Un atlas sonore des langues régionales françaises

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Il est proposé par le CNRS, qui vous invite à écouter une même fable d’Esope dans chacune de ces langues : « la bise et le soleil se disputaient, chacun assurant qu’il était le plus fort, quand ils ont vu un voyageur qui s’avançait, enveloppé dans son manteau. Ils sont tombés d’accord que celui qui arriverait le premier à faire ôter son manteau au voyageur serait regardé comme le plus fort. Alors, la bise s’est mise à souffler de toute sa force mais plus elle soufflait, plus le voyageur serrait son manteau autour de lui et à la fin, la bise a renoncé à le lui faire ôter. Alors le soleil a commencé à briller et au bout d’un moment, le voyageur, réchauffé, a ôté son manteau. Ainsi, la bise a dû reconnaître que le soleil était le plus fort des deux.« 

Le cauchois de Thiétreville : « La bise pis l’soleil s’chipotaient, l’un pis l’aôte chertifiaient qu’i’s étaient eul pus dru, quand i’s ont vu un viageû qui s’avanchait emmitoufle dans sen paletot. I’s sont teumbès d’accord, que c’ti là qui arriverait l’premier à fai foute bas la veste du viageû s’rait déclare eul pus dru. Aussitôt dit aussitôt fait, la bise s’met à souffler eud toute sa forche, mas pusse qu’a soufflait, pusse qu’eul viageû s’errait sen paletot su li, qu’à la fin, la bise aqueutèye a j’tè l’éponge. Sitôt cha l’soleil a c’mmanchè à caôffer pis au bout d’un moument, eul viageû récaôffè à teumbè sen paletot. Est comme cha qu’la bise a proclame que l’soleil était eul pus dru.« 

Le cauchois d’Yvetôt : « Eune feis eul roux-vent pis eul solei s’attinchaient l’eun l’âote, à savei qui qu’était eul meilleu ; mès qu’is ont aperchu eul viâgeu qu’avanchait embobinè dans sen paletot. I sont teumbès d’accord, chacun à sa fachon, pou’ l’fai’ s’dépétrailler. Adonc la bise a soufflè aveu forche, pus qu’a soufflait pus qu’le por manant s’empourquait dans sen paletot. Alle a biè vu qu’alle était pin d’la ruffle pou s’tirer d’affé. Sitôt cha eul solei a c’mmenchè à enviyer cha caleu, l’por gâs s’sentait pus d’aise, qu’i s’est débillè ! Sus l’fait, la bise a coprins qu’a n’était d’la r’torne, qu’le solei li était biè pus coriâche, pis qu’il avait gangnè sen pari.« 

Cela me rappelle mon enfance, à écouter les conversations étranges dans le café et l’épicerie de mes grands – mères à Theuville – aux – Maillots.

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