Une bonne action pour de mauvaise raison ? A moins que cela ne soit l’inverse …

Quarante-huit heures après l’attaque chimique de Khan Cheikhoun attribuée au régime syrien et responsable de plusieurs dizaines de morts dont de nombreux enfants, le président américain Trump a décidé jeudi 6 avril dans la soirée de riposter en Syrie. 59 missiles de type Tomahawk ont été tirés depuis des destroyers de l’US Navy évoluant en Méditerranée orientale.
Les États-Unis ont visé la base aérienne de Shayrat, associée au programme syrien d’armes chimiques selon eux, située dans la province de Homs, qui aurait été presque entièrement détruite dans l’attaque. Les frappes auraient au moins fait quatre morts.
Dans une déclaration solennelle, jeudi soir, le président américain a mis clairement en cause le président syrien Bachar Al Assad, qui a « arraché la vie à des hommes, femmes et enfants sans défense ». Il a appelé « toutes les nations civilisées à chercher à mettre fin au massacre et au carnage en Syrie ».
Ces frappes américaines contre le régime syrien ont pris la communauté internationale de court, alors que depuis deux jours, le Conseil de sécurité de l’ONU débattait hypocritement d’une résolution de condamnation de l’attaque chimique perpétrée sur Khan Cheikhoun, puisque la Russie et la Chine y opposeront leur veto de toute façon. La Russie a déjà condamné cette attaque en la qualifiant d’ « agression contre un État souverain en violation des normes du droit international » et de « préjudice considérable » aux relations russo-américaines.
On peut s’étonner de cette attaque américaine. En effet, Barack Obama avait renoncé à frapper la Syrie après une attaque aux armes chimiques à la Ghouta, près de Damas, qui avait fait plus de 1 400 morts en 2013. Et à l’époque, Donald Trump avait exhorté sur Twitter Barack Obama à ne pas intervenir en Syrie.
Cette décision semble devoir sa raison d’être à l’émotivité du nouveau président, choqué par les photographies des enfants syriens morts, mais surtout au besoin de Trump de se montrer en « vrai » président afin de réunir autour de lui son camp républicain très divisé et d’essayer de faire oublier ses déboires en politiques intérieures.
Cela laisse à penser que cette frappe ne sera suivi par rien de réellement significatif et que la guerre en Syrie a encore des années devant elle.

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