Défense de la liberté d’expression

Voici quelques extraits des plaidoiries des journalistes turcs du quotidien Cumhuriyet, accusés par leur gouvernement de soutenir le terrorisme.

« Les journalistes sont des gens curieux par nature, ils peuvent s’entretenir avec tout le monde. Si en plus vous êtes éditorialiste et que vous prenez votre métier au sérieux, c’est votre devoir de vous informer auprès de multiples sources sur tous les sujets importants pour votre pays, de comparer les points de vue, de donner des perspectives complètes à vos lecteurs. Et ça, cela ne peut être considéré comme un délit dans une démocratie. Cela s’appelle du journalisme et le journalisme n’est pas un délit. […]
On m’accuse d’avoir, dans mes éditoriaux, ciblé ouvertement et directement le président de la République. Mais ce n’est pas un délit ! Au contraire, un bon journaliste doit cibler parfaitement ses critiques pour qu’elles soient compréhensibles. Il n’y a aucune loi qui interdit de critiquer le président de la République, ni aucune tradition qui demande qu’on fasse cela indirectement. »
Kadri Gürsel, éditorialiste

« La caricature est en fait un art qui est le fruit d’une période où la pensée libre et indépendante, celle qui pose des questions, commence à s’exprimer. La caricature est par essence incompatible avec la culture de la soumission, avec les structures rigides et grossières basées sur des relations hiérarchisées et faisant l’apologie de la violence. Une caricature efficace comme il se doit, ne peut être dessinée que grâce à une vision libre et courageuse, capable d’aller au-delà des carcans et des idées toutes faites. Les structures hiérarchisées sont incapables de fournir au caricaturiste le strict minimum d’espace dont il a besoin pour sa quête de liberté.
Les organisations basées sur la violence s’adossent sur des tabous et des icones, l’humour et la caricature, au contraire, sont iconoclastes et brisent les tabous. C’est pour cela que les adversaires de la démocratie n’aiment pas les caricaturistes et c’est aussi pour cela que les caricaturistes n’aiment pas les adeptes de la violence. Par conséquent, accuser un caricaturiste de complicité avec des organisations terroristes et les mettre en prison, c’est faire du mal non seulement à l’art de la caricature, mais au pays tout entier. »
Musa Kart, caricaturiste

D’après un article de Libération.fr

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