La nationalisation des chantiers navals de Saint – Nazaire

Le gouvernement français a finalement choisi de nationaliser les chantiers navals de Saint – Nazaire plutôt que de les laisser au groupe italien Fincantieri. L’État, déjà actionnaire à 33 %, va faire jouer son droit de préemption sur le reste du capital (79,5 millions d’euros pour les 66,6 % du capital).
Les chantiers de Saint – Nazaire et leurs 7000 emplois étaient menacés après la faillite de STX, le conglomérat sud-coréen actionnaire majoritaire.
Quel que soit leur bord politique, les pouvoirs publics ont toujours été interventionnistes en brandissant l’arme de la prise de contrôle partielle ou totale selon les époques, pour des motifs parfois politiques, mais principalement économiques.
La première nationalisation républicaine remonte à 1848 avec la compagnie des Chemins de fer de Paris à Lyon. Il s’agissait alors le plus souvent de sauver des entreprises assurant des services publics.
La plus grande vague de nationalisation a eu lieu après la Seconde Guerre mondiale. À la Libération furent ainsi nationalisées les houillères (ordonnance de décembre 1944 et loi de mai 1946), les compagnies d’électricité (loi d’avril 1946), Renault (ordonnance de janvier 1945), Gnome et Rhône (ordonnance de mai 1945 créant la SNECMA), les transports parisiens (loi créant la RATP en mars 1948), la branche accidents du travail des compagnies d’assurances (loi d’avril 1946), neuf grandes compagnies d’assurances, la Banque de France et les quatre grandes banques de dépôt. À ces véritables nationalisations, s’ajoutèrent la semi-nationalisation de l’École libre des sciences politiques (ordonnance d’octobre 1945) et la nationalisation provisoire des biens des entreprises collaboratrices (loi de mai 1946) comme ce fut le cas pour Renault.
Mais depuis les crises économiques des années 70 ; c’est avant tout pour éviter la désindustrialisation ou le passage sous pavillon étranger de « fleurons » industriels que les gouvernements interviennent.
La loi de nationalisation du 13 février 1982 a ainsi transféré à l’État 5 grands groupes industriels : la CGE, Saint Gobain, Péchiney Ugine-Kuhlmann, Rhône-Poulenc et Thomson-Brandt, 39 banques et 2 compagnies financières (Paribas et Suez). Ces nationalisations furent perçues comme un véritable moteur du changement et devaient insuffler la reprise économique et permettre de lutter contre le chômage. Les résultats ne furent cependant pas ceux escomptés.

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