédiés vers le royaume saoudien d’ici 2023. 10 canons Caesar ont été expédié en septembre 2018 depuis le site de production de Nexter, à Roanne, pour être embarqués dans les cales du Bahri Jazan, un cargo de la compagnie saoudienne Bahri, ancré dans le port du Havre. Le navire a levé l’ancre le 24 septembre 2018, pour arriver 19 jours plus tard, dans le port de Jeddah, en Arabie saoudite.

D’après un article édifiant de France Info basé sur cette enquête.

Dans le même temps, la ministre des armées s’est félicité que les commandes à l’exportation d’armements français ont progressé de 30% en 2018 par rapport à 2017. « Nous avons exporté pour un peu moins de sept milliards en 2017, les chiffres pour 2018 sont très significativement au-dessus, de l’ordre de neuf milliards« , a-t-elle précisé. En 2015 et 2016, deux années exceptionnelles, les commandes à l’exportation françaises avaient représenté respectivement 16,9 milliards et 13,9 milliards d’euros.

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