L’idée semble intéressante

Du front à l'asile 1914-1918

 » (…) Ce livre ne se présente donc pas comme une histoire, mais comme un ouvroir d’histoires. Sa conception a été directement inspirée par deux livres, écrits, et c’est a priori un hasard, par deux auteurs italiens : Le château des destins croisés, d’Italo Calvino ; et Au pas de l’oie, d’Antonio Tabucchi.

Italo Calvino était membre de l’OuLiPo, fondé en 1960 autour de Raymond Queneau. Dans Le château des destins croisés, publié pour la première fois en 1969, il imagina une combinatoire fondée sur un jeu de tarot. Un groupe de chevaliers, réuni autour d’une table, un soir, raconte chacun son tour ses aventures en utilisant quelques cartes et en donnant à chaque fois un sens un peu diffèrent aux figures de ces cartes. Histoire après histoire, les cartes finissent par couvrir la table et par contenir toutes les histoires, y compris celles qui n’ont pas été racontées. Le texte offre une solution possible à l’histoire globale dont la texture même est réticulaire, un remède au récit traditionnel qui confine l’histoire dans un tunnel.

Antonio Tabucchi, spécialiste de littérature portugaise, écrivain, mais aussi chroniqueur politique, reprit, en 2006, une cinquantaine d’articles publiés antérieurement dans divers journaux, notamment El Pais, pour les remettre en ordre selon le principe du jeu de l’oie, avec deux parcours, A et B, l’un sur la crise de la pensée, l’autre sur les conséquences culturelles et politiques de la crise de la pensée. La lecture est ici un jeu, mais un jeu quelque peu triste, comme le souligne le sous-titre du livre : Chroniques de nos temps obscurs. L’important, pour une histoire globale émancipée, est que le lecteur reste maître de sa lecture et de sa déambulation historiographique.

Ceci pourrait aussi faire penser, tout simplement, aux romans dont vous êtes le héros, sauf qu’il ne s’agit nullement ici de fiction. Le lecteur n’est pas appelé à être le héros quelconque de l’histoire passée, mais il est invité à être l’acteur d’une lecture attentive, interprétative. Le sens n’y est pas complètement donné. Nul récit prêt-à-lire, nul roman, mais un parcours dans des histoires de mondialisations. « 

Vincent Capdepuy, 50 histoires de mondialisations, Paris, Alma, 2018, pp. 9-13.

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