Simone Veil, une humaniste (1927 – 2017)

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Lorsqu’elle est arrêtée en 1944, puis déportée à Birkenau avec sa mère et sa sœur Madeleine, Simone Jacob a 16 ans et vient tout juste de passer le baccalauréat. Ses parents et son frère aîné moururent dans dans les camps. Libérée au printemps 1945, elle s’inscrivit à la faculté de droit et à l’Institut d’études politiques de Paris, où elle rencontra son époux, Antoine Veil,
En 1975, des journalistes ont demandé à celui-ci ce qui l’avait séduit chez sa femme lors de leur rencontre. Il a répondu : « Sa carrure de caractère, et cette grande vulnérabilité que l’on apercevait dans l’œil des anciens déportés ». Il ajouta ces mots à propos de son caractère : « sereine », « intransigeante », « charmante », « rigide », « soupe au lait », « primesautière » et « souple ». « Entière ».
En 1953,licenciée en droit et diplômée de Sciences Po, elle annonça à son époux vouloir être avocate. Elle choisit finalement une autre voie : elle fut reçue cinquième à l’École de la magistrature.
Elle devint en 1956 directrice de l’administration pénitentiaire et dénonça l’état « déplorable », « moyenâgeux », « indigne » des prisons. Elle travailla à améliorer le sort des détenus. Elle insista sur celui des femmes, souvent oubliées des débats ; des membres du FLN, à qui elle assura le statut de prisonniers politiques.
Passée en 1962 au ministère des Affaires civiles, elle fut chargée du dossier de l’adoption et imposa sa conviction selon laquelle le bien-être de l’enfant doit primer. Elle fit alors sa première expérience de lutte parlementaire car les débats furent houleux.
Sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing, elle est devenue l’une des rares femmes ministres, en charge de la Santé. À l’Assemblée, après le discours resté fameux où elle pourfendit les hypocrisies qui mutilaient les femmes, les haines se déchaînèrent avec la plus grande bassesse. Un député osa même lui demander quelle différence elle faisait entre les expériences des médecins nazis et les pratiques qu’elle voulait autoriser dans les hôpitaux français !
En 1979, Giscard d’Estaing proposa à Simone Veil la tête de la liste UDF aux élections européennes, les premières au suffrage universel direct. L’une de ses dernières réunions publiques, à Paris, fut interrompue par des militants du Front national, accompagné par Jean-Marie Le Pen. Elle leur lança alors « Je vais vous dire quelque chose. Vous ne me faites pas peur. J’ai survécu à pire que vous, vous n’êtes que des SS aux petits pieds. »
Elle fut élue à la présidence du Parlement européen et affirma la construction européenne comme nécessité, l’amitié franco-allemande comme moteur. Elle siégea dans cette assemblée jusqu’en 1993, date à laquelle elle fit une nouvelle expérience ministérielle sous le gouvernement Balladur, en charge des Affaires sociales.
En 1998, elle fut nommée membre du Conseil constitutionnel. Elle sortit de sa réserve obligatoire une seule fois pour appeller à voter oui au référendum sur la Constitution européenne.
Élue en 2010 à l’Académie française, elle reçut une épée gravée du nombre 78651, qu’elle portait depuis Auschwitz tatoué sur le bras, et prit le 13e fauteuil – celui de Racine.

D’après un article du Point.fr

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